Projets et conditions
La clochette retentit au moment où je poussai la porte de la librairie Cullen. Isabella était occupée à installé des guirlandes de Noël au plafond et Edward démêlait des kilomètres de lumières blanches. De gros flocons tombaient à l'extérieur et je dû me secouer en entrant. Il faisait une chaleur étouffante dans le magasin. Je me dirigeai vers le thermostat et le baissai de plusieurs degrés en réprimandant ma mère.
- Vingt degrés m'man, vingt degrés c'est suffisant, par grands froids comme cela, vingt-deux peut-être mais pas trente! Tu vas mettre le feu, avec toute la paperasse qui traîne ici dedans!
- Tu trouves qu'il fait trop chaud? Je ne sais plus moi! Je fonctionne encore en fahrenheit et puis je ne sens pas la chaleur alors…! Elle marmonnait avec du ruban rouge entre les dents et du sapinage autour du cou.
- Bon, tu voulais me voir? Tu veux que je commence par quoi? demandais-je en enlevant mon manteau.
- Je ne t'ai pas fait venir ici pour décorer, soit sans craintes! Ton père et moi voulions te parler.
J'avais déjà les yeux levés au ciel en entendant cela. Pourtant j'avais recommencé à chasser, à manger et à dormir la nuit au lieu du jour, que va-t-il falloir que je fasse encore?
- Nous avons reçu cette enveloppe ce matin, m'indiqua t'elle en me pointant le comptoir de la caisse enregistreuse.
Je dû tasser des boites de guirlandes et deux petits pères-noëls de tissus pour voir l'enveloppe en question.
Mon cœur fit 3 tours, quand je reconnu le sceau de l'université, l'une des universités les plus prestigieuse du pays. McGill Faculté des arts!
- Qu'est ce que ça veut dire? Je n'ai pas fait application. Et on avait parlé de Concordia?
- Ta mère et moi avons décidé qu'il fallait mieux t'occuper les esprits à quelque chose de constructif pendant au moins six ans et demi. Nous allons visiter des appartements demain toi et moi, ça te dit?
- Demain? Vous êtes d'accord? Vous voulez bien que j'aille un appartement à moi? En ville?
- Si ça te rends heureuse ma chérie, tes souhaits seront exhaussés. Il y a cependant une condition, spécifia ma mère toujours perchée sur son escabeau.
- Laquelle?
- Et bien comme les fêtes approchent, nous aimerions que tu rendes visite à Jacob parce que tu lui manques beaucoup.
- Je pensais déjà y aller de toute façon. Est-ce qu'on peut donner des cadeaux de Noël aux prisonniers, vous croyiez?
Mes parents n'avaient apparemment pas prévu que me convaincre serait si facile, même mon père qui avait pu suivre le fil de mes pensées semblait ahuri.
- Bien sûr! Ils vont fouiller la boîte, mais ils lui remettront. Tu penses à quelque chose?
- Pas vraiment encore, peut-être un jeu vidéo ou des livres. Je vais voir. Je vais aller le visiter la semaine prochaine. Tu veux bien me montrer le chemin? demandais-je en regardant mon père. Il dû lire dans mes pensées et deviner que je n'aurais pas la force de m'y rendre seule.
- Oui, j'irai avec toi. Son sourire était confiant et rassurant, pour m'indiquer que tout se passerait bien.
- Et bien deux bonnes choses de réglées! Vous allez visiter des logements demain matin, je crois que tu pourras prendre les meubles qui sont dans l'appartement de Jacob? demanda ma mère.
- Heu, et bien je croyais reprendre quelques meubles de ma chambre et acheter un peu de neuf aussi.
- Ça non jeune fille! Tu voulais sortir de ton cocon et vivre la vie d'étudiante et bien pas question que tu déménages dans un loft de 300 000 $. Tu vas te trouver un emploi d'étudiante et payer tes factures.
Mes parents se regardaient déjà complices croyant probablement que j'allais paniquer et ajourner mon départ à plus tard. Mais je me ressaisis et dit :
- Oui! Vous avez raison, je dois cesser d'être une enfant gâtée, et je vais me trouver un emploi! Tout cela, va être une expérience enrichissante! Je souriais à présent, pas de mon sourire sincère, celui là était parti pour toujours, mais j'envisageais mes nouveaux projets avec optimisme.
La mine déconfite de ma mère me confirma qu'elle avait réellement crue que je refuserais leur offre. Elle pensait encore me garder à la maison. Ni la visite à la prison, ni l'appartement miteux, ni l'emploi à temps partiel n'allait freiner mes désires de liberté.
J'attrapai une guirlande de sapinage, sautai sur le comptoir et commençai à l'installer aux quatre coins de la pièce. Sans m'en rendre compte, je me mis à chanter les cantiques de noël qui passaient à la radio.
Mes parents dans mon dos, échangeaient des regards inquiets, puis soulagés. J'étais sortie de ma léthargie. Sept mois plus tard.
