Chapitre 3

Harry entendit les voix de Ron et Hermione dès que McGonagall et lui furent ils arrivés à quelques pas du bureau du directeur. Ils semblaient contrariés, et Harry pressa le pas pour les rejoindre.

« Harry, mon garçon, je suis content de te voir, même si j'eut préféré que ce soit en des circonstances plus agréables. » l'accueilli Dumbledore à son arrivée.

« Mlle Granger, Mr Weasley, comme vous pouvez le constater votre ami va bien. Je vais maintenant vous demander de retourner dans votre dortoir. »

Harry entendit Ron grommeler « Il ne m'a pas l'air bien du tout, à moi », tandis qu'Hermione le serrait dans ses bras. Il fût reconnaissant qu'elle n'aie pas visé son cou.

« Harry ! Mais qu'est ce qui t'es arrivé ? » demanda t-elle d'un air inquiet.

« Mr Potter ne peut pas vous répondre pour l'instant, il a perdu la voix. Et il me semble que le directeur vous a congédié, tous les deux. » dit McGonagall, avec un regard sévère. Les deux élèves battirent en retraite, mais non sans murmurer quelques mots de réconfort à leur ami.

Quand ils furent enfin seuls, Dumbledore conjura un rouleau de parchemin et une plume.

« Je crois que cela pourra t'être utile, mon garçon. »

Harry saisit les objets qui flottaient dans l'air avec soulagement. Enfin, un moyen de communiquer ! Il se mit immédiatement à écrire, et tendit un instant plus tard le parchemin à Dumbledore pour qu'il puisse le lire.

« Le professeur Snape avait des affaire personnelles à régler. » Fit le directeur. Puis, après un moment : « En effet, il était en colère, mais pas contre toi. »

Harry eut un reniflement ironique Ca serait bien la première fois.

« Je crois comprendre que tu as été blessé, Harry, et que certaines de ces blessures ne datent pas d'aujourd'hui. » Le directeur voyait bien que le garçon n'avait aucune envie d'aborder le sujet, mais son courage de Gryffondor ne lui fit pas défaut et il hocha la tête en réponse à la question que le vieux sorcier avait sous-entendu.

« Je suis désolé de l'apprendre, Harry, vraiment désolé. J'aurai souhaité que tu viennes m'en parler dès que possible, mais je comprends tes raisons. Je te donne ma parole solennelle que tu ne retourneras plus chez ton oncle et ta tante. »

Un griffonnage rapide : 'Où est ce que j'irai ?'

« Nous trouverons un endroit sûr pour toi avant la fin de l'année. »

Pendant l'heure qui suivit, ils discutèrent de ce dont Harry se souvenait de l'attaque, explorant au passage sa vie chez les Dursley, et pour finir, réfléchirent à la façon dont il pourrait continuer à apprendre sans être capable de prononcer les incantations. Tout le monde s'accorda sur le fait qu'il était important qu'il se maintienne à jour avec ses leçons, aussi Harry assisterait-il aux cours, muet ou pas. Il devrait simplement attendre que sa gorge serait guérie pour pratiquer les sorts.

« Une dernière chose, Harry » fit le directeur alors qu'Harry et McGonagall se levaient. « Le professeur Snape m'a laissé cela pour toi. » Il déposa un petit pot dans la main du garçon. Harry leva un regard à la fois choqué et curieux vers le vieux sorcier. « C'est un baume de soin. Tu devras l'appliquer sur ton cou et partout où tu as des blessures récentes. »

Un mouvement rapide vers le parchemin: 'pourquoi fait-il ça ?'

Le visage de Dumbledore s'adoucit. « Je pense que le professeur Snape a présumé que tu ne souhaitais pas acquérir de nouvelles cicatrices. »

Harry fut silencieusement reconnaissant. Personne n'avait jamais rien fait pour l'aider sans qu'il le demande, et Snape était bien la dernière personne à qui il l'aurait demandé. Evidement, pour être tout à fait honnête, il devait admettre qu'il n'aurait jamais demandé de l'aide à aucun adulte de toute façon.

Etait-il possible qu'il se soit trompé sur toute la ligne ? Il était là, son secret le plus noir dévoilé aux yeux de ses professeurs, et non seulement Dumbledore avait-il promis qu'il n'aurait pas à retrouver chez les Dursleys, mais en plus Snape lui avait fait une confidence et lui avait donné quelque chose de valeur. Snape !

S'il avait pensé que le monde chavirait tout à l'heure à l'infirmerie, à présent, il était tout à fait convaincu qu'il était complètement sens dessus dessous !

McGonagall le raccompagna à la Tour où elle le laissa dans la salle commune, avec un regard qu'il ne pu déchiffrer et un solennel « Prenez soin de vous, Mr Potter. » Dès qu'elle eut disparu, Ron et Hermione s'empressèrent de le traîner jusqu'à une table et commencèrent à le bombarder de questions.

« Tu as vraiment perdu la voix ? » « Qui t'a fait ça, Harry ? » « Je parie que c'était Malfoy et ses imbéciles de copains. » « Quand est-ce arrivé ? » « Ce n'était pas Tu-sais-qui, pas vrai ? » « Qu'est ce que tu as dans ta main ? »

Oh. Il n'avait pas réalisé qu'il tenait toujours le pot de baume serré dans sa main. Il s'apprêtait à écrire les explications quand Hermione tendit la main pour prendre le pot. Elle la retira aussitôt, surprise, en voyant Harry reculer rapidement avec un petit grognement furieux. Tenant toujours la bouteille serrée contre lui, il attrapa sa plume et le parchemin et y inscrit, en grandes lettres majuscules: « C'est à moi ! » Le point de son point d'exclamation transperça le papier.

Le regard entendu qu'échangèrent ses amis ne lui échappa pas. Il y lu leur inquiétude, et réalisa dans un recoin de son esprit qu'il venait de réagir de façon totalement ridicule, mais il ne pouvait parvenir à se détendre.

« Harry » commença Hermione doucement « Je n'allais pas essayer de te le voler. Pourquoi est ce que je voudrais d'un pot dont je ne sais même pas ce qu'il contient ? »

« Oui, vieux, elle voulait juste voir ce que c'était. Tu es sûr que tu n'as pas reçu un coup sur la tête? »

« Harry, vraiment, j'étais juste curieuse. Pourquoi ne me dis tu pas juste ce que c'est ? Je n'y toucherai plus, promis. »

A ces mots, il se détendit enfin, glissant toutefois le pot sans la poche de sa robe. 'C'est un baume de soin que Snape m'a donné'

« Quoi, ce crétin ! Il a probablement mis quelque chose de mauvais dedans, c'est pour ça que tu te comportes aussi bizarrement ! »

« Tais toi, Ron ! Ce n'est pas le moment. Harry a clairement besoin de se reposer. Mieux vaut qu'on aille tous au lit. »

Harry était allongé sur son lit depuis une heure, tentant de faire le vide dans son esprit et de trouver une raison à ses réactions, mais il ne pouvait parvenir à trouver une explication valable. Finalement, il sortit le parchemin et se mit à écrire. Dès qu'il eut terminé, il jeta un regard dans la pièce pour vérifier que ses compagnons étaient bien endormis, et se glissa hors de son lit et de la tour.

Severus Snape était dans son bureau, corrigeant les copies des quatrièmes années pour la deuxième fois. Il avait été trop indulgent la première fois, et les notes auraient vraiment du êtres plus basses.

Il était donc en train de noter les contrôles, et absolument pas en train de penser à Potter. C'est tout au moins ce qu'il essayait de faire quand il entendit un bruit de grattement contre la porte de son bureau ; d'un regard, il repéra un bout de parchemin que l'on glissait sous la porte.

Traversant la pièce à grands pas, il saisit le papier et ouvrit grand la porte. Personne en vue... Il déroula le parchemin et reconnu l'écriture désordonnée caractéristique des jeunes garçons.

Cher professeur Snape, lu t-il

Dumbledore m'a donné le baume de soin que vous lui aviez laissé pour moi.

Merci, vous avez raison, je ne veux pas d'autre cicatrice. J'en ai déjà assez comme ça.

Encore merci,

Harry Potter

Avec un soupir, il replia le mot et le glissa dans un repli de sa robe. « Je sais que vous rôdez dans les parages, Potter. Cessez de gaspiller mon temps et le votre et retournez au lit. » Et alors qu'il se retournait vers son bureau, il ajouta : « De rien. »