Résumé du chapitre précédent :
Grâce aux indications de Ritsu, Yûki trouve le lieu où est Kyô. Là, il découvre le jeune homme en train de se faire violer par les trois hommes de main de Kagura. En ayant un air froid et indifférent et en présentant la carte d'identité de Kagura, il arrive à les convaincre qu'il est leur nouveau chef. Il prend soin de Kyô quand les sirènes de la police se font entendre. Les hommes paniquent et là c'est le drame. Un coup de feu part...
Bonne lecture!^^
Chapitre 13
Le regard vague, Yûki marchait lentement vers le lieu où il se rendait quotidiennement depuis déjà près de quatre mois. Et comme toujours, il se posait les mêmes questions. Comment en était il arrivé là? Comment son univers avait-il pu basculer en si peu de temps? Pourquoi l'être qu'il aimait plus que tout se retrouvait-il dans cet état? Un état où il ne pouvait l'atteindre, où il ne pouvait le toucher et encore moins le sentir. Pourquoi lui, Yûki en était il réduit à simplement contempler et attendre? Attendre doucement, lentement que la douleur qu'il ressentait veuille bien lui donner un instant de répit. Attendre vainement qu'elle s'apaise. Le maudit de la souris ne savait pas, ne savait plus et doutait même d'avoir su quoi faire un jour. Pourtant au départ, il était plein de bonne volonté mais surtout d'idées pour que cet enfer qu'il vivait cesse. Cependant, maintenant, les souffrances qu'il s'était forcé d'ignorer et de mépriser dans une indifférence froide, l'assaillaient de toute part, le dévorant de tristesse, d'amertume et de mélancolie. La nostalgie revenait dans une litanie monotone et régulière. Parfois, il se laissait aller à ses démons, regrettant un bonheur qui n'avait été que trop éphémère et qui paraissait si lointain désormais...
L'ex maudit de la souris soupira. Il s'était encore une fois laissé gagner par ses souvenirs passés. Il lui arrivait de penser à ce genre de choses même récemment le phénomène s'était fait plus fréquent. Il savait pourquoi il était comme ça. Mais il refusait de laisser ses doutes et ses peurs le dominer. Sur cette ferme résolution, il accéléra sa marche vers sa destination.
Il se trouva bientôt dans le lieu qu'il voulait rejoindre. Au début, il avait eu du mal mais maintenant, il était plus qu'habitué. Ce fait ne le réjouissait pas. Il aurait même voulu que ce soit le contraire. Seulement ses sens et son esprit en avaient décidé autrement. Il vit que Tohru était déjà là. Son coeur se serra. Encore cette maudite peur insensée qui le prenait, le tenaillait de tout son long, capturant son coeur sans conditions. Il poussa un faible soupir afin qu'elle remarque sa présence mais surtout, qu'IL sache qu'il était là. Son coeur, son amour, sa lumière, Kyô. Le peu d'étincelles qui indiquait qu'il vivait encore était là dans ses yeux. Cependant, cette lueur de vie disparut bien vite quand le roux croisa son regard.
Le changement était plus que visible et inéluctablement, Yûki le remarqua. Son coeur fut transpercé encore une fois devant les émotions qui passèrent dans les pupilles flamboyantes. Un trouble, une peur, une envie de fuir, mais surtout, un souhait désespéré que lui, Yûki Soma, disparaisse.
Le Prince ferma les yeux et des flashs d'évènements passés crépitèrent sous ses paupières.
{Début du flash back}
4 mois avant
Le coup de feu partit.
Un hurlement de douleur s'échappa d'une gorge tandis que la porte de l'entrepôt s'ouvrait violemment. La scène qu'offrait ce vieux bâtiment désaffecté était digne des plus grandes tragédies sanguinaires. L'horreur et la désolation marquaient l'air. Du sang, partout. Des signes de violence, de torture aussi. C'en était à se sentir mal tant l'aura dégagée par ce lieu vous compressait, tel un étau étroit sans issues. Une respiration saccadée et irrégulière battait l'air et l'on pouvait lire de l'effroi et de la panique dans les yeux des personnes sur place.
Devant eux, un homme gisait sur le sol en se tenant la jambe, un couteau à côté de lui. Sa souffrance, palpable, était démontrée par le hurlement suraigu qu'il poussait. Deux autres plus en arrière paraissaient visiblement soulagés que ce coup de feu ne les ait pas atteint. Cependant, leur soulagement se mua en résignation lorsque leurs regards croisèrent les uniformes noirs des policiers.
Si aucun des hommes de main dont on leur avait parlé n'était affecté émotionnellement, c'était le cas du jeune homme aux étranges cheveux argentés et aux yeux gris. Yûki respirait difficilement en se tenant la gorge de la main gauche. Son homologue droite pointait encore une arme dans le vide. Les policiers en déduisirent que c'était lui qui avait tiré, certainement par légitime défense à en juger par sa mine effrayée.
Yûki lui était figé sur place. Son esprit était déconnecté de ce qui l'entourait. La seule chose qu'il savait, c'était que Kyô était maintenant en sécurité. Cependant le fait d'avoir tiré sur un homme, même s'il l'avait seulement blessé à la jambe, ajouté à sa nervosité, sa faiblesse et sa peur de perdre le roux, l'avaient achevé. Il n'arrivait plus à réfléchir correctement. Son esprit était vide. Ses sentiments confus, mélangés, tourneboulés, chamboulés dans un effroyable désordre le privaient maintenant de tout contrôle sur son corps. C'était presque comme si, à la seconde où il avait tiré, il avait créé une explosion qui l'avaient rendu pantelant et impuissant. Il sentit cependant qu'on lui prenait le revolver et qu'on le soulevait pour le poser sur quelque chose de doux et de frais. Quelque chose qui ne dégageait aucune odeur de sang. Quelque chose qui empestait les produits hospitaliers. Il s'endormit lentement.
Lorsqu'il se réveilla, il trouva Ayame au près de lui. Quand celui ci vit qu'il s'était réveillé, il le serra dans ses bras à l'étouffer. A la grande surprise de l'adulte, Yûki répondit à son étreinte. En ce moment, il avait besoin de bras chaleureux. Et ceux de son frère étaient étonnamment réconfortants... Ils restèrent un moment ainsi et l'aîné finit par parler :
« Je suis content que tu ailles bien! Si tu savais combien j'étais inquiet quand tu es parti aussi soudainement de la résidence! »
« ... Où suis je? »
« Une ambulance t'a amené à l'hôpital après que tu te sois endormi. Tu as encore fait une crise d'asthme. On t'a donné un calmant pendant que tu étais à demi conscient et depuis, je suis à ton chevet. Les autres sont dehors, en salle d'attente. »
« ... »
« Je suis vraiment soulagé qu'aucun de ces monstres ne t'ait fait quelque chose. »
Immédiatement, les pupilles de l'ex maudit de la souris s'assombrirent. Il souffla lentement :
« Malheureusement, ce n'est pas le cas de tout le monde... »
« ... Yun chan... »
« ... »
« Je suis désolé que la police ne soit pas arrivée plus rapidement. Quand Hatori a appelé, ils ont voulu connaître tous les détails donc... »
« ... Je... C'est de ma faute... C'est de ma faute avec- »
« Ne culpabilise pas! Tu as fait tout ce que tu as pu!! Je ne sais pas ce qui s'est passé dans cet entrepôt mais tu as réussi à le protéger et à te protéger!! Les policiers m'ont dit que quand ils t'ont trouvé, tu avais Kyô dans tes bras et qu'il- »
« C'est pas ça qui va m'empêcher d'avoir mal là! » hurla t-il en visant son coeur de sa paume. « Je n'arrive pas à me sortir de la tête ce que que ces brutes lui ont fait! Tu sais j'ai vraiment voulu les tuer! Mais quand j'ai tiré sur ce... sur ce type, j'ai senti comme si quelque chose se brisait en moi et que je me vidais de toutes mes forces! Je n'ai pas pu!! Même pour Kyô, pour le venger, je n'ai pas pu le tuer! »
Ayame ne dit rien. Puis il reprit Yûki dans ses bras et murmura :
« Je ne crois pas que tu aurais rendu service à qui que ce soit de cette manière. Tu en aurais été traumatisé à vie. Et si tu veux mon avis, le mieux que tu puisses faire pour Kyô est de parler. Tu dois raconter ce qui s'est passé dans cet entrepôt aux policiers. D'autres personnes se chargeront de les punir. Et soit sûr que même en enfers, ils n'auront pas la paix. »
« ... »
« Dès que tu te sentiras prêt, je ferai les policiers entrer pour que tu puisses leur parler. »
Il relâcha Yûki et se redressa en disant :
« Je dois prévenir Akito sama que tu t'es réveillé. »
Il s'éloigna et l'argenté lui dit d'une voix ferme :
« Dis leur de venir maintenant. Je veux en finir avec ça pour pouvoir aller voir Kyô. »
« D'accord. »
Il sortit de la chambre et deux hommes en uniforme noir firent leur apparition. Yûki les accueillit avec un regard neutre et sans qu'on lui pose de questions, il commença sa longue épopée...
Quand Yûki en eut fini avec les policiers, un besoin urgent s'imposa à lui et il ne fit rien pour le combattre : voir Kyô. Il se leva péniblement de son lit, et ne prenant pas la peine de mettre ses chaussures, il sortit de la chambre qu'il occupait. Tous les regards convergèrent vers lui. Les ex maudits étaient là et ils arboraient tous une mine sombre. Kisa pleurait dans les bras d'Hiro et celui ci essayait vainement de la réconforter. L'argenté remarqua qu'Akito et Tohru n'étaient pas là. En le voyant, Ayame qui discutait auparavant avec Hatori, s'approcha de Yûki et lui intima d'une voix inquiète :
« Yûki! Tu devrais aller te reposer! Tu n'es pas- »
« Nii san! Ça va! Je me sens... bien. Je veux voir Kyô. Où est il? »
L'adulte se retira dans un silence étrange qui fut vivement rompu par Yûki :
« Où est Kyô??! »
Son interlocuteur bafouilla :
« C'est à dire que... Il... Enfin il... il est... »
Devant l'hésitation de son grand frère, Yûki prit peur. Qu'était t-il arrivé à Kyô? Pourquoi Ayame hésitait il autant à lui dire où il était? Comment allait il? Son état s'était il aggravé? Il s'affola et empoigna le haut de son frère en hurlant d'une voix cassée par le doute :
« OU EST Kyô???!!!!! »
Ayame garda le silence puis la main d'Hatori se posa sur son épaule. L'ex serpent le regarda en quête d'aide et l'ex dragon hocha la tête. L'aîné des frères soupira et finit par lâcher :
« Je ne voulais pas te le dire tout de suite parce que je voulais que tu sois pleinement préparé. »
« Mais bordel!! Préparé à quoi?!!! »
Ayame eut un regard suppliant vers Hatori. Celui ci devinant le désarroi de l'habituel bon vivant continua à sa place :
« Yûki kun, Kyô a été plus atteint que nous le pensions dans cette mésaventure. Tu sais comme moi qu'il a été violé et ce avec une certaine virulence. »
« ... »
« Nous savions que cela lui aurait laissé des séquelles mais il y a plus grave encore. »
Yûki déglutit difficilement et serra des poings. Ses ongles s'enfonçaient maintenant dans la paume de ses mains. Il attendit le verdict, anxieux.
« L'un des hommes qui l'a violé... avait une maladie. Et.. il l'a transmise à Kyô. »
Le jeune homme devint livide. Il était comme transformé en statue, il n'arrivait plus à se calmer et à respirer correctement. Des pensées, des questions et des cris s'entremêlaient et se pressaient dans son cerveau. Comment un tel coup du sort avait pu arriver? Pourquoi tant de malheurs s'abattaient-ils sur Kyô de la sorte? La souris fixa Hatori et d'après son regard, il en déduisit que le cauchemar n'était pas fini. Son cousin articula :
« Heureusement, les médecins en charge de Kyô ont pu éradiquer les cellules malades. Cependant, tout ces évènements l'ont considérablement affaibli et le traitement lourd qu'il a subi lui a fait perdre des cheveux. Son système immunitaire n'est plus aussi efficace qu'avant donc il devra rester pendant une longue période à l'hôpital. Après, cela dépendra de lui. »
Yûki n'en pouvait plus de ces nouvelles désolantes qui lui tombaient sur la tête. Il avait l'impression qu'il allait exploser. Il murmura :
« Je veux le voir. »
« Attends Yûki, je n'ai pas- »
« JE VEUX LE VOIR!!!!! »
Ayame avait gardé le silence pendant le monologue de son ami. Il se sentait sur la brèche lui aussi. L'obstination de Yûki fut la goutte d'eau qui fit déborder le vase. Il saisit brusquement le bras de son frère et le traîna vers ka chambre de Kyô. Peu importe maintenant. Yûki était si aveuglé par son envie de voir Kyô qu'il n'écouterait rien de ce que l'on dirait. Autant le confronter directement à la réalité. Même si ça allait lui faire mal. Il n'y avait rien d'autre à faire.
Hatori qui avait été surpris par le regain d'activité de son ami soupira. Yûki aurait dû écouter ce qu'il avait à lui dire. La douleur n'en serait que plus forte lorsqu'il verrait le chat. Son regard se teinta de mélancolie tandis qu'il faisait le rapprochement de l'histoire de ses deux cousins à la sienne.... Il demanda aux autres maudits de rester là et il suivit Ayame et son petit frère déboussolé.
Ils arrivèrent enfin devant la chambre de Kyô. Akito se tenait à proximité et il arborait la mine qu'il avait lorsque quelque chose lui déplaisait. Quand il les vit avec Yûki, il soupira de lassitude et se mit sur le côté. Il murmura quelques propos presque inaudibles qui n'arrivèrent qu'aux oreille de la souris :
« Sois fort Yûki kun. »
Le jeune homme s'interrogea sur le sens de ces paroles et enfin, ils pénétrèrent dans la chambre.
Yûki vit tout de suite Kyô. Celui ci avait les yeux vides. Sa bouche s'étirait dans un fin trait et il avait perdu une bonne partie de sa chevelure si soyeuse. Il semblait éteint et sans vie. Tohru était assise à son chevet et elle adressa un regard désolé à Yûki. L'esprit mort du chat remarqua cela et il tourna sa tête vers le groupe qui venait d'entrer. Le temps qu'il esquisse un début de sourire, un cri transperçant avait pourfendu l'air. Un hurlement d'angoisse, de peur, de panique. Yûki ne comprenait plus rien. Jusqu'à ce qu'il croise le regard de Kyô. Ce qu'il vit blessa intensément son âme. C'était la cassure la plus douloureuse, la plus lancinante qu'il n'ait jamais ressenti. Son pouls semblait se ralentir tant cette vision, ce regard, le tuait. Il avait l'impression de sauter dans le vide et de voir approcher sa mort à grande vitesse. Il sentit que ses yeux s'embuaient. Il avait mal, si mal. Sa souffrance atteignait son apothéose devant ces iris. Ces yeux qui le dévisageaient, qui le craignaient.
Kyô avait peur de lui.
Son plus grand cauchemar était devenu réalité et il n'avait aucun moyen de se réveiller de cet enfer qu'il vivait. Ça y est, il pleurait. Des larmes mouillaient ses joues pâlies par la souffrance. Il ne pouvait plus bouger, capturé dans ce feu carmin rempli de terreur et de peur. Il était comme paralysé. Alors, il ne sut pas comment mais il se retrouva en dehors de la chambre du roux.
Akito les vit sortir sans grand étonnement. Il avait entendu les cris de Kyô et il savait que ça avait été dû à l'arrivée du groupe. Il jeta un coup d'oeil furtif à Yûki. Celui ci était complètement bouleversé. A en juger par les larmes qui s'écoulaient de ses pupilles grises, il devina que le choc avait été trop dur pour lui. Et il le comprenait. Voir que l'être que vous aimez le plus au monde vous regarde comme si vous étiez le Diable en personne ou que vous aviez en vous toutes les immondices humaines devait être très douloureux. Lui même ne savait pas comment il réagirait si Tohru le regardait un jour de cette façon. Peut être qu'il la tuerait et qu'il se suiciderait après... Le brun passa une main nerveuse dans ses cheveux et s'approcha d'Hatori en lui demandant :
« Il était au courant pour... Kyô? »
« Non. Je n'ai pas eu le temps de lui dire. Et vu qu'il n'était pas préparé à ça, ça a été encore plus dur pour lui. »
« ... »
Le chef de famille regarda d'un oeil compatissant la souris qui pleurait toujours amèrement, encore choquée de ce qu'elle avait vu. Il fallait lui expliquer. Il ne devait pas comprendre le pourquoi de la situation. Akito se planta en face de l'argenté et questionna d'une voix douce :
« Yûki, tu es prêt à m'écouter? »
« ... »
Un long moment passa durant lequel Yûki renifla bruyamment. Puis il hocha imperceptiblement la tête en signe d'assentiment. Akito parla lentement :
« Yûki kun, Kyô a été sérieusement traumatisé. Quand l'ambulance l'a amené ici, on a fait le nécessaire pour sa santé physique. Cependant, son mental a été très affecté. Nous étions à son chevet quand il s'est réveillé. Il n'a eu aucune réaction à la vue de Tohru mais quand il m'a vu moi, il s'est mis à hurler comme un dément. J'ai cru que c'était parce qu'autrefois, je n'étais pas un modèle de bonté envers lui. Le docteur m'avait également dit qu'un viol pouvait faire remonter de mauvais souvenirs. Donc je suis sorti. Seulement voila, il s'est avéré qu'en fait, Kyô ne peut plus voir un homme sans en avoir une peur panique. Nous avons été obligé de lui trouver un médecin féminin. Il semble reconnaître les femmes de nôtre clan mais le reste.... Yûki kun... Je suis désolé. »
Le moral de l'argenté était au deçà de zéro. Il ne comprenait pas comment ces yeux flamboyants autrefois si vivants, si passionnés, si aimants, pouvaient maintenant porter une telle crainte.
Il n'arrivait pas à comprendre bien que des explications tangibles pouvaient lui être présentées. Ce dont il était certain, c'était qu'il refusait de perdre Kyô de cette manière.
Qu'elle fut la raison de sa soudaine détermination? La folie? L'inconscience? Quoi qu'il en est été, Yûki se le va brusquement et se dirigea d'un pas décidé vers la chambre de Kyô. Cependant, il fut rapidement attrapé par Ayame et Hatori qui avaient prévu le coup. La souris hurla :
« Je veux qu'il me reconnaisse!! Comment il peut avoir peur de moi alors que je l'aime!! Alors qu'on a vécu tant de choses ensemble!! Il n'a pas le droit de s'éloigner comme ça! »
« Yûki kun calme toi!! »
« Je veux qu'il réponde à mes questions!! Je veux qu'il me parle!! »
Akito était un spectateur impuissant de ce triste spectacle. Il n'aimait pas ça, surtout qu'en plus ce qu'il allait dire allait enfoncer le clou dans la plaie. Il lâcha :
« Yûki kun, Kyô est muet. »
La souris arrêta de se débattre et se tourna vers le brun, ses yeux plus agrandis que jamais. Le chef de famille continua :
« Il ne parle plus. Ou peut être qu'il ne veut plus parler. Il est un peu comme l'était Kisa sauf que c'est plus grave. Le médecin m'a expliqué que dans son cas, il se peut qu'il ne reparle plus jamais. »
Ce fut le coup de grâce pour Yûki. Non seulement, Kyô avait peur de lui, mais en plus, il ne pourrait plus entendre son rire, se voix grave et joyeuse, ses encouragements, ses marmonnements énervés, ses murmures sensuels, sa voix troublée lorsqu'il lui disait qu'il l'aimait... Plus rien de tout ça ne sortirait de sa bouche désormais. Et cette vérité cruelle détruisit son coeur. Il se laissa tomber sur le sol comme une marionnette désarticulée et se mit à sangloter d'abord puis il pleura amèrement. De toute son âme. Ignorant les regards surpris des personnes qui passaient par là et ceux des membres de sa famille. Il n'en avait plus grand chose à faire d'ailleurs. Sa vie venait de s'effondrer en quelques secondes et il se foutait pas mal de ce que les gens pouvaient et pourraient penser de lui. Seul importait maintenant la douleur cuisante qui brûlait son coeur à sang...
{Fin du flash back}
Yûki soupira doucement. Il le savait maintenant, il y avait des chances pour que lui et Kyô ne soient plus jamais ensemble. Et tout cela n'était que le résultat de la folie de Kagura. Kagura, cette brune démente qui s'évertuait à hurler du haut de l'asile psychiatrique dans lequel Akito l'avait placée qu'elle l'aimait! Quelle belle salade!! Elle méritait de pourrir en enfers comme les trois brutes qui avaient été exécutées juste après leur procès trois mois auparavant.
Mourir. Cependant cela ne ramènerait pas Kyô et il avait souvent envie de partir loin en laissant tout derrière lui. Mais quelque part au fond de lui, une fine lueur d'espoir lui intimait de ne pas abandonner, de ne pas se laisser abattre, que le lien entre lui et son amour était étiolé mais qu'il existait toujours. Dans ses moments de délire, il espérait toujours, il attendait toujours un signe venant du roux. Pourtant, en quatre mois, rien n'avait changé. Enfin, si quelque chose avait changé. Kyô n'avait plus autant peur de lui.
L'argenté se souvint des premiers temps. Le chat ne pouvait pas se calmer quand il était dans la chambre et Tohru était alors là pour lui parler doucement afin qu'il se calme. C'était grâce à elle si maintenant, Kyô pouvait supporter sa présence dans sa chambre sans trop s'affoler. La brune avait toujours eu le don d'apaiser le coeur des gens et d'un côté, Yûki lui en était reconnaissant.
Mais en même temps, un sentiment maladif commençait à prendre place en lui. Et il savait que c'était malsain. Mais il n'y pouvait rien. Il en avait parlé à Akito et celui ci lui avait confié qu'il avait le même sentiment également. Il lui avait avoué qu'il se sentait délaissé par la brune et que cela le rendait de très mauvaise humeur. De plus, le fait que Tohru accoucherait bientôt l'angoissait et comme elle restait la plupart du temps auprès de Kyô, il ne pouvait vraiment prendre soin d'elle. Yûki le comprenait. En effet, l'onigiri était actuellement enceinte de huit mois et l'aide qu'elle apportait au chat la fatiguait bien qu'elle refusait de l'admettre. Quelques fois c'était Akito qui était obligé de venir la chercher tant elle s'oubliait dans son rôle de mère poule.
L'argenté soupira et souleva lentement les paupières qu'il avait fermées. Il remarqua que les yeux rouges de Kyô étaient fixés sur lui. Il lui adressa un doux sourire. Le rouquin détourna son regard et le porta sur Tohru. Encore Tohru. Celle ci lui parlait souvent à grands renforts de sourires et elle arrivait parfois à lui en tirer un. Lui il n'y arrivait pas et sa douleur face à ça lui donnait souvent envie de pleurer. C'est dans ces moments là qu'il sortait de la chambre de Kyô et qu'il prenait le chemin de la maison de Shigure. Et c'est ce qu'il fit, encore une fois. Il savait que quand il rentrerait, il ferait ses devoirs, recopierait les cours pour le roux, mangerait peu et s'affalerait sur son lit pour pleurer. Peut être qu'il parlerait un peu avec Jun au téléphone mais ce serait tout. Ça faisait longtemps que son existence ne se cantonnait plus qu'à des journées comme celles là...
Le week-end arriva lentement pour Yûki. Il savait qu'il passerait son week end au chevet de Kyô. Et il savait aussi que Tohru serait là également.
L'argenté sortit de la maison de Shigure et commença son parcours. Le temps était lourd et il allait certainement pleuvoir vu la couleur grise qui colorait le ciel. Yûki pressa le pas. Il ne voulait pas se laisser surprendre par la pluie.
Il arriva dans la chambre de Kyô et à son grand étonnement, il n'y vit pas la brune. Seul le roux était là, regardant fixement devant lui. Quand il entendit la porte se refermer, il se tourna vers lui. Ses yeux restèrent centrés sur lui. Yûki serra son poing en se demandant ce que le roux allait faire en l'absence de Tohru....
A suivre...
Jayisha : Bon ben voilà! J'ai pas grand chose à dire concernant ce chapitre....
Kyô : Ben moi j'en ai des choses à dire!! Tu me détestes c'est ça? Tu m'en veux parce que dans l'histoire originale j'ai fini avec Tohru et non avec Yûki? Qu'est ce que je t'ai fait merde pour mériter ça!! Violé, battu, traîné comme un vieux sac à patates, un porc ma refilé sa connerie de maladie, mon corps est affaibli, j'ai peur de tous les hommes Yûki compris et pour finir je suis muet à vie?????!!!!! T'as dû grave forcer sur ta dope habituelle ou ton joint était bourré de cirage de Kyomerde!!
Yûki : Calme toi!! Je te fais voir que t'es son perso préféré de FB! Imagine que le fait que tu lui dises ça la plonge dans une dépression! Tu risques d'y passer si ça arrive!!
Kyô : M'en fout!! Faut que j'expose aux lecteurs les misères qu'elle m'a fait même s'ils viennent de le lire plus haut! Comme ça après ma mort, parce que je suis sûre qu'elle va me faire crever dans sa fic pourrie, non seulement je la hante et en plus les lecteurs la trucident dans d'atroces souffrances!
Yûki : En y réfléchissant, t'as raison. Elle m'a grave cassé mon image en me faisant pleurer pour toi donc * sort des grands panneaux et du feutre indélébile * * écrit * A MORT L'AUTEUR!! A MORT L'AUTEUR!!!
Kyô : A MORT L'AUTEUR!!!
Kagura : A MORT L'AUTEUR!!!
Kyô : Hein? Qu'est ce tu fais là?
Kagura : Elle m'a transformée en folle et en plus elle m'a foutue dans un asile! T'espérais que je reste dans mon coin après ça? A MORT L'AUTEUR!!!
* début de la manifestation *
Jayisha : * dépaysée * Heu... Si vous me tuez y'aura pas de suite....
Kyô, Yûki, Kagura et les « autres » : ON S'EN FOUT!!!!
