Discalimer : Au risque de vous surprendre, je ne suis pas Katsura Hoshino et je n'ai donc aucun droit ni sur l'univers, ni sur les personnages, que je ne fais qu'emprunter à des fins non commerciales.
Genre : Univers Alternatif, retrouvailles émouvantes, pseudo-flashback et enfin un cours intéressant (ou pas !)
Rating (+ warnings) : PG-13, juste par principe, y a quand même un combat.
Note : Bon voilà, on commence à voir les gens qu'on devait voir… Je vais peut-être finir par arriver à faire ce que je veux de cette fic.
Remerciements : À Sesshy_girl pour la bétalecture.
Necromancer Rhapsody
chapitre II : Un ami à l'AMI
[Après un premier cours de nécromancie et une petite visite des lieux, où il a découvert les chimères et sympathisé avec leur gardien, Kanda se dirige vers son prochain cours…]
Le cours de l'après-midi était un cours commun à tous les premières années, ce qui, aux yeux de Kanda, constituait une perspective des plus affreuses. Néanmoins, l'idée de la branche enseignée lui remontait un peu le moral ; en effet, il s'agissait de combat "classique", autrement dit sans magie. L'AMI estimait que ses mages devaient avoir un minimum de capacités de défense, au cas où les ennemis trouveraient une parade à la magie. Les cours de combat avaient lieu dans le gymnase de l'AMI, un lieu qui, à part pour cela, était quasiment inutilisé.
Lorsqu'il était arrivé deux jours avant la rentrée, Kanda l'avait tout de suite repéré et avait pris l'habitude de s'y rendre pour deux petites heures d'entraînement matinal et trois heures de plus en début de soirée. Il était visiblement un des seuls à savoir où se trouvait le gymnase ; à part deux filles qui étaient venues courir une demi-heure ce matin-là – et avaient passé la moitié du temps à le regarder au lieu d'avancer – il n'y avait jamais croisé personne. Mais, cet après-midi-là, les choses étaient différentes, puisque tous les premières années avaient rendez-vous dans le gymnase pour apprendre à se défendre.
Lorsqu'il arriva devant la porte du vestiaire habituellement vide des hommes, Kanda entendit des rumeurs de conversations et cela suffit à le mettre de mauvaise humeur ; il allait encore devoir endurer ces gamins insouciants si fiers de leur saloperie de magie ! Se forçant à voir le côté positif de la chose, à savoir que c'était au moins pour un cours plaisant, il entra donc dans le vestiaire.
Les futurs mages présents ne firent pas spécialement attention à lui et il se dirigea vers le coin où il se changeait habituellement sans leur accorder plus qu'un regard ennuyé. Ce à quoi il ne s'attendait pas fut que, deux minutes plus tard, un petit lot d'étudiants de magie élémentaire entre dans le vestiaire avec parmi eux un garçon roux et borgne.
Kanda se figea une fraction de seconde en le voyant puis fit mine de ne pas l'avoir remarqué, mais sa présence n'avait pas échappé à l'autre, qui poussa ses camarades et courut vers lui pour se jeter littéralement dans ses bras. Kanda le repoussa sans ménagement mais cela n'entama pas le sourire du rouquin.
"Yuuuuuuu ! Qu'est-ce que tu fous là ?! C'est bien le dernier endroit où je pensais te voir !"
Kanda se contenta de grogner en réponse ; lui non plus ne pensait pas revoir le borgne ici. Pour tout dire, il ne pensait pas le revoir du tout…
Six ans plus tôt, ce gamin et son grand-père étaient arrivés dans son village, demandant humblement l'hospitalité. Le grand-père, un certain Bookman, écrivait un livre et voyageait pour récolter des informations, emmenant le petit avec lui pour parfaire son éducation. Le gamin, nommé Lavi, avait essayé de s'intégrer parmi les jeunes du village. Il n'avait rien trouvé de mieux à faire que d'essayer de devenir l'ami de Kanda. Celui-ci s'en voudrait d'ailleurs toujours de ne pas l'avoir décapité à la première occasion.
Lavi et Bookman étaient restés quelques mois au village puis étaient repartis. Mais ils étaient revenus ensuite cinq fois tous les deux, pour des périodes allant d'une semaine à six mois. Et Lavi était aussi revenu seul, deux fois, visiblement uniquement pour voir Kanda dont il s'était auto-proclamé le meilleur ami.
Le plus gros problème étant que cela était vrai ; Kanda n'avait jamais eu de véritable ami et cet imbécile de borgne souriant avait au moins le mérite d'être toujours là malgré les années. Il devait de plus admettre qu'il savait qu'il pouvait lui faire confiance, ce qui l'énervait bien entendu au plus haut point.
Cependant, Kanda pensait ne jamais revoir Lavi, pour la simple et bonne raison qu'il ne lui avait pas dit qu'il était nécromancien. Il avait trop honte de son statut de mage et, même s'il ne l'avouerait jamais, il ne voulait pas que le borgne le voie comme autre chose qu'un guerrier. Le retrouver ainsi à l'AMI le mettait donc dans une position délicate…
Lavi avait attrapé l'uniforme de Kanda pour en observer la pierre et son œil unique s'était ouvert en grand sous le coup de l'étonnement.
"Un nécro ? Toi ?!"
Il allait visiblement ajouter quelque chose mais le regard de Kanda l'en dissuada. Lavi avait toujours su ne pas dépasser les limites, même s'il aimait danser dessus, et il connaissait assez Yu pour comprendre que celui-ci détestait ses pouvoirs et se considérait comme une erreur de la nature ou quelque chose du genre. Il reposa donc l'uniforme avec l'intention de changer de sujet, mais son regard se posa alors sur le tatouage qui ornait le torse musclé de son ami.
Le symbole classique et le premier niveau supplémentaire, il s'y était attendu, sachant que Yu était de loin le meilleur de sa promotion, mais le deuxième niveau… L'avoir à son âge voulait dire qu'il aurait très facilement pu devenir au moins général dans l'armée impériale, au lieu de quoi il se retrouvait à étudier la magie. Lavi ne trouva rien à dire pour lui remonter le moral, sachant que c'était tout bonnement impossible. Il décida plutôt de parler d'autre chose, espérant que cela suffise au moins à relancer la discussion.
"Grand-père a fini par se poser… Il est bibliothécaire ici. Sa santé est plus ce qu'elle était donc il reste tranquillement au milieu des bouquins à écrire le sien. Il est pas aussi malheureux que ce qu'il veut bien faire croire."
Kanda se contenta de hausser les épaules, avalant l'information sans vraiment avoir l'air de s'en soucier et finissant de se changer. Lavi n'osa pas lui demander des nouvelles des autres du village, ni lui parler de son cas et de ce qu'il étudiait comme magie. Il préféra donc se changer en silence, espérant que le cours donnerait à Kanda une occasion de sourire.
Lorsqu'ils entrèrent dans le gymnase, le professeur n'était pas encore là et la plupart des élèves écoutaient un gros garçon qui faisait part haut et fort de son avis sur l'utilité du cours.
"Non mais franchement, apprendre à se battre ! On est des mages, ça sert à rien !"
Plusieurs élèves semblaient d'accord avec lui et hochaient la tête ; une fille ajouta même qu'ils seraient bien mieux à étudier la magie au lieu de perdre du temps. Le gros garçon continua sa théorie.
"Et ce qui m'a le plus fait rire, c'est la note sur l'horaire pour dire qu'on pouvait amener notre propre arme ! Comme si un mage avait besoin d'arme ! Le mage est sa propre arme !"
Cette théorie ne plaisait pas du tout à Kanda, qui avait commencé à dégainer son sabre et se serait fait une joie d'expliquer à cet imbécile grassouillet l'utilité d'une arme si Lavi ne l'avait pas retenu.
"Laisse tomber Yu, il en vaut pas la peine."
Kanda resta crispé mais écouta néanmoins son ami, sachant qu'il avait malheureusement raison ; décapiter cet ahuri ne lui vaudrait que de se retrouver en prison et ce n'était pas vraiment le but de sa vie.
Le gros garçon, inconscient des risques qu'il prenait en clamant à voix haute de telles théories, continuait sur sa lancée :
"Ils ont vraiment du blé à jeter par les fenêtres pour payer un type pour nous faire donner des coups de poings dans le vide. Moi franchement, j'ai pas l'intention de perdre mon temps avec…"
Il y eu un grand bruit de porte qui claque et tous les élèves se tournèrent vers le fond de la salle où ils virent un homme gigantesque et massif, tout de muscles visiblement. Il portait l'uniforme des généraux de l'armée et avait deux énormes lames accrochées sur le dos. Il s'avança dans la salle avec un regard noir à l'ensemble des élèves et approcha du gros garçon, lequel recula, n'ayant visiblement pas prévu d'avoir à assumer ses théories, encore moins face à un homme aussi imposant.
"Si cela peut vous rassurer, je considère ce cours comme totalement inutile," déclara l'homme d'un ton sec. Il avait une voix forte qui raisonnait dans le gymnase et ses paroles semblaient dégager une aversion à la limite de la haine pour son auditoire.
"Le gouvernement estime cependant que les mages doivent savoir se défendre… Raison pour laquelle je vais m'efforcer de vous inculquer les bases du véritable combat, que cela vous plaise ou non. Bien entendu aucun de vous n'a les couilles nécessaires pour le dire, mais je sais que vous vous demandez tous à quoi vous servira de savoir vous battre quand vous pouvez utiliser la magie. On m'a dit de faire des efforts sur la pédagogie, alors je vais vous l'expliquer… Si on envoie un assassin pour vous faire la peau, même en le voyant arriver, il aura le temps de vous tuer six fois avant que votre petite bouboule de feu soit prête. De plus, si le LARME est capable de créer des chimères résistantes à la magie, nul doute que nos ennemis aussi et que ce savoir vous rendra bientôt tous totalement inutiles."
L'homme recula un peu et observa ses élèves. Son petit discours sembla en énerver la plupart, mais aucun n'osait s'opposer à l'imposant professeur. Kanda pour sa part ne se sentait pas vraiment concerné, ne se considérant pas comme faisant partie de la masse des élèves magiciens.
"Aucun de vous ne tiendrait plus d'une demi-minute sur un champ de bataille, continua l'homme. Mais je n'ai pas la prétention de changer cela… Je sais que vous n'êtes que des larves trop fières de votre petite magie. Mais tant pis ! Ce cours est aussi obligatoire pour vous que pour moi et je n'hésiterai pas à faire rater leur année à ceux qui tireront au flan !"
Kanda émit un petit reniflement dédaigneux à ces paroles, imaginant sans peine que les exercices qu'on leur demanderait ne seraient même pas du niveau de son échauffement lors de son petit entraînement quotidien. Le professeur se tourna dans sa direction, visiblement décidé à lui faire ravaler son orgueil, mais avant qu'il ait pu déterminer avec certitude qui parmi le lot d'élèves avait osé se montrer arrogant de la sorte, garçon sortit du rang un peu plus loin. Il avait de courts cheveux bruns, était petit et semblait presque mal nourri tant il était maigre, mais son attitude était assez combative. Il s'approcha du professeur et le toisa, son attitude criant "tu me fais pas peur".
"Un problème, gamin ? interrogea l'homme.
– Ouais ! Et déjà c'est Devit ! D'ailleurs la moindre des choses avant d'insulter les gens serait de se présenter ! Ensuite le problème c'est que vous savez rien de nous et vous faites comme si on était des loques, mais je vous signale qu'y en a, comme moi, qui savent se battre ici !
– Ah vraiment ?"
Sans le moindre signe avant coureur, le professeur balança une droite au dénommé Devit. Celui-ci esquiva avec un immense sourire supérieur et, tout à sa joie d'avoir ainsi prouvé ses dires, ne fit pas attention au pied de l'homme avant de le recevoir dans l'estomac et d'aller ainsi s'écraser parmi ses camarades.
"Comme je le disais, même si certains croient connaître les rudiments de l'art subtil du combat, aucun de vous ne survivrait sur un champ de bataille, et aucun n'arriverait à emmener le moindre ennemi avec lui dans l'autre monde." Il détourna son regard de l'élève qui se relevait et poursuivit.
"Quant à ceux qui ne savent pas lire un horaire, ils apprendront que je suis le général Socalo. Et maintenant vous allez arrêter de glander et courir autour de cette sale pendant un quart d'heure pour vous échauffer, on verra ensuite ce qui arrivera à ceux qui ne seront pas morts d'épuisement."
Il se détourna, ayant visiblement l'intention d'aller se poser dans un coin pour regarder courir ses élèves, mais se ravisa et se tourna à nouveau vers eux.
"Ah, au fait, si l'un de vous a apporté une arme, qu'il vienne me la montrer maintenant. Et les autres, au pas de course, et plus vite que ça !"
La plupart des élèves, y compris le dénommé Devit et le gros garçon, commencèrent à courir sans grand entrain. Seul restèrent trois élèves, y compris Kanda. Socalo s'approcha d'abord de la seule fille du lot, qui n'avait visiblement pas d'arme sur elle. Il ne semblait pas apprécier la plaisanterie, mais elle devança sa question.
"Je fais du tir à l'arc. J'ai laissé mon arme au vestiaire car j'ai pensé que l'utiliser dans le gymnase serait difficile. Mais je voulais que vous soyez au courant de mes capacités, déclara-t-elle d'une traite, en fixant ses pieds.
– Intéressant, grogna Socalo bien qu'il n'ait pas l'air de le penser, je te préviendrai quand nous aborderons l'usage des armes à distance, pour l'instant tu n'as pas besoin de trimbaler ton jouet. Va courir avec les autres !"
La fille s'exécuta sans rechigner, préférant visiblement se fondre dans la masse que s'opposer au professeur.
Celui-ci s'approcha ensuite d'un garçon qui se tenait bien droit et avait à la ceinture une rapière de parade.
"Cette arme n'est pas à toi, constata Socalo.
– Elle appartenait à mon grand-père, mais il me l'a léguée, monsieur.
– Et tu sais t'en servir ?
– Je connais les bases de l'escrime, monsieur.
– Prouve-le alors…" déclara le général sur un ton qui montrait bien qu'il n'en croyait pas un mot. Il dégaina ses deux armes, les fit tourner dans ses mains et les joignit dans un claquement sec, créant ainsi une seule arme double. Il se mit en position de combat face à l'élève et celui-ci perdit de sa superbe, reculant même légèrement.
"Et bien alors, bats-toi !
– Mais… je… je ne… je ne connais que l'escrime de cour monsieur… Je saurais comment… m'opposer à…
– Si tu ne sais pas te servir de cette épée, ne la porte pas !" rugit alors Socalo. Il s'approcha de l'élève et sortit la rapière de son fourreau, la lançant plus loin. "L'escrime de cour ne sert à rien sur un champ de bataille ! Je ne veux plus jamais entendre parler de cette farce ! Est-ce que je me suis bien fait comprendre ?!"
L'élève acquiesça, s'empressa d'aller ramasser son arme, qu'il déposa vers la porte des vestiaires, et rejoignit la course des autres, bien que la plupart aient ralenti considérablement pour observer la scène.
Socalo se tourna alors vers Kanda et son regard se posa d'abord sur le tatouage qui dépassait de son débardeur, puis sur l'arme qu'il portait.
"Un guerrier du lotus ? déclara-t-il avec une certaine incrédulité. Et plutôt doué en prime… Je n'avais jamais eu d'élève de cette trempe…" Son ton frisait l'ironie et cela n'étonna guère Kanda, qui savait que bien des militaires n'appréciaient pas ceux de son village, car ils jalousaient leurs techniques hors du commun. "Et bien on va tout de suite voir si tu mérites tes décorations…"
Le général se mit en garde et Kanda dégaina son sabre. Les élèves cessèrent pour ainsi dire tous de courir pour observer le combat, mais celui-ci fut de très courte durée. En effet, le jeune homme attaqua une première fois, vif comme l'éclair, et Socalo para sans trop d'effort. Le jeune homme recula alors d'un pas et, alors que le général amorçait un coup de sa double lame, profita de l'ouverture pour l'approcher et lui infliger une blessure au côté. Puis, se trouvant à présent derrière son adversaire, il lui donna un grand coup de pied dans le genou et plaça la pointe son sabre sur sa gorge avant même que son professeur n'ait le temps de commencer un mouvement de défense.
Le général lâcha un juron et laissa tomber son imposante arme en signe d'acceptation de sa défaite. Kanda rangea alors son sabre et le salua puis attendit un commentaire. Socalo se releva et remit les lames sur son dos avant d'aboyer à l'intention du gros des élèves qu'ils avaient intérêt à se bouger s'ils ne voulaient pas courir tout le reste de la séance. Il se tourna ensuite vers Kanda.
"Je n'ai jamais aimé les techniques de ton village et c'est pas aujourd'hui que je vais changer d'avis. Mais je sais reconnaître de bons combattants quand j'en vois, et, même si vous avez des méthodes louches, je préfère largement ne pas vous avoir pour ennemis…"
Kanda apprécia la sincérité de la remarque mais ne répondit pas.
"Quoi qu'il en soit, continua le général, rien de ce que je tenterai d'apprendre à ces gamins ne te sera utile. Tu peux suivre le cours comme eux si ça t'amuse, mais si tu décides de passer mes leçons à t'entraîner à ta manière, ça me convient aussi, tant que tu prends pas trop de place."
Le jeune homme acquiesça et commença à s'éloigner pour s'adonner à une petite séance d'exercice du genre de celle qu'il faisait chaque matin, mais Socalo le héla alors qu'il n'avait fait que deux pas.
"Au fait, tu as un nom ?
– Kanda Yu," répondit-il en sachant que le général devait avoir un minimum de connaissance de son peuple et donc de leur habitude de placer leur nom avant leur prénom et de n'utiliser celui-ci que pour les personnes dont on était très proche. Il eut d'ailleurs bien vite la preuve de l'exactitude de son raisonnement, lorsque Socalo s'adressa à nouveau à tous les élèves.
"Écoutez-moi bande de larves ! Ce que vous venez de voir c'est la preuve qu'il existe des gens assez rapides pour vous couper en deux avant que vous réalisiez qu'on vous attaque. Ça prouve donc que vous avez besoin d'entraînement et de réflexes, et que même comme ça vous n'aurez aucune chance. Mais comme je suis gentil, je vous laisse une possibilité d'échapper à mon cours… Si l'un d'entre vous arrive un jour à vaincre Kanda dans un combat singulier, il aura le droit de sécher mon cours pour le reste de l'année."
Le général éclata ensuite de rire, considérant la chose comme totalement impossible, ce qui n'étonna pas Kanda, puisque lui même pensait la même chose. Il entreprit ensuite de commencer sa petite séquence d'entraînement sans plus se soucier des autres élèves et de leur professeur, lequel semblait regretter de ne pas avoir de fouet pour faire courir les apprentis magiciens plus vite.
Parmi les autres élèves, ceux qui n'étaient pas trop essoufflés pour parler échangeaient pour la plupart des commentaires sur le combat qui venait d'avoir lieu. Le dénommé Devit, notamment, semblait à la fois impressionné par la performance de Kanda et jaloux parce qu'il avait pu remettre en place le prof alors que lui s'était fait taper.
"Mais c'est qui ce gars ?! Y sort d'où ? Et c'est quoi un guerrier du lotus, déjà !?" râlait-il à voix haute.
Ce fut Lavi, courant non-loin, qui répondit à ses interrogations.
"Les guerriers du lotus sont les habitants d'un village tout à l'est du pays. Ils sont reconnus loin à la ronde pour leurs qualités en tant que combattants… Il est dit qu'un guerrier du lotus est treize fois plus difficile à tuer qu'un soldat normal et qu'il ne meure jamais seul. Autrement dit qu'en plus d'être ultra-balèze, il emporte systématiquement celui qui a la force de le tuer dans la mort. Ils ont des techniques de combats qu'ils sont les seuls à connaître et à maîtriser et leurs forgerons gardent le secret de la fabrication de leurs sabres. Mais la légende veut qu'ils soient forgés dans le souffle d'un dragon… Et pour avoir vécu quelques temps dans leur village, je peux te garantir que ça ne m'étonnerait même pas tant que ça si c'était vrai. Ces gens-là ne pensent pas comme toi… Ils ont une façon de voir le monde différente et c'est ce qui les rend si forts."
Les élèves alentours s'empressèrent de bombarder le roux de questions, réclamant détails et anecdotes, et celui-ci se serait fait une joie d'étaler son savoir si le général ne leur avait pas demander de se taire.
À la fin du cours, alors qu'il sortait des vestiaires après s'être douché, changé et avoir envoyé balader six imbéciles voulant se lier d'amitié avec lui, Kanda fut à nouveau alpagué par Lavi, qui l'avait pourtant déjà félicité pour sa victoire.
"Hey, Yu !
– Quoi encore ? grogna-t-il.
– Faut que je te présente des gens," déclara le roux.
Kanda se tourna vers le borgne pour voir que celui-ci était accompagné de Devit, le garçon famélique qui s'était fait remarquer en début de cours, et d'un autre élève, qui ressemblait beaucoup à Devit, à cela près qu'il semblait plus effacé et avait une longue tignasse blonde à la place de courts cheveux bruns.
"Voici Devit, et son jumeau, Jasdero. Les gars, Voilà Yu, les présenta le roux.
– C'est Kanda… Pour tout le monde, précisa l'intéressé avec un regard noir à Lavi. Et je vois pas pourquoi tu me présentes ces gens…
– Parce que ce sont des amis à moi, et que tu es aussi mon ami, donc vous serez amenés à vous côtoyer," expliqua le borgne.
Kanda soupira, lassé d'avance. À en juger par la tête des jumeaux, ceux-ci connaissaient l'imbécile roux depuis moins d'une heure et il venait de décider pour eux qu'ils étaient amis. Connaissant le phénomène, Kanda se surprit à compatir légèrement. Il n'eut cependant pas le loisir de réfléchir plus loin à la manière compulsive dont Lavi se faisait des amis, car le blond s'exprima :
"Dero pense que si on reste à discuter on sera en retard.
– Ah ouais c'est qu'y a cette histoire de conférence, râla son frère. On ferait mieux d'y aller, t'as raison."
Et il s'éloigna en tirant son frère par la main, suivit par Lavi, qui se ravisa, recula et poussa Kanda afin de le faire marcher devant lui pour s'assurer qu'il ne leur fausse pas compagnie. Bien qu'il fut tenté de s'esquiver, le jeune homme jugea préférable de rester à les écouter jacasser que de s'éloigner, sachant que Lavi se montrerait bien plus insupportable par la suite s'il le faisait.
Cheminant ainsi vers la salle de conférences où tous les élèves étaient conviés pour une théorie sur les avancées récentes des recherches du LARME, le roux entreprit de faire la discussion en parlant de son professeur principal, le Comte Millénaire, qui enseignait la magie élémentaire et dont tous auraient tôt ou tard à suivre les cours, puisque cette branche était commune à toutes les voies, même si certains, comme Lavi, étaient destinés à en faire leur spécialité.
Il enchaîna ensuite en questionnant Kanda sur son propre professeur principal, mais Devit le coupa pour parler du sien, aidé par Jasdero. La transition était presque trop brutale et Kanda, échangeant un coup d'œil avec Lavi, compris que le borgne avait lui aussi l'impression que les jumeaux ne voulaient surtout pas entendre parler de Cross.
Ils n'eurent cependant pas le temps de creuser la question car, alors que Jasdero décrivait, avec un enthousiasme enfantin qui arracha un sourire attendrit à son frère, la manière dont leur professeur – Tyki Mikk, spécialistes en invocations – avait fait apparaître une nuée de papillons, ils arrivèrent dans la salle de conférence.
À suivre…
NB : Au sujet du combat, ceux qui trouveraient à redire comme quoi c'est un peu minimaliste regardent trop de films. En effet, il n'y a que dans les grosses productions hollywoodiennes (et les jeux video) que les combats durent quatre heures en sautant sur un toit pour affronter six personnes d'une seule main avant de se suspendre à une corde pour redescendre sauver la belle en changeant huit fois d'arme dans le processus et en balançant des petites blagues au passage. De fait, je ne me base pas pour mes descriptions de combats sur les prouesses d'Errol Flynn, mais sur les dires d'un véritable maître d'armes. Lequel a expliqué qu'un duel réel, que ce soit dans l'Antiquité, au Moyen-Âge, à la Renaissance, ou aujourd'hui, ne dure que trois à sept secondes. Sachant cela, vous comprendrez sans doute mieux pourquoi Socalo n'oppose pas plus de résistance.
