Art vs Science

Note : Et voilà le chapitre 2 ! Je me demande d'ailleurs si les gens abonnez aux alertes en reçoivent une quand je change un chapitre... j'espère pas : la faux espoir total ! Je mettrais un chapitre bonus à la fin histoire que ma republication ai servi à quelque chose...

À chaque fois que je pense à mes fics, je me dis que je dirais plein de chose dans cette petite introduction "Note"... Mais je ne m'en rappelle jamais. Quelle stupidité !

Sur ce, Bonne lecture ! (on change pas les vielles habitudes...)


Chapitre 2

Cela faisait un moment qu'il n'avait plus vu Sasuke. La bande des matheux était revenue trainer une ou deux fois dans le café, puis avait apparemment changé de lieu. Les seules fois où Naruto pouvait l'apercevoir était maintenant à la sortie des cours, quand il avait de la chance. C'est à dire pas très souvent. Son obsession était retombée. Naruto était quelqu'un d'extrême, il pouvait faire une fixation sur quelque chose pendant un moment et l'abandonner subitement du jour au lendemain. Ce n'était pas une obsession, donc, mais quand même. Sans savoir vraiment pourquoi, il avait envie de le voir. Pas forcément lui parler mais juste pouvoir le voir. Son esprit s'emballait à cette vision, le brun restait une source d'inspiration perpétuelle. Et il restait présent dans ses pensées, dans un tout petit coin peut-être mais présent quand même. Il avait essayé d'en parler avec Gaara mais celui-ci n'avait rien compris et aucun de ses autres amis ne lui avait été d'une quelconque aide. Il se résolut donc reléguer l'apollon brun au rang de fantasme inaccessible.

Mi-mars. Début du printemps. Pour Naruto, c'était la meilleure période de l'année. Il faut dire que le soleil était bien ce qui lui allait le mieux. Il était fait pour vivre à l'air libre et le printemps, ça signifiait le soleil, ça signifiait allait dessiner dehors. Et c'est ça qu'il adorait. Il restait des heures à crayonner les gens qu'il voyait, qui passaient devant ses yeux. Il immortalisait inlassablement la moindre scène de vie arrivant à ses yeux.

C'était ce qu'il avait décidé de faire en ce samedi après-midi, en se posant sur la pelouse devant la fac de médecine. Un endroit qu'il affectionnait : entre le skate parc et les anciens immeubles au style architectural du dix-huitième siècle(1), il s'allongeait dans l'herbe et noircissait des feuilles les unes après les autres. Quand ils faisaient des « excursions artistiques » en groupe, lui et ses amis se rendaient plutôt à la place du Commerce, lieu de rendez-vous par excellence de tous les looks les plus bizarres de la ville. Gothique, Emo, Punk, Hippies, Métalleux, Ricains, Lolita... ces rassemblements avaient quelque chose de fascinant(2). Cette fois-ci Naruto était donc étendu sur sa veste, sous le soleil de 14 heures, songeant à la chance qu'il avait d'être allongé sous le soleil avec un crayon et plein de feuilles blanches, quand son regard s'accrocha sur l'unique arbre de la pelouse. Ou plutôt ce qui était sous cet arbre. Car sous cet arbre était assis un jeune homme brun. Et ce jeune homme, c'était Sasuke.

Son cœur rata un battement. Et même plusieurs. Malgré lui, une foule de sentiment se mirent à fleurir sans aucun contrôle dans son esprit. Dans cette confusion générale, une seule pensée s'énonçait clairement : il était magnifique. Allongé sur le dos, un bras sur les yeux et l'autre posé sur son ventre. Sasuke semblait dormir, ou du moins se reposer. Et là, Naruto se dit qu'il avait vraiment beaucoup de chance et comme cela ne lui arrivait pas souvent, il décida de la saisir. Et il commença à le dessiner.

Il l'avait fait si souvent que ça lui semblait presque naturel. A force de visualiser Sasuke dans son esprit, Naruto en était arrivé à connaître ses formes avec une étonnante précision : malgré lui, il avait dessiné vraiment très souvent le brun. Il s'affaira sur ses feuilles pendant près d'une heure. Quelques personnes s'arrêtaient près de lui, parfois, et restaient quelques minutes à le regarder dessiner. Il laissait toujours trainer un chapeau ou une casquette près de lui, au cas où. « Y'a pas de petit profit »(3), comme disait Gaara. Et effectivement, quand on en était à frauder au RU, il valait mieux sauter sur toutes les occasions. Il ne gagnait pas beaucoup mais c'était toujours ça de pris.

Au bout d'un moment, il abandonna son dessin, sentant dans sa poche une vibration caractéristique d'un appel reçu sur portable. Son écran afficha « Kiba » ainsi qu'une photo dudit Kiba se tenant à la Titanic sur une pierre devant le fleuve. Prise à l'occasion des 18 ans de celui-ci, une soirée mémorable qui avait finit en bain de minuit. Sortant de ses réflexions, Naruto sourit et décrocha :

« Salut toi ! Alors quoi de neuf ?

– Naruto... faut que tu m'aide... »

Le blond fronça les sourcils, inquiet. Kiba était encore plus malchanceux que lui, le genre à se retrouver pris en otage en allant acheter du pain alors qu'il en mangeait une fois tous les six mois. Dans quel pétrin s'était-il encore fourré ?

« Qu'est ce qu'il y a ?

– Et ben... tu sais, j'aurais pu demander à Temari mais j'avais peur qu'elle s'emballe. Et puis Shikamaru est trop flemmard. Quand à Choji, bah c'est Choji quoi, alors je voyais que toi...

– Mais pour faire quoi ?

– J'ai besoin de ton aide. »

Il ne comprenait pas grand chose. Son ami avait l'air sérieux mais pas paniqué.

« Alors, tu veux que je t'aide a quoi ?

– ...

– Wouhou, Kiba ?

– A... à séduire Hinata. »

Le blond resta silencieux quelques instants, puis il éclata de rire. De l'autre côté du téléphone, son ami prit un ton boudeur.

« Te fous pas de moi, c'est pas drôle, connard !

– Nan mais... c'est juste que... je... je commençais à m'inquiéter mais... c'était que ça ? »

Il était écroulé de rire. Kiba avait tendance à tout dramatiser. Un jour, il avait appelé le blond au bord des larmes pour lui dire qu'il n'avait plus de croquettes pour son chien et que le magasin allait fermer et (il ?) l'avait supplié d'y aller pour lui. Il se servait d'ailleurs de cet épisode comme chantage quand Kiba se montrait réticent à lui rendre service.

« Rigole pas !

– Okay okay, ça va. Alors, tu veux que je te conseille ? »

Et pendant près d'une demi-heure, Naruto écouta Kiba s'extasier sur la jeune fille et ils élaborèrent des plans tous plus débiles les uns que les autres. Il ne l'avait pas beaucoup aidé mais au moins, en raccrochant, Naruto le sentit plus confiant, plus détendu. Peaufinant le dessin d'une adolescente consolant son petit frère, il jeta un coup d'œil à l'arbre... pour s'apercevoir que le brun avait disparu. Il soupira, déçu, puis il le chercha un peu aux alentours et... le trouva. Juste derrière lui, en train de l'observer. Il se colora aussitôt d'un rouge soutenu. Il se leva, bégayant.

« Euh... salut... »

Pas de réponse. Il fixa un moment ses chaussures, mal à l'aise.

« C'est toi qui l'a fait ? »

Suivant le regard du brun, ses yeux se posèrent sur le dessin qu'il était en train de finir. Sa gène monta d'un cran. Il n'aimait pas beaucoup montrer ses dessins. Comme beaucoup d'artiste, c'était un éternel insatisfait.

« Euh... ouais... »

Il entreprit de ranger les feuilles éparpillées autour de lui. Se souvenant d'un détail, il chercha vainement les dessins qu'il avait fait de Sasuke. Trop tard, celui-ci s'était reconnu sur l'un deux. Naruto vit son regard se charger d'éclairs un bref instant,mais il retira vite l'esquisse de son champs de vision. Un silence pesant s'abattit sur les deux jeunes hommes. Souhaitant à tout pris le briser, Naruto se risqua à poser une question qui lui brulait les lèvres. Il tenait toujours le dessin des frères et sœurs dans ses mains et le brun refusait d'en détacher les yeux.

« Dis... »

Regard froid. Naruto hésita à continuer mais sa langue était habituée à penser par elle-même.

« Euh... tu... tu aimes ? »

Il regretta aussitôt ses mots. Son vis-a-vis lui renvoya un regard à mi-chemin entre le mépris et la moquerie, quelques chose comme « tu m'es tellement inférieur que je ne me donnerais même pas la peine de te répondre ». Naruto avait peut-être une imagination débordante mais il était presque sûr que c'était à peu de chose près les pensées du brun. Il émit seulement un « Pfff » impossible à interpréter et finit par se détourner, laissant Naruto seul avec lui-même et sans réponse. Il envisageait déjà arriver à l'appartement avec son air de chien battu et se lamenter à Gaara pendant des heures, jusqu'à ce que celui-ci finisse par le frapper et l'emmener boire. Mais il fut tellement surpris que ses plans se transformèrent en un nuage de fumée avant de s'envoler vers le ciel. Le brun n'était pas parti comme il le pensait. Il était retourné exactement à la même place qu'avant, il s'était rallongé dans la même position et n'avait plus bougé. Naruto le fixait, complètement paumé. Puis avec un sourire, il décida qu'il avait sa réponse et recommença à dessiner le brun. En partant, il passa près de son modèle et murmura un « merci ». Il n'eut pas le courage de se retourner pour savoir s'il l'avait entendu.

XxX

« Naruto ?

– Hmm ?

– Pourquoi tu souris ?

– Je souris tout le temps.

– Mais pourquoi tu souris COMME ÇA ?

– Comment ? »

Gaara se mit à chercher une comparaison, c'est donc Temari qui répondit.

« Comme un débile. »

Naruto lui jeta un regard noir auquel elle répondit par un rictus moqueur.

« Alors ?

– Alors quoi ?

– Bah répond !

– Je souris parce que je suis content c'est tout ! Vous êtes chiant !

– Et pourquoi t'es content ?

– Raaaaaaa ! »

Naruto se prit la tête entre les mains, excédé. Son meilleur ami pouvait être le roi des chieurs quand il voulait. Et mettre le blond hors de lui était un de ses jeux préférés. Il faut dire qu'il y arrivait presque à chaque fois, Naruto démarrait souvent au quart de tour et ils finissaient par se battre comme des collégiens. Pour préserver sa bonne humeur qui était mise à rude épreuve, Naruto décida que pour une fois, il pourrait bien se contrôler.

Ils étaient au bar, une fois de plus. Les Caves était un « bar d'artiste », ça se voyait au premier coup d'œil. Le genre de bar petit et convivial où le patron discute avec les clients, où tous le monde se connait, et où on peut dessiner sur les murs et les tables sans se faire jeter dehors. De plus, il se situait juste à coté des Beaux Arts, ce qui en faisait le lieux de prédilection de ses étudiants. Et, comble des avantages : les prix étaient merveilleusement bas, ce qui permettait au groupe de Naruto de venir régulièrement sans avoir à se mettre à la diet'. D'autant plus ? que le barman était plutôt généreux. Naruto adorait cet endroit. Il s'y sentait bien, apaisé. Une scène était aménagée au fond de la salle, accueillant régulièrement des groupes inconnus ou ne jouant que pour leur plaisir. Des groupes qui venaient boire un coup avec eux une fois le concert fini. C'était simple, sans prise de tête. Il était ici dans son élément. Comme fréquemment depuis quelques mois, ses pensées l'emmenèrent jusqu'au brun qu'il avait revu deux jours plus tôt sur la pelouse, et il imagina celui-ci dans cet environnement de « pauvres ». Il pouffa. Une vision qu'il n'aurait sans doute jamais l'occasion de voir en vrai.

« Au fait, vous avez réfléchi à ce que vous allez faire pour l'expo ? »

Aussitôt, un silence de mort se mit à peser sur la table du groupe.

« Kiba, pourquoi tu parles de ça maintenant ? Tu veux qu'on se pende ou quoi ? s'exclama Temari.

– Va bien falloir en parler un jour !

– Ouais bah pas ce soir.

– En gros, t'y a pas pensé du tout!

– Et toi alors ?

– … Pareil. »

Chacun se plongea un instant dans ses réflexions. Hinata soupira :

« Moi, je n'aime vraiment pas ça, les expos...

– Et moi dont ! »

Le verdict était tombé la semaine précédente. Une exposition « découverte » avait été prévu pour ouvrir au reste du monde l'univers des Beaux Arts. Tous les niveaux avaient été « fortement conviés » à y participer. Autant dire obligés quoi, le but étant de montrer ce qui se faisait à l'école. Le thème et le sujet était libre, il n'y avait pas de contraintes particulières, ce qui du point de vue de beaucoup était encore plus dur.
« Faites ce que bon vous semble ! » avait dit leur plantureuse directrice en leur annonçant la nouvelle. Plus facile à dire qu'à faire. Ils avaient un mois et demi pour présenter un travail valable qui serait exposé dans l'école. C'était en quelque sorte des portes ouvertes. Ils avaient plutôt intérêt à assurer ! Surtout que, comme dans beaucoup d'évènement de ce genre, venait une foule d'artiste, critique, journaliste et autre personne capitale dans une carrière. Ils venaient « voir ce qui se faisaient », évaluaient le niveau et éventuellement dénichaient quelques talents à avoir à l'œil. Pas question de se planter ! Naruto n'avait aucune idée de ce qu'il allait faire mais le problème n'était pas là : exposer son travail ! Le rendre visible aux yeux de tous et de n'importe qui ! Rien que d'y penser lui donnait la nausée. Il avait pourtant un caractère plutôt extraverti mais il était toujours pris de panique quand il s'agissait de ses œuvres.

XxX

Un semaine s'écoula, puis une autre. Les cours continuaient, le boulot aussi, et les sorties surtout mais Naruto était vraiment troublé par cette histoire d'exposition. Il avait déjà une idée des toiles qu'il afficherait mais rien à faire, il était stressé. Et niveau stress, il avait déjà à faire à un autre problème. Depuis le week-end où il avait revu Sasuke, celui-ci avait, pour une raison inconnue, pris l'habitude de venir au café où travaillait le blond. Il venait pratiquement tous les soirs, s'asseyait à une table, travaillait en buvant un café pendant environ une heure, et puis repartait. Il n'adressait jamais la parole à Naruto, à part quand c'était lui qui le servait et il ne le regardait même pas. Et c'était ça qui le mettait sur les nerfs. Le brun l'ignorait complètement et il ne comprenait pas pourquoi il venait, jours après jours, dans ce café. Il avait bien essayé d'engager la conversation mais lassé de se heurter à un mur de glace et de silence, Naruto avait finit par abandonner et se contentait de s'arranger pour ne pas avoir à le servir. Mais cette situation lui pesait. Surtout que, d'après ce qu'il pouvait voir, Sasuke ne se comportait comme ça qu'avec lui. Quand c'était un de ses collèges qui le servait, ils n'allaient pas jusqu'à faire la conversation, mais il avait au moins la décence de le considérer comme un être humain. Il était frustré. Et, malheureusement pour lui, triste. Et une fois de plus, il se trouvait parfaitement stupide. Sasuke n'avait jamais été son ami, ils n'avaient jamais échangé plus de trois mots, et pourtant, de se recevoir perpétuellement son indifférence le piquait comme une trahison. Le seul point positif était que, ainsi, Naruto pouvait profiter de la vue et l'observer à loisir. Son patron l'avait d'ailleurs réprimandé plusieurs fois déjà car il était constamment ailleurs, dans un monde peuplé de glaçon et de mignon petit brun aux yeux noirs.

Un jour, il dut se résigner, sous la menace de ses amis. Il arriva donc au travail avec un paquet de tract destiné à promouvoir l'évènement organisé à l'école, à savoir la fameuse exposition. Et ce fut précisément ce jour-là que la bande des matheux choisit de revenir squatter le café. Sachant pertinemment à quoi s'attendre, il leur distribua tout de même ses tracts, bien que leurs regards en disaient long sur ce qu'ils en pensaient.

« Bon bah voilà, on fait une expo pour...

– Pas la peine de te fatiguer, on ira pas à votre truc pourri. »

Naruto jeta un regard ennuyé à la blonde qui venait de parler, Ino, d'un air de dire « t'inquiète pas, j'm'en serais douté ». Il avait pourtant des envies masochistes ce soir, et il voulait découvrir ce qui gênait tellement ces gosses de riche dans l'art. Il continua donc :

« Et pourquoi ?

– Parce que l'art ça sert à rien. »

Le blond se retourna vers Sasuke. Il affirmait ça avec une assurance tranquille, comme s'il énonçait une vérité fondamentale que seuls les idiots ignorent. Et comme d'habitude, il ne le regardait pas, continuant de fixer obstinément la rue par la fenêtre. Naruto sentit une bouffée de colère l'envahir. Pour lui, son art c'était toute sa vie. De quel droit pouvait-il dire que sa vie était inutile ?

« Putain, c'est même pas la peine de parler avec vous, vous êtes trop ignorant. C'est pas possible de pas connaître la vie à ce point. Moi, je fais la pub, honnêtement si vous venez pas, ça va pas m'empêcher de dormir.

– D'où tu te permets de nous parler comme ça, le pauvre ?

– D'où vous vous permettez de me traiter comme une merde ? Vous me connaissez pas, je vous connais pas et c'est pas plus mal, alors on va s'ignorer et ça ira très bien.

– Pfff.

– Je vous apporte l'addition. »

Ah, saloperie de bourgeois ! (et oui, Naruto a des tendances communistes...) Parler avec les matheux ne lui réussissait pas. A chaque fois, il chopait un mal de tête épouvantable et des envies de meurtre. Pourquoi ça l'énervait autant ? Il n'avait qu'à pas les écouter. Mais rien à faire, ça le blessait. Enfin, pas vraiment. C'étaient les mots du brun uniquement qui le touchaient. Ça lui faisait mal. Et il ne comprenait pas qu'on puisse avoir envie de faire chier quelqu'un juste pour le fun. Il préféra donc aller servir d'autres clients afin de préserver son moral malmené par ce garçon aussi froid qu'une nuit d'hiver.

Il avait la désagréable impression de passer sa vie entre le bar ou la boite de nuit, le café et l'école. Gaara et lui avait du mal à boucler les fins de mois et il se retrouvait avec des dizaines d'heures supplémentaires. Des heures envahies en permanence par l'image, ô combien agréable, de son béguin. Autant dire qu'il avait du mal à suivre le rythme.

Ses amis vinrent lui rendre visite à son travail quelques jours plus tard. Du moins, officiellement pour lui rendre visite. En réalité, depuis que le blond avait eu le malheur d'échapper que son fantasme venait tous les jours au café, ils l'avaient harcelé pour enfin savoir qui était capable de rendre la bombe humaine pensive et distraite. Ils se retrouvèrent donc tous dans le petit café, et Naruto les installa à une table tout en leur désignant discrètement l'objet de leur curiosité. Le verdict fut unanime : effectivement, il était canon.

« Wow, tout s'éclaire. Si tu veux, je vais t'aider à faire connaissance moi... »

Naruto s'était figé, horrifié par les sous-entendus de son meilleur ami. Mais avant que Gaara n'ait esquissé le moindre geste, Temari lui attrapa le bras et lui jeta un regard meurtrier.

« Gaara, si tu t'approches de ce garçon, je te promets que la seule œuvre que tu pourras présenter à l'école sera ton sang collé au mur par mes soins. »

Dissuasif. Gaara fixa un moment la blonde, puis jeta un bref coup d'œil à Sasuke et à la mine suppliante de Naruto. Finalement, il abdiqua en soupirant :

« C'est bon, je te laisse celui-là mais c'est bien parce que je t'aime. »

Naruto lui fit un sourire plein de reconnaissance. Gaara avait beau avoir une bite à la place du cerveau, il n'était pas complètement idiot. Parce que ça se voyait comme le nez au milieu du visage que Naruto en pinçait sérieusement pour l'Apollon assit deux tables plus loin. Ils finirent par laisser le blond, non sans lui avoir rappelé qu'il fallait qu'il arrête rapidement un choix quand à ce qu'il désirait exposer, et quelques conseils sur le thème « se lancer au lieu de se languir comme une adolescente pré-pubère ». Il leur fit un regard misérable avant de retourner à ses commandes. Il restait trois semaines avant le jour fatidique, qui pour lui s'apparentait à une marche pour la potence. Pour s'extraire cette pensée angoissante de l'esprit, Naruto accumula les sorties en boite avec son débauché de colocataire, et pour se sortir de la tête l'idée de Sasuke avec un autre, il multiplia les coups d'un soir. Ce qui ne marcha pas vraiment. Il était bel et bien devenu accroc à ce mec qu'il n'arrivait pas à comprendre.

XxX

Il avait choisit deux tableaux à présenter. Deux, c'était le minimum mais selon lui c'était déjà trop. Le premier était né de l'esquisse de la sœur consolant son petit frère, ce fameux samedi dans l'herbe. Une brune de quinze ans avec un jean troué et des dreads avec un petit blond en larmes blotti contre sa poitrine. Naruto aimait beaucoup ce tableau. Quand au deuxième, CE fameux tableau... et bien il était réussi, c'est sûr. Mais il avait l'intime conviction que c'était une très mauvaise idée de l'afficher et qu'il le regretterait. Pour une des rares fois où son intuition était bonne, il ne l'écouta pas.

Naruto jeta un regard à la salle, nerveux. C'était la première fois qu'il affichait son travail et cela lui provoquait un certain malaise. Hormis ses amis et ses profs, personne n'avait encore vu ses œuvres achevées et il avait le trac. En fait, c'était pire que du trac : il paniquait complètement. Gaara, égal à lui-même, se contentait de siroter son verre d'un air absent et ne lui était d'aucun secours. Pas plus que le reste du groupe qui avait déjà expérimenté l'exposition. Il se retrouvait donc seul à se ronger les sangs, incapable de tenir en place.

Au bout d'un moment, le blond finit par se détendre. D'après leur professeur, les choses se passaient plutôt bien. Naruto, en particulier, rencontrait beaucoup de succès et certains se disaient même intéressés par un achat. Une chance inespérée ! Même s'il ne vendrait sans doute pas bien cher, c'était quelque chose d'important, comme une preuve de son talent. Il s'était laissé convaincre (ou, de son point de vue, avait été forcé) de présenter quelques œuvres supplémentaires,et ce n'était pas une si mauvaise idée. Naruto se surprit à rêvasser en pensant à une de ses toiles accrochées dans une maison comme un vrai objet de décoration, louée et admirée… il parcourut distraitement la salle des yeux, quand un détail insolite attira son attention. Il regarda plus attentivement un certain endroit où ses toiles étaient exposées, en particulier CETTE toile et il se figea, plus immobile qu'une statue de marbre. Dix secondes plus tard, il s'était réfugié derrière Gaara en murmurant une litanie de « c'est pas vrai, c'est pas vrai, c'est pas vrai, putain, c'est pas possible, c'est un cauchemar, c'est pas vrai… ». En même temps, dans un processus mental d'auto flagellation, il se maudit pour dix générations d'avoir accepté d'exposer CETTE toile. Ses amis étaient tombés en admiration devant elle et avaient insisté pour qu'il l'expose et comme un con, il avait fini par se laisser convaincre. Il savait qu'il allait le regretter. Pourquoi ne s'était-il pas contenter de suivre son instinct ?

Intrigué, Gaara jeta un coup d'œil dans la direction indiquée par son ami et se mit à ricaner. Le blond fixait la toile, cette fameuse toile où il avait représenté la vison qu'il avait eu de Sasuke dans le café : sous une pluie de fleur de cerisier, une moue enfantine discrètement affichée sur son visage offert au ciel. C'était une réussite indéniable. Les émotions dégagées par ce tableau étaient impressionnantes de saisissement. Ce n'était pas la toile en elle-même qui posait problème à son talentueux auteur. Le problème était que, la contemplant sans bouger ni même cligner des yeux depuis plusieurs minutes, se tenait… le modèle représenté. A savoir Sasuke.

Naruto aurait voulu disparaître. Mais qu'est-ce que ce crétin de brun faisait là ? Il l'avait entendu dénigrer l'art avec un mépris évident quelques jours plus tôt, et il le retrouvait au milieu d'une exposition d'étudiant, qui plus est, et présentement perplexe en découvrant un tableau le représentant. Naruto n'avait pas envisagé une seule seconde que sa muse se trouverait là. Croisant son regard enflammé, son cerveau lui fit faire la seule chose qu'il était en mesure d'accomplir : il tourna les talons, se dirigea vers la porte et s'enfuit à toutes jambes.

A suivre


(1) chiffre au pif, désolé

(2) place du Commerce et Hôtel Dieu a Nantes ! Le samedi après midi en particulier, sur la place du Commerce devant la fnac, y'a toujours pleins de gens vraiment trop classes, j'adore !

(3) « Six pièces d'or et un sandwich au poulet » « Vendu ! » « Vous croyez que c'est le moment de faire du commerce ? » « Y'as pas d'petit profit » XD j'adore cette réplique ! Vive le donjon de Naheulbeuk !


Je sais pas pourquoi je me sens obligé de mettre "A suivre". Mal écrit en plus. Genre on devine pas qu'après ce sera la suite... Ça fait un peu de suspens ! Dit plutôt que tu espères maintenir l'intérêt (si il existe) que tu as maladroitement éveillé chez les lecteurs en priant pour qu'ils lisent le suivant. Pas faux.

C'est con du coup ca fait un gros anachronisme (que de mots compliqués ! Mais ta gueule !) avec les chapitres d'après, vu que je les ai pas encore republié... enfin, après tout, mais commentaires, on s'en fout...

Ça faisait beaucoup plus long sur OpenOffice ! TT TT