Notes : Les pensées sont en italique et mes remarques entre parenthèses (J'essaie de modérer dessus parce que sinon la moitié du texte seraient des bêtises de ma part).

Résumé du chapitre précédent :

Yûki avoue son amour à Kyô. S'en suit alors un baiser passionné mais, Kagura les interrompt. Elle est surprise mais fait comme si elle n'avait rien vu. Profitant des sentiments de Kyô, elle sort avec lui pour blesser Yûki par qui elle a été rejetée. Le jeune homme ne sait plus quoi faire, il ne veut pas briser Kyô en lui disant la vérité. Cependant, sous les conseils de Tohru, il finit par tout lui confesser mais le chat refuse de le croire. Il le méprise mais son corps lui dicte une autre conduite et c'est ainsi qu'il embrasse Yûki. La souris réagit violemment et lui ordonne de ne plus l'approcher.

Bonne lecture! ^^


Chapitre 5

Le jeune homme suivit des yeux la silhouette musclée mais mince de Yûki. La souris ignorait probablement qu'il l'observait d'où il était sinon, il ne serait plus en vie à l'heure actuelle. Kyô, debout sur le toit de la fac ne pouvait détacher ses yeux de l'argenté. Il est toujours aussi sexy... Mais une ombre passa sur son visage quand il songea aux propos tenus il y a deçà deux semaines.


{Début du Flash Back}

« Pourquoi est ce que tu me fais ça!! Tu n'as pas dit que tu ne voulais pas me voir!!!? »

« ... »

« Tu te plais à me faire ça? Tu m'utilises pour assouvir tes envies sexuelles!!? »

« ... »

« Kyô, je te parais peut être pitoyable en ce moment mais j'ai ma fierté! Je ne serai pas comme ta maîtresse, ton amant ou quoi que ce soit d'autre! Tu m'utilises parce que tu sais que je t'aime mais moi justement, pour cette raison, je te veux pour moi tout seul! Je ne veux pas me cacher pour être avec toi dans le but d'avoir un petit bout de ce que tu voudras bien me donner! Je suis peut être égoïste mais toi tu n'es pas mieux! J'ai essayé de te faire confiance Kyô! Et en cadeau qu'est ce que j'ai eu? Tu n'as fait que m'offenser et me briser! Si c'est ce que tu m'offres, je préfère que tu ne t'approches plus de moi!!!! »

{Fin du Flash Back}


Kyô, s'accroupit sur le sol et ramena ses genoux à son menton. Il posa sa tête dessus et ses yeux s'élevèrent vers le ciel, en quête de réponses à ses questions. Loin, là haut, tout n'était que liberté mais lui, qui était pourtant délivré de la malédiction, sentait que des chaînes encerclaient ses mouvements, son esprit, son coeur. Quelqu'un le maintenait captif mais il ne savait pas si c'était l'enfer qu'exprimait les yeux gris de Yûki qu'il croisait tous les jours, les manières innocentes de Kagura devant lui ou autre chose.

Il poussa un soupir las. Il venait de se remémorer qu'il avait couché avec la brune la veille même. Il disait « couché » pour ne pas employer un autre terme beaucoup plus dévalorisant. Mais il ne s'était pas senti pleinement satisfait. Il s'était rendu compte qu'il n'avait pas été complètement présent avec elle. Chaque fois, qu'il avait ouvert les yeux, c'était le regard passionné et chargé de plaisir de Yûki qu'il avait rencontré, chaque fois qu'il avait caressé les lèvres de la jeune fille avec sa langue, c'était la bouche charnue et gonflée de Yûki qu'il avait voulu posséder. Yûki, Yûki, il ne pensait qu'à lui. A tel point qu'il se demandait si ce n'était que du désir qu'il ressentait pour lui. La brume grisâtre qui stagnait dans son âme depuis le jour cauchemardesque où Kagura avait remis les pieds chez Shigure s'était épaissie et empêchait tous les éclaircissements qu'il cherchait à faire sur ses sentiments. Il avait même l'impression que la présence continuelle de sa cousine avait tendance à la favoriser...

Kyô se mit sur ses jambes d'un geste leste et orienta encore une fois ses yeux vers le bas. Yûki était toujours là. Seulement maintenant, il était assagi de toutes parts par une multitude de filles qui lui présentait assez d'aliments pour nourrir une classe entière. Sans compter les restes!

Le roux serra des poings quand une groupie (Y'a pas d'autres mots pour définir ce genre de fille), plus entreprenante que les autres, saisit le bras de l'argenté et se colla à lui avec un sourire mielleux. Le jeune homme, arbora son habituel air bienveillant mais ses yeux la fusillèrent. Elle le lâcha tout de suite, stupéfaite de ce regard agressif.

Kyô expira soulagé. Son coeur battait plus vite. Il ne pouvait rien y faire. Chaque fois que quelqu'un osait s'accaparer le Prince de cette façon, il n'arrivait plus à contrôler ses actions. Il eut un sourire mais, mu par une intuition, Yûki venait de regarder dans sa direction. Son visage s'était contracté puis il avait détourné son attention de lui. Ça y est, il avait été découvert. Il relâcha pour la énième fois un filet d'air et entreprit la descente qui le mènerait vers sa salle de cours.


Yûki posa son dossier sur le bureau en face de lui. Il jeta un coup d'oeil qu'il voulait discret en face de lui. Son moral en prit un coup. Encore une fois, le nombre de ses fans avait augmenté : il n'allait pas pouvoir présenter son sujet dans de bonnes conditions. Il aurait pu s'y habituer, cependant, sa popularité lui faisait toujours aussi peur. Déjà qu'au lycée, il n'était pas possible pour lui de se promener avec Tohru sans qu'ils soient agressés (surtout elle), à la fac, il ne pouvait pas faire un pas sans être suivi par au minimum une trentaine de filles. Et il n'y avait pas d'exception à la règle. Ses groupies étaient toujours là et ce, même s'il passait un examen oral et que sa note risquait d'en pâtir. Et le comble, c'était qu'elles n'écoutaient absolument de ce qu'il racontait. Elles se contentaient seulement de fantasmer sans aucune pudeur sur lui en ouvrant leurs yeux globuleux agrandis par « l'amour ».... Pathétique, et effrayant aussi...

Il essaya de calmer la rage qui le titillait avec insistance et observa la salle autour de lui. Il était toujours comblé de se retrouver là. C'était une pièce énorme ouverte à tous. Elle était construite en plongée vers le centre. Les longs bancs en bois solide étaient semblables à des gradins par leur alignement et au centre, un espace avec un grand tableau et un bureau étaient placés. L'amphithéâtre. C'est dans cette merveille que ceux situés à son centre étaient censés être évalués, notés et peut être appréciés si la performance était bonne. Mais comment donner son maximum et être excellent lorsque des furies hystériques commentaient chacun vos mots par des « Trop beau!! »,« La classe! », « Bravoo! » suraigus? Une énigme de plus à résoudre pour le monde scientifique...

Pour faire simple, Yûki était dans un état de tension vraiment extrême. Son humeur était en intense turbulence et elle variait en fonction des personnes qui l'entouraient. Autant dire que là, il ne manquait pas beaucoup d'eau avant que le verre ne déborde.

C'est dans cet état d'esprit hargneux et privé de toute bonnes ondes, que le jeune commença son examen. Son phrasé pourtant fluide, ne laissait transpercer la chaleur et l'enthousiasme qui l'agitaient lors de ce qui était pour la souris une véritable partie de plaisir. C'était plutôt quelque chose de vraiment gris et cela se ressentait. Au bout d'un moment, la même fille qui avait outrageusement approché Yûki hurla :

« J'ai des nouvelles photos de Yûki chaaaann!!! »

Aussitôt, un brouhaha sans bornes naquit parmi les places réservées au public. Un capharnaüm tel qu'on en entendait plus la voix de l'évalué. L'argenté bouillait et ils serra des poings, les marques de ses ongles s'incrustant dans la paume de ses mains. Un fille rousse mit le feu au poudre en déclenchant une discussion bien audible à tous :

« Vous savez si Soma sama a une copine? »

« Il est pas avec Machi Kuragi? »

« Cette pouffe? »

« Non il a rompu avec elle! »

« Pas vrai!!!! Ça veut dire que la voie est libre!! »

« Pousse toi connasse! T'as aucune chances! Tu t'es vu? »

« Et toi avec tes dents de lapin trucidé! »

« T'as pas vu que bouche de cul de poisson! »

« ASSSEZZ!!!!!!! » hurla Yûki

Le silence s'imposa. Tout le monde était stupéfait qu'un tel cri provenant des cordes vocales du Prince ait retenti. Yûki ne s'énervait jamais quand il était à la fac et c'était une première pour celles qui le courtisaient. L'argenté fulminait et son regard incendiaire avait de quoi tétaniser quelqu'un sur place. Il dit les sourcils froncés et d'une voix forte :

« Je vous fait voir que je passe un examen là!! Vous êtes idiotes tarées ou les deux? Je serais incapable de le dire mais ce qui est certain, c'est que vous êtes vraiment crétines pour penser que je pourrais m'accoupler avec des toutous en chaleur comme vous!!! Ce sera jamais possible!! Et vous savez pourquoi?!! Vous savez!!!!!!???????? »

La rousse osa, d'une vraie contrastant avec la force de celle de l'argenté :

« N... Non... »

« Ben je vais vous le dire puisque vous vous foutez visiblement que je rate mon exam' ou pas!! »

Quelques filles baissèrent leurs yeux et Yûki continua, son sang froid irrémédiablement perdu, son visage en proie à une grimace colérique et furieuse :

« Autant vous le dire, vous n'avez aucune chances! Pourquoi? Parce que je suis gay!!!! Tout bonnement parce que J'AIME ME FAIRE ENCULER PAR DES MECS ET QUE VOUS AVEZ PAS L'ENGIN ADEQUAT POUR CA!!!!!! »

L'annonce fit l'effet d'une bombe et la moitié des filles présentes tombèrent dans les pommes. Des autres restantes, certaines s'enfuirent, d'autres vomirent ou encore d'autres se transformèrent en statue. Yûki, essoufflé d'avoir autant crié, fourra avec violence son dossier dans son sac. Il l'empoigna et sortit de la salle, sans un regard vers ses groupies mortes, dans le coma, noyées dans leur chagrin, gisant dans les choses qu'elles avaient régurgités et compagnie...

La nouvelle fit le tour de l'établissement en un temps record. Bien entendu, seuls quelques érudits et ignorants des potins n'étaient pas au courant, et Kyô faisait parti de cette bande à part qui préférait se la couler douce et hurler quand on les emmerdait. Il malaxait son cerveau dans tous les sens dans sa classe, toujours sur le même sujet quand un de ses camarades, Yoshiro, vint s'asseoir en face de lui et lui demanda :

« Dis, tu le savais toi? »

« Quoi? »

« Que ton cousin était gay! »

« Lequel? »

« Ben Sôma Yûki san!!! »

Kyô rougit intensément. Yûki avait il révélé leur relation? Son camarade eut un sourire malin et susurra :

« Oh! Par ta réaction, je peux en déduire que tu le savais!! »

« Mais... Comment...? »

« Ben en fait, on raconte qu'il l'a dit pendant qu'il passait un exam' »

« Un exam'? Mais... »

« Laisse moi finir! En fait, des groupies à lui auraient fait un raffut monstre en plein dedans, et qu'il s'est mis en colère! Paraîtrait qu'il a crié : « J'AIME ME FAIRE ENCULER PAR DES MECS ET VOUS AVEZ PAS L'ENGIN ADEQUAT POUR CA!! »

Kyô rougit encore plus et manqua de laisser tomber sa mâchoire sur le sol. Comment Yûki avait il pu faire ça? Il devait vraiment être à bout pour dire ce genre de paroles et encore plus l'annoncer publiquement!! Si ça n'avait pas été l'argenté, tout le monde se serait pressé de le traiter de perversité et de manque outrageux de pudeur! Sans compter les lobotomisés du cerveaux qui se seraient hâtés eux à dénigrer son statut d'homosexuel... Yoshiro remarquant son trouble dit avec une voix remplie de sous entendus :

« Heum, Kyô, il t'aurait pas fait des avances? Après tout vous n'êtes cousins que de nom et vous n'avez pas de famille vraiment en commun... »

Kyô se leva et essaya de retrouver son calme. Néanmoins il hurla à son camarade :

« BAKAA!!!! »

Puis il partit en quête de Yûki. Yûki lui faire des avances?

Laissez moi rire! Il a fait beaucoup plus que ça! Il m'a rendu assez chèvre pour ne penser qu'à lui et ça, de la pire manière qu'il existe sur cette Terre!

Kyô déambulait dans toute la fac à la recherche de la souris. Quand enfin il trouva celui qui hantait ses pensées, il s'arrêta net. La souris était en train de discuter avec un brun assez grand dont les yeux bleu limpide brillaient de malice et d'amusement. Il arborait un sourire charmeur et communicatif. Le roux sentit la boule de la jalousie prendre place dans son ventre. Elle le torturait, le triturait, l'emmerdait sans qu'il ne puisse y changer quelque chose. Cependant, l'ex chat recentra vite son attention sur l'argenté qui rigolait gentiment avec l'autre jeune homme. Il voulait savoir. Il voulait connaître l'objet de ce sourire si convivial sur les lèvres roses et charnues de son cousin. Il esquissait un pas pour se cacher de leur vue quand Yûki tourna la tête vers lui. Il attendit sa réaction, anxieux. Les yeux gris de la souris perdirent un peu de leur éclat et Kyô en fut attristé. Il s'attendait à un regard mauvais mais vraiment pas à ça. Il ne voulait pas rester sur une telle froideur et c'est pour cela qu'il s'avança vers Yûki et qu'il lui dit, sans un regard pour l'inconnu aux yeux azurs :

« Yûki, j'aimerais te parler en privé. »

Le dénommé eut un faux sourire entendu. Il connaissait la raison de la présence du chat, et même si le voir faisait follement battre son coeur, il ne devait plus laisser filtrer ses sentiments désormais. Il fit quand même les présentations bien que Kyô n'ait pas l'air d'apprécier son interlocuteur :

« Kyô, voici Jun Akazu. Akazu san, voici Kyô Soma, mon cousin. »

« Enchanté de te connaître, Soma san »

Jun lui tendit une main que le roux dévisagea un moment avant de la serrer à contrecoeur. Il n'allait pas faire preuve de mauvaise volonté devant Yûki alors qu'il devait lui parler! Cependant, il ne put s'empêcher de bougonner par la suite :

« Il peut foutre le camp maintenant? »

Le brun n'eut pas l'air décontenancé que Kyô espérait lui tirer. Son sourire s'élargit même d'ailleurs. Yûki dit :

« Akazu san, attends moi quelques minutes, j'écoute juste ce qu'il a à dire. »

« Ok. »

L'argenté entraîna Kyô un peu plus loin et quand ils furent assez éloignés de tout ceux qui pouvaient les entendre, le roux demanda :

« C'est vrai que t'as dit devant tout le monde que tu étais... »

« Gay? Tu as du mal avec ce mot? »

« ... »
« Oui c'est vrai. J'ai même dit que j'aimais me faire enculer par des mecs- »

« ... Pas la peine de finir la phrase je suis au courant. »

« Mais en fait, j'aurais peut être dû dire que j'aimais quand tu me... »

« Mais... »

« Sois content je ne t'ai pas cité alors que tu es le principal responsable de mon homosexualité. »

« Yûki, pourquoi tu as fais ça? »

« Hmm... Ça fait longtemps que je voulais le dire. Et puis toute cette histoire de Prince, de fanclub, ça me gonflait vraiment. Avec ces deux raisons, j'ai pensé que j'aurais la paix avec toutes les filles qui me courent après. »

« Mais tu n'aurais pas dû préciser que tu étais... »

« Que j'étais Uke? Et alors? En même temps, je ne vois plus en quoi ça te regarde. »

Il se tut. Son regard se fit dubitatif et puis finalement, il insinua ses yeux dans les iris du roux, et avec une voix enrouée mais forte il déclara :

« Kyô, je t'aime vraiment. Mais je ne veux plus courir derrière quelqu'un qui ne se retourne pas à mes appels, qui n'a besoin de moi que dans son propre intérêt et qui se cache derrière des mensonges pour se protéger. Je veux affronter la vérité, ma vérité même si je dois me faire traiter de tous les noms après. »

De la tendresse traversa ses prunelles envoûtantes et d'une caresse aussi légère qu'un brise, il embrassa son vis à vis. Il enfouit ensuite son visage dans le cou bronzé du chat et en fit de même. Aussi chastes que furent ces douceurs, Kyô s'en sentit émoustillé mais une douleur martela son organe vital. Il ne savait pourquoi mais ces baisers avaient le goût et l'odeur d'un adieu. Comme pour confirmer, Yûki lui fit un sourire vraiment très doux et Kyô eut envie de lui crier de ne pas s'en aller, mais ses lèvres restaient soudées entre elles et empêchaient le moindre souffle d'air de s'échapper par l'ouverture de sa bouche.

Sur ces gestes qui annonçaient sa décision, Yûki se détacha de Kyô, et le chat le vit s'éloigner lentement de lui sans qu'il ne puisse rien y faire. Il le vit échanger un sourire avec Jun puis les deux jeunes partirent. Ensemble, le laissant à ses sentiments de regret et de tristesse.

Le temps passa sans que Kyô en ait conscience. Il remarqua seulement que la pluie tombait. Oui, elle tombait de ses yeux.

A suivre...


J'ai vraiment beaucoup aimé taper les deux derniers paragraphes. Le romantisme n'est pas mon point fort mais je crois que je m'en sors pas mal là.

Laissez des reviews. ^^