Genre : Yaoi, Romance (De ce côté là faut encore que je bosse...)

Couples : Kyô X Yûki et Akito X Tohru dans ce chapitre

Notes :

Jayisha : On ouvre la bouteille de champagne!! Kanpai!

Yûki : On fête quoi?

Jayisha : Déjà on célèbre le premier commentaire que j'ai depuis le début de cette fanfiction! Merci beaucoup beaucoup!!

Kyô : Hmph... Ça montre bien à quel point ta fic est...

Yûki : Tais toi! Faut pas lui gâcher le moral comme ça! Qui sait ce que son esprit en vadrouille va inventer après pour se venger!

Jayisha : Surtout, ne vous gênez pas, je suis juste à côté!

Kyô : Mouais. On en a pas grand chose à fiche donc...

Shigure : Et la deuxième chose qu'on fête c'est quoi? Mon futur mariage avec Aya?

Jayisha : Ça c'est autre chose. Non en fait c'est déjà le quatrième chapitre c'est à dire que c'est à peu près la moitié de l'histoire!^^

Kyô : Bonne nouvelle! A quand la fin que je puisse partir en vacances?

Jayisha : Faut toujours que tu gâches tout... Je me sens dépressive d'un coup...
M'enfin, je tenais vraiment à te remercier Zuzur de ta review. Un tel entousiasme m'a fait vraiment plaisir! C'est pour ça que j'espère que la suite te plaira tout autant (voire plus soyons optimiste XD)! Les pensées sont en italique.


Résumé du chapitre précédent

Kyô et Yûki sont amants malgré eux. Inconsciemment, il se rapprochent et deviennent plus complices. A tel point que Kyô finit par confier à Yûki l'amour qu'il ressent pour Kagura. Ce dernier ne peut s'empêcher de ressentir de la jalousie et il se rend compte qu'il aime l'ex-maudit du chat. Ne pouvant supporter la relation ambiguë qui le lie à Machi, il la quitte. Suite à une violente dispute avec Kyô, il finit par lui avouer son amour. Ils s'embrassent mais c'est là que Kagura les surprend...

Bonne lecture!!^^


Chapitre 4

« Kagura... » murmura Kyô.

La jeune fille fixait les deux jeunes, médusée de ce qu'elle venait de voir. Yûki était gêné vis à vis de la brune. Il se sentait triste pour elle car, par le baiser très tendre qu'ils avaient échangé, Kyô n'avait pas refusé son amour. On aurait même dit qu'il répondait à ses sentiments. Le jeune homme était profondément heureux et lorsqu'il s'égarait à espérer que ses sentiments étaient réciproques, son coeur bondissait dans sa poitrine comme une gazelle qui avait un lion à ses trousses. Même si ce fait, véritable synonyme de gaieté pour lui, devait faire mal à Kagura, il ne pouvait pas vivre sans Kyô. Il lui était devenu indispensable.

Le roux, lui, était pris dans un véritable dilemme. Lui qui détestait être mêlé à des quiproquos, était visiblement en plein milieu de ces sombres noeuds d'embrouilles. Son coeur pulsait dans sa poitrine à un rythme endiablé parce que Kagura était devant lui. Son regard roux était plongé dans le lagon brun de celle qu'il aimait. Enfin, en théorie. La donne s'était subitement embrouillée à cause de quelques mots qui avaient été prononcés quelques minutes auparavant. Kyô s'était toujours senti fier d'une qualité pourtant bien incompatible avec sa nature maudite. Il était loyal. Plus que tout. Et il s'en sentait fier parce que malgré tout ce qu'il pouvait arriver autour de lui, il gardait la tête haute et il défendait ceux qui lui tenaient à coeur avec tout la fougue qui lui était propre. Cependant, il fallait l'avouer. Il avait cédé. Il avait cédé à la tentation, à la luxure, au plaisir, à l'allégresse. Il avait cédé. Et ce, dès que Kagura lui avait dit qu'elle ne l'aimait pas. Lui qui se targuait tant de lui vouer un amour sincère s'était misérablement abandonné au jouissances de la chair quelques heures après qu'elle ne l'ait mis plus bas que terre. Avec Yûki. Avec celui qu'elle aimait et que lui détestait. En théorie. Oui toujours en théorie. Seulement, il n'était plus aussi sûr que le sentiment abrupt et brûlant qu'il ressentait en son sein était de la haine et ce, depuis la première nuit d'étreintes qu'il avait eu avec l'ex-maudit de la souris. Et cette déclaration... Comme s'il n'était pas assez troublé comme ça, il avait fallu que l'autre lui dise ça. S'il avait su, il n'aurait pas autant insisté. Il se serait consumé de rage, de jalousie mais aurait été épargné par la tourmente qu'il avait au ventre actuellement... Et pourtant. Ces deux mots avaient été une libération et lorsque l'argenté l'avait embrassé, il s'était senti heureux. Il avait eu l'impression qu'un cocon chaud et accueillant s'était adossé autour de lui et sur le coup instinctivement il avait eu envie de... Les yeux du roux vacillèrent. Il se sentait si perdu. Bouleversé et plongé dans une confusion monochrome de noir. Mais plus importait, quelle serait la réaction de la brune? Après tout, celui qui prenait la plus grande place dans son coeur était l'argenté. Et elle les avait vu s'embrasser....

Yûki, resté silencieux, finit par ouvrir la bouche et rompit par la même occasion le silence pesant qui s'était installé. Il dit alors :

« Heu Kagura... Je suis... »

La brune l'ignora, au grand étonnement des deux jeunes hommes et hurla :

« Kyô chan.... Je... TU M'AS MANQUE!!! »

Kyô la dévisagea surpris et la jeune brunette se jeta sur lui. Il en tomba à la renverse.

Ensuite alors, seulement après avoir manifesté sa joie sur le pauvre roux écartelé comme une marionnette, elle daigna adresser la parole à l'autre occupant de la pièce. Et ce fut dans une réprimande sensible à l'intonation de sa voix qu'elle dit :

« Yun kun! Vous étiez encore en train de vous battre c'est ça?!! Et tu as serré Kyô comme ça pour l'étrangler!! Si tu fais ça, que va t-il advenir de moi!!??

« ... » fut la réponse à ses reproches.

« Mais Kagura en fait, je... moi et Kyô on était... »

« Ne nie pas! Arrêtez de vous disputer, ce sera bien pour tout le monde! J'aurais été tellement heureuse si pendant mon absence, vous étiez devenus amis!! »

Yûki rougit violemment et Kyô l'imita. Ça faisait longtemps qu'ils avaient dépassé le stade amical, ils étaient beaucoup plus proches que ça... Et visiblement, Kagura faisait comme si elle n'avait rien vu de leurs ébats buccaux. Le roux était étonné de cette réaction. D'ailleurs, elle lui aurait semblé lâche si ce n'était pas Kagura en face de lui et qu'elle n'en était pas l'auteur principale. Dans tous ses souvenirs, la brune avait toujours préféré faire face aux choses et là c'était tout le contraire qui se produisait. Elle préférait aujourd'hui la fuite à l'affrontement et c'était vraiment étrange de sa part. Kyô en était encore à penser ça quand la jeune fille s'accrocha à lui et demanda innocemment :

« Qu'est ce que vous avez? Pourquoi est ce que vous êtes tout rouges? Ah, vous devez avoir chaud! Idem pour moi! Yun kun, tu peux aller nous chercher de l'eau glacée? Ou une limonade ce serait mieux! »

« A cette heure ci? En plus, je suis sûr qu'on en a pas dans le frigo. »

« Ben t'as qu'à aller en faire une! J'ai justement amené des agrumes! » dit elle en sortant de son sac un sachet contenant ces quelques fruits. Yûki la regarda avec un regard suspicieux. Il y avait assurément quelque chose de bizarre avec le jeune fille. Peut être se sentait-elle mal à l'aise qu'il ait... et peut être qu'elle voulait parler avec Kyô aussi! Cette idée lui fit peur. Le chat avait certes répondu à son baiser mais il n'avait rien dit. Si seulement Kagura n'était pas arrivée à ce moment là!

Il soupira et s'en alla en guerre avec le mixeur et les citrons en question.

Quand la souris eut quitté la pièce, une ambiance tendue s'installa. La brune était singulièrement silencieuse. Kyô, las de ce silence pesant, se décida en entamer la conversation. Au sommet de l'embarras il commença :

« Kagura... A propos de ce que tu as vu...Je... »

La jeune fille l'interrompit en demandant d'une voix suave :

« Kyô... Tu m'aimes toujours? »

La surprise cloua Kyô sur place.

« Hein? »

Kagura baissa les yeux et confessa :

« Parce que moi, je t'aime de tout mon coeur! »

Kyô resta interdit. Kagura l'aimait? Ça semblait invraisemblable! N'avait elle pas dit qu'elle était amoureuse de Yûki? Que lui arrivait-il? Aurait elle changé d'avis? Le roux voulut en avoir le coeur net :

« Kagura... Tu n'avais pas dit que tu... »

« Je... J'ai réfléchi encore après ça. Quand je t'ai envoyé cet sms, j'étais dans tous mes états et je me suis trompée. J'ai pensé au fait de te voir avec quelqu'un d'autre et mon coeur avait tellement mal. Je me disais que c'était normal, que je te considérais seulement comme un petit frère que sa grande soeur jalouse voudrait garder auprès d'elle. Mais ce n'était pas seulement ça. Après coup, j'ai réalisé à quel point tu comptais pour moi et j'ai regretté mon geste. Je ne suis pas rentrée tout de suite parce que j'hésitais à me présenter devant toi après t'avoir repoussé. »

Kyô se mura dans le silence. Si seulement elle était rentrée plus tôt! Là, c'était lui qui n'était plus sûr de rien. Un chaos bordélique régnait dans son âme et il ne savait pas quoi faire pour y remédier. Il bafouilla :

« Kagura.. Je... »

Avant qu'il n'ait eu le temps d'articuler un réponse intelligible, Kagura s'empara de ses lèvres avec une force qui le paralysa. Il entendit alors un bruit de verre brisé et se retourna, se libérant de la bouche rose de la brune. Ce qu'il vit lui glaça le coeur.

Yûki arborait une mine stupéfaite et blessée. C'était à son tour de surprendre un baiser mais celui là n'était pas des plus plaisants. Il regarda Kagura, interloqué par ses actes. La brune, se lovant sur Kyô sussura :

« Yûki, tu seras le premier à être au courant. Kyô et moi, nous sortons ensemble maintenant. »

Elle l'enlaça de ses deux bras faisant face à l'argenté. L'ex maudit du chat ne vit pas la mine mesquine qu'elle afficha à la souris. Elle cracha avec une voix où une innocence feinte perçait mais que Kyô trop abasourdi ne discerna pas :

« Kyô, je suis si heureuse! »

Les lèvres de la brune remuèrent et Yûki put y lire ses véritables sentiments. Une douleur sans nom s'incrusta alors dans son coeur et son visage fut ravagé par la tristesse. Il avait mal, mais vraiment MAL. Si Kagura ne l'assassinait pas de ses yeux si mauvais, il savait qu'à ce moment là, il se serrait tenu la poitrine et ses jambes auraient lâché. Il déglutit péniblement et inspira profondément. Il ne devait pas montrer sa souffrance et l'exposer à la perversité de la brune alanguie sur son aimé. Alors, avant de partir, ses yeux gris se firent durs et froids et il exprima toute la rage et la colère qui tourbillonnaient ses sens dans ses deux pupilles aciers. Il les félicita puis articula d'une voix contrite :

« Félicitations. Je vais vous laisser seuls alors. »

« Yûki, attends! » le roux

Mais la souris ne s'arrêta pas. La souffrance qui lui déchirait le coeur était trop vive pour qu'il puisse croiser le regard volcanique de Kyô sans verser les larmes d'affliction qui menaçaient de couler. Ignoré, mis à rude épreuve, martyrisé, il subissait tout. Arrivé dans sa chambre, il se coucha lentement sur son lit et des sillons amers se tracèrent sur son visage blême. Il avait perdu Kyô. Il l'avait perdu alors qu'il allait peut être enfin avoir une chance de l'aimer. Il l'avait perdu et ils ne seraient jamais plus ensemble. Kagura avait bien réussi son coup. Elle savait que Kyô ne la quitterait pas à cause des sentiments qu'il ressentait ou qu'il croyait ressentir pour elle. C'était sa manière à elle de lui faire payer. Yûki était certain que le roux ne verrait jamais qui était véritablement sa cousine. Il préférerait se voiler la face même si la vérité lui éclaterait au visage, il ferait comme si de rien était comme l'avait fait la brune. Kagura avait réussi. Il était brisé.


A partir de ce jour là, les choses devinrent difficiles pour Yûki. Il essayait d'éviter au maximum le couple nouvellement formé. Mais c'était tout le contraire qui se passait. On aurait dit que partout où il allait, il tombait sur Kyô et Kagura en train de se bécoter. Et le roux avait visiblement l'air d'apprécier ça. C'est ça qui faisait mal. Le chat ne cherchait plus sa présence et il faisait parfois comme s'il n'existait pas. L'argenté ne savait plus quoi faire et il commençait vraiment à se lamenter sur son sort. Au début il s'était dit qu'il arriverait à surmonter tout cela, que la douleur s'estomperait progressivement et qu'il avait enduré le plus dur. Cependant malgré lui, les attaques psychologiques répétées l'amenaient à philosopher sur la meilleure des manière de se débarrasser de ce poigt inaltérable sur son âme. Il se surprenait à penser à la fuite, la mutilation et parfois, la mort. Et ça le tétanisait. Il ne voulait pas en venir jusque là. Il ne voulait pas se perdre dans ces voies salutaires qui n'en avaient que l'apparence. Mais être conscient de sa progressive dégénérescence l'approchait encore plus de la dépression. Et Kagura n'arrangeait pas les choses... Elle était sûrement furieuse ce qui expliquait ses actions. Quand l'argenté pensait à ce qu'elle faisait à Kyô, il avait parfois des envies meurtrières envers la jeune fille mais le roux le croirait-il s'il lui disait la vérité? Sûrement pas...


Yûki se dirigea dans la cuisine en étouffant un bâillement abattu.

Je suis plus atteint que je le croyais...

En effet, non seulement c'était le dimanche mais en plus, il s'était levé à une heure très matinale, ce qui contrastait avec ses habitudes. Il était encore en pyjama et quelle ne fut sa stupéfaction en voyant qui étaient installés à la table où il prenait habituellement son petit déjeuner! Tohru et.... Akito!! La jolie brune était en train de babiller joyeusement à côté de son époux, qui l'écoutait avec un petit sourire étalé sur les lèvres. Quand les deux jeunes mariés s'arrêtèrent, ils virent Yûki, les yeux sortant presque de leurs orbites tant ce genre de scène lui paraissait invraisemblable. Kyô et Kagura étaient également attablés et d'après leurs yeux proéminents, eux aussi étaient surpris. Il faut dire que le changement comportemental du chef de famille faisait toujours aussi peur même après deux ans de liberté. Yûki balbutia :

« Que...Que faîtes vous ici? »

Tohru se leva à l'encontre de l'ex-maudit. Elle le regarda droit dans les yeux et lui adressa un large sourire en répondant :

« On est venu vous voir! Ça fait si longtemps qu'on ne s'est pas croisés! »

« Ces temps ci, j'étais plutôt occupé et je n'ai pas eu le temps de... »

« Ce n'est pas grave Yûki kun. » psalmodia Akito d'un air serein

Les jeunes à l'exception de Tohru eurent tous un mouvement de surprise. Akito faisait vraiment flipper avec ses airs d'ange! Yûki se reprit :

« Hmm. Vous êtes là depuis longtemps? »

« On vient juste d'arriver mais à vrai dire, je suis juste venu déposer Tohru chan. J'ai beaucoup de choses dont je dois m'occuper pour notre anniversaire de mariage donc... »

« Aki chan, je peux t'aider si tu veux! Comme ça on fera ça ensemble! »

« Non ce n'est pas la peine ma puce. Et puis, ... je ne voudrais pas fatiguer le bébé. »

Le silence s'installa. Les paroles du brun avaient été accueillies comme une bombe. Enfin, Kyô demanda :

« Tohru est enceinte? »

La brune en question rougit et un grand sourire déjà maternel se fit sur son visage resplendissant de bonheur. Elle murmura :

« Oui, je suis enceinte d'un mois »

Kagura qui était restée bouche bée se leva et serra avec force l'onigiri dans ses bras en hurlant :

« Omedeto!! Félicitations!! Tu vas être maman!! Et je me demande comment sera Aki sama en papa? »

« J'espère que ce sera une fille toute mignonne comme sa maman. »

Tohru rougit et les deux autres occupants de la pièce restés silencieux présentèrent leurs félicitations à leur tour.

Enfin, le futur père s'en alla en n'oubliant pas de planter un baiser tendre sur le front de son épouse. L'onigiri sourit puis vint s'asseoir à la table d'où elle s'était levée.

Kagura et elle se mirent à papoter sur les enfants et combien ils étaient mignons. Dans la conversation, l'ex sanglier glissa :

« Moi aussi, j'aimerais bien avoir des enfants! Et le plus vite possible même! » Ajouta t-elle en lançant une oeillade aguicheuse à Kyô. Le roux se sentit mal à l'aise. Il zieuta sur Yûki et il remarqua que son visage s'était soudainement fermé de toute émotion. Il sentit une boule se former dans son ventre et comme pour rajouter de l'huile sur le feu, sa petite amie se colla à lui et l'enlaça. Elle jeta un regard discret et mauvais à Yûki. La souris, ne pouvant tolérer davantage le manège de sa cousine, se leva sans un mot et sortit de la maison. Tohru resta interloquée devant cette réaction si inhabituelle à celui qu'elle considérait comme son frère et qui d'habitude, respirait le calme et le sang froid. Elle questionna, inquiète :

« Quelque chose est arrivé à Yûki kun? »

Tandis que Kyô restait silencieux, Kagura marmonna :

« Il n'a que ce qu'il mérite... S'il ne m'avait pas... »

« Qu'est ce que t'as dit Kagura? » articula le roux

« Non, rien! » Elle lui fit un grand sourire candide.

Tohru elle, n'attendit pas d'autres réponses et se précipita vers la sortie. Elle courut mais ne vit pas la souris aux alentours. Et puis brusquement, elle sut où il était. Elle sillonna la forêt, tournant dans différents sentiers d'un pas sûr. Enfin, elle arriva à destination et remarqua que presque rien n'avait changé depuis son départ. Les arbres étaient peut être un peu plus grands mais l'endroit avait conservé son aura apaisante et bienveillante. Des légumes divers et variés étaient plantés dans la terre molle et malléable. Elle vit quelques plants de fraise et sourit. Mais ce n'était pas la raison de sa venue. Elle scruta autour d'elle à la recherche de son frère de coeur et l'aperçut, accolé à un arbre, les bras sur ses genoux repliés sur eux même et la tête enfouie dans ses bras.

Elle s'approcha de lui, inquiète de son état. Plus la distance qui le séparait était faible, plus elle pouvait entendre les quelques sanglots qui mourraient cruellement dans la gorge de l'argenté. Plantée devant lui, elle s'accroupit et posa une main douce sur son épaule. Il arrêta brusquement de geindre et essaya de calmer ses tremblements. Tohru l'enlaça et attendit qu'il se calme. Puis quand enfin, elle sentit qu'il avait repris son sang froid, elle lui demanda :

« Ça va aller? »

« Je... Je ne sais pas.. Je me sens si mal... Mais en même temps, je m'en veux de paraître si misérable devant toi. Il faut toujours que je te charge de fardeaux supplémentaires en plus tu... »

« Ne t'en fais pas pour ça! Si je suis aussi heureuse aujourd'hui, c'est parce que je vous ai rencontré tous. C'est grâce à quelqu'un qui m'est très cher si j'ai pu habiter dans la maison de Shigure san, et si j'ai pu rencontrer Aki chan aussi. »

Elle lui fit un grand sourire. Yûki esquissa l'amorce d'une même déformation faciale mais sa morosité l'assaillit bien vite et sa piètre tentative se termina en échec. Se laissant aller par l'aide que lui apportait Tohru, il lui raconta toute l'histoire. Depuis qu'il avait fait l'amour avec Kyô jusqu'à sa situation actuelle. Tohru découvrit le nouveau visage de la personne qui causait tant de chagrin à l'ex-maudit. Elle ne comprenait pas que l'on puisse avoir de tels sentiments. Cela paraissait si extraordinairement incroyable que Kagura agisse ainsi qu'elle ne sut pas quoi dire et que faire sur l'instant. Le pire c'est que d'après les dires de Yûki, la brune n'était pas heureuse avec Kyô vu le plaisir malsain qu'elle prenait à faire souffrir un autre. Ça aurait presque pu être risible.

Enfin remise de son mutisme émotionnel, elle dit :

« Mais comment et pourquoi? Est ce que... »

« Ne dis rien à personne sur ce sujet! Je ne veux pas que Kyô souffre par ma faute en apprenant ça! »

« Mais Yûki! C'est toi qui prends tout! Vivre dans le mensonge n'est pas le mieux! Regarde le résultat avec Akito! Avec toi! Que crois tu qu'il ressentira quand il saura la vérité! Parce que la vérité finit toujours par remonter quoi qu'on fasse pour la cacher! Et il te détestera! C'est ce que tu veux? »

« Mais qu'est ce que tu veux que je fasse d'autre? Je n'y peux rien! Je ne veux pas qu'il souffre parce que je l'aime! Tu comprends? »

« Mais Yûki kun, toute cette souffrance va te ronger petit à petit et... »

« C'est le risque à prendre. Je préfère ça à... »

« A quoi? Yûki kun? »

« Si je lui dis.. Je suis sûr qu'il ne me croira pas. Je ne veux pas qu'il pense que je fais ça parce que je suis jaloux. Je ne veux pas voir que la confiance qu'il accorde à Kagura est plus grande que celle qu'il a envers moi. »

Tohru devint silencieuse. Puis elle gifla Yûki. Elle se mit à hurler :

« Où est passé le Yûki que je connaissais? Pourquoi est ce que tu acceptes tout ça avec une telle fatalité? Tu sais, moi aussi j'avais peur de mes sentiments envers Akito! Crois tu que si je n'avais pas tenté le coup, je serais aussi heureuse aujourd'hui? Alors toi aussi tu dois être fort! Tu dois dire tout ce que tu sais à Kyô pour ne pas avoir de regrets plus tard! » ,

Yûki frotta sa joue douloureuse en regardant Tohru, stupéfait. Il fut encore plus surpris quand elle rougit intensément et baissa les yeux en disant :

« Je... Gomen Yûki kun de t'avoir giflé! C'est parti tout seul et... Enfin... Mais je ne retire pas ce que j'ai dit. Yûki kun... Ce sera difficile mais tu n'as rien à perdre. »

Sur ces quelques mots, elle se leva et annonça :

« Je vais aller voir grand père. Dis aux autres que je suis désolée de ne pas être allée leur dire au revoir. A vrai dire, je ne pense pas pouvoir être capable de regarder Kagura dans les yeux maintenant que je sais tout ça. Et Yûki kun, réfléchis à ce que je t'ai dit. »

Elle lui sourit et s'en alla laissant le jeune homme plus que perplexe.

Devait-il écouter les conseils de Tohru? Il ne savait comment réagir et ses neurones cogitaient à la recherche d'une solution qui lui plaise et qui ne blesse personne. Mais indéniablement, il en arrivait à la conclusion que cela était impossible. Il se leva tant bien que mal en poussant un soupir aussi long que le permettaient ses poumons et prit le chemin menant vers sa maison.


Les jours passaient et rien ne bougeait. La souris voyait avec lassitude que Kagura continuait de lui lancer des regards venimeux et ne lâchait pas Kyô d'un centimètre. Il commençait à s'épuiser en essayant de garder le sourire et bientôt son humeur devient exécrable. Il ne pouvait plus supporter qu'on l'approche de trop près et il eut une paix inattendue de son fan club qui semblait avoir compris qu'il n'était pas d'humeur à leur faire les yeux doux. Un soir qu'il rentrait tard d'un cours de sociologie, il remarqua aux abords de la maison, que celle ci était silencieuse comme tout. Il s'étonna fortement de cette anomalie et entra avec prudence dans l'habitation. Il chercha d'un geste machinal où était Kyô. Il finit par le trouver sur le toit. Il rougit un peu en le voyant. Le chat était en contemplation de la lune. Son regard était doux et il paraissait calme et détendu. Ses yeux reflétaient une telle expression de réflexion et de concentration que la souris se demanda à quoi il pouvait bien penser. Respirant lentement, il reprit son flegme narquois habituel et alla à l'encontre du chat.

Kyô sut que c'était Yûki qui s'était assis à côté de lui. Il n'avait pas besoin de regarder, il le savait c'est tout. Il avait appris à reconnaître son odeur caressante. Il faut dire que les souvenirs de ses étreintes et de son parfum enivrant n'étaient pas facilement oubliables. Cela le gênait un peu et il s'était surpris plusieurs fois à penser à Yûki quand il enlaçait Kagura, quand il embrassait Kagura, quand il jouait avec les cheveux de Kagura... Il devenait fou et ne faisait que se repasser en boucle le film de leur relation, de leurs conversations, de comment ils vivaient avant l'arrivée de la brune. Kagura... Il avait ramé comme un fou pour qu'elle le lâche un peu. Bizarrement, il se sentait toujours mal à l'aise avec elle et il n'arrivait pas à apprécier sa présence comme avant. Il soupira puis sourit en sentant les effluves de l'odeur miel de Yûki qui lui parvenaient aux narines. Malgré lui, il était content qu'il soit à côté de lui. C'était la première fois depuis sa déclaration qu'ils se retrouvaient seuls. Il restèrent longtemps comme ça puis au bout d'un moment, Yûki murmura :

« Kyô... J'ai longtemps hésité à venir te parler mais finalement, je ne peux plus contenir tout ça. »

« De quoi tu parles? »

« Kyô, tu risques de ne pas croire ce que je vais dire mais moi, je veux croire en toi. »

« Bon sang, de quoi tu parles? Arrête de tourner autour du pot! »

Yûki inspira profondément, se préparant à enfoncer son épée de Damoclès dans le coeur de Kyô. Il avoua :

« Kyô... Kagura ne t'aime pas. »

« Hein? »

« Elle ne t'aime pas! »

« Pourquoi tu dis ça? Si elle ne m'aimait pas, elle ne serait pas avec moi! »

« Mais c'est pourtant le cas. Je te demande de m'écouter jusqu'au bout. »


{Début du flash back}

1 semaine plus tôt

Yûki vient de sortir de la fac. Il est encore tôt. Il est impatient de rentrer chez lui. Il a vu que Kyô était sorti plus tôt que d'habitude et il s'inquiète. L'argenté pense qu'il devrait plus s'inquiéter pour lui même que pour le chat. En effet, celui ci devait être furieux qu'il l'ait balancé quelques heures auparavant par la fenêtre. Le jeune homme soupire quand son téléphone portable sonne. Il décroche et reconnaît avec surprise la voix de sa cousine, Kagura. Que peut elle bien lui vouloir? Elle lui fixe un rendez vous dans un parc peu fréquenté en prétextant qu'elle a quelque chose d'important à lui dire.

Yûki va au rendez vous.

Il arrive et voit que la brune est déjà là. Quand elle l'aperçoit, elle se jette sur lui et le serre dans ses bras à l'étouffer. Yûki ne comprend pas la soudaine affection de l'ex sanglier. Il demande :

« Qu'est ce qu'il y a? Pourquoi tu m'as appelé? »

Kagura s'éloigne de lui et dit :

« J'ai quelque chose d'important à te dire. »

Yûki est perplexe. Le ton de Kagura est personnel et intime. Il l'encourage néanmoins :

« Vas y. »

« En fait, Yun chan, je... Je suis... Je t'aime!! Et toi, est ce que tu m'aimes? »

Elle baisse les yeux. Yûki est vraiment surpris. Que doit il dire? Il n'aime pas Kagura. Son coeur appartient à Kyô. Et comment le roux allait il réagir? Surtout qu'il ne lui avait pas encore dit ses sentiments!! Yûki est pris entre deux feu. Il hésite sur le choix de ses futures paroles. Kagura attend une réponse. Devant ses yeux qui espèrent une réponse positive, Yûki ne peut se résoudre à lui mentir. Il murmure :

« Je suis désolée Kagura mais je n'éprouve pas ce genre de sentiments pour toi. »

La jeune fille devient livide. Yûki se sent mal à l'aise. Que faire? Finalement, c'est Kagura qui lève le silence et elle souffle :

« Je croyais que j'avais une chance... Tu aimes quelqu'un d'autre? »

« ... Oui. »

Yûki soupire. Briser le coeur de deux filles dans la même journée, il en avait de la chance aujourd'hui! Kagura qui avait baissé les yeux les relève et et tend la main à l'argenté en disant :

« Ça ne nous empêche pas de nous balader ensemble un moment? »

« ... Non. »

Les deux jeunes se promènent, Kagura emmenant Yûki dans différents endroits en lui racontant son voyage. 18H30 arrivent et ils se quittent. Le jeune homme rentre chez lui ignorant que sa cousine le suit de loin les yeux devenus une véritable mer d'eau salée....

{Fin du flash back}


A la fin de son récit, Yûki chuchote :

« Kyô, Je suis désolé pour tout ça. »

Kyô était resté silencieux. Il ne voulait pas y croire! Ses doutes planaient au dessus de sa tête et il ne voyait qu'un seul moyen de les chasser : demander plus de renseignements à Yûki.

« Mais alors pourquoi elle est sortie avec moi? »

« Tu ne devines pas? Ou tu ne veux pas y croire? »

« ... Tu vas dire que c'était pour te rendre jaloux, c'est ça? »

« ... Je crois qu'au début, elle s'est raccrochée à toi comme à une bouée de sauvetage mais que quand elle nous a surpris tous les deux, ses intentions ont changé. Elle voulait me faire mal parce qu'elle sait que je ... »

Il ne finit pas sa phrase. Kyô lui, était partagé entre la colère et un autre sentiment qu'il se refusait à analyser. Finalement, il choisit la solution la plus facile. Et la plus lâche aussi. Il s'emporta :

« Pourquoi tu dis ça? Pour me blesser? Pour me faire du mal? Tu crois que je ne suis pas quelqu'un qui mérite d'être aimé? Tu crois que tout tourne autour de toi? Tu devrais savoir que ce genre de stratégie ne marche pas avec moi! »

Le coeur de Yûki vola en miette. Ce qu'il redoutait avait fini par arriver. Kyô refusait de le croire. Il sentit son regard se voiler de tristesse et les larmes picotèrent ses yeux. Il ne voulait pas se sentir si misérable! Pas encore. Malgré les sanglots qui essayaient désespérément d'outrepasser la barrière qu'il leur imposait, il continua d'un voix enrouée :

« Pourquoi tu préfères la croire elle?!! Et tout le temps qu'on a passé ensemble! Tu t'en fous comme d'une guigne c'est ça?!! Kyô, je te l'ai dit, je t'aime! Si je ne suis pas venu t'en parler tout de suite c'est parce que je ne voulais pas te blesser! Même si notre relation est fragile et qu'elle ne tient que sur nos volontés, j'ai choisi de voir à quel point elle était solide en te disant la vérité! Kagura ne t'aime pas comme ça! Tout n'est basé que sur sa jalousie! Elle veut me blesser! Tu ne comprends pas qu'elle fait ça dans ce but? Tu ne veux pas voir à quel point j'ai mal et que je souffre de voir que tu ne la repousses pas?!! Pourquoi est ce que tu ne veux pas nous donner une chance? Qu'on essaie de construire quelque chose ensemble? »

La voix sèche de Kyô le coupa :

« Je ne veux rien avoir à faire avec toi! »

Yûki se sentit brisé tout comme l'est un verre que l'on jette délibérément sur le sol. Il dévisagea Kyô dans les yeux. Celui qui se tenait devant lui n'était pas celui qu'il aimait. C'était un étranger. L'argenté se rendit compte qu'il avait laissé sa tristesse se manifester sur ses deux joues. Il essuya d'un geste rageur les traîtresses qui le dévoilaient et se leva avec empressement. Il descendit l'échelle rapidement voulant fuir ce regard assassin que lui avait lancé celui que son âme appelait désespérément. Il venait d'arriver devant la porte de sa chambre quand il sentit que quelqu'un le retournait brusquement. Il croisa le regard troublé de Kyô qui, avec brusquerie, lia leurs bouches. Il l'embrassa avec violence et se pressa contre lui. Yûki se débattit vivement mais ses sens le lâchèrent aux prises du roux qui enroula ses mains autour de son corps, ses doigts avides parcourant furieusement son dos. Dans une plainte étouffée, l'argentée ouvrit la bouche et c'est âprement que la langue de Kyô s'y précipita. L'audace et lui ne firent plus qu'un et le roux explora avec un avidité mal retenue la cavité buccale de son vis à vis tandis que Yûki plongeait ses longs doigts fins dans l'océan de mèches rubis du chat, appuyant leurs corps pour qu'ils se rapprochent encore plus. C'est quand Kyô commença à promener ses doigts mus par la passion sur la peau de son torse que la souris se rendit compte de la situation.

Kyô l'embrassait alors que quelques minutes auparavant, il affirmait qu'il ne voulait plus le voir! Yûki sentit les larmes qu'il avait réussi à réfréner lui brûler les pupilles et il repoussa douloureusement son aimé aussi fort qu'il put. Celui ci le regarda sans comprendre. La souris se mit alors à hurler :

« Pourquoi est ce que tu me fais ça!! Tu n'as pas dit que tu ne voulais pas me voir!!!? »

« ... »

« Ça te plait à me faire ça? Tu m'utilises pour assouvir tes envies sexuelles!!? »

« ... »

« Kyô, je te parais peut être pitoyable en ce moment mais j'ai ma fierté! Je ne serai pas comme ta maîtresse, ton amant ou quoi que ce soit d'autre! Tu m'utilises parce que tu sais que je t'aime! Mais justement, pour cette raison, je te veux pour moi tout seul! Je ne veux pas me cacher pour être avec toi dans le but d'avoir un petit bout de ce que tu voudras bien me donner! Je suis peut être égoïste mais toi tu n'es pas mieux! J'ai essayé de te faire confiance Kyô! Et en cadeau qu'est ce que j'ai eu? Tu n'as fait que m'offenser et me briser! Si c'est ce que tu m'offres, je préfère que tu ne t'approches plus de moi!!!! »

Yûki ouvrit la porte de sa chambre et la referma avec brutalité faisant sursauter le roux déjà sonné par ce qui était sorti de la bouche de la souris. Il fixa longtemps la porte sans la voir puis tomba sur le sol. Il s'assit et garda les yeux grands ouverts. Quelque part en lui saignait et se dévidait lentement. Ses yeux avaient perdu toute la passion qu'ils exprimaient. Ils étaient éteints. Kyô sentit sa gorge se nouer. Qu'avait il fait?

A suivre...


Voila pour aujourd'hui! Je m'excuse du retard, ça m'était complètement sorti de la tête!
J'ai corrigé mais quand je me relis, je trouve que Yûki fait toujours fille dans ce chapitre. Il est tout faible, tout... Faut vraiment que je me réancre dans le yaoi moi! Enfin, pour toutes les fans du bisho en question, rassurez vous, il sera de retour en pleine forme dans le prochain chapitre!!