Propositions
La route aurait pris une quinzaine d'heures en voiture en prenant la A8, mais apparemment il valait mieux ne pas faire attendre nos hôtes, alors un vol en avion de trois heures s'imposait.
Il fallu attendre à l'aéroport que Bastien vienne nous chercher. Victor me caressait le dos pour tenter de me calmer, sans succès. J'étais terrorisée.
Un grand gaillard aux yeux noirs vint se poster devant nous accompagné de deux autres hommes en toge. À voir Ann, se jeter à son coup, je présumai qu'il s'agissait de Bastien. Les présentations furent vite faites et tous ensemble nous nous dirigeâmes vers le stationnement. Le soleil se levait à peine sur l'Italie et nous pûmes prendre place dans une fourgonnette noire sans trop se faire remarquer.
La route était encore longue jusqu'à Voltera. J'étais installée entre Ann et Victor sur la banquette du fond. Je n'avais plus adressé la parole à quiconque depuis les poignées de mains échangées à l'aéroport. Victor tenait ma main fermement dans la sienne, son contact était agréable et réussit un peu à dissiper la tension qui opprimait ma poitrine.
Je pensais au fait que j'avais en quelques sortes mis mon sort entre les mains de cet homme que je connaissais somme toute très peu et qui ne faisais partie de ma vie que depuis trois mois. C'était assez absurde, mais au fond de mon cœur je sentais que c'était la meilleure chose à faire. Victor m'avait promit que personne ne me ferait de mal et je l'avais cru. Maintenant, advienne que pourra!
La fourgonnette noire s'enfonça dans un stationnement souterrain et mon rythme cardiaque s'accéléra encore davantage. Comme si c'était possible. Victor lâcha ma main pour passer son bras autour de mes épaules et me serrer contre lui, il murmura à mon oreille de le suivre et de ne pas lâcher sa main une fois à l'extérieur de la voiture. Comme si j'avais envie d'aller explorer les lieux seule.
Notre petit groupe se dirigea vers une cage d'ascenseur. Je m'agrippais à la main de Victor aussi fort que possible alors que les étages s'affichaient au dessus de nos têtes. Sixième étage, les portes s'ouvrirent sur un hall d'entré désert. Les deux hommes en toges prirent la tête de notre expédition dans le dédale de couloirs, suivis d'Ann et de Bastien, Victor et moi fermions la marche.
Un de nos guides ouvrit une porte immense et nous laissa entrer dans une sorte de salle de bal où étaient disposés trois trônes sur un podium. Je ne pus m'empêcher de remarquer le travail architectural et les magnifiques tableaux qui ornaient les murs. Après tout, en tant qu'étudiante en art, je serais folle de fermer les yeux devant de telles merveilles.
- Attendez ici que le maître arrive. L'homme à la toge avait parlé pour la première fois.
- Bien. répondit Bastien
- Ça va? me chuchota Victor
- Bien sûr que non ça ne va pas, mais il ne va rien m'arriver puisque tu me l'as promis.
- Exact, il fait plaisir de te voir si docile.
- As-tu vu ce tableau? Tu crois que c'est un authentique Cimabue?
- Je doute très fort qu'il y ait des faux ici.
Une nouvelle porte s'ouvrit et un homme que je reconnu aussitôt de dirigea vers notre petit groupe en gambadant presque. Aro.
- Mes amis, bienvenue! Que vous êtes matinaux! Notre audience ne devait avoir lieu qu'à la tombée de la nuit. Enfin, il est bon de vous voir! Ann, ton mari est un homme charmant et je ne passe pas suffisamment de temps en sa compagnie. J'ai eu un plaisir fou à m'entretenir avec lui hier.
- C'est vrai qu'il gagne à être connu, dit Ann, le plus jovialement possible.
- J'espère que vous ne m'en voulez pas d'avoir écourté votre séjour en Espagne? C'est qu'en discutant avec Bastien j'ai eu envie de vous revoir, toi Ann et mon ami Victor aussi, et bien entendu, quand Bastien m'a dit que vous étiez en si charmante compagnie je n'ai pu résister. Approches ma chérie, ne sois pas timide, toi et moi sommes comme de vieux amis, n'est pas Renesmée?
- Bonjour Aro.
- Quelle magnifique jeune femme tu es devenue, toute la fraîcheur de ta magnifique maman derrière ces yeux bruns profonds et la détermination de ton père se retrouve partout sur ton joli visage.
- Merci. C'est gentil.
- Comment vont tes parents? Ils savent que tu es ici?
- En fait, non, ils l'ignorent, c'est que les plans ont changé si soudainement mais ils vont bien, ils sont avec Alice et Jasper en ce moment.
- Avec la talentueuse Alice, comme je souhaiterais qu'ils me visitent plus souvent, mais enfin, il est vrai que nous n'avons pas toujours eu des rapports cordiaux ta famille et moi. Je suis très heureux que tu ais accepté mon invitation, il est bon de te revoir.
- Je suis heureuse d'être venue moi aussi, mentis-je, tout sourire.
- Victor, mon cher, voilà des siècles que tu n'es pas passé par Voltera, je devrais prévenir Heidi que tu es ici, enfin si elle ne le sait pas déjà, les nouvelles circulent si vite entre ces murs.
- Merci de l'invitation Aro, répondit Victor toujours aussi poli.
- Invitation, ne soit pas sot! Vous n'avez pas besoin d'invitation pour venir me visiter, les journées peuvent être longues ici, il n'y a pas que le travail dans la vie! J'adore avoir des visiteurs.
- C'est noté, nous tâcherons de venir plus souvent.
- Voilà qui me semble être une jolie résolution, acquiesça Aro. Mes amis, je suis navré de ne pouvoir rester avec vous plus longtemps, ma femme m'attend. Peut-être aimeriez-vous vous reposer un peu avant notre entretien. Santiago va vous montrer vos appartements. Je vous revois ici après le coucher du soleil pour régler cette histoire de concession et de terrain. Renesmée ma chérie, tu restes avec nous? Mes frères seront heureux de te revoir aussi.
- En fait, nous avions prévu de rentrer à Montréal, je ne crois pas que nous allons nous éterniser Aro.
- Bien sûr mais tes amis ne peuvent quitter l'enseigne de l'immeuble avant le coucher du soleil, et un vol ça se reporte, dit-il ne me laissant pas le choix d'approuver.
- Merci Aro, à plus tard. Victor avait répondu à ma place de peur que je m'écroule à nouveau.
Ce Santiago était apparemment l'homme en toge qui nous escortait depuis l'aéroport. Il nous guida deux étages plus bas dans une aile qui devait être réservée aux invités puisqu'il ne semblait pas y avoir âme qui vive. Ann suivit Bastien dans une pièce et Santiago nous indiqua à Victor et à moi deux autres chambres dans le même couloir, puis il retourna sur ses pas.
Victor ouvrit la porte d'une des chambres et émit un sifflement d'admiration.
- Et bien, j'ignore s'ils reçoivent énormément d'humains ici, mais ils n'ont pas résigné sur le confort. Regarde ce lit immense et la salle de bain, ma chère vous êtes dans un hôtel cinq étoiles.
- Pourquoi nous faire patienter ainsi? Nous étions tous là, ce problème de terrains aurait put être rapidement réglé, non?
- Nessie, les Volturi adorent le décorum et les longues discussions qui ne mènent à rien. Je crois qu'ils s'ennuient et qu'ils créent eux-mêmes leur emploi.
- Pouvons-nous être impliqués, toi et moi dans cette histoire de propriétés?
- Je ne crois pas, mais dieu seul sait ce qu'ils vont trouver à nous reprocher. N'oublie pas que nous marchons sur des œufs en tout temps lorsque nous sommes ici. Nous ne devrions pas parler à voix haute, les murs ont des oreilles. Allez maintenant, tu tombes de fatigue, reposes toi, je vais venir te chercher au moment venu.
- Qu'est ce qui est arrivé au : je ne te lâcherai pas d'une semelle? Tu ne peux pas m'abandonner ici toute seule, je vais mourir d'angoisse sans toi.
- Je serai dans la pièce d'à côté si tu as besoin de moi. Tu vas dormir quelques heures, on va y retourner, jouer la comédie qu'on leurs a offerte ce matin et quitter tranquillement cette ville maudite. On est d'accord?
- Ne me laisses pas seule, je ne pourrai pas.
- OK, c'est bon, mais tu dors, moi je vais bien trouver un bouquin que je n'ai pas encore lu ici.
- Merci, Victor.
Je m'installai sur le lit géant par-dessus les couvertures et Victor vint s'étendre à côté de moi. Sans pouvoir m'en empêcher je me rapprochai de lui jusqu'à ce que nos corps soient carrément collés l'un sur l'autre. Je fermai les yeux pour essayer de dormir.
Ses doigts caressaient mon front et ma joue, ils se baladaient sur mes paupières closes. Il tenait un livre de sa main libre mais je me doutais qu'il ne regardait que mon visage.
Je sentais son souffle sur ma peau et une émotion très éloignée de la peur ou encore de la fatigue me submergea. J'entrouvris les paupières et croisai son regard tendre. Sans pouvoir m'en empêcher, j'approchai mon visage du sien et posai un baiser sur ses lèvres dures. Il resta de marbre une seconde et m'embrassa à son tour, me saisissant par la taille avec force. Nos lèvres se liaient l'une à l'autre et nos mains se cherchaient dans un élan désespéré complètement incontrôlable. Une telle passion émanait de nos deux corps qu'il était quasi impossible de mettre fin à notre étreinte. J'aurais pu continuer à l'embrasser ainsi pendant des heures tant ce contact apaisait toutes mes blessures et mes craintes.
C'est Victor qui mit fin à ce premier baiser. Il recula, s'assit d'un mouvement sec sur le lit et se prit la tête entre les mains.
- Nessie, qu'est ce que tu fais?
Sa question me fit mal au cœur. Il avait parlé d'un ton dur et distant. Quand même, je ne lui avais pas forcé la main!
- Je suis désolée, j'en ai eu envie, je n'ai pas pensé. Tu m'en veux?
- Non, je ne t'en veux pas, j'en ai eu envie moi aussi. Écoutes, je vais y aller, tu dois dormir et j'ai besoin de prendre l'air, je reviens te chercher pour l'entretien, si il y a quoi que ce soit, Ann est au bout du couloir.
Il ferma la porte derrière lui sans me laisser la chance de dire un mot.
Je me sentis frustré qu'il parte comme cela sans qu'on en parle.
En fait, je crois que j'étais plus frustrée qu'il me laisse seule avec ma culpabilité au lieu de la partager avec moi. Mais lui, il était libre, il n'avait pas à se sentir coupable. D'autant plus que c'était moi qui l'avait embrassé. En réalité, je ne voulais pas me retrouver seule avec mes démons. C'est là la vérité.
Qu'est ce que j'avais fait? Jacob souffrait tous les jours pour moi et je me précipitais dans les bras d'un autre homme. J'avais de quoi être fière de moi. S'il avait pu s'imprégner de quelqu'un d'autre aussi. Il n'aurait pas eu à souffrir ainsi.
Je me recroquevillai sur le lit pour m'apitoyer sur mon sort. J'écoutai le nouveau message de ma mère qui semblait toujours aussi inquiète mais je n'avais pas la force de la rappeler sans éclater en sanglots.
Une heure après le départ de Victor, je n'avais toujours pas trouvé le sommeil, je décidai que je devais m'excuser auprès de lui pour mon comportement. Je sortis de la chambre pour tenter de le trouver.
Je croisai quelques vampires qui me regardèrent avec un drôle d'air mais personne ne me posa la moindre question. Je continuai à déambulé dans les couloirs à sa recherche quand je perçus sa voix. Il était au bout du couloir en train de discuter dans un italien sans fautes, avec une superbe femme blonde. Je me cachai derrière un mur et tendis l'oreille pour entendre ce qu'ils disaient.
- Aro est très satisfait de toi. Tu nous l'as amené en avance, c'est parfait.
- Vous avez promis de ne lui faire aucun mal, c'était l'entente.
- L'entente tiens toujours, nous n'avons pas l'intention de lui faire du mal. Victor, Victor, toujours aussi sensible. Tu t'es attaché à elle?
- Je l'aime bien, c'est une brave petite, je ne veux pas qu'elle souffre inutilement.
- Pourquoi avoir accepté cette mission alors?
- Parce que je ne la connaissais pas et aussi parce que tu me l'as demandé.
Je fis volte face et me dirigeai le plus silencieusement possible vers ma chambre avant de me faire prendre à écouter aux portes.
Une fois rendu à destination, je m'affalai derrière la porte le souffle court et le coeur en miettes.
Une mission, je n'avais été qu'une mission.
Tout était faux. Ann, Victor, l'université, notre belle amitié, tout!
Je me retrouvais seule à Voltera, entourée d'ennemis et de traites. Vers qui pouvais-je me tourner? J'avais mentis à ma famille, ils ignoraient où j'étais et les prévenir n'aurait fait qu'aggraver les choses. Je ne voulais pas causer leurs pertes en plus de la mienne. Il fallait élaborer un plan.
Je devais pouvoir rentrer au Canada et ensuite j'irais tout raconter à mon père qui se chargerait probablement de Victor lui-même. Il me fallait un très bon plan si je voulais sortir d'ici vivante. Qu'allaient-ils faire de moi?
J'essuyai les larmes qui roulaient sur mes joues. Je me sentais ridicule d'avoir cru à leur mascarade si aveuglément, mais je n'avais pas le temps de me morfondre. Je me mis à réfléchir à différents scénarios pour sortir d'ici quand trois petits coups furent frappés à la porte.
J'ouvris la porte armée de ma toute nouvelle attitude et de tout mon courage.
Ann se tenait sur le pas de la porte, un air inquiet peignait son visage. Quels comédiens ceux là!
- Nessie, tu vas bien?
- Je n'arrive pas à dormir, j'ai bien hâte de me retrouver dans mon lit à Montréal.
- Tu as les yeux rougis? Tu as pleuré?
- Oui, Victor et moi nous sommes un peu brouillés, il est parti réfléchir.
- Il se passe quelque chose entre vous deux pas vrai? Elle avait l'air si sincère, j'eu soudain envie de lui cracher au visage.
- Peut-être, peut-être pas, de toute façon j'ai un copain qui m'adore et que j'adore et que je n'abandonnerai jamais.
- Heureuse de te voir aussi sûre de toi.
- Tout à fait, je n'ai qu'une envie, retourner à Montréal pour le voir le plus vite possible.
- Ne t'en fais pas, on repart ce soir.
- J'espère bien, bon, tu permets que je me refasse une beauté avant de retourner affronter le conseil?
- Bien sûr, à plus tard.
Je refermai la porte derrière elle et poussai un soupir de soulagement. Porter un masque n'allait pas être facile à long terme, mais c'était pour assurer ma survie, je n'avais pas le choix.
Je me rinçai le visage à l'eau très froide et brossait mes cheveux. Je n'avais pas mes valises, Victor avait loué un casier à l'aéroport pour nos effets, je n'avais que mon sac à main. J'envoyai un message texte à ma mère, lui disant que j'allais bien, que j'étais désolée de ne pouvoir l'appeler pour le moment, lui promettant de l'appeler aussi vite que possible, j'ajoutai un je t'aime énormément, embrasse papa pour moi. C'était le plus que je pouvais dire, un autre mot d'adieu lui aurait mis la puce à l'oreille.
Je devais m'occuper pour ne pas penser aux pires scénarios qui pouvaient m'attendre. Je replaçai le couvre lit qui avait été fripé par nos ébats à Victor et à moi. J'essayai de ne pas trop penser à cela non plus, j'avais suffisamment perdu la face comme cela dans la même journée sans avoir à me repasser les séquences en boucle dans ma tête.
Je pris le livre que Victor avait commencé à lire pour patienter. Bien évidement, je ne pus en lire la moindre ligne.
On cogna à la porte après plusieurs heures d'attente. Victor poussa la porte et entra dans la chambre.
- As-tu réussis à te reposer un peu?
- Un peu, oui. Toi? Ta balade s'est bien passée?
- Très bien merci. Écoutes Nessie…
- Non! C'est bon, je te dois des excuses, je n'aurais jamais dû te donner ce baiser, c'était une erreur. J'ai un fiancé et je l'aime, je suis désolée si je t'ai laissé croire le contraire. On oublie tout, tu es d'accord?
Les sourcils froncés d'agacement de Victor ne s'adoucirent pas quand il me répondit après plusieurs secondes d'hésitation.
- Oui, d'accord. On oublie tout. Tu es prête? Ils vont nous attendre.
- Je suis prête! Vivement qu'on en finisse.
La grande pièce était nettement plus animée à cette heure ci qu'elle ne l'était à l'aube. Plus d'une douzaine de vampires se tenaient aux quatre coins de la salle et les trois trônes étaient occupés lorsque Victor et moi croisâmes Ann et Bastien qui quittaient la salle.
- Où vont-ils? m'enquis-je auprès de Victor.
- Leur cause a été entendu, je crois qu'ils en sont venus à une entente à l'amiable comme il n'y a aucun mort. Ils doivent quitter le château maintenant.
- Vous avez eu une agréable journée dans notre demeure, mes amis? s'enquit Aro.
- Très agréable, oui. Répondit Victor à ma place
Pendant qu'Aro et Victor discutaient de tout et de rien, j'eu le temps de contempler à loisir les vampires présents dans la salle.
Il y avait Alec et Jane, que j'avais eu le malheur de rencontrer auparavant. Celle qui devait être Heidi, la femme magnifique avec qui j'avais vu Victor discuter, Démétri et Félix, mon nouvel ami Santiago et bien évidement Marcus, Caïus et Aro accompagnés de leurs gardes du corps personnels. Les autres vampires dont j'ignorais le nom devaient faire parti de la garde eux-aussi.
Il ne restait de non-Volturi dans l'immense salle, que Victor l'agent double et moi-même.
Plusieurs regards, dont celui d'Heidi, se posaient bien davantage sur moi que sur Victor ou encore son maître. Marcus nous observait Victor et moi avec un air soupçonneux. Caïus, quant à lui, me regardait toujours méchamment. J'avais hâte qu'on nous libère et ne comprenait toujours pas ce qu'ils comptaient faire de moi. Alors j'étais venue, ils me voyaient! Voyaient que je n'étais pas une enfant immortelle après tout. J'avais tué un humain oui, mais ce n'était pas eux qui m'en voudraient pour cela. Quoi d'autre pouvaient-ils me reprocher?
- Renesmée, nous avons quelques questions à te poser si cela ne t'embête pas trop. Premièrement, mon frère Caïus voulait savoir si tu grandissais encore.
- Non, il y deux ans que mon corps n'a pas changé, cependant mes cheveux et mes ongles poussent contrairement aux vampires. Grand-pè…. Enfin Carlisle crois que mes dents vont continuer à se déplacer aussi pour un temps, et que je pourrais muter au cours des siècles à venir selon les besoins de mon corps.
- Fascinant! Tout simplement fascinant! Et on m'a dit que tu dormais et que tu te nourrissais à la fois de sang et de nourriture? Est-ce exact?
- C'est vrai. Je dors en moyenne huit heures par jour des fois davantage et je peux manger ou boire tout ce qu'un humain mange ou bois, mais si je ne m'abreuve pas de sang aux trois semaines ou aux mois je deviens faible et je perds des capacités.
- Que veux-tu dire?
- Je vois et j'entends moins bien, je ne peux courir aussi rapidement, etc.
- Et tu bois du sang animal je présume?
- Oui, je n'ai pas retouché au sang humain depuis que j'étais tout bébé.
- As-tu pensé comment tes pouvoirs pourraient augmenter si tu t'en abreuvais?
- Non, cela m'est égal.
Un rire général secoua l'assemblée pendant quelques secondes. Visiblement j'avais causé l'hilarité.
- Crois-tu que tu te plairais ici parmi nous? Apparemment tu peux te déplacer au soleil, tu pourrais nous être grandement utile.
- Pardon? Vous me demandez si je souhaite joindre votre garde?
- C'est exact, j'aimerais beaucoup t'avoir auprès de nous, j'ai su que l'art t'intéressait, tu pourrais étudier avec les plus grand maître italiens, si tu le désirais.
- Et bien, c'est très flatteur Aro, mais j'étudie déjà à Montréal, ma fami… enfin, mon clan est là bas et mon fiancé aussi.
Un second murmure agita la salle. Jane parlait à son frère et Heidi se trémoussait sur place.
- Je ne te demande pas de répondre maintenant mais saches que mon offre tiendra toujours. Ce serait un honneur pour nous de t'avoir dans nos rangs.
- C'est gentil, je vais y penser. Merci
- Renesmée, ma très chère, nous attendons des invités qui devraient arriver demain. Je tiens à ce que tu les rencontre avec moi.
- Oh, je dois rester jusqu'à demain?
- J'apprécierais, que tu reste avec nous pour l'éternité tu peux en être certaine, mais il serait vraiment apprécié que tu reste au moins jusqu'à demain oui.
- Puis-je demander en quoi je pourrais vous être utile demain au juste?
- Je préfère te réserver la surprise. Tu devrais aller prendre une bonne nuit de sommeil et nous pourrions reparler de tout cela demain. Victor tu peux escorter notre amie à sa chambre s'il te plait.
- Bien entendu.
Victor appuya sa main sur le bas de mon dos pour me guider à nouveau dans ma chambre. Je n'y comprenais rien, pourquoi devais-je rester? Je savais bien que tenter de fuir était ridicule avec tous ces vampires et la nuit maintenant tombée. Que pouvaient-ils bien vouloir de moi?
Victor s'arrêta devant la porte de la chambre, tourna la poignée et fit mine de me devancer pour entrer à l'intérieur, je l'arrêtai de la main.
- Ça va merci, je peux me mettre au lit toute seule. Vas les rejoindre, ils vont…
Victor plaqua sa paume sur ma bouche pour m'empêcher de continuer, il me poussa à l'intérieur et murmura :
- Nessie, il faut que tu m'écoutes, c'est important!
