Severus s'installa dans sa chaise en soupirant. Dans son effort pour obéir rapidement ( ce qui était un agréable changement ), Harry était probablement en train de renverser la moitié des objets de la pièce, en tout cas à en croire le bruit. Evidemment, pour être honnête, il avait probablement effrayé Potter en l'appelant comme il l'avait fait.

Bien qu'il soit sorti de la chambre à toute vitesse, le petit sorcier s'arrêta à l'entrée de la cuisine, hésitant, tordant nerveusement l'ourlet de son pyjama entre ses doigts.

Bien, il avait été suffisamment patient avec le garçon la nuit précédente. Désignant une chaise, il se contenta de dire:

« Assieds toi. Mange. »

Potter trotta rapidement vers la table et s'assit, mais ne fit pas un geste pour se mettre à manger. Snape lui jeta un regard désapprobateur, observant le garçon qui semblait rétrécir sous son regard.

« Rapproche ta chaise. Tu es bien trop loin de la table et ton repas va finir sur tes genoux. »

Harry fronça légèrement les sourcils. Il n'avait pas cinq ans, il pouvait très bien manger sans provoquer de catastrophe. Mais Snape avait été tellement... gentil avec lui qu'il ne voulait pas paraître ingrat. Il se leva donc pour rapprocher la chaise. Ses pieds avaient à peine touché le sol que son professeur grogna :

« Stop ! » Grommelant quelque chose à propos de pneumonie, il poussa la chaise d'Harry à sa place et s'écria :

« Accio chaussons de Luka ! »

« Se promener pieds nus dans les donjons n'est jamais une bonne idée . Mets ça. »

Ils étaient trop grands, mais chauds et confortables. Et puis, Harry était habitué à porter des vêtements qui n'étaient pas à la bonne taille.

« Connais tu le sort pour les rétrécir? »

Harry regarda son professeur et secoua la tête. Sans réfléchir, il tendit sa baguette au garçon en lui indiquant l'incantation adéquate. « Essaie. »

Harry se contenta de lever un sourcil en le regardant.

« Prononce les mots silencieusement, cela t'aidera au moins à t'entraîner. »

Après cela, le garçon n'eut pas d'hésitation. C'était comme si le Harry timide et craintif disparaissait quand il s'agissait de faire de la magie.

Leurs regards surpris se croisèrent quand les chaussons semblèrent rétrécir d'un bon centimètre sans qu'aucun mot n'aie été prononcé. Ils étaient toujours bien trop grands pour lui, mais le léger changement était visible.

« Pas mal, Potter » murmura Severus en finissant le travail.

Now, Snape prided himself on being a Death Eater who could face anything (and often had). But when that face looked up at him, overwhelmed and basking in one statement of praise from a man the boy wasn't even supposed to like, he was unmanned.

Snape se vantait toujours d'être un mangemort endurci qui pouvait tout affronter ( et l'avait souvent fait ). Mais quand le petit visage se leva vers lui, illuminé et submergé par la joie d'un simple compliment venant d'un homme que le garçon n'était même pas censé aimer, il perdit ses moyens.

Severus Snape dut détourner le regard.

Cette nuit là, quand Harry se réveilla une fois de plus en criant, terrorisé, ses camarades de dortoir allèrent chercher leur directrice de maison. Quand elle arriva enfin, il ne criait plus, mais restait sans réaction. Du moins, jusqu'à ce qu'elle essaie de le toucher et qu'il ne recule en se dérobant à la manière d'un crabe.

Après quelques instants, il l'autorisa à poser une main apaisante sur son épaule, pensant qu'elle finirait par le laisser tranquille s'il cessait de se défendre.

Apparemment, il se trompait. Il attendit un moment, n'écoutant qu'à moitié les mots de réconfort que McGonagall lui prodiguait, avant de commencer à faire des signes de la main. McGonagall laissa échapper un soupir.

« Quelqu'un comprend il ce qu'il essaie de dire ? »

« Professeur » répondit Ron.

Ce qui n'aidait pas beaucoup.

« Il y a beaucoup de professeur dans cette école, Mr Potter. Je crains que vous ne deviez être plus précis. »

Il essaya bien, mais il n'avait pas vraiment appris l'alphabet, simplement les lettres R et H pour ses amis. Il réalisa que tout ce dont il avait besoin était finalement de pouvoir écrire. Il opta donc pour cette solution, et se mit en quête de sa plume et de son parchemin.

« Sottises, Mr. Potter. Ce dont vous avez besoin maintenant est de sommeil. » Fit McGonagall

Mais il se fichait bien de ce qu'elle pensait, ce dont il avait besoin là, maintenant, était d'être dans les donjons, là où il serait en sécurité.

Il tenta à nouveau de faire son signe pour professeur, accompagné cette fois de quelque chose qui ressemblait à un S. Du coin de l'œil, il put voir Ron se trémousser sur ses pieds.

« Je crois qu'il demande le professeur Snape, professeur. » lâcha t il finalement.

« J'en ai tout à fait conscience, Mr Weasley. Je suis cependant également consciente qu'il est bien trop tard pour réveiller un professeur quel qu'il soit. »

« Nous vous avons bien réveillée, vous » entendit il Ron marmonner.

« En effet, et je suis votre directrice de maison. La dernière fois que j'ai vérifié Mr Potter n'était pas devenu un serpentard. »

Ron rougit et regarda Harry en haussant les épaules comme pour dire « j'aurai essayé, vieux ». Mais Harry était trop fatigué pour remercier son ami. Au lieu de cela, il se laissa tomber à plat ventre sur le lit et enfouit son visage dans l'oreiller.

Il ne pleurerait pas.

La nuit suivante, il décida de prendre les choses en main. Il ne dormit pas longtemps avant d'être réveillé par un autre rêve ; plutôt que de réveiller un de ses compagnons, il enfila des chaussettes et un pull et se glissa hors de la pièce.

Il voulait descendre aux donjons, mais ne put s'empêcher de se rappeler de ce qu'avait dit McGonagall sur le fait de réveiller ses professeurs. Snape était déjà suffisamment grincheux comme cela, il n'osait pas imaginer comment il serait s'il le réveillait au milieu de la nuit.

Au lieu de cela, il décida donc de se promener dans les couloirs. Ainsi il n'aurait pas de rêve, et il ne dérangerait personne. Enfin, excepté Rusard et son stupide chat, apparemment.

Harry se trouvait dans une partie du château où il n'avait encore jamais mit les pieds quand il fonça droit sur le chat du concierge et paniqua. Il ne pouvait pas se faire prendre, à aucun prix ! Rusard l'amènerait tout droit chez McGonagall, qui mettrait probablement des alarmes pour être sûr qu'il reste au lit la nuit.

Il pouvait entendre les pas de Rusard à l'entrée du hall, sa lanterne éclairant faiblement les alentours. Il était encore assez loin; Harry se mit à courir dans la direction opposée.

Il était clair qu'il ne connaissait pas encore suffisamment le château, car il se retrouva le nez dans une impasse. Il était figé là, tentant de trouver une idée, quand il remarqua une porte à sa gauche. Son instinct de survie prit le dessus et il se propulsa dans la pièce pour y trouver refuge.

Il attendit quelques minutes derrière la porte, observant Rusard à travers le trou de la serrure. L'homme s'arrêta précisément devant la porte, comme s'il savait qu'Harry était caché derrière. Il retint sa respiration, juste au cas où Rusard aurait pu l'entendre.

Il laissa échapper un soupir de soulagement en voyant finalement le concierge s'éloigner. Il se retourna, les yeux fermés, et s'adossa contre la porte. Maintenant il n'avait plus qu'à sortir d'ici et retourner à son dortoir.

Chose qui semblait plus facile à dire qu'à faire, étant donné qu'un chien géant à trois têtes était en train de se réveiller et l'observait avec l'une de ses paires d'yeux.

Les trois têtes se précipitèrent vers lui et Harry hurla d'une voix enrouée en se jetant littéralement à travers la porte. Le chien ( les chiens ?) tenta de passer à son tour, mais Harry était passé expert en matière d'esquive et il parvint à claquer la porte au nez du chien juste à temps.

Il couru, haletant, tout le chemin jusqu'à la tour de Griffondor. Il mourait d'envie de réveiller ses amis pour leur raconter ce qu'il avait vu, mais il n'y avait aucun moyen de réveiller Hermione sans réveiller tout le reste du dortoir, et elle serait furieuse s'il partageait sa découverte avec Ron avant elle.

Il allait devoir attendre le déjeuner.