Chap 5

Quelques jours plus tard, Harry fut réveillé par les cris d'une d'Hermione surexcitée qui l'appelait depuis l'entrée du dortoir.

« Harry ! Réveille toi ! J'ai quelque chose à te montrer! »

S'il avait pu, Harry aurait volontiers grogné. Etant donné les circonstances, il se contenta d'attraper un de ses oreillers et de le plaquer sur sa tête, dans une tentative désespérée pour étouffer le bruit.

« Tu devrais la laisser rentrer, vieux, elle ne s'arrêtera pas tant que tu n'auras pas répondu. »

Harry entrouvrit un oeil sous son oreiller, et aperçut Ron assis sur son lit, en train de lire, douché et habillé. Pourquoi Ron est-il réveillé ? Il ne se lève jamais tôt. Un coup d'œil au réveil de Neville sur sa table de chevet lui apprit que rien n'avait changé. Il avait juste dormit beaucoup plus tard qu'il ne l'avait pensé.

Probablement parce qu'il était resté éveillé plusieurs heures cette nuit, tentant d'oublier le cauchemar qu'il avait fait. Il frissonna à ce souvenir.

C'était l'attaque. Exactement comme dans la réalité, il se trouvait dans la salle de bain du deuxième étage, seul. Ou du moins, c'est ce qu'il avait crut jusqu'à ce qu'il soit touché par un sort aveuglant. En y repensant, il réalisa qu'ils devaient s'être cachés dans les cabines de douche, car il n'avait vu personne.

Après que le sort l'ait touché, tout était devenu noir, et au grand désespoir d'Harry il s'était immédiatement mit à paniquer. Il n'avait jamais aimé le noir, le noir profond, comme dans son placard ou presque aucune lumière ne parvenait à entrer.

Son cauchemar suivait la réalité, et comme la première fois, quelqu'un commença à se moquer de lui.

« Oh, le bébé a peur ? Tu parles d'un héros! »

Héros ? De quoi pouvaient ils bien vouloir parler ? Il était juste Harry.

Il ouvrit la bouche pour le dire, mais n'en eut jamais l'occasion. Une main vint le bâillonner si brutalement que sa tête fut projetée en arrière.

« La ferme, Potter ! Personne ne t'a pas autorisé à parler. » Une autre voix. Ils étaient donc plusieurs. Harry sentit son estomac se geler ; il n'avait aucune chance, vraiment aucune. Mais cela ne l'empêcha pas d'essayer de se battre malgré tout.

Le bras qui vint s'enrouler autour de son cou pour l'immobiliser était vraiment gros. Ce n'étaient sûrement pas des élèves de première année. Il sentit qu'on lui enlevait sa baguette de ses poches. Comment l'avait il récupérée ?

« Tu ferais mieux d'être un gentil garçon » Que ce soit dans le rêve ou dans la réalité, la vision d'Oncle Vernon s'imposa devant ses yeux. Son instinct reprit le dessus et il entreprit d'être obéissant et sage, hochant la tête pour acquiescer. Autant qu'il put, en tout cas.

« Bien. » Et c'est à ce moment qu'ils avaient commencé à le frapper. D'après le nombre de mains qui s'abattaient sur lui, et le fait que le garçon derrière lui n'avait fait que renforcer son emprise, Harry en vint à la conclusion qu'ils étaient trois à l'attaquer.

L'un d'eux s'approcha de son visage, et Harry pu sentir le souffle chaud sur sa joue.

« On ne t'aime pas, Potter. Tu sais pourquoi ? Parce que tu ne veux pas mourir ! Mes parents sont morts pendant la guerre, tout ça pour qu'un maudit bébé fiche tout en l'air deux semaines plus tard ! Tout le monde ne parlait que de toi, personne ne se souvient plus d'eux maintenant. Ils se sont sacrifiés! Mais quelle importance ? Maintenant on a le Garçon-Qui-A-survécu ! »

Un poing vint à nouveau s'écraser sur sa figure. Il sentit à peine les coups qui suivirent.

« Tu aurais du mourir ! Il t'as jeté un fichu Avada ! Pourquoi n'es tu pas mort ? »

Ses amis le rejoignirent.

« Peut-être qu'on peut arranger ça. Un petit accident et-oups ! Plus de petit Potter. » Un doigt parcouru sa mâchoire. « Tu es vraiment une jolie petite bête. Mignon, même. Ca serait une vraie tragédie laisser ça se gâcher avant de corriger l'erreur de Tu-sais-Qui »

Le garçon comprit aussitôt les implications de ce que l'autre venait de dire. Il commença à sangloter, tandis que la terreur lui faisait perdre le contrôle de son corps. Il n'eut même pas la force de se sentir humilié quand il mouilla son pantalon.

Dès qu'il le remarqua, le garçon qui le tenait le libéra de son emprise étouffante et Harry tomba à genoux. Il parvint à leva les bras pour protéger son visage avant de perdre connaissance.

C'est à ce moment qu'il s'était enfin réveillé. Il avait été horrifié de découvrir qu'il avait mouillé son lit. Même s'il savait que ce n'était que parce que le cauchemar avec été trop réaliste, il avait été surpris: il n'avait jamais fait cela avant, même pas quand il était petit. Remerciant Dieu, Merlin, ou qui que ce soit d'avoir prêté attention aux sorts d'Hermione, il avait jeté un sort de nettoyage sur ses draps.

Hermione ! Il devait la laisser rentrer, ou elle allait penser qu'il devenait fou. Ouvrant les yeux, il découvrit Ron et Hermione qui le regardaient, mi-curieux, mi-inquiets. Il leur sourit et s'empara de sa plume et de son parchemin.

'Désolé, j'étais ailleurs. Qu'est ce que tu voulais, 'Mione? »

« J'ai quelque chose qui devrait t'aider. Je ne peux pas croire que je n'y ait pas pensé plus tôt ! » A ces mots, elle jeta un énorme livre sur son lit.

Le Langage des Signes

« C'est un livre pour apprendre à parler le langage des signes, Harry! »

Harry leva un sourcil. « Il sait encore lire, Hermione » fit remarquer Ron

Elle pinça les lèvres et continua.

« Tu as dit que tu en avais assez d'écrire : ça va t'aider. Tu peux faire des signes à la place ! Bon, évidemment, tu ne pourras pas tous les apprendre; c'est une langue à part entière après tout, mais tu peux apprendre les mots les plus courants et te faciliter un peu les choses ! » Se surprenant elle-même à babiller, la jeune sorcière tenta de couper court : « je m'en suis procuré un aussi, comme ça on pourra te comprendre. Je me suis dit que Ron ne voudrait pas lire quelque chose qu'il n'était pas obligé de lire, alors il pourra l'apprendre avec moi. »

Ron acquiesça.

Harry fixa le livre pendant un moment. Un autre cadeau. Le troisième en autant de mois. Il aimait vraiment être un sorcier !

Il ouvrit le livre pour trouver le mot qu'il voulait et l'étudia un instant, puis leva les yeux vers Hermione. Il leva la main à la hauteur du menton et mima une chiquenaude.

[[Merci

Elle lui répondit immédiatement par signe [[ De rien.

C'était vraiment une bonne idée. Ca allait vraiment être utile.

Snape avait protesté quand le Directeur avait requit sa présence à la réunion.

"I have no desire to get in the middle of this, Albus. It has nothing to do with me."

« Je n'ai absolument aucune envie de me retrouver mêlé à ça, Albus. Je n'ai rien à voir là dedans. »

« Je comprends bien. Mais vous êtes un témoin, et en tant que tel, l'inspecteur du Ministère voudrait vous parler. »

« Depuis quand est-ce que le Ministère envoie des inspecteurs pour arbitrer une dispute entre élèves? »

« On peut difficilement qualifier ceci de dispute entre élèves, Severus. Et le Ministère a commencé à envoyer des inspecteurs quand Harry Potter est arrivé à Poudlard, de toute évidence. »

« Une raison de plus pour que je n'y assiste pas. Maudit favoritisme... » il s'interrompit en voyant le regard sévère que Dumbledore lui jetait.

« Je crains que ce ne soit pas une suggestion, mon garçon. Je vous attends à mon bureau à 19h30 ce soir. Je préviendrais Poppy et Minerva et j'enverrai un mot à harry. »

Ainsi donc, le professeur pu observer le garçon tandis qu'il lisait le mot du Directeur au déjeuner. Il paraissait fatigué, nota t-il, et son expression ne fit que se décomposer un peu plus l'instant d'après. Severus présuma que c'était à cause de la réunion. Qu'est ce qui aurait pu le rendre si pâle à part ça ?

Apparemment, le garçon n'avait pas plus envie que lui de rencontrer les inspecteurs.

Il ne fut donc pas surpris de voir Potter rôder devant le bureau du Directeur tard ce soir là, sans faire un geste pour rentrer. En réalité, le garçon était simplement appuyé contre le mur, passant ses doigts sur la tranche d'un gros livre.

« Potter, je suis sûr c'est à l'intérieur que le directeur et les inspecteurs vous attendent. »

Le garçon fit une grimace pour exprimer ses sentiments à cette perspective. C'était presque une moue sarcastique, remarqua Snape, et c'était presque amusant.

« Oui, eh bien, parfois nous devons faire des choses que nous n'avons pas envie de faire. Cesse de lambiner et peut-être que ça passera plus vite. »

Minerva et Poppy étaient déjà là, ainsi que Dumbledore et un homme qui était de toute évidence un larbin du ministère. Costard marron, un début de calvitie, et aucune lueur d'intelligence dans les yeux. Severus ricana ; ça allait bien se passer.

« Mr Potter, Harry, si je puis me permettre? » Il ne reçu aucune réponse de la part d'Harry, mais il sembla présumer qu'elle était positive. « Harry, mon nom est Yves Fletcher. Je suis là pour enquêter sur le malheureux incident qui est arrivé à Poudlard la semaine dernière. »

« Malheureux incident ? Vraiment ? Le ministère continuait à prendre des positions tièdes, pensa le professeur, repoussant au fond de son esprit le fait que lui même avait parlé de cela comme d'une « dispute entre étudiants » le matin même.

Une fois que les présentations furent faites, ils attaquèrent directement l'interrogatoire. Harry dut évidement écrire tout ce dont il se rappelait, et cela pris du temps. Les adultes restèrent assis dans un silence gêné, et Snape ne put s'empêcher de fixer l'inspecteur des yeux. Le sorcier ne sembla pas le remarquer, occupé qu'il était à observer le garçon. Harry sentit apparemment qu'il était observé, car il se recroquevilla sur lui-même et parut rétrécir sur place. Le garçon est bien trop sur ses gardes songea Snape.

« Mr Fletcher, y a t-il quelque chose dans la vue d'un enfant en train d'écrire que vous trouviez fascinant ? »

Fletcher balbutia quelques mots, mais laissa Harry finir d'écrire son témoignage en paix. Severus leva les yeux, et surprit avec agacement l'étincelle dans les yeux de Dumbledore qui le regardait. Combien de temps cela allait il durer ?

Apparemment la moitié de la nuit; ce ne fut qu'une longue heure et demi plus tard que l'inspecteur posa sa dernière question à Harry et annonça : « Puis-je demander à Mme Pomfrey à quelle heure elle a trouvé Harry devant l'infirmerie? »

Poppy began to speak, but Severus was too caught with the sight of the clearly emotionally drained Potter to pay attention. The boy was sitting with his knees drawn up to his chest, his face devoid of any colour save the scar that now stood out angrily on his skin.

Poppy se mit à parler, mais Severus était trop pris par la vue de Potter, visiblement épuisé émotionnellement, pour y prêter attention. Le garçon était assis, ses genoux remontés contre la poitrine, son visage vidé de toutes couleurs en dehors du rouge vif de sa cicatrice.

« Est ce que le garçon a vraiment besoin de rester pour ceci? »

« Certainement pas. » répondit Dumbledore. « Merci, Harry, tu peux y aller. »

Potter jeta un regard reconnaissant à son professeur de potions et laissa tranquillement les adultes à leur travail.

Après l'avoir vu si soulagé de partir, Snape fut surprit de trouver le garçon assit sur les escaliers menant à Gryffondor, en train de lire, une heure plus tard.

« Potter, vous devriez être au lit, ou tout au moins dans la tour. »

Potter lui jeta un regard fatigué, et haussa les épaules. 'Je ne peux pas dormir. Donnez moi une retenue si vous voulez, mais vous ne pouvez pas me forcer à dormir. '

Severus décida de le comprendre comme un 'Je Ne Veux pas Dormir'. Quant à ne pas pouvoir le forcer... il eut un petit sourire en coin.

« Eh bien, vous ne pouvez pas rester assis là sur les marches, Potter. » A ces mots, il commença à s'éloigner. Il n'alla cependant pas très loin avant de se retourner vers le garçon avec un soupir. « Vas-tu te décider à me suivre?. »

Il s'arrêta juste le temps nécessaire pour que le garçon le rattrape et reprit son chemin vers les donjons, avec cette fois le garçon trottinant à ses côtés.