Je me réveillai dans le lit de Jacob. Sans Jacob.
Je me souvenais vaguement d'avoir hurlé alors qu'on avait décidé de me ramener à la maison. J'avais dit que j'étais supposée dormir chez Jacob et qu'on devait aller au parc d'attraction le lendemain. Qu'il allait venir me chercher à son retour. Mes parents avaient cédés et maintenant la famille tenait une réunion dans le salon. Ma mère était sur le pas de ma porte pour ne pas me lâcher des yeux.
Huit vampires dans son salon, Jacob n'allait pas apprécier l'odeur.
Je restai sans bouger pendant un moment pour écouter ce qui se décidait de l'autre côté du mur. Un avocat avait été engagé, il avait été recommandé par un ami d'oncle Jasper et de maman. Il devrait sortir Jacob d'affaire. Les clients de tante Alice allaient être remboursés et le service de traiteur Cullen allait fermer ses portes. C'est le ton de tante Rose qui m'inquiéta. Elle était en colère. Qu'elle fût en colère contre Jacob ne m'étonnais pas, mais c'était contre mon père et grand-père qu'elle semblait en avoir. Je captais des bribes de sifflements.
- On ne peut vivre comme cela. Notre condition nous rattrape toujours. On a bien essayé, mais nous sommes des vampires, on ne peut plus s'installer dans une ville, fonder des commerces, occuper des emplois et vivre au grand jour. Notre nom est sali maintenant. Cette histoire va nous poursuivre. Nous ne devrions pas vivre plus de quelques mois à un endroit.
- Rose, ça aurait pu arriver n'importe où. Mon père tentait de la raisonner.
- Oui, mais ici tous ces gens nous connaissent. Nous sommes Le docteur Cullen et sa femme, l'école de danse Cullen tenue par sa sœur, le service de traiteur Cullen, la librairie Cullen et ce garagiste qui traîne avec la fille Cullen. On ne peut appeler ça de la discrétion. réplica-t-elle du tac au tac.
- Ce n'est qu'un nom, on peut encore changer de vie. Sitôt Jacob sorti d'affaire on va repartir à zéro ailleurs. Carlisle avait repris son poste de chef de clan.
- Ce que je dis, c'est que peu importe à quel point on tente de s'intégrer, ça nous rattrape. On devrait se résigner et vivre en nomades. Ne pas trainer avec les humains. Ils ne nous causent que des ennuis.
- Si tu fais références à Jacob et à moi Rosalie, dis-le. La voix colérique de ma mère avait fendue l'air comme une gifle.
- Tu biens que non Bella! Je parlais des policiers, des avocats et du client que Nessie a dû… corriger… La voix de ma tante était plus prudente désormais.
- Une fois cette situation dernière nous, nous étudierons le meilleur plan pour mieux, ou pour ne pas s'intégrer à la société d'accord Rosalie? demanda Carlisle.
- C'est ça moquez vous! Moi je ne vivrai pas comme une simple humaine alors que je peux mener la vie que je veux! lança-t-elle avant de quitter la pièce.
- Elle n'a pas tort. Ce qu'on fait est contre nature, ça nous retombes forcément dessus. la voix de grand-mère s'élevait si rarement dans ces assemblée que cela sembla surprendre tout le monde.
- En plus de suivre les lois des vampires, il faut suivre celles des humains maintenant. Payer une caution pour un des nôtre et le faire trainer en justice. Oncle Jasper semblait avoir pris leurs partis.
- On pourrait régler ça à notre façon non? On sort Jacob de là en un tour de main et on disparait. Emmett avait sans doute déjà un plan en tête.
- Je ne pourrai plus pratiquer, vivre en fugitifs pendant des années, ce n'est pas une vie de rêve si vous voulez mon avis. dit Carlisle et Edward approuva.
Je sentis une petite bosse contre moi et découvrit Démon, inconscient de ce qui se tramait autour de lui qui était bien endormis en boule sur le lit. Le découvrir là, me fit penser à Jacob et les larmes se remirent à couler sur mes joues. C'est Jacob qui m'avait offert Démon. Le petit chien vint lécher mes larmes au fur et à mesure et réussis à me tirer un sourire. En un mouvement la main d'Isabella passait déjà dans mes cheveux.
- Comment vas-tu? me questionna-t-elle.
- Ça va, est ce qu'on sait quand Jacob va sortir?
- Pas encore, l'avocat doit être en train de le rencontrer en ce moment. On attend que le soleil se couche pour aller le voir. Une fois de plus notre cher Jake a trop peu réfléchit, mais il va s'en sortir, une fois de plus, ne t'en fais pas.
Les larmes reprirent de plus belles. Jacob avait passé toute la nuit en prison pour me protéger. Il devrait être au parc d'attraction aujourd'hui, pas en prison. Je devrais être en prison. Et bizarrement, ce n'était pas le visage de Jake que je voyais, c'était celui de l'homme que j'avais tué. Son gros visage rougeâtre était toujours là.
- Il faut que je prenne sa place. C'est moi qui dois aller en prison. Je dois payer ma dette à la société. Cet homme? Il avait une famille? Des enfants peut-être. J'ai tué un humain, il faut que je paye…
- Chut! Ne sois pas ridicule, il a essayé de t'agresser. Tu as bien fait de la repousser de toutes tes forces. Ton père et moi n'aurions pas dû te quitter, nous étions au courant que l'homme te tournais autour. C'est trop tard pour les regrets maintenant. Jacob est là où il veut être, il prend ta place parce qu'il ne veut surtout pas que tu sois là bas.
- Je ne veux pas qu'il prenne ma place, je mérite la prison. Pas lui. Il déteste être enfermé, il le fait depuis suffisamment longtemps pour moi, il doit courir dans les bois. Ma voix se cassa quand une nouvelle crise de sanglots me serra la gorge. J'éclatais encore.
Ma mère me berça pendant des heures avant que mon père vienne la prévenir que Carlisle et lui partait pour le poste de police pour rencontrer l'avocat et voir Jacob. Il déposa un baiser sur mon front, puis un sur celui de son épouse et quitta la chambre sans bruits. Je restai ainsi dans les bras de ma mère dans un état d'inconscience éveillé pendant un moment avant qu'elle ne me suggère d'avaler un morceau et de prendre une douche chaude. Ce que je fis sans rouspéter. J'étais trop épuisée pour lutter contre 6 vampires.
Mon père revint vers 22 heures. Il n'avait pas de bonnes nouvelles à annoncer. Jacob serait sans doute inculpé pour meurtre non-prémédité. Ils tenteraient de plaider la légitime défense, mais comme l'homme en habit avait traversé une volée de fenêtres, était tombé de deux étages et était décédé des conséquences de sa chute, le juge trouverais surement l'excuse de la légitime défense un peu faible. Un simple coup de poing aurait suffit. Après tout l'homme n'avait pas menacé personne et n'était pas armé.
Tous me regardais pour voir si j'allais encore réagir violement. Mais je n'éprouvais plus rien, on venait de me priver de la moitié de moi-même. L'être que j'aimais le plus au monde croupissait en prison et nous étions réunis pour discuter de l'attitude à adopter dans le futur. Tout cela me dépassait. Puis l'espoir revint!
- Papa! On peut payer sa caution dit! Il va revenir demain et on va pouvoir se sauver?
- Non, ma chérie, les autochtones de la carrure de Jacob, qui ont balancé un homme de deux-cents livres du haut du deuxième étage. On ne les remet pas en liberté contre une caution. Il devra attendre son procès.
- Dans combien de temps est son procès?
- Pas avant 2 ou 3 mois, l'avocat doit bien étudier la jurisprudence et la couronne doit préparer son plaidoyer. Évidement tu devras témoigner en sa faveur en expliquant ce que cet homme t'as dit avant que Jacob n'entre dans l'entrepôt. Je témoignerais aussi pour dire que je l'ai entendu te dires des grossièretés plus tôt dans la soirée.
- DES MOIS? Cette fois je hurlai, Jacob ne serait pas là, demain, ni la semaine prochaine, il allait passer des mois en prison par ma faute.
- Oncle Emmett, tu veux bien m'aider à le faire sortir? On détruit le mur et on s'en va? On peut dit? le questionnais-je.
Le frère de mon père interrogea celui-ci du regard avant de se tourner vers moi d'un air coupable.
- En fait Ness, je disais ça comme cela, on ne peut pas aider Jacob à sortir de prison et disparaitre. Interpol serait à nos trousses. Et on n'est pas très anonymes tous les dix.
- On va se séparer, deux par deux on est moins voyant non? NON? Pourquoi vous ne voulez pas l'aider? S'il avait un des vôtres la question ne se serait pas posée. Vous l'auriez sorti de là. On ne peut pas laisser Jacob dans son trou pendant des mois ou pire, des années! On ne peut pas! … On ne peut pas! Je n'avais jamais défié le clan comme cela, mais s'ils m'aimaient comme ils le disaient ils m'aideraient.
- Nessie, on va faire tout ce qui est en notre pouvoir pour le sortir de là je te jure! La voix désemparée de ma mère me fit grincer des dents. Quelle hypocrite celle là!
- Et si c'était papa, là bas? Si c'était lui qui était éloigné de toi par des barreaux. Tu resterais les bras croisés à attendre? Tu veux me faire accroire cela?
Isabella Cullen se mordait nerveusement la lèvre en cherchant du regard l'aide de son mari. Je tournai les talons et claquai la porte de la chambre de Jake pour ne plus voir leurs visages tous aussi hypocrites les uns que les autres. Ils étaient soulagés que Jake ne soit plus dans leurs pattes, ils avaient leur famille parfaite maintenant. Ce que je pouvais les haïr.
