Cela ne faisait pas cinq minutes que Potter était sorti quand Severus sentit la fumée. Il savait que le garçon avait un don pour les ennuis, mais cette fois, ça allait trop loin !
Il se glissa dans la deuxième chambre à temps pour voir Harry saisir l'un des livres de cours sur le bureau. Un livre qui se trouvait être en feu ! Stupide enfant ! Pourquoi diable essayait-il à mettre sa main nue sur une flamme ? De toute évidence, son instinct de survie était encore pire que ce que Severus avait pensé jusque là.
« Recule ! Aguamenti ! »
Il regarda l'eau tomber en cascade sur le petit feu. Quand il fut sûr qu'il était éteint, il se retourna vers son élève. Il se pencha pour rencontrer le regard d'Harry et demanda, la mâchoire crispée : « Qu'est-ce que tu as fait ? »
De grands yeux verts soutinrent son regard pendant un bref moment, puis Harry essaya de parler, en vain. Le regard du garçon quitta alors son visage, mais pas avant que Severus n'ait pu remarquer à quel points ils étaient soudain devenus brillants.
« Essaie encore. »
Mais au lieu de tenter de parler, Harry leva sa baguette et fit un geste.
« Tu as lancé un sort? ». Un hochement de tête affirmatif lui répondit, mais rien d'autre.
« Incendio, je présume ? » Un autre hochement. La colère s'empara à nouveau de lui et sa main se crispa sur sa baguette par réflexe. « Suis moi. » Puis, après un instant de réflexion, il ajouta : « Nous allons au salon. J'ai besoin d'une tasse de thé avant qu'on ne parle de tout ça. »
Il savait, avant même d'avoir lancé l'aguamenti, que l'enfant réagirait mal à sa colère. Il ne pouvait rien y faire. Severus n'avait aucune intention de laisser Potter passer sa vie sans punition juste à cause de son histoire douloureuse ; le garçon devait apprendre la différence entre une punition méritée et les mauvais traitement que les moldus lui avaient faits subir.
Evidement, Harry ne s'assit pas à table quand ils entrèrent dans la pièce en question et resta devant la porte, hésitant, jusqu'à ce que Severus ne grogne « Assieds toi ! ». Le silence s'installa tandis que Severus appelait les cuisines pour avoir du thé. Il déposa une tasse face à lui et à Harry et demanda d'un ton sec: « Où as-tu appris ce sort ? »
Harry ne bougea pas. « Regarde moi quand je te parle! » Ces fichus yeux verts le fixèrent à travers sa frange. Tentant à nouveau de se calmer, il reprit : « Correctement, s'il te plait. Contrairement à ce que tu sembles penser, un contact visuel n'implique aucun manque de respect. C'est tout l'inverse, en réalité. »
Le garçon leva complètement les yeux cette fois, mais Snape pu voir qu'ils étaient posés sur un point légèrement au sud de ses propres yeux. Il faudrait bien que cela suffise. D'un accio, il fit venir la plume et le parchemin d'Harry et répéta sa question. Mais au lieu de les utiliser, Harry leva simplement le bras et le désigna à travers la table.
« Moi ? Quand... ah. A Noël. Bien. Il y a une grande différente entre vous et moi, monsieur Potter. J'espère sincèrement que tu ne vas pas répéter chaque sort que tu verras un professeur utiliser ! »
Les cheveux noirs d'Harry volèrent dans les airs alors qu'il secouait la tête et Severus fit une note mentale pour se rappeler de lui apprendre la signification de « question rhétorique » dans un futur proche. Celui lui épargnerait probablement des maux de tête.
« Tu es un garçon de onze ans peu entraîné qui a été éduqué par des moldus. Tu n'as pas à jouer avec des sorts aussi dangereux. As-tu la moindre idée de ce qui aurait pu t'arriver ?! » Sa voix s'éleva à nouveau malgré lui. Harry tressaillit, et Severus ne put que prendre une grande inspiration et boire une longue gorgée de thé. Un moment plus tard, il ajouta : « Il y a une raison pour laquelle ce sort n'est enseigné qu'aux classes les plus avancées. Tu aurais pu être gravement blessé. »
Le ton plus calme et résigné de sa voix sembla affecter le garçon plus encore que les cris, nota curieusement Snape, en voyant Harry faire des cercles avec sa cuillère dans la tasse de thé. Il n'avait pas réellement fini sa leçon et elle n'était certainement pas acquise pour l'enfant, mais il supposait que le reste pouvait attendre le lendemain matin. Harry semblait déjà prêt à s'endormir sur place, bien qu'il fasse de son mieux pour luter contre le sommeil. Retenant un soupir, Severus regarda par dessus sa tasse et dit sèchement :
« Si tu as l'intention de jouer avec ton thé et de ne pas le boire, peut-être devrais tu te préparer à aller au lit. » Ils savaient tous les deux que ce n'était pas une suggestion.
Il se replongea dans ses pensées, tellement prit par la recherche d'une réponse appropriée à l'incident de la soirée qu'il ne vit pas la lueur inquiète dans les yeux d'Harry quand il quitta la pièce.
Ce ne fut donc qu'une heure et demie, trois sorts de réchauffement sur sa tasse et un appel par poudre de cheminette plus tard qu'il se rendit dans la chambre du garçon pour vérifier que tout allait bien. La chambre était plongée dans l'obscurité, et il aperçut la forme recroquevillée d'Harry sous les draps. Levant sa baguette, Snape lança un sort pour évacuer l'odeur de papier brûler dans la pièce et faire disparaître les cendres qui maculaient le bureau.
Alors qu'il s'attelait à sa tache habituelle de plier les vêtements du garçon ( Il savait qu'Harry essayait, mais c'était un cas désespéré ), il remarqua les yeux verts brillants qui le suivaient à travers la pièce. Il ne dit rien tout d'abord, et rangea les chaussures d'Harry sous le lit pour qu'il ne trébuche pas dessus en se levant.
Puis il s'assit sur le rebord du lit, tentant de ne pas rire à la vue des yeux fermés d'Harry qui prétendait s'être rendormi. Tandis qu'il remontait les couvertures sur les épaules de l'enfant, il se demanda si ses propres peurs et insécurités étaient aussi transparentes quand il était petit. Au lieu de repousser instantanément la pensée comme il l'aurait habituellement fait, il la suivit jusqu'à sa conclusion logique.
S'il avait été aussi désespéré que Potter, autant en manque d'attention, dans ce cas, pourquoi personne ne lui en avait-il offert ?
Se forçant à revenir au présent, il prit un des jouets familiers sur l'étagère et le transforma en fauteuil. Il sortit un article sur les potions d'une poche cachée de ses robes et dit doucement, comme s'il jouait le jeu du garçon, « Rendors-toi, Harry. »
Il était bien plus tard qu'il ne l'avait pensé quand il se retira enfin dans sa propre chambre.
« Nous allons quitter le château pour un bon moment aujourd'hui, as tu ta cape d'extérieur ? » fut la première chose que Severus dit à Harry au petit déjeuner le lendemain matin. Le garçon ensommeillé parut surpris et secoua la tête.
« Je devrais rétrécir une des miennes, dans ce cas ; il n'y a pas de temps à perdre, nous avons un emploi du temps à respecter. Mange rapidement et habille-toi. Nous partons dans trois quarts d'heure.»
Tandis qu'Harry finissait son déjeuner, une pensée irrationnelle lui traversa l'esprit : le renvoyaient-ils à la maison à cause de ce qu'il avait fait ? Ils allaient sûrement lui donner une deuxième chance ? Toutes ses affaires étaient dans la tour.
Saisissant ses éternels plume et parchemin, il gribouilla une question: 'Dois-je aller chercher mes affaires dans la tour ?'
« Je n'ai pas envie que tu ne traînes et que tu perdes du temps à discuter avec tes amis. Tu n'as qu'à utiliser une des miennes comme je l'ai suggéré. »
Bon, ça ne l'avançait pas du tout. Il essaya une autre tactique. 'Quand est-ce que nous serons de retour ? J'ai dis à Ron et hermione que je travaillerais avec eux plus tard.'
Snape leva un sourcil à ces mots. « Travailler ? J'en suis sûr, » fit-il d'un ton traînant. « Je ne peux pas te dire précisément combien de temps nous serons partis, mais je suis certain que tu auras retrouvé tes amis pour le dîner. »
Harry n'avait jamais été si soulagé de sa vie.
« As tu déjà vu quelqu'un transplaner, Harry? » demanda le professeur tandis qu'ils se dirigeaient rapidement hors du château, en direction de Pré au lard.
Harry secoua la tête et Severus ralentit le pas pour que le garçon puisse le suivre plus facilement.
« Le transplanage permet aux sorciers et aux sorcières de voyager très rapidement, presque instantanément, entre deux points. C'est, cependant, un moyen privilégié de déplacement que seuls des sorciers adultes peuvent utiliser. Je vais te faire transplaner avec moi, mais tu dois bien t'accrocher . »
Il y eut un moment de malaise, pendant lequel aucun des deux ne sut exactement quoi faire, puis Severus tendit sa main. Harry la saisit, fixant leurs deux mains enlacées du regard comme s'il essayait de mémoriser ce moment. Severus ne put résister à l'envie de serrer légèrement la petite main, avant de transplaner.
Il seraient apparus devant l'hôpital Sainte Mangouste sans un bruit si Harry n'avait pas trébuché et n'était pas tombé sur ses genoux. Severus tressaillit de compassion, et se réprimanda mentalement pour ne pas avoir mieux tenu son petit passager.
Il aida Harry à se relever sans faire d'histoire, demandant juste « Tu t'es fait mal? » Harry secoua la tête, rougissant , et essuya la poussière de sa cape. Avant qu'il ait pu faire un pas vers l'entrée du bâtiment, cependant, son professeur l'avait arrêté et avait sorti sa baguette. Il ne la brandit pas, mais se contenta de la tenir dans sa main droite et de lancer un sort doucement tout en passant les doigts sur la cicatrice d'Harry.
« Ceci est entre toi et moi. Personne n'a besoin de savoir que tu es là, » offrit-il en guise d'explication.
Harry apprécia que Snape prenne à nouveau sa main tandis qu'ils pénétraient dans l'hôpital. Et ils n'étaient même pas en train de voyager à la façon des sorciers !
Quand ils entrèrent dans l'hôpital en effervescence, le garçon sembla rétrécir et se pressa contre Snape. Ce n'était pas une sensation totalement désagréable, bien que cela rende la marche difficile. Atteignant le bureau de la réception, il prit son ton le plus autoritaire et annonça :
« Bonjour, nous devons nous rendre au service des Accidents Magiques. »
« Nom du patient ? »
« Aucun. »
La réceptionniste leva finalement les yeux, légèrement troublée et définitivement lasse. « j'ai besoin de connaître le nom du patient que vous visitez, monsieur. »
« Nous ne venons voir personne en particulier. Je voudrais visiter le service. » Puis, avant qu'elle ait eu l'occasion de protester, il ajouta : « Quelqu'un a décidé d'expérimenter un Incendio sans surveillance. »
Elle étudia Harry pendant un moment et Severus remarqua avec une pointe d'admiration que le garçon parvenait à avoir l'air à la fois plein de défi, embarrassé, contrit et agacé. Tournant à nouveau son regard vers lui, la sorcière leva un sourcil, légèrement amusée alors qu'elle répondait : « Prenez cette porte, troisième étage. » Elle ajouta plus sérieusement, comme si elle y avait pensé après : « Les brûlés se trouvent dans le couloir de droite. »
Il hocha la tête en guise de remerciement, prit les badges pour visiteurs et se remit en marche.
Harry ne pouvait s'empêcher de regarder de tous les côtés tandis qu'ils sortaient de l'ascenseur, et il était clair qu'il ne saisissait pas bien ce qu'ils étaient venus faire ici. La raison allait lui devenir terriblement clair dans un moment, Severus en était sûr.
La première victime était une petite fille. Plus petite qu'Harry, pensa t il, bien que ce soit difficile d'en être sur avec tous les bandages. Une femme se reposait dans une chaise près du lit. Ils ne rentrèrent pas dans la pièce ; c'était inutile pour bien se faire comprendre. Au lieu de cela, il parcourut subrepticement son fichier médical accroché à la porte.
« Elle est là depuis une semaine. Brûlures au troisième degré sur son visage et sa poitrine. Elle survivra, mais elle en gardera de profondes cicatrices. »
Une petite main vint instinctivement se poser sur le front marqué, et Harry leva les yeux vers le professeur en mimant le geste d'une baguette qu'on agite.
« La magie ne peut pas tout arranger, Harry, » dit-il calmement en regardant le garçon. Il détourna le regard quand il ajouta « Même si on le désire très fort. »
Ils continuèrent leur visite, regardant dans les chambres des patients comme un zoo tragique et horrible. Severus commenta chacun d'entre eux, depuis le bébé qui hurlait de douleur jusqu'au garçon qui se préparait à quitter l'hôpital. Savoir à l'avance que la plupart des victimes d'incendio seraient des enfants ( tous trop jeunes et pas assez entraînés pour maîtriser le sort ) ne rendit pas la visite macabre plus facile pour l'homme, et Harry semblait devenir un peu plus vert avec chaque nouveau cas.
Ils arrivèrent finalement dans une chambre où la victime se trouvait être une femme adulte. Elle était horriblement brûlée, constatèrent ils, tous ses bandages étaient souillés de sang et de pus. Elle était heureusement inconsciente. Son seul compagnon était un homme penché sur le lit vide à côté d'elle, sanglotant. Snape entreprit de s'éloigner rapidement avec le garçon ; cette scène dépassait les limites et c'était de toute évidence un moment personnel. une voix s'éleva derrière eux.
C'était l'infirmière de la réception.
« Ils sont arrivés la nuit dernière. Cette femme, son mari et un enfant de sept ou huit ans. Leur fils. Il a mis le feu à la maison et ils n'ont pas réussi à maîtriser le feu à temps. Elle a été brûlée en tentant de sauver le garçon, de le sortir de sa chambre. Elle a réussi, mais il a succombé à ses blessures tôt ce matin. »
Automatiquement, Severus tendit les mains pour trouver Harry. Il n'eut pas à aller loin ; le garçon tremblait de tout son corps, tout contre lui. L'avait-il poussé trop loin en voulant marquer son esprit ?
Il baissa le regard et vit qu'Harry était comme hypnotisé par le spectacle de la femme sur le lit. Il pressa rapidement son épaule et les yeux verts se dégagèrent pour rencontrer ceux du professeur, clairement choqués.
« Je ne pense pas qu'il recommencera à jouer avec Incendio. » La remarque de l'infirmière rompit le moment et Severus répondit « Non, en effet. Merci de votre aide. »
Ils se dirigèrent à nouveau vers l'entrée dans un silence sinistre, chacun pris par ses pensées. Tandis qu'il rendait les badges d'accès à l'infirmière et s'éloignait, il jeta un nouveau regard à Harry.
Dès qu'ils furent sortis de l'hôpital, toutes le courage du garçon sévapora. Severus pu voir sa bouche se tordre et supposa qu'il essayait de ne pas pleurer. Après un instant, Harry prit une grande inspiration frémissante et fit deux signes. Maison- S'il vous plait.
Il s'approcha pour attirer Harry contre lui, pour le protéger pendant le transplanage et remarqua à quel point le garçon tremblait fort. Dans une décision éclair, il prit le garçon dans ses bras et l'installa sur une hanche osseuse. « Accroche toi bien à moi, Harry, » dit-il.
La recommandation était cependant inutile, le garçon avait enfoui son visage dans son cou et agrippait ses robes comme si sa vie en dépendait.
Ce n'était cependant pas fini. Il devait être sûr que ça ne se reproduirait pas. D'un mouvement raide, il placa une chaise dans un coin et d'un accio, fit venir un livre de son bureau. Il conduisit Harry jusqu'à la chaise et demanda « Est-ce que tu t 'es fait mal en tombant ? »
Harry secoua la tête, mais Severus retroussa les jambes de son pantalon révélant de larges bleus sur les genoux. Il soupira et lança un rapide sort de soin, se sentant plus soulagé qu'il n'aurait du quand la peau sur les genoux osseux reprirent une couleur normale.
« Ne refais jamais ça. Si tu es blessé, je veux que tu me le dise pour que je puisse te soigner. » Il leva le menton du garçon et continua « Tu ne dois pas te punir toi même de cette façon, est-ce que c'est clair ?
Satisfait du hochement de tête affirmatif qu'il reçu en réponse, le professeur se leva et tourna la chaise, avec le garçon dessus, pour faire face au coin. Il mit le livre dans les mains d'Harry et ordonna : « Tu resteras sur cette chaise, à lire ce livre et à réfléchir aux conséquences de tes actions jusqu'à ce que je te dise que ça suffit ».
Puis il s'installa pour noter ses copies, sans grand succès. Toutes les deux minutes, il levait les yeux pour s'assurer qu'Harry progressait dans le livre. Il provenait du rayon sécurité magique de la bibliothèque de Poudlard ; il était approprié pour l'age d'Harry, et donc pas trop traumatisant, bien que Severus soit conscient qu'il contenait plus d'une « histoire édifiante ».
Il ne fallut pas un quart d'heure pour qu'il entende le premier sanglot en provenance du coin. Il ne dit rien alors, et se leva seulement quand les pleurs s'intensifièrent ; le garçon pleurait à chaudes larmes et de cette manière désordonnée dont seuls les enfants semblaient être capables.
C'était trop, même pour lui. Il tenta de ne pas penser à toutes les fois où Potter s'était mis à pleurer dans cette pièce.
« Harry, tourne toi s'il te plait. » Le garçon essuya son visage avec sa manche et Snape ne put s'empêcher de grimacer Mais ce n'était pas le moment pour une stupide leçon d'étiquette.
« Est-ce que tu comprend pourquoi ce que tu as fait était mal ? »
Il acquiesça.
« Tu aurais pu être gravement blessé, ou tué. Dumbledore, tes amis et tes camarades, tous auraient été terriblement blessés si quelque chose t'étais arrivé. »
Un autre sanglot, et Harry pointa son doigt vers lui, son visage pitoyable et interrogatif. Snape savait ce qu'il demandait.
« Tu veux savoir ce que j'aurais ressenti s'il t'était arrivé quelque chose ? »
Il hocha la tête à nouveau. Snape se demanda, pendant un instant, à quel point il devait être honnête. Puis son esprit revint à ses réflexions de la nuit précédente, quand il s'était demandé pourquoi il n'avait jamais reçu l'attention dont il avait si clairement eu besoin de la part d'un adulte. Non, il devait être honnête avec le garçon.
« Moi, je ne ressentirais rien. » Le visage d'Harry se décomposa de façon terrible. Severus fit quelques pas délibérés vers lui, mais il n'eut pas le temps d'arriver à la chaise avant de jeter un regard de l'autre coté de la pièce et d'ajouter : « Je ne ressentirais rien, Harry, car si quelque chose devait t'arriver, je ne crois pas que j'y survivrais."
En entendant cette difficile confession, Harry bondit de sa chaise et traversa la pièce pour se jeter dans les bras de Severus. Les émotions des jours passés le submergèrent et il fallut un moment au professeur pour réaliser qu'Harry était en train de répéter le signe Désolé encore et encore.
Mais au lieu de faire le signe contre sa propre poitrine, comme il le faisait habituellement, Harry bougeait sa main contre celle du professeur, comme s'il essayait de s'excuser encore plus.
Ce fut trop pour Severus, et tout ce qu'il put penser à dire fut « Tout va bien, petit. C'est fini maintenant. »
