chap 7
Même sans les vieilles alarmes en place dans la deuxième chambre, les cris l'auraient réveillé.
Appeler cela des cris était toutefois généreux, il s'agissait plus d'une sorte de gargouillement terrifié, et le simple fait de les entendre fit mal à la gorge de Snape.
Il se précipita dans la chambre, et vers le lit où Harry se débattait sous les couvertures; Le garçon était pâle et sanglotait.
« Potter! Réveillez vous! » Il prit instinctivement le visage du garçon dans ses mains. « Harry, ouvre les yeux, tu es en sécurité, tu es avec le professeur Snape. » Il repoussa une mèche de son front, brossant les larmes au passage. « Allons, Harry, regarde moi! »
Harry cessa de crier, mais il ne se réveilla pas complètement. Au lieu de cela, il ferma les paupières de toutes ses forces et leva un bras pour protéger son visage.
« Prdon onc » commença t-il à croasser, encore et encore. Il fallu plusieurs minutes à Snape pour comprendre ce qu'il était en train de dire, et une fois que la signification lui apparu clairement, les mots « pardon oncle » lui semblèrent êtres les deux mots les plus horribles de la langue française.
Aussi effrayant qu'il se plaise à être, il ne voulait pas que le garçon s'excuse pour avoir eut un cauchemar. C'était trop, même pour lui. Il posa un long doigt fin en travers des lèvres tremblantes de l'enfant.
« Ca suffit, Harry. Calme toi. Ton oncle n'est pas ici, et il n'est pas nécessaire de t'excuser. Tu es à Poudlard, avec le professeur Snape. » Le garçon continua à se cacher derrière ses bras.
« Allons, Mr. Potter. Je sais que vous êtes plus courageux que cela. Ne les laissez pas vous impressionner ; votre oncle n'est pas ici, pas plus que vos agresseurs. »
Cette approche sembla fonctionner, et Harry ouvrit finalement ses yeux avec un reniflement. Snape fut certain qu'il avait pris conscience de son environnement quand il vit les joues du garçon se colorer, et qu'il se retourna pour enfouir son visage dans l'oreiller. Severus le laissa faire pendant une seconde et demie, avant de le secouer par l'épaule.
« Ca suffit. Il faut que tu te lèves pour que je puisse nettoyer tout ça. » A ces mots, Harry rabattit la couverture sur sa tête. Snape était persuadé qu'il aurait grogné si sa gorge le lui avait permis.
« J'ai dit que ça suffisait, Potter. » répéta t-il en posant le garçon sur ses pieds, au milieu de la pièce. Il lança un rapide sort de nettoyage sur lui et ajouta : « Si vous trouvez que ce genre d'accident est une telle tragédie, vous avez désespérément besoin de prendre un peu de recul sur les choses. »
Un regard vide et embrumé lui répondit tandis qu'il appliquait le sort de nettoyage au lit et en ajoutait rapidement un autre pour le réchauffer.
« Ce n'est pas grave » traduisit il. Il poussa légèrement son élève pour le ramener vers le lit.
Harry fit ce qu'on lui demandait, et grimpa dans son lit en remontant les couvertures jusqu'à presque recouvrir sa tête. Il pensait que le professeur l'abandonnerait là à sa détresse, mais au lieu d'entendre des bruits de pas s'éloigner, il sentit un poids s'installer au bout du lit.
« Qu'est ce qui ne va pas ? »
Il ne bougea pas, et après un instant Snape répéta sa question. Harry rejeta les couverture et se tourna vers l'homme, toujours recroquevillé sur lui-même. Il se mit finalement à bouger ses mains ; un signe, répété encore et encore.
Snape s'empara immédiatement de son livre. Harry fut content d'avoir marqué les pages des signes qu'il avait appris, Snape mit cependant une minute à chercher.
Une fois qu'il eut trouvé la bonne page, il se tourna pour regarder Harry avec sérieux, mais sans mépris, songea Harry; d'un air presque inquiet. C'était difficile à déchiffrer, peu de personnes l'avaient déjà regardé ainsi.
Il attendait visiblement quelque chose. En désespoir de cause, Harry fit à nouveau son signe. Les lèvres de Snape se pincèrent et il soupira.
« Tu as peur. Oui, je sais que tu as peur, et pour de bonnes raisons. Tu as été blessé brutalement, cela combiné avec le... » il s'interrompit et ravala les mots qu'il avait voulu utiliser. « …le déplorable traitement que tu as reçu aux mains de ta famille moldue, il est tout à fait compréhensible que tu soit angoissé. »
Sur ces mots le maître des potions se leva et attrapa une peluche qu'Harry n'avait pas remarqué auparavant. A quoi pouvait bien servir cette pièce ? Se demanda Harry à cette découverte. Il remarqua également une petite commode, d'autres jouets et beaucoup, beaucoup de livres.
Snape finit de changer le jouet en chaise et réajusta les couvertures autour des épaules du garçon. Harry regarda la silhouette floue qui semblait s'être installée dans la chaise pour un long séjour.
« Rendors toi à présent. Je resterai là jusqu'à ce que tu sois endormi »
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« Vous avez un air horrible, severus. »
Il se contenta de grogner, et entreprit de fermer la porte au nez de McGonagall. Malheureusement, ses réflexes n'étaient plus à la hauteur dès qu'il manquait de sommeil, et elle parvint à glisser son pied dans l'embrasure.
« Il faut que je vous parle. C'est urgent. »
« Je vous en prie » grinça t il en lui faisant signe de rentrer. Il refusa, en revanche, de lui proposer du thé.
McGonagall ne perdit pas de temps. « A quelle heure avez vous libéré Harry Potter après sa retenue d'hier soir? Il semblerait qu'il ne soit pas remonté dans son dortoir la nuit dernière. Personne ne semble l'avoir vu depuis sa retenue avec vous. »
« Je suis persuadé qu'il va bien. »
« Quoiqu'il en soit, à quelle heure l'avez vous libéré ? A t il dit où il comptait aller? »
« En l'occurrence, il n'est allé nulle part. Il dort, comme j'aimerai bien être également en train de le faire. Aussi si vous voulez bien m'excuser... »
« Je ne vais rien faire de tel. Que diable entendez vous par 'il dort'? »
« Il-Dort. Cette activité qui inclut un lit, des yeux fermés, et probablement des ronflements. »
« Vous allez devoir m'éclairer un peu plus, professeur Snape. »
« Il est venu pour sa retenue et il s'est endormi. Je l'ai donc mit au lit, où il se trouve en ce moment. »
A cet instant, il sentit l'alarme de la chambre tinter dans sa poche. Le garçon était sortit du lit et était apparemment en train d'écouter aux portes. Il ajouta donc à son intention : « Mais avec un peu de chance plus pour longtemps. J'ai des choses à faire. » Et d'un mouvement de baguette discret, il referma la porte de la deuxième chambre.
« Il est toujours ici? »
« Vous êtes rapide dès le matin, Minerva. Oui, Potter est toujours ici. »
« Et pour quelle raison, s'il vous plait, ne l'avez vous pas raccompagné dans son dortoir? »
« Il ne m'a pas semblé judicieux de le réveiller, sachant qu'il n'arriverait jamais à se rendormir. »
La sorcière sembla déstabilisée, mais se contenta d'un petit grognement incrédule. « Je ne veux même pas savoir comment tout cela a commencé. Contentez vous de l'envoyer dans le Grand Hall pour le déjeuner, voulez vous? »
« Je relâcherais le garçon quand je jugerais le moment opportun. »
McGonagall quitta les donjons en soupirant.
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Harry se réveilla, et mit un moment à se rappeler où il était, tentant de débarrasser son esprit des brumes de la nuit précédente. Il essaya de ne pas rougir quand les souvenirs lui revinrent, mais par chance il fut rapidement distrait pas des voix en provenance de la pièce d'à côté.
« A quelle heure l'avez vous libéré ? A t il dit où il comptait aller ? »
Harry s'enfouit à nouveau dans son lit, et remit les couvertures par dessus sa tête comme s'il avait voulu disparaître.
McGonagall le cherchait. Oh, il allait vraiment avoir des ennuis pour ne pas être rentré à la tour la nuit précédente... mais il avait surtout peur que Snape lui raconte ce qu'il s'était passé. Peut-être devrait il s'habiller au cas où le professeur lui demanderait de s'en aller immédiatement ?
Mais les voix étouffées qui lui parvenaient étaient tentantes, et il traversa la pièce pour venir jeter un coup d'œil par la porte. Il ne vit pas grand chose cependant, en dehors de Snape qui répondait à sa directrice de maison d'un air narquois, avant que le professeur ne donne un léger coup de baguette et que la porte ne se ferme.
Harry manqua de glapir de surprise, mais réussit de justesse à se retenir. De toute évidence, Snape prétendait qu'il était toujours endormi. Mais pourquoi avait il dit à McGonagall qu'il voulait qu'il s'en aille dès que possible ?
Le sorcier était bien trop compliqué. Ne sachant pas quoi faire d'autre, Harry prit son livre des signes et commença à s'entraîner.
Tout d'abord un signe pour Hermione, puis Ron, leurs initiales formant le signe pour 'ami'.
Puis :
Professeur
Merci
De rien
Je suis désolé
J'ai peur
Heureux
Bien
Mal
Je ne veux pas
S'il vous plait
Aidez moi
Après plusieurs minutes de pratique, il entendit des coups frappés sur la porte, puis la voix du professeur.
« Le déjeuner est prêt. »
Il fut tellement sidéré de ne pas être mis à la porte qu'il resta assis là, incapable de bouger, jusqu'à ce que la voix de Snape retentisse à nouveau:
« Maintenant, Potter! »
