Disclaimer : Au risque de vous surprendre, je ne suis pas Katsura Hoshino et je n'ai donc aucun droit ni sur l'univers, ni sur les personnages, que je ne fais qu'emprunter à des fins non commerciales.
Genre :
Univers Alternatif
Rating (+ warnings) :
PG, rien à signaler (pour le prologue donc)
Note :
Ceci n'est que le prologue et j'en dis pas plus sur quoi que soit parce que sinon ça gâche tout…
Remerciements :
À Nelja, Kumiberry et Sesshy_girl pour les betalectures.

Necromancer Rhapsody
Prologue : Bienvenue à l'AMI

Ils étaient vingt-deux en plus de lui dans la salle ce matin-là pour suivre leur premier cours à l'AMI (Académie Magique Impériale). Kanda les avait rapidement comptés, plus par réflexe que par intérêt. Depuis son plus jeune âge, on lui avait appris à ne faire confiance à personne et à toujours assurer ses arrières, aussi vérifiait-il toujours qui était dans la même pièce que lui. Mais les autres élèves ne semblaient pas menaçants du tout ; ils étaient simplement excités et impatients de commencer.

Kanda soupira et s'installa un peu à l'écart de la masse de gamins agglutinés aussi près que possible du bureau professoral. Contrairement à eux, il était tout sauf ravi de se trouver là. On l'avait éduqué dans une optique offensive afin d'en faire un guerrier et il appréciait vraiment ce train de vie.

Et puis un jour tout avait changé. Un militaire haut gradé était venu dans le village avec une petite escorte et un homme étrange qui portait des vêtements de femme. On avait expliqué à Kanda, qui n'avait jamais quitté le village et pour qui faire de la magie signifiait préparer des onguents de soin et des potions contre les maladies, que l'armée, outre l'AM (Académie Militaire) que tous les enfants du village rejoignaient l'année de leurs seize ans, proposait une autre formation ; une formation magique.

L'homme en robe était un mage qui parcourait le pays à la recherche de nouveaux talents pour cette école spéciale. Il avait expliqué que son prédécesseur ne s'amusait généralement pas à venir jusque dans les villages reculés dont aucun sorcier n'était originaire, mais que lui croyait à la puissance du hasard et préférait donc vérifier même aux endroits où il était le plus improbable de rencontrer un futur mage. L'homme en robe avait donc l'intention de tester les enfants du village, lesquels étaient un peu réticents, mais allaient obéir par respect pour l'autorité, conformément à ce qu'on leur avait toujours enseigné.

L'un d'eux avait cependant demandé quelle était l'utilité d'un magicien sur un champ de bataille et l'homme en robe avait répondu par une démonstration, laquelle consistait à lancer une boule de feu. Tous les enfants – ainsi que les adultes présents – furent impressionnés, mais Kanda, qui avait déjà un sens aigu de l'honneur, estimait que recourir à ce genre de pratique était une horrible forme de tricherie, même si c'était très pratique et donc très tentant.

Il avait d'ailleurs fait part de son avis à voix haute et avait reçu un signe de tête approbateur de la part du maître d'armes, ce qui lui avait fait très plaisir, puisqu'il s'agissait d'un des hommes les plus respectés du village. Le mage, pour sa part, avait eu un petit sourire amusé et avait expliqué à Kanda que le camp d'en face ne se priverait pas d'utiliser ce genre de techniques, aussi le pays se devait-il d'avoir de bons sorciers dans son armée s'il voulait rivaliser. Il avait aussi argumenté que les mages pouvaient également être des soigneurs et donc qu'une bonne armée se devait de disposer de plusieurs types de soldats, même si, avait-il ajouté par souci de diplomatie, car il ne le pensait visiblement pas du tout, les fantassins en étaient les membres les plus importants.

Le mage avait ensuite donné à chaque enfant un verre d'un liquide transparent qui sentait affreusement mauvais et leur avait demandé de cracher dedans, expliquant que la potion changerait de couleur s'ils avaient un potentiel magique. Tous avaient obéi sans rechigner et presque tous les verres étaient restés transparents. Celui d'une fille un peu plus âgée que Kanda avait pris une très légère teinte verdâtre, ce qui avait fait piailler la fille et avait attiré tous les regards.

Le mage s'était approché et avait observé le verre, puis y avait ajouté quelques gouttes d'un autre liquide qui l'avait fait devenir devenir presque violet et avait hoché la tête avant de confesser à la fille qu'elle avait un fort potentiel de médium, mais que l'AMI n'avait pas encore de formation dans cette voie. Il lui avait par contre proposé de lui écrire une lettre de recommandation pour une bonne école privée à la capitale, si elle désirait poursuivre dans ce domaine. La fille avait semblé très déçue et le mage avait essayé d'argumenter que ce n'était pas une mauvaise chose d'aller en école privée.

Pendant ce temps, le liquide dans le verre de Kanda était devenu totalement noir, ce qui avait beaucoup inquiété le garçon car il ne voulait surtout pas avoir quelque lien que ce soit avec la magie. Il s'était demandé s'il pouvait le jeter discrètement, mais avait senti un regard sur lui et, levant les yeux, 'avait constaté que le maître d'armes s'était approché et avait très bien vu la couleur du liquide. Quelques instants plus tard, le mage les avait rejoins et eut l'air franchement surpris en voyant la couleur de la potion. Il s'était emparé du verre d'une main légèrement tremblante et l'avait exposé à la lumière pour s'assurer de sa coloration.

Les gens s'étaient rassemblés autour d'eux, curieux, et Kanda aurait bien voulu disparaître. Le liquide était toujours du même noir opaque et, lorsque le mage y avait ajouté quelques gouttes de son autre potion, une épaisse fumée violette s'en était dégagée. Kanda n'avait pas du tout aimé cela, car il ne connaissait que trop bien cette couleur ; à chaque fois qu'il y avait quelqu'un ou quelque chose de mort dans son champ de vision, un halo violet plus ou moins dense se trouvait autour… Il avait cessé d'en parler à qui que ce soit dès l'âge de six ans, lorsqu'il avait compris qu'il était le seul à les voir. Et là, le mage avait semblé ravi de voir cette fumée à la couleur de mauvaise augure. Il s'était tourné vers Kanda et, avec un immense sourire fier, lui avait annoncé qu'il était un nécromancien.

Par la suite, Kanda s'était senti très seul ; les autres jeunes de son village ne voulaient plus l'approcher, mais il ne pouvait pas leur en vouloir puisqu'il se dégoûtait lui-même. N'ayant néanmoins pas le choix, il passait son temps à s'entraîner au sabre et à méditer, car ces exercices routiniers étaient la seule chose qui lui permettait de se concentrer assez pour ne plus penser à l'horreur qu'il était.

Avant d'être envoyés à l'AM, les jeunes du village devaient prouver leurs capacités en passant un examen. S'ils le réussissaient, on leur tatouait sur la poitrine, à hauteur du cœur, un symbole qui représentait l'équilibre entre leur corps, leur esprit et leur arme. Il était en outre de coutume que le meilleur de la promotion se voie tatouer en plus un cercle presque complet autour de la syllabe symbolique, pour signifier son mérite. Les autres ne gagneraient ce second rang de décoration qu'en accomplissant un premier haut-fait au combat.

Le tatouage pouvait ainsi être, en théorie, agrandi de manière à couvrir finalement la totalité du corps d'un guerrier ; la légende disait que seul le fondateur du village avait réussi cet exploit, et, à une échelle plus réaliste, un villageois pouvait considérer sa vie comme réussie lorsque, comme le maître d'armes, il – ou elle, puisque les femmes du village avaient droit au même entraînement que les hommes – en arrivait au stade où tout le haut de son corps était tatoué.

Kanda avait passé l'examen avec les autres de son âge et s'était montré de loin le meilleur. Il avait toujours été très rapide et tous le savaient particulièrement doué au maniement du sabre, mais les mois d'entraînement intensif qu'il s'était imposés depuis la visite du mage avaient fait de lui un guerrier bien plus puissant que ceux de son âge. Au moment de l'examen, il pouvait rivaliser avec le maître d'armes en duel régulier au sabre, ce que certains hommes ayant fini leurs années de service à l'armée ne pouvaient toujours pas faire.

En conséquence, selon les traditions du village, il avait obtenu un troisième rang à son tatouage ; des lignes serpentant depuis le bord du cercle et dont les plus longues atteignaient le milieu de son épaule gauche. Les autres jeunes trouvaient cela injuste, car Kanda ne serait jamais un vrai guerrier, mais le maître d'armes leur fit remarquer que rien dans la voie du guerrier n'imposait l'appartenance à l'infanterie et que, si Kanda respectait les principes qu'on lui avait inculqués lorsqu'il pratiquait la magie, il serait un guerrier tout aussi valeureux qu'un général d'infanterie.

Ainsi, alors que ses frères et sœurs (tous étaient considérés comme une grande fratrie, puisque la moitié d'entre eux avait de toute façon perdu un ou deux parents dans la guerre incessante qui opposait le pays au royaume voisin) du village entraient ce jour-là à l'AM, Kanda se retrouvait à suivre son premier cours de nécromancie.

Comme les autres, il portait l'affreux uniforme des étudiants de l'AMI, à savoir une longue robe noire aux bordures dorées. La robe n'avait pas de manches, mais les élèves devaient porter des espèces de couvres-bras assortis. Pour reconnaître les différentes sections, chaque élève avait un pendentif qui pouvait s'incorporer à la robe. Celui-ci était fait de métal avec, au dos, les initiales de l'académie ; les armoiries y seraient gravées plus tard, au fur et à mesure qu'ils passaient les examens durant leurs cinq ans d'études.

Le pendentif s'ouvrait et, à l'intérieur, on avait gravé le nom et le visage de l'élève, laissant une place pour ajouter un commentaire du genre obtention d'une mention spéciale. L'avant du pendentif était une grosse pierre, dont la couleur indiquait la voie qu'étudiait son porteur ; dans le cas des futurs nécromanciens, elle était de cet affreux violet que Kanda haïssait tant.

À suivre…