Résumé du chapitre précédent :
La police réussit à attraper les hommes de main de Kagura après que l'un ait été blessé à la jambe par Yûki. Aussi éphémère que soit pour lui l'idée que tout irait mieux dorénavant, les conséquences des évènements se font ressentir sur Kyô, qui se retrouve affaibli par une maladie transmise par un des violeurs, muet et avec une peur panique des hommes. Et surtout de Yûki. Celui ci est blessé par ce revirement de situation et c'est avec horreur qu'il comprend sa malchance.
Quatre mois plus tard, les choses n'ont pas vraiment évolué entre eux. Jusqu'au jour où Tohru, qui soutenait Kyô depuis son viol, n'est pas présente auprès du roux lorsque Yûki lui rend visite...
Bonne lecture! ^^
Chapitre 14
Yûki et Kyô se fixaient dans le blanc des yeux. Le roux semblait sonder l'ex maudit de la souris du regard et celui ci avait peur d'échouer à ce test si important pour lui. Il essayait de rester concentré, de ne pas laisser son esprit divaguer mais la difficulté était là. Car regarder aussi directement les yeux carmins de son aimé ne favorisait pas du tout la conservation de son sang froid. Il avait envie de le toucher, de le caresser et de l'embrasser. Il avait envie de lui parler mais surtout d'avoir une réponse. Il avait envie de se laisser envahir par la voix de son aimé qui lui soufflait qu'il l'aimait.
Alors, attiré comme un aimant, il ne put résister à ce regard pénétrant et il esquissa un pas vers Kyô. Il prit le risque de se rapprocher du chat alors que jusqu'à présent, il s'était contenté de se tenir au niveau de la porte. Il attendit le jugement, les cris, la panique dans les yeux de Kyô. Mais ceux ci ne vinrent pas.
Les yeux de Yûki s'agrandirent et il observa Kyô avec étonnement. Il n'y avait pas cette lueur qu'arrivait à susciter Tohru dans ses pupilles mais, il y avait.... Il devait avoir mal vu!!!! Il voulait fermer les yeux et les rouvrir pour être bien sûr de sa vision mais le contact serait irrémédiablement rompu. Alors il cilla et scruta avec attention. Il ne se trompait pas!! C'était presque invisible mais c'était bien là!! Kyô rougissait légèrement!! Une joie intense s'empara de Yûki qui eut le plus grand sourire jamais donné d'exister sur cette Terre. Cette imperceptible couleur sur les pommettes halées de Kyô était un signe!
L'argenté eut envie de s'approcher encore, pour voir jusqu'où il pourrait aller. Il fit un autre pas et brusquement, l'orage qui menaçait déjà depuis son départ de chez Shigure, éclata au dessus de leurs têtes. Au même moment, Kyô, entendant ce coup de tonnerre qui le fit sursauter prit conscience d'une chose. Une chose qu'il avait oublié au profit de cette étrange boule au niveau de sa poitrine : cette personne aux magnifiques cheveux était un homme. Aussitôt cette évidence réajustée, le roux pâlit. Ses yeux se remplirent de terreur et il hurla. Des flash rapides lui revenaient. C'était un HOMME!!! Il ne pouvait pas le laisser approcher mais en même temps, c'était... Son corps refusait d'écouter les paroles embrouillées que lui livrait son coeur. Son cerveau embrumé et abruti par les médicaments peinait à en décoder le message. Alors il hurla et commença à s'agiter dans tous les sens, comme s'il voulait mettre le plus de distance possible entre lui et l'argenté.
Yûki lui, avait perdu son beau sourire lumineux en quelques secondes et il recula rapidement. Il ne pouvait supporter de voir son aimé crier de la sorte. Son coeur l'étouffait et son âme était broyée par les crocs de la panique. Mais son affliction n'était que dérisoire comparée à celle de Kyô. Il devait faire quelque chose pour que le roux se calme et vite!
Sans perdre une minute de plus, le jeune homme se dirigea vers la porte et entreprit de sortir. Cependant, un imperceptible bredouillement presque incohérent troubla le carnage qui faisait rage au dessus de lui. Un bredouillement non assuré et tremblotant. Yûki se figea. Là, un déluge d'émotion s'abattit sur lui. Trop de choses arrivaient d'un coup. Il ne se croyait plus dans la réalité. Ça devait être un rêve. Oui, un rêve trop longtemps attendu et maintes fois espéré. En fait, il était en train de dormir chez lui et dans quelques secondes, il se réveillerait en pleurs en se tenant la poitrine comme il le faisait chaque matin depuis ce malheur. Seulement, voila, cela n'arriva pas. Et même, ce son innocent et chétif se reproduisit. Yûki se retourna lentement et posa un regard interrogateur et profondément surpris sur Kyô. Le trouble était peint sur ses traits et il avait les larmes aux yeux. Et puis Yûki l'entendit. Ce qu'il lui avait toujours manqué pour qu'il soit entier. Sa voix. Cette voix.
« Y... Yû... Yûk... Yûki. »
Kyô venait de l'appeler. Dans son coeur, il y eut une grande explosion et la souris s'écroula au sol. Sa joie était si intense que ses jambes n'avaient pas pu le supporter. Il était à genoux, sur le sol tandis que les yeux toujours aussi remplis de confusion de Kyô l'observaient. Yûki savait qu'il pleurait. Il sentait les perles amères de sa joie profonde s'écouler lentement sur ses joues et il ne fit rien pour les atténuer. Si par cette réaction, il pouvait montrer à son aimé qu'il n'était pas « eux » alors il se fichait de passer pour un sentimental fini.
L'argenté resta un moment ainsi, le temps de se reprendre puis il se leva doucement ayant quand même quelques craintes que Kyô ait toujours un peu peur de lui. Il fit un pas et attendit sa réaction. La même situation que précédemment se répéta et il croisa les doigts. Il esquissa un second pas. Le roux n'eut aucune réaction violente mais il le fixa avec attention. Yûki réduisit la distance qui les séparait d'un mêtre et là, le roux commença à se crisper.
Alors il lui tendit la main.
D'où le chat était, s'il le voulait, il pourrait la lui prendre sans se forcer. Le Prince ferma les yeux et attendit sa réaction. Pendant ce qui lui sembla être l'éternité, le temps défila puis, il sentit un contact qui électrisa chaque parcelle de son corps. C'était une main fébrile et quelque peu effrayée qui s'était posée sur celle de Yûki. L'argenté ouvrit ses yeux et ce qu'il vit lui fit chaud au coeur.
Kyô, tremblait de tout son corps mais il luttait visiblement pour ne pas céder à sa panique et garder contact avec sa main. Indéniablement, l'amour de Yûki déborda et sous une pulsion incontrôlable, il franchit la distance qui le séparait encore de son aimé et le prit dans ses bras.
La réaction de Kyô fut vive. Il hurla à mort comme si on avait posé un fer chaud sur sa peau. Il avait peur!! Trop peur de ces flashs qui remontaient brusquement, trop rapidement et c'était douloureux. Son corps lui faisait mal. Il était comme incendié de toutes part et il ne pouvait rien faire contre ça. Son esprit confus était en proie à de violents souvenirs et son corps était pris de spasmes irréguliers. Mais malgré cette souffrance qu'il sentait jusqu'au tréfonds de son âme, Yûki tint bon. Il savait qu'avec le ciel assombri qui hurlait sa colère par le biais d'éclairs et de grondements assourdissants, personne ne l'entendrait.
Il garda Kyô contre lui. Il n'avait jamais eu l'intention de mettre ses pensées désespérées en action mais il devait le faire. Se voiler sans cesse la face auprès du sourire de Tohru n'amènerait à rien et Yûki ne voulait pas cela. La crainte que son amant puisse devenir une épave le terrorisait. En imaginant cette vision pessimiste, il resserra sa prise et plongea son visage dans le cou de l'ex-maudit.
Le chat se raidit à l'extrême. Il sentait qu'il était en train de revivre ces éternels souvenirs qui le tourmentaient sans qu'il ne puisse y faire quelque chose. Les larmes commençaient à s'échapper de ses yeux. Il attendait avec résignation que cette horrible torture recommence. Mais contrairement à ce qu'il pensait, Yûki ne fit rien. Il le gardait juste contre lui. Kyô espérait de tout coeur que quelqu'un vienne et entende ses cris de panique mais sa demande ne fut pas entendue. Il se disait que cet enfer allait encore perdurer quand l'argenté prononça ces trois mots :
« Je t'aime. »
Instantanément, il arrêta de s'agiter et ouvrit les yeux. Ce... ce Yûki disait l'aimer? Alors, il ne lui ferait rien? Mais était ce seulement vrai? Il n'osait y croire. Il entendit la voix de l'être qui le visitait si souvent mais dont il n'avait de souvenirs que le prénom, dire d'une voix enrouée :
« Kyô, je t'aime vraiment. Je ne veux plus que tu restes là sans avancer, à te ressasser tes malheurs. C'est pour ça que je veux te sentir vivant contre moi. Ne me laisse pas, je t'en prie. »
Le jeune homme aux prunelle flamboyantes se sentit défaillir à chaque propos que prononçait la souris. Tout cela était dit avec tellement de sentiments qu'il le croyait. Aussi improbable que cela puisse paraître, il croyait à tout ce que racontait l'autre. Et son coeur qui battait si vite! Ses yeux se refermèrent pour tenter de ralentir son rythme cardiaque. Chacun des sons qui sortaient de la gorge de Yûki le faisait frissonner et une sensation de bien être commençait à l'envahir. Alors, toujours ses yeux fermés, il huma l'odeur qui se dégageait de cet être. Une odeur sucrée et fruitée qui lui semblait vaguement familière. Ce corps chaud se collait contre lui alors que dehors, la fureur des éléments se déchaînait. Il avait envie de s'y accrocher. Aussi, il suivit son intuition et lentement, ses doigts frêles s'aggripèrent à la tunique que portait Yûki. Ses tremblements perdirent en intensité et son vis à vis eut un grand sourire lorsqu'il demanda :
« Tu te souviens de la fois où- »
« Je... Je.. Je ne me... souviens... pas de... toi. »
Un coup de dague dans le coeur n'aurait pas pu être plus pénible. Kyô continua de sa voix cassée à cause de son mutisme :
« Mais.... tu... toi... Yûki... Ça revient... Tout le temps... dans ma tête.... des hommes... je veux oublier... Je veux... me souvenir.... de toi... parce que tu... toi tu... tu fais... mon coeur... battre vite et je comprends pas... pourquoi... je veux savoir... »
Yûki se sentit quelque peu rassuré. Même s'il ne se souvenait pas de leur histoire, il lui disait presque qu'il voulait se souvenir et qu'il ressentait quelque chose pour lui. Alors la souris murmura :
« Kyô, je vais te raconter ce que toi et moi avons partagé et partageons toujours. »
Le dénommé ne dit rien mais resserra sa prise sur Yûki.
Les semaines qui suivirent furent riches en redécouvertes pour Kyô. Il arrivait à ne plus sursauter ou à avoir peur de Yûki maintenant qu'il savait que quelque chose les liait et que seul celui ci possédait la clé des sentiments qui l'agitaient en sa présence. Chaque fois que la souris lui racontait quelque chose, il l'écoutait attentivement essayant de se faire une image de ce qu'il avait été auparavant. Yûki lui était heureux comme y'a pas. Le bonheur irradiait de sa personne et sa joie était presque palpable. La souris avait parlé de l'amnésie de Kyô au docteur et celui ci lui avait confirmé que c'était monnaie courante après ce genre de traumatisme et qu'il s'excusait de ne pas avoir diagnostiqué ça. Il en avait également touché un mot à Akito et celui ci avait été très content que le contact ait été rétabli entre les deux cousins. Cependant, il ne pouvait se déplacer étant donné que Tohru était hospitalisée pour son accouchement qui était prévu très prochainement. Quelques ex maudits vinrent voir Kyô pour se rendre compte de ses progrès. Ils avaient été assez surpris parce que le chat s'était accroché comme un désespéré à Yûki et avait fait une crise d'angoisse. La souris avait soupiré devant l'ampleur de la tâche qui l'attendait mais le fait même que sa présence soit tolérée était un grand pas vers la guérison de Kyô. Il avait alors congédié les membres de sa famille et était resté parler d'eux à son aimé.
Quelques temps après, Yûki avait rencontré le bébé de Tohru et Akito. C'était une magnifique petite fille au yeux châtains comme sa mère qui répondait au nom de Inako. Un duvet noir soyeux recouvrait le haut de son crane et la souris ne doutait pas qu'elle serait bientôt une petite beauté.
Deux mois étaient passés. Deux mois depuis que cette nouvelle complicité était installée entre Kyô et Yûki. Et l'argenté avait envie d'expérimenter quelque chose. Il voulait voir si ça allait marcher avec son aimé...
Il pénétra dans la chambre du roux. A son grand étonnement, il y avait plusieurs personnes dans la pièce. Quelle ne fut sa surprise en reconnaissant Akito et Tohru! Le brun était adossé à un mur dans un coin et tirait une tête mi-heureux mi-ennuyé tandis que sa femme était assise au chevet de Kyô un grand sourire aux lèvres et des photos à la main. Yûki salua :
« Bonjour! »
Quand il entendit sa voix, Kyô qui regardait les photos de Tohru se tourna brusquement et tendit la main vers lui en disant :
« Yûki... »
La souris eut un grand sourire et s'approcha du roux dont il saisit la main.
« Ohayo Yûki kun! »
« ... »
La souris demanda :
« Qu'est ce que vous faîtes ici? »
Akito soupira et instantanément, l'argenté sentit Kyô se raidir. Il lui serra la main plus fort et le brun expliqua :
« Tohru voulait rendre visite à Kyô pour lui montrer notre petite fille. Or l'environnement de l'hôpital n'est pas très sain pour elle donc nous ne pouvions pas la prendre avec nous. Alors à la place, elle a amené des photos. »
« Ah oui. En plus, tu m'avais dit que la grossesse de Tohru ne s'était pas très bien passée. »
Akito eut un grognement et ajouta avec un regard rancunier envers son épouse :
« Il faut dire qu'au lieu de se reposer comme le font toutes les futures mères, Tohru chan me négligeait et s'occupait trop de... »
Le chef de famille assassina l'ex maudit du chat du regard puis détourna les yeux. Tohru s'excusa pour la énième fois :
« Gomen Aki chan!! »
« Hmph.. Je sais pas ce que j'aurais fait si je vous avais perdu toutes les deux, Inako et toi... Rien que d'y penser ça me met en rogne... »
Sur ces mots, le chef de famille quitta la chambre. Tohru se leva brusquement et s'excusa auprès des deux cousins :
« Désolée. Il est un peu sur les nefs en ce moment parce que Ina chan ne dort pas trop la nuit. Je vais aller les voir. Je ne suis pas sûre qu'on va revenir après parce qu'on doit pas laisser Ina chan trop longtemps avec Isuzu san. Elle a du mal avec les bébés! »
« D'accord. Tu nous laisses les photos? J'aimerais les voir. »
« Pas de problèmes! J'y vais. »
Elle s'en alla et Yûki observa un moment la porte refermée jusqu'à ce que Kyô lui tire la main pour attirer son attention. Il eut un petit rire et s'assit au bord du lit. Son visage devint sérieux et il contempla son aimé intensément. Celui ci rougit. C'était comme un rituel entre eux. Ils s'observèrent longtemps puis l'argenté fit un sourire. Le chat murmura :
« Yûki... » comme s'il attendait quelque chose.
Le Prince ne dit rien. Depuis le jour d'orage, Kyô n'avait jamais dit un autre mot. Il ne parlait pas et se contentait de prononcer son prénom sous différentes intonations. Et lui, il devait deviner par son visage, ses expressions ce qu'il voulait. Pour quelqu'un d'autre, ça aurait pu être très ennuyeux mais pour l'argenté, cela avait une très grande valeur. Essayer continuellement de le comprendre les rapprochait. Et le fruit de cette patience qu'il manifestait se voyait chaque jour lorsque, pour l'accueillir, le roux lui tendait sa main.
Yûki renforça sa pression sur les doigts de Kyô et il amena ceux ci vers son visage. Il murmura à l'adresse du roux d'une voix douce :
« Aujourd'hui Kyô, au lieu de te raconter un souvenir, je vais t'en faire revivre un... »
Le roux se troubla et son teint prit une magnifique couleur vermeille. Du bout de ses doigts, il pouvait effleurer le visage de Yûki et la peau y était incroyablement douce. Ses yeux flamboyants tombèrent sur la ligne de son cou. Il eut envie de s'y égarer et ses pupilles se teintèrent de confusion. Son vis à vis qui observait le panel d'émotions qui traversait les prunelles de son aimé s'en amusait. Mais son but premier était de laisser Kyô le redécouvrir en toute liberté. Il susurra alors sur un ton tendre et sensuel :
« Kyô... Si tu veux, tu peux me toucher comme tu veux. Tu sais.... J'ai été, je suis et je serai toujours à toi alors ne te gène pas... »
Kyô leva un sourcil de surprise. Comme ça... Yûki était à lui? Yûki l'appartenait? Il avait du mal à y croire. Et pourtant, le regard sérieux et la lueur qui brillait dans les yeux gris ne le démentait pas. Alors, timidement, il avança sa main vers son visage. Il passa longuement ses doigts sur la peau diaphane qui s'offrait à lui. Le contact était agréable et il progressa sur tout le visage, passant des joues aux cheveux pour revenir sur la face opaline de l'argenté. Et puis soudainement, il s'arrêta. Yûki qui avait fermé les yeux sous le doux frôlement les rouvrit doucement et il surprit les yeux carmins de Kyô fixés sur ses lèvres. Cela lui donna le sourire. Il ajouta face à l'hésitation de l'ex-maudit :
« Tu peux les toucher aussi si tu veux. Mes lèvres. »
« Yû... Yûki?!! »
« Tout. Tout est à toi. »
L'incertitude le tenaillait mais Kyô décida de le croire. Sa main dériva sur les lèvres de Yûki. La couleur rosée l'appelait. Le goût fruité qu'il devinait l'attirait. Il voulait y goûter. Alors, lentement, sa main quitta la face de Yûki et ce furent ses lèvres qui la remplacèrent. Un baiser chaste et tendre. Yûki ferma les yeux. Il en avait tant rêvé! Cet instant privilégié qu'il ne partageait qu'avec lui. Il avait envie de lui faire l'amour ici, là, mais il se retint. Le chat n'était pas prêt à ça et en cet instant, le plus important était sa volonté. Il laissa donc faire le roux répondant quand même à son baiser.
Kyô lui commençait à voir clair dans cette relation plus qu'ambiguë qu'il entretenait avec Yûki. Quand il sentit la bouche de son vis à vis s'animer au même rythme que la sienne, une passion sauvage venue des catacombes de son coeur l'envahit et il la laissa ressortir en intensifiant le baiser et en passant ses bras autour du cou de l'argenté. Il se colla langoureusement à lui. C'était comme si son corps réagissait de lui même sans qu'il ne puisse l'en empêcher. Leurs langues se rencontrèrent et un frisson délicieux lui caressa l'échine. Il sentit la pulpe des longs doigts de Yûki frôler ses bras et la sensation fut tellement agréable qu'il laissa échapper un gémissement étouffé. L'argenté frémit sous l'assaut de cette plainte de plaisir et il sentit un désir bien trop contenu affluer par vagues intenses en lui. Il augmentait à chaque millième de secondes qui passait. A chaque contact lingual. A chaque son significatif de liesse. L'expérience qu'il avait voulu tenter était une réussite totale. Il n'avait pas prévu une réaction aussi sauvage et les conséquences de cette fougue se firent sentir sur son corps. Son bas ventre commençait dangereusement à le chauffer et il n'était pas sûr de pouvoir réussir à se contrôler plus longtemps. Il interrompit le baiser et colla leurs deux fronts. Le roux voulut reprendre leurs activités passionnées mais Yûki lui déclara :
« Kyô, je t'aime. Tu te souviens de la façon dont tu m'avais dit que tu m'aimais toi aussi? »
Le roux resta interloqué. C'était donc ça? Il était amoureux de Yûki? Son coeur se gorgea d'un bonheur nouveau. Des images lui revenaient lentement. La tranquillité qui s'en dégageait lui donnait envie de s'abandonner dans les bras de Yûki. Et c'est ce qu'il fit. L'ex maudit de la souris, encouragé par cette réaction continua :
« Et tu m'avais embrassé. »
L'argenté s'était décidé à lui dire des choses qu'il ne lui avait jamais confié pour lui faire se souvenir.
« Cette fois là, j'étais vraiment touché par ce que tu avais essayé de faire passer dans ton baiser. Kyô... J'ai toujours aimé t'embrasser.... »
Le roux se mit à rougir. Il ferma les yeux et attendit la suite.
« Quand tu t'es aidé de ces stupides bouquins pour me reconquérir alors que tu n'avais jamais perdu ta place dans mon coeur, ça m'a fait rigoler. Mais surtout, j'étais heureux d'être assez important pour toi pour que tu utilises des méthodes si peu fiables. »
Ça revenait. Sa tête se mit à lui faire mal mais il resta dans les bras de Yûki. Il voulait tout savoir. Son esprit se gorgeait de ces moment oubliés. L'argenté termina :
« Kyô, je.. je suis content que tu fasses partie de ma vie. »
Le roux était tiraillé par sa migraine mais il perçut les derniers mots de Yûki. Il murmura, ses mots aussi légers que l'air :
« Yûki.... Moi aussi... »
Il s'endormit.
Le Prince le regarda, heureux, baigné d'une aura rayonnante. Il sourit. Il y était peut être allé un peu fort mais il savait que ce qu'il avait fait allait considérablement faire avancer les choses.
A suivre...
Vous la sentez hein? L'odeur de la fin? C'est un chapitre que j'ai beaucoup aimé taper même si y'a certaines choses que je n'ai pas réussi à retranscrire.
Jayisha : Là, je crois que je suis en droit de réclamer ma survie!!
Kyô : ... Hmmph.
Yûki : Kyô, ne sois pas comme ça!! C'est vrai que tu passes pour un faible là dedans mais aucun nouveau malheur ne t'es arrivé!!
Kyô : Faible toi même!! Je te fais voir que tu pleures parce que je t'ai pas repoussé!!
Yûki : Et toi tu rougis inutilement parce que je te chauffe!!
Kagura : Et moi là dedans?
Yûki et Kyô : La ferme!!
Kagura : Dis Jayisha, je peux m'échapper de l'asile et venir les torturer?
Jayisha : C'est une idée! Je prends note! * sort le cahier des suggestions *
Kyô : * bâillonne Kagura et l'enferme dans un placard * Toi, t'as pas intérêt à l'écouter!! Il est temps que mon enfer s'arrête!!! Et t'as pas intérêt à commencer une autre fic sur moi après ça!! Tiens, va enrichir le fandom Naruto de tes bêtises et fous moi la paix!!
Yûki : Sans vouloir te casser tes espérances, elle-
Jayisha : * bâillonne à son tour Yûki et le met dans le même placard que Kagura * Va faire des choses pas catholiques avec Kagura et ferme là!!
Kyô : Je viens te sauver Yûki!!!
Jayisha : ...
