Titre anglais: Transfigurations.
Titre: Métamorphoses.
Auteur: Resonant.
Ancienne traductrice: JessHDH.
Nouvelle traductrice: Angel's heaven.
Couple: HP/DM.
Rating: M (et même plus).
Bêta-lectrice:
Bêta-correctrice:
Etat de la fic anglaise: 16 chapitres +un épilogue –Fini.
Etat de la fic en Français: chapitres 2, 3, 4, 12, 13, 16 et épilogue traduits.-Fini: . En cours: 5,6 et 7
Chapitre traduit par: Angel's heaven.
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Résumé: 5 ans après la défaite de Voldemort, Harry retourne en Angleterre pour participer à la réouverture de Poudlard.
Disclaimer: cette histoire est basée sur des personnages et des faits créés et appartenant à JKRowling. Aucun argent n'en est retiré. L'histoire de cette fic appartient à son auteur, Resonant, et la traduction du 1er chapitre à sa traductrice, JessHDH.
Avertissement: attention, ceci est un slash. Homophobes, veuillez vous abstenir, merci. Cette fic mérite amplement le rating M car elle contient des scènes explicites alors vous êtes prévenus, fic pour adultes !
Note préliminaire de Jess HDH : J'ai volontairement laissé tels quels les noms inventés par l'auteur de cette fic. Donc si vous voyez des noms à consonance française, c'est la volonté de l'auteur, et non moi qui aurais traduit certains noms et pas d'autres. Merci de votre compréhension.
Chapitre 2: Ruines.
Heureusement pour le sens d'orientation défaillant de Harry, les professeurs quittèrent le festin en masse et prirent la direction de la Salle Commune du personnel. Elle ressemblait beaucoup aux Salles Communes des élèves excepté qu'elle était plus grande et décorée de pourpre et de gris plutôt qu'aux couleurs des maisons.
La plus grande partie du personnel se prépara à aller se coucher –il était près de minuit à présent, et Harry n'était pas le seul à avoir fait un long voyage- mais les autres semblèrent s'installer pour rester dans la Salle Commune pour un moment. Charlie et Sofia avaient déjà installé un plateau de jeu d'échecs dans un coin près de la grande cheminée, et se livraient une bataille acharnée, une partie rapide pleine de cris de triomphe et d'indignation.
Harry pouvait entendre Hagrid faire ses adieux, et il s'appuya contre la porte d'entrée, attendant de lui parler. A la surprise de Harry, Hagrid eut une longue conversation à voix basse avec Malfoy, le laissant sur un rire et une étreinte bizarre.
-Ah, je ne pourrais jamais oublier quel miracle ça a été que Draco nous soit revenu en un seul morceau », dit-il à Harry en faisant un signe de tête en direction de Malfoy, qui était à présent lancé dans un échange presque amical avec le professeur Lupin.
Harry souhaita que Malfoy se trouve hors de portée de voix pour qu'il puisse demander à Hagrid si ils avaient tous perdu la tête.
-Harry », fit Hagrid avec tendresse, « ce vieux bâtiment ressemble à nouveau à une maison maintenant que tu y es revenu. J'aurais presque souhaité pouvoir rester. Mais je fais confiance à Charlie pour qu'il s'occupe bien des créatures, et que tu prennes soin de toi ». Il attrapa le bras de Harry d'une large main tremblante, comme il l'avait fait avec Malfoy. « C'est pour moi la façon dont les gens saluent un vrai camarade », dit-il fièrement. « Occupe-toi de toi, Harry, et si tout va bien je te verrai l'été qui vient. »
Harry regarda tristement Hagrid terminer ses adieux et s'en aller, puis il chercha Hermione du regard, mais elle avait attiré Malfoy jusqu'à un canapé situé sous une immense carte en bas-relief du Nord de l'Angleterre, discutant encore tandis qu'ils s'asseyaient.
-Alors il est peut-être temps de supprimer complètement le système de maisons », fit-elle, et Harry s'en décrocha la mâchoire.
Aussi empressé que l'était Malfoy à changer ce qui faisait Poudlard, Harry fut surpris de l'entendre être en désaccord.
-Tu dis « pas de maisons », 'Mione, mais en pratique ça signifierait que l'école entière est une grande maison, n'enseignant rien d'autre que de la magie Serdaigle ou rien d'autre que de la magie Gryffondor.
-Tu crois toujours… », commença-t-elle, mais Malfoy l'interrompit.
-Ou rien d'autre que de la magie de Serpentard, ça n'a aucune importance. Le problème est qu'il y a différentes sortes de sorciers et qu'ils ont besoin de choses différentes. Et le système de maisons… »
Évidemment, Harry n'aurait aucune chance de parler à Hermione tant que Malfoy serait là. C'était amusant de voir combien il se trouvait trop bien pour elle à l'école, et que maintenant il ne pouvait plus se passer d'elle.
Il aurait probablement dû aller au lit, mais son horloge interne avait décidé qu'il était tôt dans l'après-midi. Alors après un instant d'indécision, il se servit une tasse de thé à la théière auto-remplissante et alla s'asseoir sur un autre canapé. Au bout d'un moment, le professeur Lupin se laissa tomber à côté de lui.
-Tu as l'air bien, Harry », fit-il.
Harry remua son thé avec plus de force que nécessaire. Il en avait vraiment assez de ce commentaire.
-Vous aussi, professeur », dit-il. « Désolé de ne pas vous avoir écrit plus souvent. »
Il grimaça intérieurement, se rappelant toutes les fois où il avait refoulé l'oie livrant le courrier sans même ouvrir le message qu'elle avait apporté, ne voulant pas voir sa paix fragile troublée par un message venant de chez lui.
-Remus, s'il te plaît. Et tout va bien, je comprends », répondit-il doucement avant de boire une gorgée de son propre thé.
Harry eut peur qu'il ne comprenne que trop bien, et il se détourna du regard incisif de Lupin –de Remus.
Derrière le canapé se trouvaient plusieurs épaisseurs de rideaux pourpres et gris, mais ils n'encadraient rien d'autre que des pierres uniformes.
-C'est la façon normale de décorer les quartiers des professeurs ? Des rideaux sur un mur de pierres ? »
Remus sourit un peu tristement.
-Il y avait une fenêtre », fit-il. « Toutes les fenêtres ont été condamnées, tu ne l'as pas remarqué ? »
Harry ne l'avait pas vu.
-Pour quoi faire ? »
-Pour arrêter les sortilèges, bien sûr ». Remus le regarda curieusement. « Mais je suppose que tu étais hors service au début de cet automne, et le temps que nous ayons repris l'école et chassé les Mangemorts, tu étais en Amérique. »
Il se leva et se réinstalla sur le canapé. Ça devait être une longue histoire, pensa Harry.
-Tout a commencé avec une première année qui… »
-Même à Sainte-Mangouste nous avons entendu parler de Lark Brown. »
Sa voix était plus dure qu'il ne le souhaitait, et il fit une grimace d'excuse, mais Remus se contenta de hocher la tête.
-Oui, quand un sortilège tue une petite fille sur le trajet du festin de Répartition, je suppose que la nouvelle se répand. Et sa tante était une de tes camarades de classe, si je me souviens bien. »
Harry avait voulu envoyer une lettre de condoléances à Lavande, mais même s'il avait su quoi dire, les hiboux étaient mal acceptés à Sainte-Mangouste. Tout comme l'étaient les plumes, pour cette raison.
-Alors tu as entendu parler des autres attaques ? »
Harry cligna des yeux puis secoua la tête.
-Et bien la mort de la fille Brown a été attribuée aux Mangemorts qui avaient échappés à la justice, et Medusa Macallan a finalement avoué. Le Ministère…et bien personne n'a pu dire qu'ils n'étaient pas très zélés à s'assurer que tous les présumés Mangemorts rendent des comptes. »
Harry jeta un coup d'œil à Malfoy qui se penchait vers Hermione en gesticulant vivement, les joues roses, ne s'intéressant pas à tout ce qui comptait. Si tant est que cela soit jamais possible de représenter quelque chose pour Malfoy, ce dont il doutait.
-Mais même après que l'école ait été fermée », continua Remus, « les ouvriers effaçant les dégâts de la guerre ont été harcelés à coup d'attaques. Peu importait le nombre de Mangemorts capturés, le lendemain il y avait des blessures, des explosions, des incendies. »
« La théorie la plus appropriée qu'on ait eue, était que quelqu'un se trouvait encore quelque part dans le parc, jetant des sorts d'une place forte cachée. Au début le Ministère a essayé d'ajouter toujours plus de sécurités aux terrains eux-mêmes. Puisque ça n'a pas résolu le problème, nous avons bouché les fenêtres dans l'espoir de protéger l'intérieur. »
« Nous avons travaillé toute la nuit en équipes, condamnant chaque fenêtre que nous pouvions trouver », fit Remus. « C'était en novembre, juste après que le dernier des Détraqueurs ait été renversé, et nous pensions que nous serions capables d'ouvrir l'école en retard et de terminer l'année. Et le matin nous sommes revenus, et… »
Remus inspira, puis il posa sa tasse et sa soucoupe avec une précision attentive.
-Sirius a été le premier arrivé, comme d'habitude, tu sais, et il a utilisé sa canne pour pousser la porte… »
-Oh non. »
Harry ferma les yeux. Quand il les rouvrit, Remus regardait ses propres mains serrées.
-Ses blessures n'étaient pas si sérieuses », dit doucement Harry. « Tout le monde était si sûr qu'il se remettrait, et ce que j'ai entendu ensuite… »
-Minerva a transformé la canne en stèle et l'a installée sur la porte, tu as vu ? C'est le plus récent des mémoriaux ». Remus leva les yeux avec un sourire peu franc. « Il avait toujours l'habitude de dire qu'il allait l'utiliser pour faire quelque chose d'innommable à Cornelius Fudge. »
Il y eut ensuite un long silence. Harry pouvait entendre faiblement Hermione et Draco discutant encore à propos de quelque chose, McGonagall souhaitant bonne nuit tout en prenant la direction des escaliers courbés, Sofia disant « Échec et Mat » d'un ton plutôt suffisant.
Kat aurait roulé des yeux, pensa Harry. « Détends-toi et serre déjà ce gars dans tes bras, Har. Vous pourriez tous les deux en profiter. ». Il appuya son épaule contre celle de Remus, et Remus se pencha brièvement et soupira.
-Qui était-ce ?demanda enfin Harry. Remus haussa les épaules. « Ils n'ont attrapé personne ? »
-Ils ont attrapé un grand nombre de gens. Bien trop, disent certains. Mais personne n'a jamais été capable d'expliquer les attaques de Poudlard. »
-Êtes-vous certains que c'est sans danger de rouvrir ? »
Harry avait l'arrière de la nuque froid. Il avait cru en avoir fini avec ça, cette foutue méfiance impuissante.
-Non », fit Remus catégoriquement. « Mais avec la fermeture permanente de Durmstrang et Beaux bâtons si pleine qu'ils n'ont même pas de chaises pour tous les élèves, et toutes sortes de sorciers peu scrupuleux s'installant en tant qu'éducateurs privés…et bien Minerva a senti qu'il y avait plus de risques en restant fermés qu'en rouvrant. »
Poudlard était toujours réputée être l'endroit le plus sûr dans le monde.
Après un long moment, Harry fit vivement :
-Bien. Je suis rentré depuis près de six heures et rien de mal ne s'est encore passé. »
Il n'y avait pas eu d'explosion immédiate. Il décida que c'était un bon signe.
§§§§§§
La porte conduisant aux quartiers de Harry était gardée par le tableau d'une très jolie trayeuse, qui rougit et bégaya quand Harry se présenta. A sa grande surprise, elle était encore là sur un tableau à l'intérieur de la porte où, sur un mot de sa part, elle pouvait ouvrir aux visiteurs.
-Ta gardienne est adorable », fit Remus, faisant à nouveau trembler et rougir la jeune fille. « Le mien est un setter irlandais, ce qui laisse à penser que le sens de l'humour d'Albus Dumbledore n'est complètement absent de Poudlard ». D'un geste de sa baguette il alluma quelques bougies dans le salon. « Minerva m'a demandé de nous excuser pour les appartements –ceux des étages supérieurs sont plus intéressants, mais aucun de ceux qui sont vides ne sont entretenus pour l'instant. »
-Oh non, ça ira », fit Harry.
Le salon était spacieux et confortable, avec un feu crépitant en son cœur et un large canapé moelleux. Sous les fenêtres condamnées se trouvait un coin étude, avec un énorme bureau et un mur couvert d'étagères de livres. Au-delà, par une porte ouverte, Harry pouvait apercevoir un lit avec des rideaux bleu clair.
-C'est merveilleux. Mais comment Hedwige… »
Avant qu'il n'ait pu finir la question, il y eut un bruit de cliquetis, et Harry vit que l'un des panneaux décoratifs au-dessus de la porte était en fait une porte plus petite, juste de la bonne taille pour qu'un hibou l'utilise. Hedwige salua Remus en ébouriffant amicalement ses cheveux, puis elle alla s'installer sur son perchoir et glissa sa tête sous son aile.
-Les hiboux sont censés être des oiseaux nocturnes », déclara Remus d'un ton curieux. « Sont-ils sujets au décalage horaire ? »
-Je ne sais pas », dit Harry avant de bâiller largement. « Pourtant les humains le sont. »
Il ferma les yeux. Il lui fallut plusieurs secondes pour les rouvrir.
Remus sourit.
-Je vais m'en aller. »
§§§§§§
Dès qu'il vit l'endroit en étant complètement réveillé, Harry comprit pourquoi McGonagall était anxieuse à l'idée de faire avancer l'entraînement de la prochaine génération de sorciers. Poudlard était dans une pagaille assez épouvantable.
Ses appartements étaient normaux en dehors des fenêtres bouchées. Juste de l'autre côté de sa porte, pourtant, - il ne pouvait comprendre comment il avait bien pu manquer ça la nuit d'avant - un passage était fermé par des protections à la fois magiques et ordinaires, du ruban noir entremêlé au faible miroitement d'une barrière-sortilège. Et au-delà il put voir qu'un escalier était tout simplement manquant, sans rien avoir laissé d'autre qu'un morceau de la balustrade s'élevant dans l'air vide.
Les étudiants et les professeurs de l'assemblée de sorciers avaient été occasionnellement appelés pour traiter les victimes de sortilèges vengeurs ou pour lever le mal de ojo sur un bébé, mais Harry avait passé la majeure partie de ces cinq dernières années sur des formes plus inoffensives de magie. Il avait presque oublié la sensation désagréablement rampante que les sortilèges plus mauvais laissaient dans l'air jusqu'à ce qu'il la sente à présent. Il lui tourna le dos rapidement, ignorant la tension à l'arrière de son cou.
Se frottant le front pour apaiser le mal de tête qui le saisissait encore, il traversa la Salle Commune déserte des enseignants. De l'autre côté de la porte, il s'arrêta, essayant de se rappeler le trajet jusqu'à la Grande Salle. A gauche au premier hall, puis à droite au troisième –ou était-ce à gauche au troisième et ensuite à droite au premier ? Ou tournait-il en rond ?
-Droit devant jusqu'au tableau de Usher le négligé, monsieur Potter », fit une voix méprisante très familière. « Après ça, c'est à droite, à droite, à gauche –faites attention, monsieur Potter ; j'avais espéré que peut-être vous auriez fait des progrès dans la maîtrise de ce talent élémentaire…
-Professeur Snape ? » fit Harry en tournoyant, se prenant presque les pieds dans sa robe, et il grimaça en entendant sa voix couiner.
La porte de la Salle Commune du personnel avait été maintenue ouverte la nuit d'avant. Maintenant qu'elle était fermée, Harry pouvait voir la statue qui la gardait : le dernier Maître des Potions en pierre grise, de près de trois mètres de haut et saisi dans tout son mépris.
-Votre prise sur le réel reste sans précédent, à ce que je vois. »
La statue tenait un chaudron d'une main, et une mèche de cheveux de pierre lui tombait devant l'œil gauche. Comme le fantôme de Dumbledore, la statue de Snape était moins ravagée par la guerre que l'homme ne l'avait été la dernière fois où Harry l'avait vu vivant, bien qu'il ne fût pas moins impérieux. Une des manches de la robe était relevée pour révéler une gravure superficielle de la Marque des Ténèbres. Avec une répugnance frisant le dégoût, Harry pensa qu'il était possible de pousser le réalisme trop loin.
-B-bien, très bien », bégaya-t-il. « Usher le négligé, droite, droite, gauche… »
-Tu parles encore à des objets inanimés, Potter ? »
Malfoy passa par la porte dans un tourbillon de robes bleu glacé, l'air d'avoir dormi douze heures au lieu de quatre. Harry brossa ses cheveux indisciplinés. Malfoy inclina la tête vers la statue de Snape dans une sorte de petite révérence et s'en alla dans le couloir.
Les lèvres de la statue se contractèrent, mais elle ne fit pas plus de commentaires. Au bout d'un moment, Harry réprima un besoin absurde de dire « puis-je y aller, professeur ? » et prit le chemin du réfectoire.
§§§§§§
Il était encore bien tôt, et les tables des élèves étaient vides en dehors de trois Poufsouffles qui pensaient de façon évidente qu'il n'y avait rien de tel qu'un début de journée précoce. A la table du personnel, Remus et Michelle Verte étaient assis côte à côte, se jetant des coups d'œil l'un à l'autre comme s'ils voulaient entamer la conversation mais sans parvenir à décider par où commencer.
Harry se dirigea à l'autre bout de la table, où il vit Hermione mangeant du bacon d'une main et tournant les pages du livre de Sortilèges de première année de l'autre.
-Tu es debout de bonne heure », fit-elle tandis qu'il s'asseyait à ses côtés et qu'il se servait dans les premiers harengs fumés qu'il voyait depuis cinq ans.
-Mon cerveau pense que nous sommes hier après-midi », dit-il. « Et ma tête me fait mal. Je devrais peut-être aller voir Sofia pour qu'elle me donne un remède contre le décalage horaire.
-Oh non, Harry », déclara Hermione en fermant son livre. « Le décalage horaire n'est pas guérissable comme la gueule de bois, tu ne te rappelles pas ? Elle te donnera juste une potion de sommeil et un sermon. Pas que tu n'en aies pas besoin. Une potion de sommeil, je veux dire…Si un sermon avait suffi tu te serais senti mieux depuis longtemps. »
-Chut », fit-il en souriant, et dans ce mot son accent sonna comme celui de Kat. Il se surprendrait bientôt en train de dire « on » s'il ne faisait pas attention.
A présent que les nappes du festin spécial avaient été retirées, il pouvait voir que le bord de la table devant lui était éraflé et plein d'échardes. Il jeta un coup d'œil au réfectoire et sentit sa poitrine se serrer quand il vit les traces des dégâts un peu partout.
La plupart des tables étaient éraflées ou ébréchées, et quelques unes avaient été brisées en deux et réparées. Il y avait de grands trous dans le mur derrière la table du personnel, comme si quelque chose y avait été projeté à grande vitesse, et des marques dans le sol qui semblaient avoir été faites par des griffes.
Il se demanda à quoi ça pouvait bien ressembler avant que le personnel ne passe l'été à nettoyer.
Ici aussi l'air était imprégné du reste de magie noire, si fortement que Harry se demanda s'il s'agissait vraiment du résultat des anciens sortilèges. Il regarda par-dessus son épaule.
-Tu t'attends à voir un vieil ennemi, Potter ? Tu as de la chance », fit Malfoy en le dépassant pour aller s'asseoir de l'autre côté d'Hermione.
Harry ne bondit pas sur sa chaise mais seulement grâce à effort de volonté.
'Aies un peu de fierté, Potter, se dit-il. Ce gars est toujours une fouine arrogante, mais il n'y a pas de raison d'être aussi nerveux'.
-Écoute, Malfoy », dit-il. « Hermione te fait peut-être confiance, mais je réserve mon jugement. »
Malfoy se contenta de lever un sourcil.
-Tu n'es pas encore arrivé à une conclusion, Potter ? Maintenant en voilà un début », fit-il. « Si tu es trop touché par l'esprit de retour pour manger, je vais te prendre cette pomme cuite des mains.
-Arrête de taxer, Draco ».Hermione lui embrassa la main quand elle passe devant elle. » Harry a besoin de toute la nourriture qu'il peut avoir. Tu ne mangeais pas du tout en Amérique ? Tu as l'air squelettique.
-Je vais bien », déclara Harry pour ce qui lui semblait être la centième fois.
Le niveau sonore de la pièce s'éleva tandis que de plus en plus d'élèves arrivaient. Harry détestait les voir s'asseoir aux tables abîmées. Enseigner allait être un défi, mais il souhaitait passer autant de temps qu'il le pourrait pour ramener Poudlard à la normale.
-Tes appartements sont bien, Harry ? », demanda Hermione. « Je suis au quatrième étage –Pénélope va m'aider à trouver le sort qu'ils ont utilisé pour le plafond d'ici, parce que si je peux enchanter les murs j'aurai une vue du lac…
Soudain il y eut un cri provenant des tables des élèves. Harry leva les yeux à temps pour voir une des jeunes Serpentards s'effondrer en arrière, la chaise et le reste avec, dans un étrange vagissement.
McGonagall fut la première à l'atteindre, suivie bientôt par Malfoy.
-Je ne veux pas entendre de ces idioties superstitieuses », déclara sévèrement McGonagall comme Harry arrivait.
-Mais professeur, la chaise de Crabbe… », « Personne qui ce soit jamais assis… »
Malfoy était agenouillé près de la fille, dont les talons martelaient le sol. « Petrificus Totalus », dit-il, et elle retomba immobile. Il leva les yeux vers McGonagall.
-Kitty, tenez ces petits Épouvantards assoiffés de sang éloignés, voulez-vous, pendant que je … »
McGonagall fit reculer les élèves en groupe pendant que Malfoy se mit à murmurer d'une voix indistincte et douce. Harry se tendit, puis il reconnut ensuite les mots comme étant des sortilèges de métamorphose. Malfoy était en train de transformer la chaise en brancard. Il prononçait toujours ses sorts comme une langue maternelle, avec toutes les élisions et les terminaisons. Les sorts de Harry étaient parfaitement fonctionnels, mais comparé à Malfoy, il avait toujours l'impression de lire les mots dans un livre.
Les yeux de la fille étaient toujours grand ouverts, bougeant frénétiquement, et Harry pouvait voir les muscles de ses bras, de ses mains et de ses mâchoires contractés sous l'effet du sortilège. Ses yeux tombèrent sur l'œuf à la coque de quelqu'un, la coquille encore intacte. Il le ramassa et s'agenouilla de l'autre côté de la fille, le passant sur son visage et murmurant, sentant un faible picotement sous ses doigts. Tyndall de Soto, le spécialiste en magie latine à l'assemblée de sorciers, lui avait enseigné comment enfermer un enchantement dans un œuf, et apparemment le sortilège fonctionnait même quand l'œuf constituait un petit-déjeuner.
Il était vaguement au courant de la présence de Malfoy de l'autre côté de la fille, tapotant toujours la chaise de sa baguette et murmurant. Des roues commencèrent à pousser au brancard, puis des sangles pour attacher les bras et les jambes de la fille. Elle arrêta de se contracter juste au moment où les derniers mots de Malfoy transformèrent son collier aux couleurs voyantes en oreiller pour soutenir sa tête.
Harry plaça l'œuf dans la main de Malfoy.
-Dis à Sofia qu'il a été cuit à la coque. Elle sera peut-être capable d'interpréter le jaune. Si elle ne l'a pas fait avant, je pourrai l'aider quand nous aurons fini de contenir la foule.
-Bien », fit Cypherus Summs d'une voix rauque, tandis qu'un préfet se précipitait pour aider Malfoy à emporter le brancard. « C'est ce que j'appelle un travail d'équipe. »
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McGonagall déclara la Salle Commune de Serpentard comme lieu le plus sûr pour les élèves. La pièce était située sous terre et drapée tout autour de sorts protecteurs, mais Harry était toujours mal à l'aise quant à leur sécurité.
-J'ai levé le Petrificus et je l'ai placée sous Consopium –un coma magique », fit Sofia à Harry de son doux accent quand il vint à l'infirmerie un peu plus tard. « Je ne pouvais pas arrêter autrement les convulsions, et j'avais peur qu'elle ne se fasse mal. Mais je ne sais pas ce que tu voulais que je fasse avec cet œuf, 'Arry. »
Le reste du personnel se rassembla tout autour pour regarder tandis que Harry brisait l'œuf dans un verre d'eau, mais apparemment cette partie du traitement de Tyndall ne fonctionnait qu'avec un œuf cru ; il ne put rien tirer du tout de la forme du jaune, quelle que fût la façon dont il y jeta un coup d'œil.
-Harry, serais-tu en train de chanter ?
Harry ferma la bouche, embarrassé, et vida le mélange d'eau et d'œuf à moitié cuit dans l'évier de l'infirmerie. Hermione le regardait toujours impatiemment.
-Un chant cherokee », lui dit-il. « Il est supposé appeler ton manitou sur toi –ton pouvoir, ta magie, quoi que ce soit. Sunday a donné la mauvaise habitude à tout le monde de le marmonner quand nous travaillions sur quelque chose. Un cours de potions à l'assemblée de sorciers est vraiment quelque chose à entendre.
-Tu travailles toujours sans baguette ? » demanda Charlie, et Harry réalisa que sa baguette était encore dans sa manche.
-Deux semaines après que je sois arrivé en Floride, j'ai aidé le docteur Bokor à lever une malédiction avec une spatule. Après ça, j'ai compris à quoi servaient les baguettes.
McGonagall se pencha sur le lit de la fille.
-J'ai bien peur que ce soit le même sort que celui qui a frappé Argus Rusard quand il a tenté de rouvrir l'aile des potions », dit-elle.
Rusard avait survécu à la guerre, mais l'état de l'école avait rendu évident le fait qu'il n'allait pas y travailler comme gardien plus longtemps. Harry avait présumé qu'il avait simplement pris sa retraite.
-Que lui est-il arrivé ?
-Poppy avait une petite quantité de Nervalitum, une puissante potion de repousse des nerfs de l'invention de Severus », fit McGonagall. « Tant qu'elle a été capable de l'administrer à Argus, ses attaques ont été maintenues sous contrôle et son corps a été en mesure de travailler à sa propre guérison. Quand elle s'est épuisée… »
-Vous ne pouviez pas en faire plus ? »
-Ça demande de la corne de narval en poudre », déclara Madeleine Aerie. « Ce qui est impossible à trouver maintenant que le Ministère l'a reclassé. Nous ne pouvions pas avoir accès aux réserves du professeur Snape, et aucun d'entre nous n'avait ses contacts dans l'ombre, ce qui est plus que dommage.
-De façon ironique », ajouta McGonagall, « la raison pour laquelle Argus se trouvait dans l'aile des potions, pour commencer, était de chercher dans les quartiers de Severus des livre, des notes et des ingrédients que nous ne pouvions pas obtenir ailleurs ». Elle soupira. « Poppy a maintenu Argus en vie pendant dix mois en utilisant de l'Animaserum, qui est plus un renfort général de l'organisme, mais ses convulsions ont continué, et son corps a dépéri. »
-Bon, où est madame Pomfresh ? » demanda Harry.
-Morte », fit brièvement McGonagall.
Elle fixa l'endroit où aurait dû se trouver la fenêtre, se frottant la nuque d'une main et l'air complètement épuisé.
Finalement, Harry lui demanda :
-Qu'est-ce que c'était à propos de la chaise ? »
-C'était la chaise de Victor (1) Crabbe, et les élèves les plus stupides pensent qu'elle est maudite », fit-elle.
Elle avait déjà levé la métamorphose faite par Malfoy sur la chaise. Elle se trouvait dans un coin, ayant l'air d'une chaise parfaitement ordinaire.
-Nous avons interrogé tout le monde », déclara Charlie, « et il n'y a aucun signe d'utilisation anormale. Elle s'est assise, elle a crié, c'est tout ce que nous savons. »
McGonagall jeta un coup d'œil à la chaise.
-Quelque chose est foncièrement mauvais », fit-elle.
À suivre
(1)Le vrai prénom de Crabbe est Vincent, pas Victor (NdT).
