Disclaimer : Tous les personnages qui vous reconnaîtrez appartiennent à Masami Kurumada. Les autres sont le fruit de mon esprit malade et ma propriété.


Chapitre 21 : Enlèvement

Les arènes du sanctuaire grouillaient de vie. Dohko, en ermite patenté, détestait les bains de foule. La vision d'une telle affluence de gardes, Saints et disciples divers assombrit considérablement son humeur.

- Seigneur Dohko, osa timidement un garde. Les seigneurs Niemand et Ganymède vous demandent ! Suivez-moi, je vous prie !

S'il est une chose que Dohko détestait encore plus que la foule, c'étaient ces ronds de jambe dont le gratifiaient, à présent, ceux qui le croisaient. Comme si le simple fait de porter cette armure faisait de lui un homme meilleur.

- Voilà notre belle au bois dormant, s'exclama Niemand. Tu viens enfin prendre part à notre kermesse !

- Si ce n'est pas trop vous demander, pourriez-vous m'expliquer ce qui se passe ici ?

- Nous comblons notre retard, rétorqua Ganymède. Cela fait une semaine que vous avez ramené les armures et depuis nous avons patiemment attendu. Les fils de la nouvelle aube ne donnent plus signe de vie. Hadès, pour sa part, n'est pas encore prêt à passer à l'offensive. Les résurrections intempestives n'étaient que des mises en garde. Une façon sournoise de nous faire découvrir l'étendue de sa puissance.

- Comment peux-tu être aussi catégorique ?

- Il nous l'a affirmé, déclara le Saint des Poissons, en désignant le Pope en pleine discussion avec Shion et deux Saints d'argent. Nous ignorons comment il se débrouille, mais le fait est qu'il a toujours raison ! Ca en est même fortement agaçant !

- Soit ! Mais vous n'avez pas répondu à ma question ! Que signifie cette agitation ?

- Très simple, renchérit Ganymède. Pour te faire un résumé succinct, lors de la disparition des armures de bronze, la majorité des camps d'entraînement furent laissés à l'abandon. Leurs occupants se réfugiant en nos murs en attendant l'évolution de la situation. Toute activité fut gelée pendant ce temps. A présent que tout est rentré dans l'ordre, nous pouvons remettre aux plus méritants les armures qui leur incombent !

- Si je comprends bien, tous ces gamins vont se battre afin d'obtenir une armure ! Vaste programme !

- En effet, intervint le Pope, arrivant comme un cheveu sur la soupe. La situation est un peu insolite mais puisque tous étaient déjà au sanctuaire… Nous allons recréer ici les épreuves d'obtention des armures de bronze. Chaque maître jugera ses disciples et, officieusement, vous assurerez la sécurité de tout un chacun. Ouvrez l'œil ! Nos ennemis pourraient profiter de la confusion générale pour s'introduire au cœur du domaine !

- Grand Pope, s'immisça Shion. Le Saint de Céphée, garant de l'île d'Andromède, souhaite s'entretenir avec vous ! Il prétend que les conditions pour recréer je ne sais quel sacrifice ne sont pas réunies !

- Les ennuis commencent ! Messieurs, soyez vigilants ! Le poids du sanctuaire pèse, plus que jamais, sur vos épaules !

- Quel comédien, lâcha après son départ Niemand.

- Que veux-tu dire !?

- Qu'il omet de nous parler d'un détail crucial, compléta le Saint du Verseau. Tout ceci n'est que de la poudre aux yeux ! Une diversion bruyante servant à attirer l'attention sur le domaine sacré ! Ne remarques-tu rien d'inhabituel ?

- Si, répondit Dohko. Athéna n'est pas là !

- Exact ! Pas plus que Lawrence et Calahël ! Etrange coïncidence, vous ne trouvez
pas !

- Sans doute sont-ils partis en promenade à la campagne afin de se changer les idées, proposa Shion ; cueillant une fleur poussant sur la pavage de l'arène. Les carrés de verdure sont malheureusement bien rares ici bas…

Shion ne pensait pas aussi bien dire. Loin de là, dans une contrée voisine d'un certain royaume d'Asgard un carrosse, trop banal pour l'être vraiment, fendait justement la campagne. Un petit garçon, riant aux éclats, avait pris place aux côtés du cocher et singeait chacun de ses gestes.

- Lucas, le réprimanda une voix féminine venant de l'intérieur. Cesse d'embêter notre conducteur !

- Ne vous en faites pas madame, répondit le cocher, un petit bonhomme trapu à la moustache grisonnante et broussailleuse. Il ne me dérange pas ! Au contraire !

Plongeant dans l'habitacle du carrosse, nous découvrons Athéna, le visage dissimulé par une capuche ecclésiastique, entourée de Rebecca et d'une autre jeune femme. Cette dernière venait de s'adresser au garçonnet. Elle referma la trappe permettant de parler au conducteur et tenta de se détendre. Elle était l'archétype de la beauté scandinave avec ses yeux turquoise, sa silhouette élancée et ses longs cheveux clairs.

Sur la banquette opposée Lawrence et Calahël, habillés en riches colporteurs itinérants, observaient le paysage défilant à leur fenêtre.

- Isild, déclara Lawrence. Laisse-le s'amuser ! C'est de son âge !

- Je le sais ! Mais je ne peux m'empêcher de m'inquiéter ! Ce doit être l'instinct maternel qui reprend le dessus !

Le Saint du Scorpion prit la main de la jeune femme et la serra tendrement. Athéna et Rebecca, complices, gloussèrent devant cette scène mignonnette. Calahël, lui, eut un soupir d'exaspération voulant tout dire.

- Je continue de penser que c'est une mauvaise idée, dit-il. Surtout dans le climat actuel !

- Cette visite furtive était prévue de très longue date, clama sa souveraine. Le seigneur Hedger m'a certifié que, à part lui-même et quelques gens de confiance, nul n'est informé de notre visite en Asgard ! Nous n'avons rien à craindre !

- Peut être ! Mais il suffirait qu'une seule information ait filtré… Nos ennemis seraient probablement ravis de vous trouver avec une escorte aussi restreinte !

- L'autre moitié de la si légère escorte te fait remarquer que deux Saints d'or équivalent à une armée, s'exclama Lawrence. Qui plus est, nos armures sont à portée de main !

Il tapota de la phalange du doigt la cloison sur laquelle tous deux se tenaient adossés. Rebecca, effrontée, déclara :

- Si mon cousin est aussi grognon, c'est parce qu'il s'est fermement opposé à ma venue ! Sans doute a-t-il peur que je succombe au charme des fiers guerriers d'Asgard !

Le Saint du Sagittaire se renfrogna. Son humeur, déjà maussade, se dégrada encore quand il s'aperçut que le véhicule s'immobilisait.

- Que se passe-t-il Anthelme ?

- La route est obstruée par un arbre énorme, rétorqua le cocher. Il a dû souffler une sacrée tempête pour déraciner un tel mastodonte !

- Je vais y jeter un œil, proclama Lawrence.

- Sois sur tes gardes, lui fit promettre Isild, épouse attentive.

Le Saint du Scorpion s'employa bien vite à dégager la voie. Sous les yeux admiratifs de son fils, il réduisit en miettes l'encombrant obstacle.

- La voie est libre ! Nous…

Lawrence ne termina pas sa phrase. Rôdant silencieusement autour du carrosse, une créature féline lui décocha un grognement de salut. Au cours de sa carrière, il avait rencontré nombre d'animaux féroces, mais aucun n'égalait, par ses proportions, ce magnifique spécimen. Ce fut la longueur de ses crocs qui impressionna surtout le Saint. Une seule morsure lui aurait certainement permis de décapiter le plus puissant des taureaux. Malgré ce gigantisme, aucun des occupants du véhicule ne semblait avoir remarqué sa présence.

- Ne… Bougez… Pas, souffla le Saint, dégainant son aiguillon mortel.

L'horrible créature parut comprendre les intentions de Lawrence. En dépit de son imposant gabarit, elle bondit sur le toit du carrosse et, d'un coup de griffe, envoya Anthelme retrouver ses ancêtres. Avant que le Saint n'ait pu la mettre en joue, elle saisit délicatement par sa chemise Lucas, trop effrayé pour hurler, et disparut sans laisser de trace.

- Lucas !!!!

Isild, hystérique, se jeta à la poursuite de son fils. Mais Calahël la retint solidement par les épaules.

- Qu'elle est cette abomination ?!

- Ma future descente de lits !! Isild, ne t'inquiète pas ! Je ramènerai notre fils au péril de ma vie, s'il le faut !!

L'armure du Scorpion, pulvérisant le coffre du carrosse, se greffa à un Lawrence plus remonté que jamais. Laissant ces dames au bon soin de Calahël, il s'engagea dans un sous-bois ténébreux. Isild, soudain calmée, murmura :

- Tu y arriveras. j'ai confiance en toi.

Le Saint du Sagittaire trépignait, mais il lui était impossible d'abandonner les jeunes femmes.

- Je le ressens maintenant, songea-t-il. Un cosmos guide cette créature ! Non, plus qu'un cosmos, un lien psychique…

La course-poursuite fut plutôt brève. La créature, après s'être engagée dans une carrière de pierre désaffectée, s'arrêta et déposa avec précaution son inestimable proie. Un homme, attendant probablement son retour, s'approcha et lui caressa les flancs.

- Bon travail Nadir ! Quoi qu'il puisse se produire, surtout n'intervient pas !

Lawrence arriva deux secondes plus tard. La configuration du lieu le conforta dans son intuition. Le but de cette créature était bel et bien de l'attirer ici.

- Ton fils est simplement évanoui ! Je puis t'assurer qu'aucun mal ne lui sera fait !

Le Saint considéra celui qui devait être le maître de la bête et harangua :

- Tes méthodes sont exécrables, fils de la nouvelle aube ! Qui t'a permit de t'en prendre à cet enfant !?

- La fin justifie les moyens, répliqua sèchement l'homme connu sous le nom de Messidor.

- Je suis Lawrence du Scorpion ! Et tu es… ?

- Mon nom n'a que peu d'importance ! Mais sache que mon compagnon d'infortune se nomme Nadir ! Si tu survis, promets-moi de faire de lui une description honnête ! Jusqu'à présent, les portraits le décrivant ne furent que caricatures ou
approximations peu flatteuses !

Séquence désormais habituelle, Messidor brandit une statuette qui enfla et devint une armure de combat. Détail troublant, l'armure était une représentation très ressemblante de la créature. Une fois équipé, l'homme au catogan de gentilhomme s'écria :

- Il faut que tu comprennes que je n'ai pas de haine à ton égard ! Mais ce combat est nécessaire ! Chacun de nous, s'il reste en vie, constitue un danger trop important pour le camp adverse !