Art vs Science

Note : En fait ce travail de republication c'est uniquement pour ma satisfaction personnelle... J'ai honte.

Voila le troisième chapitre ! C'est bon, maintenant que je suis en vacances, je vais pouvoir publier plein d'autre trucs (Parce que depuis une semaines t'as fait autre chose que glander là ?) et enfin terminer les dizaines de fics que j'ai commencé.

Bonne lecture les gens ! Tu te complais dans ta propre déchéance... C'est l'expression "les gens" qui te fait dire ça ?


Chapitre 3

« Comment ça, acheté ?

– Monsieur Uzumaki, vous n'êtes pas à un concert, je vous demanderais d'éviter de crier comme un dégénéré. »

L'Uzumaki sus-nommé se rassit sur sa chaise et regarda Shikamaru avec insistance, pourtant celui-ci ne semblait pas décidé à en dire plus. Finalement, las d'être ainsi observé, il ancra ses yeux noirs dans ceux, bleus océans, de son camarade et articula très clairement :

« Ton-ta-bleau-de-la-bombe-sexuelle-brune-qui-te-sert-de-fan-tasme-sous-les-fleurs-de-ce-ri-siers-a-été-a-che-té-a-l'expo-sa-me-di. »

Un court-circuit rendant momentanément son cerveau hors d'usage, le blond resta un long moment immobile, le temps de digérer l'information, puis son visage s'illumina.

« YATAAAAAAAAAAAAAAAA !

– NARUTO ! »

Cette fois sa prof de photographie était vraiment en rogne. Et il était déconseillé de mettre cette femme en rogne. Il était de notoriété public que Anko Mitarashi était une sadique-née.

« Désolé, M'dame. »

Temari lui lança un regard lourd de reproches, après tout, la photo était son cours préféré. Mais il n'en avait cure ; il était occupé à prendre la mesure de ce que signifiait les paroles de son voisin.

Quelqu'un a acheté ma toile ! La mienne ! Quelqu'un l'a vu et s'est dit « j'aime bien, je veux la voir chez moi », et il l'a acheté !

Son état d'esprit était proche de l'extase totale. Par contre...

« Hey, Shika, tu sais qui l'a acheté ?

– Hmm ? Non, il a tenu à rester anonyme. Maintenant fous moi la paix, je dors. »

Naruto retourna à ses pensées, perplexe. Anonyme ? Mais pourquoi ? Ce serait quelqu'un qu'il connait ? Finalement, il laissa tomber, peu importait qui : il avait vendu son premier tableau !

Cette révélation du lundi matin lui empêcha pour un temps de penser à ce qui lui avait noué les entrailles toute la journée de la veille. Malheureusement, son soi-disant meilleur ami, également sadique sur les bords, se fit un plaisir de le lui rappeler à la pause déjeuner.

« Hey, Naruto, tu crois qu'il sera au café ce soir, ton Roméo ? »

Le blond pâlit. Temari leva les yeux au ciel, tandis que Kiba éclatait de rire. De soudaines pulsions meurtrières envahirent le blond mais elles se résorbèrent bien vite devant un problème beaucoup plus important : Sasuke... Sasuke avait vu son tableau !

En fait, si cela avait été n'importe qui d'autre, Naruto aurait été heureux de montrer comment la personne l'avait inspiré. Après tout, il montrait souvent à ses amis les dessins qu'ils faisaient d'eux et ils appréciaient. Mais là, il s'agissait de Sasuke. Ce n'était pas son ami, c'était plutôt l'inverse, et surtout, il était complètement dingue de lui. Comme technique de drague, on faisait mieux. Après avoir fuit l'école, Naruto était resté chez lui à tourner en rond, en se rongeant les ongles, jusqu'à ce que Gaara revienne tout sourire.

« Alors ?

– Alors... ben il avait l'air en rogne... »

Et Naruto avait passé le reste de la nuit et la journée suivante à maudire tous les dieux, tous les bruns et tous les meilleurs amis de la terre. Tout en n'oubliant pas de se maudire lui-même. C'était lui qui s'était laissé convaincre de la montrer, cette foutue toile ! Il aurait mieux valu qu'il la laisse prendre la poussière au fin fond de son appartement pour le restant de ses jours. Mais ses amis avaient aimé et il avait toujours été un peu trop sensible aux compliments, peu habitué à en recevoir. Il s'était fait avoir !

Retournant au présent, Naruto eut la surprise de remarquer qu'Hinata était blottie dans les bras de Kiba. Il sourit. Elle avait finalement renoncé à lui. Bah, il ne pouvait qu'être heureux pour eux. Et pleurer pour lui car il se retrouvait tout seul. Il ne savait pas ce qui serait pire : que le brun soit là ou qu'il ne le soit pas, justement. D'un côté, il ignorait comment réagir s'il le croisait et de l'autre il avait peur de ne plus le revoir à cause de son imprudente stupidité.

Le soir arriva bien trop vite à son goût et c'est un rien angoissé que Naruto se rendit à son travail, craignant pour sa santé mentale (si le brun ne venait pas comme pour sa santé tout court (s'il venait). Il envisagea plusieurs fois de rebrousser chemin et de se faire porter malade mais ça ne lui ressemblait pas. Il n'aimait pas fuir et, devant le brun, il l'avait déjà fait une fois. Pas question de se dégonfler. Ça ne pouvait pas être si terrible... hein ?

Ah. D'accord.

Ça, il ne l'avait pas prévu. Le brun ne l'ignorait plus, certes mais Naruto se prit à regretter le temps où il n'avait droit qu'à son indifférence. Car ce qui lui arrivait était, en un sens, bien pire. Sasuke ne l'ignorait pas, non. Il ne lui parlait pas non plus. Il se contentait de... le fixer. Sans interruption. Le blond pouvait lever la tête à n'importe quel instant, il était sûr de rencontrer une paire d'yeux obsidienne, avec en prime un petit sourire en coin typique de celui qui avait totalement le contrôle de la situation. Ce qui, à peu de chose près, étais le cas. Car Naruto ne savait absolument pas quoi faire face à l'attitude pour le moins déstabilisante de son fantasme attitré. Il l'ignora du mieux qu'il put mais son regard était déjà aimanté au brun quand celui-ci jouait l'indifférent, alors maintenant qu'il pouvait croiser ses yeux... il avait beaucoup de mal à se retenir, même si les émotions qu'il pouvait lire dans les-dits yeux n'étaient pas vraiment des plus encourageantes.

XxX

La semaine passa ainsi. Sasuke venait, le fixait, repartait. Et Naruto était à deux doigts de se jeter par la fenêtre de son appartement à chaque fois qu'il rentrait chez lui. La dernière fois qu'il était sorti avec Gaara, il avait ramené un mec chez lui et, pendant la nuit et une crise de somnambulisme, il l'avait jeté dehors à poil en lui hurlant de foutre le camp de son café. Gaara avait été obligé d'enfermer le blond toujours endormi dans la salle de bain pour éviter qu'il ne commette un meurtre. Naruto cédait facilement à la pression. Il était trop empli de joie de vivre pour que son corps et son esprit résistent aux affres du stress. Et le malaise que créait « son » brun en lui chaque soir, l'épuisait autant physiquement que moralement. A tel point que son ami se sentit obligé de lui parler. A ce rythme-là, le blond allait dépérir.

« Naruto, je suis désolé mais c'est pour ton bien.

– De quoi ?

– Réveille-toi. »

Et il se prit le poing de son bientôt ex-meilleur ami en pleine face. Sous le choc, Naruto se retrouva les fesses par terre, en état d'hébétude complet. Gaara le regardait avec un air sévère, les bras croisés, comme s'il grondait un enfant pris en faute. Le blond se remit sur ses pieds, furieux.

« Mais ça va pas ?

– C'était pour te faire réagir.

– Espèce de...

– Naruto, Gaara essaie de t'aider, alors tais-toi un peu et écoute pour une fois ! »

Une fois de plus, Temari faisait autorité. Le blond se renfrogna, croisa les bras et prit une mine boudeuse.

« Écoute Naruto. Que tu sois accro à ce mec, d'accord. Que tu passes ton temps à soupirer comme une pré-adolescente en attendant qu'il daigne poser les yeux sur toi, bon, okay... nan, laisse-moi finir. Effectivement, moi j'arrive pas à comprendre ça parce que je n'ai jamais dépassé le stade de l'attirance sexuelle mais... je te trouve quand même pitoyable. Putain, on dirait que ce mec te terrorise ! C'est qu'un mec quand même, il a le même age que toi ! Qu'est-ce que tu nous fais à jouer les dépressifs au bord du suicide ? Je t'ai jamais vu aussi défaitiste ! Même pour cet abruti dont t'étais fou en seconde, tu...

– OKAY ! On est pas obligé de parler de ça.

– Bon, mais quand même, ça fait bizarre de te voir aussi abattu. Fais quelque chose, il va pas te bouffer !

– Y'a des fois j'ai l'impression que si, justement.

– Allez, merde, reprends toi !

– Euh... c'est... c'est l'heure, on va être en retard... »

Ainsi Hinata sauva le pauvre petit blond de la séance d'accusation acérée plus que pénible qu'avait préparé le roux à son intention. Mais il ne trouvait rien à y redire. Après tout, son ami avait parfaitement raison. Il savait bien qu'il était stupide de paniquer mais c'était plus fort que lui, le regard insondable de Sasuke lui faisait perdre tous ses moyens. Empli de détermination à éviter à tout prix de nouvelles remontrances de Gaara (parce que lui aussi, il lui faisait peur...), Naruto décida que la prochaine fois qu'il verrait le brun, il irait lui parler et lui demander des explication. L'occasion arriva le soir-même.

XxX

Non, il n'y arriverait jamais.

C'était ce que pensait le pauvre blond en tirant furieusement sur sa clope pour calmer ses nerfs à vif. Le café était plein, les matheux abondaient et bien sûr il était là, froid et arrogant comme une statue de marbre. Naruto tenta de respirer calmement et de se remettre les idées en place. Il s'était convaincu de parler au brun mais il n'avait pas envisagé de le faire aussi vite. Il comptait sur quelques jours de répit. Hélas, « son » brun ne semblait pas de cet avis parce qu'il était déjà arrivé avant même que Naruto ne prenne son service. Celui-ci s'était depuis arrangé pour n'avoir à le croiser sous aucun prétexte, quitte à faire la plonge. En plus, le brun n'était pas seul : il était accompagné de toute sa joyeuse bande de petits cons prétentieux ce qui, du point de vue de Naruto, rendait son entreprise clairement infaisable. Bah, de toute façon, c'était vendredi soir, il pourrait très bien prétexter que le brun n'était pas venu pour se sauver des sarcasmes piquant de son pervers de meilleur ami. Satisfait de cette décision, il mit fin à sa pause pour rejoindre la salle et constater que, une fois de plus, le sort s'acharnait sur lui.

Il aurait dû s'en douter. Parce que Gaara le connaissait mieux que quiconque, parce que Temari était une fille incroyablement tenace, parce que Shikamaru n'avait jamais le courage de la contredire et que Kiba ne perdait jamais une occasion de se foutre de sa gueule. Il aurait dû prévoir qu'ils viendraient vérifier par eux-même qu'il n'allait pas une fois de plus se défiler. Et par conséquent, Naruto n'aurait pas dû être aussi surpris de trouver sa bande au complet, installée tranquillement près du bar et à à peine une table des matheux qui plus est. Matheux qui les regardaient d'ailleurs d'un œil mauvais. Sans se préoccuper de la tension plus que palpable entre les deux tables, Naruto se précipita vers ses amis.

« Mais qu'est-ce que vous foutez là ?

– On vient s'assurer que tu ne détales pas comme une fille. »

Comme à son habitude, Gaara gardait le même visage impassible, comme si tout l'ennuyait, tout en jetant à son colocataire un regard plus qu'éloquent qu'il fit discrètement glisser sur la table derrière lui. Naruto soupira.

« Je vous déteste...

– Tu me remercieras plus tard. »

Le blond préféra retourner à son boulot, ne voulant pas risquer des heures sup' par son tyran de patron. De toute façon, il ne pouvait rien répondre : à son grand damne, il devait reconnaître que Gaara avait très souvent raison.

La soirée continua sous les regards insistants des uns et méprisants des autres. Naruto commençait vraiment à se sentir mal parce que ses six amis et les sept matheux, ça faisait pas loin de la moitié de la population du café qui le fixait la majeure partie du temps. Et Naruto réagissait vraiment très mal à la pression. Alors quand en passant près de la table « ennemi », un pied malencontreusement égaré sur sa route le fit s'étaler de tout son long, il explosa. Littéralement. Se relevant rouge de colère, il hurla :

« Nan mais ça va ouais ? Vous avez pas fini de m'emmerder ?

– Oh, du calme, le pauvre, tu...

– Je me calme si je veux ! Vous allez pas me donner des ordres en plus ? ALLEZ VOUS FAIRE FOUTRE ! »

Rejoint par ses amis et trop énervé pour faire la distinction, Naruto se mit également à crier sur eux.

éMais qu'est-ce que vous foutez encore là vous ? C'est bon, vous avez bien vu que j'y arriverais pas, pas la peine de continuer la torture morale avec autant d'insistance ! Merde ! »

Finalement et n'ayant toujours pas retrouvé ses esprits, il se planta devant cet abruti qui le hantait nuit et jours et qui, évidemment, n'avait pas bougé.

« Et toi, tu vas me suivre, TOUT DE SUITE ! »

Et se moquant éperdument des regards posés sur eux, Naruto empoigna le poignet de Sasuke et le traina à l'extérieur par la porte service.

Celui-ci le regardait d'un œil morne, les bras croisés, n'attendant visiblement qu'une chose : retourner au café. Il amorça d'ailleurs son départ mais fut retenu par le blond qui frappa violemment le mur, à quelques centimètres du visage du brun.

« C'est quoi ton problème avec moi ? »

Il tremblait de rage. Sa voix était à la fois agressive et sur la défensive, comme si la part de lucidité qui lui restait tentait de prévenir d'éventuelles coups désagréables portés à son esprit vulnérable. Part qui diminua encore d'un cran quand le brun détourna la tête en soupirant. Il le snobait. Naruto se contint avec difficulté. Il allait le buter !

Ce ne fut pas pas exactement ce qui se passa. Retrouvant d'un coup ses esprits et passablement épuisé, il s'écroula brusquement sur le sol. Cet accès de faiblesse inattendue eut au moins le mérite de provoquer une réaction, certes légère, mais réaction tout de même, du brun qui afficha un air surpris.

« Aaaaah, je suis lessivé ! »

La surprise franchit un nouveau cap. En l'espace de trente secondes, le blond était passé de l'état d'hystérique à celui de joyeux adolescent à peine perturbé. Même le froid et hautain Sasuke ne put masquer son étonnement en regardant le blond se relever tranquillement et épousseter ses vêtements, babillant dans son coin des « ah, c'est malin, on a fait la lessive hier, j'espère qu'il me reste un jean à la maison... ». C'est en se retrouvant face au brun que les évènements des dernières minutes semblèrent lui revenir en mémoire. Il rougit subitement et se mit à bafouiller des mots d'excuses, mal à l'aise. Pourquoi était-il allé hurler sur tout le monde et devant tout le monde ? Kakashi allait lui filer des milliers d'heures supplémentaires pour compenser et Sasuke... Sasuke devait le prendre pour un déséquilibré ! Naruto se mit à se lamenter intérieurement, oubliant de nouveau le brun pourtant bien en évidence en face de lui. Il fut ramené à la réalité assez violemment par un bruit très discret, si discret qu'il douta de son existence. Pour se le confirmer, il leva de nouveau les yeux sur son vis-à-vis et un seul coup d'œil lui apprit que ce bruit n'était pas le fruit de son imagination. Il avait bien entendu un inaudible pouffement de rire. Parce qu'en face de lui, Sasuke souriait. Non pas un vrai sourire comme celui qui trônait sur la face du blond la quasi-totalité du temps, mais tout de même, le coin droit de sa bouche légèrement étiré vers le haut et l'absence de contrariété sur son visage en général pouvait bien s'apparenter à un sourire. Figé par la surprise, il ne bougea plus pendant plusieurs secondes, ce qui laissa au brun le temps de se rapprocher du blond, de se rapprocher encore, de plus en plus près. Le temps que Naruto réagisse, il voyait le visage de son fantasme à quelques centimètres de lui.

« Tu es vraiment quelqu'un d'intéressant... tu le sais ? »

Et, sans un mot de plus, Sasuke partit, laissant le blond toujours immobile avec un air de parfait crétin sur le visage. Il lui fallut un temps incroyable pour retrouver ses facultés intellectuelles et motrices et un sourire digne d'une publicité s'étala sur son visage.

XxX

Naruto était quelqu'un qu'on pouvait qualifier de lunatique. En fait, le moindre petit événement pouvait changer radicalement son humeur et, à l'inverse, certains, pourtant d'une importance capitale, le laissait indifférent. Il avait tendance à s'extasier pour les détails et passer à côté des choses les plus évidentes. Ainsi fit-il totalement abstraction du fait qu'il était passé pour un fou furieux, qu'il s'était mis à dos les matheux, qu'il allait se faire passer un savon magistral par son patron... il ne retint de ce vendredi soir qu'une seule et unique chose : Sasuke lui avait souri, Sasuke lui avait parlé normalement, Sasuke lui avait dit qu'il le trouvait intéressant. Trois choses qui suffirent à maintenir tout le weekend un sourire béat et extrêmement niais sur son visage. En ce point Gaara, qui ne changeait que très rarement d'humeur, était son opposé le plus complet. Cela ne les empêcha pas de décider de fêter la superbe avancée de Naruto dans sa relation avec Sasuke, en faisant la tournée des boites gays de la ville. Bien sûr, Gaara doutait que son ami se trouve un coup ce soir tant il était égaré dans les limbes infini de son imagination vraiment trop développé mais il lui tiendrait compagnie, au moins le temps que lui-même se trouve un gentil garçon à ramener. C'était sans compter sur l'incapacité génétique de Naruto à tenir l'alcool. Ainsi, quelques verres suffirent à le jeter sur la piste de danse, torse nu et incroyablement désirable. Bien qu'il n'avait jamais envisagé ne serait-ce qu'une seconde de coucher avec son meilleur ami (il avait des principes quand même), Gaara devait avouer qu'à ce moment là, il était vraiment bandant. D'ailleurs, il se faisait violer du regard par toutes les personnes assez proches de lui pour le voir, fille et garçon confondus. Et Naruto, avec cette aberrante naïveté qui le caractérisait, ne se rendait compte de rien. Gaara pensa vaguement à aller sortir le blond de là avant qu'il ne se fasse embarquer mais le passage à proximité d'un brun au cheveux long et au regard de prédateur suffit à lui faire oublier son innocent meilleur ami au profit de pensées toutes sauf innocentes. Naruto trouverait bien la sortie tout seul.

Naruto continuait à danser, en ignorant superbement tout ce qui l'entourait quand une voix souffla tout proche de son oreille :

« Si tu continues, je te prends à même le sol... »

Naruto rit, se tourna, arrêta de rire. Car il avait beau être complètement allumé, il lui restait toujours un reste de cerveau suffisamment utilisable pour qu'il reconnaisse un mec qu'il avait dessiné plusieurs milliers de fois. Mais hélas ou heureusement, selon le point de vue, il ne lui en restait pas assez pour que la vue de Sasuke chemise ouverte et sourire pervers aux lèvres ne le fasse paniquer. L'alcool embrumant son esprit, la seule pensée qu'il parvint à formuler fut quelque chose comme « Je dirais pas non... ». L'alcool embrumant son esprit, au lieu de s'enfuir comme il en avait pris l'habitude, il se colla au brun, et, provocateur, murmura :

« Même pas cap... »

XxX

Un lit plutôt grand mais dans un état lamentable, une source de chaleur toute proche, un mal de tête épouvantable... ce fut dans cet environnement que Naruto émergea doucement du sommeil. Sa première pensée fut qu'il resterait bien dans les bras qui l'enserraient toute sa vie. La deuxième fut de se demander à qui ces fameux bras appartenaient. Arriva alors un exercice extrêmement difficile pour les lendemains de beuverie, qui consistait à essayer de reconstituer les évènements de cette beuverie jusqu'à comprendre comment il avait finit là et avec qui. Se trouvant dans l'incapacité de répondre à ses questions, il jugea que cela pouvait attendre et se rendormit paisiblement.

Naruto réitéra l'exercice quelques heures plus tard alors que les bras avaient disparut et qu'il tentait de dissiper les brumes qui obscurcissaient son esprit. Il se rappela vaguement avoir décidé de sortir avec Gaara mais peu d'image de lui lui revinrent. Il en déduisit donc que celui-ci s'était trouvé un compagnon de jeu et l'avait laissé retrouver le chemin de l'appartement tout seul, comme cela arrivait la plupart du temps. Par contre, il pouvait assurer avec certitude qu'il n'était sûrement pas chez lui, vu le confort apporté par le lit sur lequel il était étendu par rapport à son pauvre matelas à même le sol. Mais alors chez qui ? Il se rappelait avoir bu (beaucoup) et danser (longtemps). Il se rappelait une voix, derrière lui, mais était incapable de mette un visage dessus. Naruto avait la désagréable impression que sa mémoire occultait délibérément cette information comme pour le protéger d'une révélation qu'il sentait dangereuse pour sa lucidité. Il était sûr que c'était une voix qu'il connaissait, peut-être un ancien coup ? Non, ce n'était pas ça, il couchait rarement plus d'une fois avec le même et même bourré, il aurait fait la distinction. Alors qui ? Des images lui revenaient par bribes et s'il n'arrivait pas à se souvenir « qui », il se souvenait parfaitement « quoi » ou la façon dont ils s'étaient occupés une bonne partie de la nuit. Il sourit de contentement ; qui que ce soit, il était plutôt doué ! Il aurait pu passer la journée ainsi à se complaire dans les souvenirs de la nuit un rien agitée qu'il venait de passer si une voix, qu'il reconnaitrait entre mille et ? qui lui apporta aussitôt une réponse sur le « qui », ne l'avait pas fait se redresser d'un coup :

« Tu comptes dormir encore longtemps ? »

C'était sans doute un rêve. Une hallucination. Naruto était mal réveillé, il devait sûrement confondre. Sûrement. Car enfin, ce n'était pas possible, n'est ce pas ? L'Apollon à moitié nu qui le détaillait depuis l'embrasure de la porte ne pouvait pas être...

« Sa... Sasuke ?

– Lui-même. Vu ton état d'hier soir, je suis étonné que tu t'en souviennes. »

Arrêt sur image. Mise au point. « Ai bu comme un trou hier soir. Ai rencontré un mec. Suis allé chez lui. Ai forniqué avec toute la nuit. Ce mec est maintenant en face de moi. Ce mec est foutu comme un dieu. Ce mec est mon fantasme. Ce mec est bel et bien Sasuke. »

Il aurait pu s'évanouir de surprise. Les yeux écarquillés et la bouche ouverte, il devait avoir l'air d'un con parce que Sasuke émit un rire moqueur.

« Et bah, t'as vu la vierge ou quoi ? »

La phrase « ça s'en rapproche en effet » faillit franchir ses lèvres mais il se concentra de toutes ses forces pour l'en empêcher. En comparant la pause nonchalante du mec, sûr de lui, tenu par le brun comparée à sa perte totale de moyen, Naruto se mit à trouver la vie très injuste. Pourquoi devait-il être aussi attiré par un mec aussi prétentieux ? Une fois de plus égaré dans ses pensées, il mit un certain temps pour revenir au fait qu'il avait passé la nuit avec Sasuke et pas pour dormir. Cette fois, en repensant à leur nuit, il ne put que rougir. Décidément, il n'y avait que lui qui lui faisait un effet pareil.

« Bon, tu comptes squatter mon lit toute la journée ? »

Insistance sur le « mon », du genre « oublie pas que t'es chez moi quand même ». Naruto se leva pour se mettre en quête de ses affaires éparpillées dans la chambre. En se relevant, il croisa le regard gourmand et loin d'être innocent du brun sur lui et il ne put s'empêcher de piquer un fard. Autant Naruto pouvait être suffisamment courageux pour hurler son amour sur une table pendant une fête (« cet abruti dont t'étais fou en seconde... »), autant dans certains cas, il se retrouvait aussi timide qu'Hinata. Et malheureusement pour lui, le cas « Sasuke » rentrait dans la deuxième catégorie. Il décida pourtant de se contrôler cette fois et s'efforça de masquer au brun le fait qu'il se sentait complètement paumé en sa présence. Il finit de se rhabiller le plus dignement possible. Finalement prêt et ne trouvant plus rien pour le retenir de s'en aller, il se dirigea vers la porte de la chambre, immense avait-il remarqué mais ce n'était pas une surprise. Après tout Sasuke transpirait le fric par tous les pores de sa peau, une peau très douce d'ailleurs... éviter de s'égarer. Se concentrer sur la sortie et pas sur la superbe créature qui avait décidé de le torturer en ne prenant pas la peine de s'habiller, laissant à sa vue cette peau si blanche. A part à quelques endroits que sa bouche avait parcouru avec avidité. Ne pas s'égarer ! Il se gifla mentalement.

« Bon, bah... je vais y aller hein. »

Rassemblant toute sa volonté, Naruto fit un pas vers la porte puis un autre. Il commençait à croire à ses chances de réussite quand deux bras l'enlacèrent par derrière et qu'il sentit une bouche humide contre son cou. Une main descendit doucement pour se glisser dans son pantalon. Le brun lui mordilla l'oreille avant de susurrer d'une voix tentatrice :

« Tu es sur que tu ne veux pas rester ? »

OH-MY-GOD...

A suivre


J'ai rien à dire.. Alors je vais m'abstenir. Tu dervrais faire ca plus souvent. Sans doute, ca m'éviterais de ma ridiculiser. BREF. Le prochain chap un des ces jours, surement. Encore merci à Toumies pour son travail (je me rends compte que j'écris des phrases qui n'ont vraiment pas de sens, des fois...)

A plus !