Chap 9
« Trois têtes ?! » S' exclama Ron, la bouche pleine de toast.
« Vraiment, Ron, tiens-toi correctement à table ! »
Il avala délibérément et s'exclama à nouveau : « Trois têtes ? Tu en es sûr, Harry ? »
« Oui, Harry ? Je n'ai jamais entendu parler d'une chose pareille, et j'ai lu Bêtes magiques et où les trouver au début de l'année ! »
'Il est là, je le jure. Vous vous rappelez que Dumbledore a dit que personne ne devait monter au troisième étage ? C'est justement là qu'il est !' Il aurait préféré que ses amis ne posent pas autant de questions, il n'aurait pas eu tant à écrire.
« Eh bien, ça rend cet avertissement plutôt logique. » acquiesça Hermione
« Je ne suis pas sûr d'avoir envie de rencontrer un chien à trois têtes, pour être honnête » fit Ron
« Oh, Ron, remue-toi ! » protesta Hermione. « Ca pourrait être vraiment intéressant. Enfin, tu ne te demandes pas pourquoi il est là ? »
« Peut-être que Snape lui donne les mauvais élèves à manger. »
Harry leva les yeux au ciel, mais ne rit pas.
Comme promis, dès qu'ils eurent fini leur déjeuner, Harry conduisit ses amis à travers les escaliers mobiles, et jusque dans le hall où il s'était retrouvé pris au piège la nuit précédente.
« Est ce que vous voyez Rusard quelque part ? » demanda Ron, en se tordant le cou pour regarder derrière lui.
« Si tu continues à parler, il va certainement nous trouver! » lui siffla Hermione. Harry aurait souhaité avoir toujours sa voix pour leur dire à tous les deux de se taire. Au lieu de cela, il les saisit par l'épaule et leur indiqua la porte en question.
Il se dirigea vers elle et leur fit signe de regarder l'animal à travers le trou de la serrure.
En dépit de ses récriminations, Ron fut le premier à s'avancer rapidement vers la porte.
« Terrible ! » fut la seule chose qu'il put dire.
« Bouge de là ! » murmura Hermione en le poussant de côté pour regarder à son tour par le trou de la serrure. Un moment plus tard, elle recula avec un calme « Huumm. » Harry et Ron se regardèrent et la suivirent tandis qu'elle retournait aux couloirs principaux.
Ce fut Ron rompit le silence tandis qu'ils marchaient : « Qu'est ce qu'ils ont dans le crâne, de laisser cette chose dans l'école ? C'est horriblement dangereux ! »
« Eh bien, de toute évidence Dumbledore veut qu'il garde la chose qu'il cache, quoique ce soit. »
Les garçons s'arrêtèrent brusquement et se retournèrent pour regarder leur amie. Ron exprima tout haut les pensées d'Harry : « De quoi est-ce que tu parles? »
« Il est là pour garder quelque chose. Vous n'avez pas vu la trappe sur laquelle il était assis ? »
« De toute évidence, non! »
« Eh bien il en en avait une. Sérieusement, tous les deux, est-ce que ça vous arrive de faire attention à quelque chose? » Et sur ces mots, elle laissa ses deux amis sur place, fixant son dos tandis qu'elle se dirigeait vers le cours de potions.
Le trio n'eut pas l'occasion de penser au chien très longtemps : Le cours de potions vira rapidement au désastre.
Quand ce n'était pas Neville qui faisait constamment des erreurs sans le faire exprès, c'était Harry qui en faisait volontairement, jetant des ingrédients pèle-même dans son chaudron.
Les premières fois, Hermione tenta gentiment de le reprendre, mais il se contenta de hausser les épaules et de se détourner.
« Harry, tu ne peux pas déjà mettre ça là dedans! » siffla t elle.
En guise de réponse, Harry écrit: 'Je veux juste voir la couleur que ça va prendre'
C'est alors qu'une voix sévère s'éleva derrière eux. « Je suppose que cela dépendrait de la couleur de la stupidité absolue ».
Harry sentit qu'il s'était mis à trembler, et espéra que ça ne se voyait pas trop. Il se contenta de plisser les yeux et de pincer ses lèvres, dans une expression proche de celle qu'il avait vu Snape prendre si souvent, avant de se tourner vers le professeur.
« Même pour un étudiant de premier année éduqué par des moldus, j'en attend mieux de vous, Mr. Potter. »
Harry, ne pouvant répondre, se contenta de le regarder avec un air calculé d'indifférence.
Puis, dans le geste de défi le plus exceptionnel qu'on ait vu depuis des années dans une classe de Snape, il sourit et se retourna vers son chaudron prêt à déborder.
Et il entreprit de l'éponger avec son livre de cours.
Le liquide avait à peine eut le temps de tremper une page que Snape lui avait donné une retenue et lui avait ordonné de sortir de la classe.
Ce soir là, il se rendit à nouveau au donjon pour y subir un sermon sur son arrogance et sa stupidité, et à quel point Snape n'en était pas surpris, considérant qu'il était un 'Potter'.
Puis il l'envoya nettoyer les chaudrons.
Harry se mit à la tache avec chaque once de muscle et de volonté qu'il possédait, tellement il se sentait horrible après ce qu'il avait fait.
Mais, songea-t-il alors qu'il s'endormait à même le sol, cela ne l'empêcherait pas de recommencer.
Il y avait deux heures et demie que le garçon était là. Il n'avait pas remarqué combien de temps s'était écoulé jusqu'à ce qu'il entende ce son caractéristique de... silence.
Severus leva la tête pour chercher le garçon, et constatant que ses craintes s'étaient avérées justes, laissa retomber sa tête entre ses mains avec un grognement.
Comment cela avait-il pu arriver? Comment un enfant pouvait-il s'endormir au beau milieu d'un récurage de chaudrons ? Bon sang, ce n'était vraiment pas normal !
A moins, bien sûr, qu'il ne manque se sommeil à cause de ses cauchemars.
Il se dirigea vers le garçon et le pris dans ses bras, légèrement surpris qu'Harry ne fasse pas le moindre geste et ne se réveille pas.
Il se promit d'envoyer un message à Minerva dès qu'il aurait mis le garçon au lit.
Le scénario se reproduisit deux jours de plus avant que Snape ne se décide enfin à parler sérieusement à Potter, quand il arriva pour sa troisième retenue en autant de jours.
Le garçon se tenait devant lui, mélange de défi et de timidité.
« Votre petit jeu commence à me fatiguer, Mr. Potter. »
Harry fut sincèrement surpris. De quel jeu Snape voulait il parler ?
« Vous êtes à bout et vous vous conduisez d'une manière totalement transparente pour toute personne possédant un minimum d'expérience de la vie. »
Harry se contenta de cligner des yeux, le regard vide, poussant Severus à reformuler :
« Tu es un petit garçon perturbé qui cherche à attirer l'attention. Je sais très bien où tu veux en venir. »
Harry baissa le regard sur ses doigts et se renfrogna. Etait-il vraiment aussi facile à déchiffrer ? »
« Il est clair que tu te conduis de la sorte pendant mon cours afin d'obtenir une retenue. De cette façon, tu es assuré d'être dans mes quartiers au bon moment pour t'endormir et rester ici pour la nuit. »
Oui, apparemment, il était vraiment facile à déchiffrer. Il sentit ses joues virer au rouge. Il aurait voulu pouvoir s'enfuir en courant de la pièce ; en fait, il s'apprêtait même à le faire quand il fut cloué sur place par les mots de son professeur.
« Il n'est pas nécessaire d'en arriver à des extrémités aussi ennuyeuses. Si tu veux rester ici tu... en as l'autorisation. »
les mots « tu es le bienvenu » ne parvinrent pas à franchir ses lèvres.
Harry failli éclater de rire de soulagement, jusqu'à ce que le professeur ne reprenne.
« Mais tu dois le demander. »
Le garçon le dévisagea, pale et choqué. Pourquoi la moindre petite chose semblait-elle provoquer une crise chez le garçon ? Il s'efforça de se détendre et de parler d'une voix posée.
« Tu dois pouvoir être capable de demander quand tu as besoin de quelque chose, Harry. Même si ton comportement est plus ou moins compréhensible chez quelqu'un de ton âge, en grandissant, tu devra être capable de demander de l'aide. C'est difficile, mais nécessaire. »
Il écrivit sa requête lentement, posément, et la tendit au professeur.
« Oui, tu peux rester ici. Mais il y a des règles. Premièrement : Seulement deux ou trois nuits par semaine. Il y a une bonne raison pour laquelle tu as été placé dans ta maison. Il ne serait pas bon pour toi de t'isoler de tes pairs. »
« Deuxièmement : plus de ce comportement ridicule que tu as exercé ces derniers jours. » Son expression devint sévère tandis qu'il ajoutait : « Me suis-je bien fait comprendre? »
Harry hocha solennellement la tête, fit le signe pour merci et attrapa à nouveau son parchemin.
'J'avais déjà demandé, vous savez. De rester avec vous, je veux dire.'
Snape haussa un sourcil. « Vraiment. Je ne me rappelle pas d'une pareille requête. »
'Ce n'est pas à vous que j'ai demandé. J'ai demandé à McGonagall la semaine dernière quand j'ai eu un cauchemar. Elle a dit non.' Sa figure se renfrogna involontairement. 'Elle a dit qu'il ne fallait pas vous réveiller.'
« Vraiment? »
Harry songea que c'était vraiment amusant, cette façon qu'avait Snape de paraître à la fois poli et effrayant.
Cette nuit-la, dans son lit de la tour Gryffondor, il choisit deux signes parmi son petit arsenal et en créa un personnel pour le professeur de potions.
