Chapitre 4 - Alliances, cocktail et petits fours

- Ok, tout le monde réunion d'équipe! lança Alice lorsque nous fument tous réunis dans la cuisinette attenante à la salle de banquet.

La réception des Stewart se tenait dans un hôtel style champêtre, en campagne à une heure de Montréal et ils nous avaient choisis comme traiteurs. N'importe qui d'autre aurait eu l'air fou avec ces nœuds papillons et ces gants blancs mais naturellement pas nous. Même Jake avait fière allure avec son tablier et son chapeau de cuistot.

- On s'en tiens à nos habitudes, Jasper, Edward, Nessie, vous faites le service, encore une fois pas plus de huit assiettes à la fois!!! Esmée tu t'occupes de la table d'honneur et du vin avec moi. Rose, Emmett vous êtes au bar, je sais que vous pouvez donner un bon spectacle en vous lançant des bouteilles et en mettant le feu de temps en temps, les gens adorent! Une petite chose seulement, Rose, apparemment certaines bouteilles ne s'ouvrent pas sans ouvre-bouteille et lorsque tu les ouvres sans brocher, c'est bizarre. Crois tu que tu peux les mémoriser et faire attention? Tante Rose leva les yeux au ciel en acceptant.

- Bella, Jacob, Carlisle vous êtes à la préparation de la nourriture et au montage des assiettes. Après le service nous allons tous mettre la main à la pâte pour laver la vaisselle, 600 couverts à laver et à ranger dans la camionnette devraient nous prendre moins de 10 minutes, après cela, Esmée, Carlisle, Edward, Bella, Jasper peuvent quitter. Rose et Emmett vous restez jusqu'à la fin, évidement, Nessie tu vas sortir le buffet de minuit avec Jacob et aider à ranger la salle. Je reste jusqu'à la fin avec vous parce que je suis maître d'hôtel. Des questions? Tout le monde connaissait son rôle et personne n'eut la moindre interrogation.

- Bella, les canapés sont prêts?

- Oui, ils sont au four. Le saumon fumé est au réfrigérateur, le punch est prêt, il ne reste qu'à ajouter la vodka à l'intérieur.

- Les mariés vont prendre des photos et Nessie et Jake vont passer à l'extérieur pour donner des verres de cocktail et des bouchées, Rose, Emmett vous allez avoir le temps de monter votre bar?

Les sourcils écarquillés des deux appelés furent suffisants pour qu'Alice laisse tomber sa question et prodigue de nouveaux ordres.

- Esmé, vient avec moi mettre les couvres chaises et allumer les bougies dans la salle, Edward et Jasper, vous allez asseoir les invités à leurs tables respectives, allez mémoriser le plan de salle, n'oubliez pas d'être charmants, je sais que vous en êtes capables. OK, c'est maintenant! Dit-elle en me mettant un plateau de pâté de foie de volaille au porto dans les mains et un plateau de flûtes à champagne dans celles de Jabob.

- Souriez tout le monde! ajouta-t-elle.

- Si ce n'était pas si payant, crois moi je ne ferais pas ce cirque à tous les weekends. Me chuchota Jacob à l'oreille alors que nous passions au travers des invités assemblés à l'extérieur sous des gazebo. Ces soirées étaient effectivement payantes pour nous, 50% des profits devaient nous être versés comme si le jeune couple que nous formions était une œuvre caritative. Les autres membres de la famille étaient déjà si fortunés qu'ils travaillaient simplement pour le plaisir. Ou pour faire plaisir à Alice et à Esmée.

- Prends ton mal en patience, nous sommes en mai, la saison des mariages débute à peine. lui chuchotais-je.

- Nous ce n'est rien, c'est du bel argent gagnée en écoutant de la musique et en se goinfrant, mais je me demande pourquoi le reste de la famille travaillent ici les samedis soirs?

- Tante Alice a horreur de travaillé avec des humains. Lui rappelais-je. Elle dit qu'ils décommandent à la dernière minute, ils sont malades, ou pire maladroits. Ils sont lents, ne se souviennent plus des tables qu'ils doivent servir, ne peuvent porter que 3 ou 4 assiettes à la fois et le pire dans tout cela c'est que lorsque qu'un humain travaille avec nous, tous doivent ralentir la cadence pour ne pas éveiller leurs soupçons. Dans la cuisine grand-père et maman doivent monter les assiettes à vitesse d'escargots et la même chose pour ranger. Elle a régler le problème en utilisant la parenté. Après tout huit vampires, un loup-garou et une mi-humaine, mi-vampire remplace bien une trentaine d'humains pour servir un mariage. Je m'interrompis, et me séparai de Jacob parce qu'un invité du mariage se dirigeait vers mes canapés la main tendue.

- Qu'avons-nous là? Le grand gaillard était presque qu'aussi grand que Jacob et était habillé pour la circonstance dans un complet noir.

- Du saumon fumé à l'aneth et celles-ci, foie de volaille au porto. je soutins son regard même si cela me mettais inconfortable.

Quelque chose dans son expression me rendait perplexe. Personne ne me dévorait des yeux ainsi, humain ou vampire. L'homme tendis sa grosse paluche et pris trois canapés du coup et les engloutis en quelques secondes, un sourire niais au visage il me demanda la bouche pleine si j'avais fait ses bouchées moi-même, une manière de faire la conversation j'imagine.

- En fait non, je sers uniquement, mais ces bouchées sont faites maison, ma mèr… en fait ma sœur les prépare.

Je répondis à sa question avec le plus d'entrain possible mais il ne sembla pas écouter ma réponse, comme si il s'en fichait. Pourquoi me poser la question alors? Son comportement me déstabilisait et je me retournai pour aller vers un autre groupe d'invités mais il me suivit.

- Alors ma jolie, à quelle heure tu finis ton quart de travail?

- Heuu… vers les trois heures du matin je suppose. Pourquoi me demandez-vous cela?

- Parce que j'ai une chambre ici, si ça te dis de venir me rejoindre plus tard… Il me fit un clin d'œil en s'éloignant.

Je restai figée, une trentaine de secondes (une éternité pour un vampire), je continuai ma tournée de petits fours et allai remplir mes plateaux dans la cuisinette. Si c'était ça se faire draguer, cela devait être une expérience agréable, pourquoi avais-je la nausée? Moi qui n'avais jamais eu la nausée de ma vie? Je tremblai tant l'inconfort de la situation était énorme pour ma non-expérience. Dans la cuisine, Carlisle et Isabella s'affairaient à enfourner des plateaux de légumes et volaille. Ma mère agrippa, sans mitaines, le dernier plateau de petits fours pour remplir mon plateau lorsqu'elle me vu.

- Ça ne va pas ma belle?

- Si, c'est juste qu'un abrutit m'a draguer un peu sauvagement, ça me fait drôle.

- Et bien, on peut dire qu'il a du goût! ricana t-elle. Puis, se ressaisissant, elle me questionna de nouveau : - Que t'a-t-il dit?

- Qu'il aimerait que j'aille le rejoindre à sa chambre en fin de soirée. chuchotais-je, mal à l'aise.

- Et bien il ne t'a pas courtisé très longtemps avant de passer aux choses sérieuses, et visiblement il n'était pas mignon pour que tu réagisses si mal. Le porc. Mais Renesmée, regardes toi, tu as l'air d'une jeune femme accomplie d'une vingtaine d'année. Les gens dans les mariages consomment de l'alcool et ils deviennent des crétins très confiants en leurs moyens. Ce n'est surement pas la dernière fois que ça t'arrives. Si il te reparle pointes lui ton petit ami baraqué et dis lui qu'il va avoir affaire à lui si il n'arrête pas. D'accord? Mais je ne crois pas que tu devrais en parler à Jacob, ni à ton père maintenant, on ne veut pas d'un carnage dans la salle de banquet avant que les mariés de découpent leurs gâteau n'est ce pas?

- Non, m'man. Lui parler m'avait fait du bien, et quand je pensais à mon nouveau pote, il m'inspirait plus de pitié qu'autre chose désormais.

Je m'en retournais à mon poste et ne le recroisais pas avant d'être allée desservir la soupe à sa table. Il me fit un autre clin d'œil et je n'y répondis même pas avec un sourire. Il allait bien se fatiguer. Le service allait bon train, la musique était entrainante, l'alcool coulait à flot, tante Rose et oncle Emmett étaient occupés au bar à faire virevolter les bouteilles et à refuser les verres qu'on leurs offraient.

En servant le thé et le café je sentis une main m'agripper une fesse, sachant pertinemment que Jacob ne m'aurait jamais agrippé de la sorte, je me retournai pour faire face à mon ami, dont j'ignorai le nom, mais qui donnait dans les familiarités depuis quelques heures. Je lui lançais mon regard le plus outré mais ça ne sembla pas l'arrêté.

- Dis donc, ma chérie, tu t'entraines ou quoi? Tu as les miches dures comme de la pierre! J'ai bien hâte de voir tout ce qui se cache là-dessous tout à l'heure.

J'aurais dû le gifler, j'aurais dû hurler qu'il était un gros dégueulasse et qu'il m'écœurait. Mais je restai pantoise complètement ahurie. C'est une main glacée qui me fit reculer sans que je vois à qui elle appartenait, j'entendis un grondement sourd et mon père se dressa entre l'étranger dégoutant et moi. Il chuchota à mon nouvel ami des menaces sanglantes que je n'avais jamais entendu dans la bouche de mon père. Le jeune homme recula en titubant visiblement impressionné, mais reprit bien vite ses esprits et se rendit à la salle de bain en ricanant de nervosité.

- Tu vas bien? Il ne t'a pas touché?

Voyant que je ne répondais pas, Edward regarda dans ma tête la scène complète. Un frisson de rage le parcourra lorsqu'il senti à travers moi ce que j'avais sentis quand le type avait posé ses sales pattes sur moi. Il me lâcha et fonça vers la salle de bain des hommes au fond de la salle. Je le rattrapais juste à temps.

- Papa NON! Penses à Alice et grand-mère! Elles vont perdre des contrats! Ce n'est pas nécessaire, c'est un pauvre type! Il ne m'approchera plus, il a compris, je t'assure!

Mon père ralentit le pas pour me regarder. Et je sentis que ce n'étais plus la rage qui le guidait. Il tendit la main vers ma figure.

- Quand tu parles comme cela, c'est ta mère que j'entends. Tu es trop mature et raisonnable pour ton âge Renesmée. Ce type mérite une correction.

- Qu'est ce qui se passe?

C'était la voix de Jacob qui interrompra notre discussion. Je suppliai mon père du regard de ne rien dire. Et Edward s'éloigna de nous en disant qu'il allait refaire du thé ou quelque chose dans le genre. Je me retournai vers Jacob et lui menti effrontément.

- Ah les parents, ils se croient toujours obligés de donner des conseils. Figures toi que je n'ai pas pris la tasse de café d'une femme du bon angle. C'est contre l'étiquette, bla bla bla.

- Et tu lui as dit qu'on était plus en 1750? Ce qu'il peut être vieux-jeu.

- Tu as bien raison. Ricanais-je nerveusement.