Me revoilà avec un nouveau chapitre ! Je vous remercie pour vos reviews ! Elles m'ont donné beaucoup de courage, surtout qu'en ce moment, j'ai de moins en moins envie d'écrire, ne me demandez pas pourquoi é-è J'espère que cette suite vous plaira. Par contre ce chapitre est un peu ennuyeux... et plus court T.T Il ne se passe pas grand chose. Il sert plutôt à présenter une partie du monde dans lequel vivent les personnages... J'espère que ça ira quand même.

Merci beaucoup à Paracetamol pour la correction (câlin) ! Et à Ariani Lee pour avoir pointé un détail d'importance. x3 Peut-être que certains remarqueront la modification que j'ai apportée au physique des Al Bheds.

Disclaimer : Les personnages de cette fic ne m'appartiennent pas...

Bonne lecture ! ^^

Note : Si vous voyez des incohérences par rapport à l'époque à laquelle se passe l'histoire, n'y prêtez pas attention. J'invente mon propre monde, mes propres conventions. Rien ne nous en empêche :)


Alors que Roxas survolait les collines et les plaines, il sentit quelque chose lui chatouiller le cou. Il défit légèrement le col de son manteau, manquant de faire tomber Phœnix, qui s'était niché à l'intérieur.

« Oh, c'est toi. » dit-il en recueillant son petit animal dans le creux de ses mains.

Il vit alors son oisillon lui tourner le dos, sans un bruit.

« Tu es bien silencieux depuis qu'on a quitté la ville, dis moi... » pointa t-il en inclinant la tête sur le côté.

Phoenix resta silencieux, la tête toujours tournée vers l'horizon.

« Ne me dis pas que tu es en train de me faire une crise de jalousie, ou je n'y croirai pas. »

Le jeune chocobo se retourna vers lui, l'observant de ses grands yeux bleus avant de sauter sur son épaule pour se frotter énergiquement au cou de son jeune maître.

« Axel ne te remplacera jamais tu sais... » fit-il, amusé, sachant qu'il lui était impossible de comparer son nouvel ami à son petit chocobo. On ne pouvait pas comparer l'incomparable.

Axel...

Il se demandait encore s'il allait pouvoir le revoir. Ses paroles au sujet des Al Bheds l'avaient beaucoup intrigué, mais aussi blessé. Cependant, il lui était difficile de lui en vouloir, après l'expérience traumatisante que le prince avait vécue.

Plusieurs membres de sa famille s'étaient faits tuer par des humains...

Et Bizarrement, Roxas ne ressentait aucune rancœur. Il voulait juste que les choses changent.

Cependant la douleur était tout de même présente. Il ne pensait pas qu'il s'attacherait aussi vite au roux, et l'entendre dire de telles choses avait été comme un coup de dague en pleine poitrine. Lorsqu'il était avec lui, en haut de cette horloge, le jeune Al Bhed avait eut l'impression d'être en présence d'un ami de longue date, comme s'ils s'étaient toujours connus. Cela devait sûrement être dû au fait que le jeune prince semblait toujours avoir quelque chose à dire, il n'avait pas été difficile de faire la conversation, sauf au début. Oui, Roxas se sentait vraiment bien avec lui.

Même s'il ne savait pas s'ils se reverraient un jour...

Avant toute chose, il devait mettre plusieurs points au clair...


Le jeune blond termina son vol sur une grande vallée, tout près d'un cours d'eau. Une fois sur la terre ferme, Roxas ne prit pas la peine de dissimuler les ailes qu'il avait dans le dos. Il n'y avait personne pour le regarder, de plus, il était sur son territoire. Ou plutôt, le territoire que sa famille et les autres Al Bheds s'étaient approprié.

Le jeune flûtiste marcha jusqu'à la rivière et s'accroupit, observant son visage se refléter sur l'eau. Transformé, ses traits d'Al Bhed ressortaient nettement plus que lorsqu'il se mélangeait avec les humains. Le vert pâle mêlé à ses iris et les spirales de ses pupilles étaient très visibles.

Phœnix descendit de son épaule et s'élança en sautillant joyeusement en direction du village, à quelques distances de la petite rivière. Roxas le suivit en marchant, tout essayant de le surveiller. Il n'avait plus envie de parcourir toute la forêt à sa recherche comme toutes les fois où le jeune chocobo se perdait.

Son village se trouvait en réalité sur l'île du Destin, un îlot appartenant aux Terres Crépusculaires. Il était rare pour un habitant du royaume de s'y aventurer, car la Cité du Crépuscule et l'île étaient beaucoup trop éloignées l'une de l'autre. Cela n'était arrivé qu'une seule fois. Depuis, plus personne n'y avait remit les pieds.

Seuls les Al Bheds, par leur capacité à voler, pouvaient y avoir accès assez facilement. De ce fait ils décidèrent de s'y installer, étant ainsi à l'abri de toute hostilité à leur égard.

Personne n'était au courant qu'une grande partie de la communauté Al Bhed vivait sur cette petite île, pensant que tous ces êtres ailés avaient trouvé refuge dans certains quartiers mal fréquentés de la ville, et autres taudis.

Si jamais un humain découvrait leur village, ils seraient forcés de fuir. Mais Roxas savait que tout le monde préférait éviter une telle chose. Il leur avait déjà été dur de s'installer... quitter les Terres Crépusculaires ne serait que plus problématique pour eux. Cloud lui avait dit que la mauvaise réputation des Al Bheds s'était répandue aux autres royaumes, même si certains d'entre eux autorisaient la magie. Mais dans tout l'archipel, ils étaient considérés comme voleurs. S'ils devaient élire domicile ailleurs, le jeune blond était sûr qu'ils ne seraient pas les bienvenus.

Le petit Al Bhed poussa quelques branches d'arbres qui lui bloquaient le passage, et aperçut enfin le village dans son champ de vision.

Il faisait déjà presque nuit, et il semblait n'y avoir personne dehors.

Comprenant qu'il était en retard pour l'heure du dîner, Roxas s'élança en direction de sa maison, où toute sa famille devait l'attendre. Il aurait encore droit aux réprimandes de Cloud, il le sentait.

« Roxas. »

Le garçon sursauta.

Il se retourna lentement et déglutit lorsqu'il vit son grand frère, debout devant lui, le visage inexpressif.

« Oh... bonjour Cloud... » fit nerveusement Roxas, en se tortillant les doigts.

L'aîné des deux blonds garda les bras croisés, les yeux intensément fixés sur son petit frère, qui souhaitait s'enterrer six pieds sous terre pour ne pas subir la colère du jeune homme.

« Bonjour ? 'Bonsoir', tu veux plutôt dire, Roxas... » répondit Cloud.

« Haha... c'est vrai. »

« Ne ris pas. »

Le cadet se tut.

Roxas détestait quand l'ambiance était aussi tendue, presque palpable.

« Où étais-tu passé ? » demanda ensuite son frère, l'air toujours impassible.

Une excuse, vite !

« Dans la forêt. » babilla le petit blond, tout en regardant ses pieds.

Il y eut quelques secondes de silence, avant que Cloud n'ajoute :

« Et pour y faire quoi ? »

« Euh... » Roxas regarda sur le côté, attendant qu'une bonne excuse lui vienne à l'esprit. Puis il eut une idée lumineuse. Il ouvrit la sacoche accrochée à sa ceinture et en sortit quelques fruits. « Je suis allé les cueillir tout à l'heure ! »

Cloud lui prit l'un des fruits des mains et l'observa attentivement, avant de replonger ses pupilles dans celles de son petit frère.

« Des pommes... » murmura t-il.

« Exactement ! » fit fièrement le plus jeune, pensant être sorti d'affaire.

« Il n'y a pas de pommier dans cette forêt, Roxas. »

Le sourire du petit blond retomba.

« Ah... »

« Si ces pommes ne proviennent pas de la forêt, alors où as-tu bien pu les cueillir, petit frère ? » demanda Cloud. Roxas avait le pressentiment que son aîné connaissait déjà la réponse.

« Euh... »

Le jeune Al Bhed vit le plus grand soupirer et mettre ses mains sur ses hanches.

« Roxas... » fit-il, l'air exaspéré. « T'ai-je déjà dit que tu étais un très mauvais menteur ? »

« Souvent, en fait... » marmonna le cadet en se grattant la joue.

« Je ne plaisante pas, Roxas. Combien de fois t'ai-je déjà répété de ne pas aller en ville ? »

« Je n'étais pas en ville ! » se défendit le petit blond, sachant très bien qu'il s'agissait d'un mensonge de plus.

« Ah oui ? »

Son grand frère lui prit brusquement les poignets pour l'empêcher de se débattre et décrocha la sacoche du jeune blond de sa ceinture. Une fois qu'il l'eut entre les mains, il l'ouvrit et vida tout son contenu par terre. Un petit bouquet de fleurs et de nombreux sacs de munnies atterrirent au sol. Cloud ramassa l'un d'eux et le tendit à Roxas, qui cette fois ne savait pas quoi inventer pour duper son frère.

« Et ça ? Qu'est-ce que c'est ? »

« Des sacs de pommes de t- »

« Roxas, ne me prends pas pour un idiot ! Où as-tu eu cet argent ? »

« Quelque part... »

« Tu l'as encore volé, n'est-ce pas ? Tout comme ces pommes ? »

Outré par ces accusations, Roxas fronça les sourcils.

« N-non !! Pas cette fois ! » hurla t-il.

« Aha ! Donc tu avoues avoir quitté l'île ! »

« Oui ! Mais qu'est-ce que cela peut bien te faire, que je m'en aille ?! »

« Comment peux-tu encore me poser cette question ? »

« J'en ai assez de devoir rester ici toute la journée !! »

Cloud ne dit rien pendant un petit moment, puis il laissa s'échapper un léger soupir.

« Roxas... tu sais très bien que c'est pour ton bien que je t'interdis de te rendre en ville... »

« Qu'est-ce qui pourrait bien m'arriver... »

« Tu pourrais te faire arrêter, Roxas ! »

« Mais je fais attention à ne pas montrer mes ailes... » murmura le petit blond en baissant la tête.

« Faire attention ne suffit pas. On ne sait jamais ce qui peut se passer, tu sais... »

Roxas savait très bien que son frère cherchait à le protéger du danger. Mais il supportait de moins en moins d'être retenu de force sur son île. Il voulait plus de liberté. Il ressentait ce besoin de sortir, d'explorer et de mieux découvrir le monde dans lequel il vivait.

Cloud ramassa les quelques sacs de munnies au sol et prit la main de son petit frère pour le mener jusqu'à chez eux.

« Écoute, Roxas... » commença le plus grand, brisant ainsi le silence. Son cadet leva la tête pour le regarder. « Je sais très bien que tous ces objets ainsi que toute cette nourriture que tu dérobais sur le marché, tu les volais pour nous. »

« Mais alors- »

« Laisse-moi continuer. » le coupa t-il. « Mais tu sais qu'en faisant cela, tu risques de t'attirer encore plus de problèmes, et ces problèmes viendraient ensuite se répercuter sur nous. Si un jour tu te faisais attraper par des soldats, et qu'ils découvrent tes origines, on pourrait sûrement te demander de les conduire à ta famille. De cette manière, cela leur permettrait d'arrêter, de chasser, emprisonner, voire d'exécuter plus d'Al Bhed en une fois. J'espère que tu comprends où je veux en venir, au moins ? »

Le petit blond acquiesça et baissa honteusement la tête. Il n'avait jamais pensé que ses escapades en dehors de l'île pourraient causer des problèmes à sa famille et le reste de son entourage.

« Mais... il me suffira de mentir... et de les mener vers de fausses pistes... »

Cloud secoua la tête.

« Non... même si tu faisais ça, ils finiront par s'en rendre compte, pour te demander ensuite de ne pas leur mentir. Si par malheur tu refusais, ils pourraient être beaucoup plus persuasifs. J'ai entendu dire qu'ils avaient souvent recours à la torture avec leurs prisonniers. »

« Comment peux-tu savoir tout ça si tu n'es jamais allé en ville ? » demanda Roxas, à qui cela semblait plutôt étrange.

« Je ne vais pas te cacher que je m'y suis déjà rendu derrière votre dos. » avoua Cloud, aucunement gêné parce qu'il venait de révéler.

« Quoi ? Mais- »

« Parce que si je ne brise pas les règles de temps en temps, nous ne pourrions pas vivre. »

« Mais c'est bien pour cette raison que je suis sorti aujourd'hui ! J'ai ramené à manger et même de l'argent qui pourrait nous servir plus tard ! Moi qui pensais que toutes nos provisions nous avait été offertes par les autres Al Bheds... »

« Roxas... »

« C'est injuste... »

Le petit blond obligea son frère à lui lâcher la main et croisa les bras, une petite moue boudeuse aux lèvres.

Amusé par le comportement puéril de son jeune frère, l'aîné ébouriffa ses cheveux et posa ensuite ses deux mains sur les épaules du garçon, le forçant ainsi à le regarder.

« Roxas, il est de mon devoir de m'occuper de vous. Ce n'est pas ton rôle. Tu es encore beaucoup trop jeune pour avoir autant de responsabilités. J'ai moins de chance que toi de me faire arrêter par les soldats. »

« Mais j'ai seize ans ! Je pense que je suis assez grand pour m'occuper de moi... » lâcha son petit frère en détournant le regard.

« Et bien, moi je ne pense pas. Maintenant on rentre, on mange et on va se coucher. Fin de l'histoire. » répondit fermement Cloud.

Les deux frères firent le reste du trajet en silence, l'aîné l'air impassible, le cadet une petite moue aux lèvres, toujours aussi mécontent de ne pas être parvenu à avoir le dernier mot.

Quand ils pénétrèrent dans le village, Roxas nota qu'il n'y avait plus personne dehors. Toutes les tentes étaient fermées et aucune fumée ne s'en dégageait, lui faisant deviner que l'heure du repas était passée depuis un bon moment et que tout le monde était allé se coucher. Seule leur maison était encore éclairée.

Une fois arrivés chez eux, Roxas referma leur tente , tandis que Cloud se dirigeait déjà vers le coin du feu pour embrasser son amante.

« Roxas ! Da juemà ahveh !! »

Avant que le jeune blond ne puisse s'arrêter pour retirer sa cape, il se retrouva plaqué au sol par une jeune fille blonde, qui le serrait contre elle comme on enlacerait un ours en peluche.

« Bonsoir à toi aussi, Rikku. »

Sa cousine ne lui répondit pas et continua d'étreindre le petit blond au sol, dont la respiration commençait être laborieuse.

« Rikku, tu m'étouffes. » parvint-il à dire en tentant de se redresser.

« Je sais, Roxas. Je sais. » répondit-elle avec un sourire béat aux lèvres. « Mais dis-moi plutôt, tu m'as rapporté quelque chose ? Un cadeau ? Montre-moi tout de suite ! » cria t-elle en le secouant.

Roxas grimaça. Rikku était la seule personne de sa famille qu'il prévenait lors de ses escapades en dehors de l'île. Elle promettait toujours de ne rien révéler si son cousin lui rapportait quelque chose de l'extérieur.

Il avait complètement oublié.

Roxas se gratta la nuque et rit avec nervosité.

« Haha... Rikku tu vas rire mais en fait... »

Voyant l'air embarrassé de son cousin, l'enthousiasme de la jeune fille disparut progressivement.

« Haaan... ne me dis pas que tu n'y as pas pensé... tu m'avais pourtant promis ! Eteud ! » se morfondit-elle en baissant la tête. Elle releva les yeux et sourit malicieusement. « Puisque c'est comme ça, je préviendrai Cloud à chaque fois que tu décideras de t'enfuir. »

Elle lui tira la langue et partit s'asseoir pour manger.

Roxas haussa les épaules et se releva, sachant que Rikku ne mettait jamais ses menaces à exécution. Ils étaient beaucoup trop complices.

En s'approchant du feu au centre de leur tente, Roxas trouva une jeune femme aux longs cheveux bruns, attachés par un ruban rose. Elle fredonnait une douce mélodie alors qu'elle tournait doucement la cuillère dans la marmite contenant la soupe qu'elle avait préparée. Sentant une présence, la jeune personne se retourna lentement et afficha un sourire dés qu'elle vit Roxas sagement assis, attendant que le repas soit prêt.

« Te voilà enfin. » Elle tapa sa cuillère en bois contre le rebord de sa marmite, et retira son tablier. « Un peu plus et nous aurions dîné sans toi. »

« Désolé, Aerith. » s'excusa le petit blond en s'asseyant pour manger. « J'étais un peu... occupé. »

« Était-ce si important et intéressant pour t'empêcher de rentrer à temps ? »

Intéressant ?

Il s'était fait attaqué par un criminel pour ensuite être accusé d'agression à tort (il faudra d'ailleurs qu'il pense à réprimander Phœnix). Ce n'était pas particulièrement intéressant, ni même plaisant.

Mais cela lui avait permis de rencontrer Axel.

« Oui... c'était important. » répondit-il en souriant légèrement.

« Hm. » Aerith posa la grande marmite entre eux, et s'installa en face de Roxas, ses bras croisés sur sa fine poitrine. « Cela te dérangerait de me parler de ce que tu as vu en ville ? »

Le petit blond s'enfonça un peu plus dans sa chaise, ne sachant pas s'il devait raconter tout ce qui lui était arrivé à la Cité du Crépuscule. S'il révélait à sa famille qu'il était entré en contact avec un humain, un membre de la famille royale qui plus est, il savait déjà que Cloud ne le lui pardonnerait jamais.

« Tu... tu me promets que tu ne répéteras rien à Cloud ? » demanda Roxas l'air incertain.

« Tu sais bien que s'il s'agit de quelque chose de grave, je n'aurai pas d'autre choix que de lui en parler. » soupira Aerith.

« Ce n'est pas grave, à proprement parler. Mais... en fait...j'ai rencontré quelqu'un. »

« Autre qu'Esméralda ? »

Le garçon acquiesça. La jeune femme se leva alors et vint s'asseoir à côté de Roxas, puis passa un bras autour de son épaule pour le rapprocher d'elle.

« De cette manière, personne n'entendra notre conversation. »

Le petit blond lui sourit, heureux que la bien-aimée de son frère soit aussi compréhensive. Le jeune Al Bhed se tritura les doigts en balançant ses jambes d'avant en arrière sur sa chaise. Il ne savait pas par où commencer.

« En fait... j'avais l'intention de présenter un petit numéro dans le but de gagner un peu d'argent pour nourrir la famille et le reste du village. Mais je me suis fait attaqué par quelqu'un, qui a ensuite dit à des soldats qui passaient par là que c'était moi qui l'avait agressé... Phoenix... » Il lança un regard noir à son animal de compagnie debout sur la table, qui cligna des yeux innocemment. « Phoenix a eu la mauvaise idée d'invoquer les oiseaux comme je le lui ai appris... »

Aerith fronça les sourcils.

« Tu n'aurais pas dû apprendre une telle chose à un chocobo aussi jeune. »

« Je sais ! » se défendit Roxas. « Mais il a fait cela pour me protéger, et je ne sais pas dans quel état je serais rentré s'il ne m'avait pas aidé. Le seul problème, c'est que les soldats ont deviné qu'il s'agissait de magie noire... et m'ont arrêté. »

« Roxas... »

« Oui, c'était encore une mauvaise idée de sortir en ville... mais je ne supporte plus d'être enfermé ici tout le temps. C'est plus fort que moi... et puis Cloud le fait bien, lui. »

« Pardon ? » Aerith eut l'air surprise au nom de son amant.

« Oh ? Il ne t'a rien dit ? »

La jeune femme secoua la tête, confuse, puis sa mine se renfrogna.

« Je vais devoir avoir une petite discussion avec lui. »

Roxas eut un sourire en coin. Aerith détestait qu'on lui cache quoi que ce soit, tout comme elle ne supportait pas le fait que Cloud fasse des choses derrière son dos. Son grand frère aurait à subir la colère de la jeune femme. Le petit blond jubilait intérieurement.

« Mais je t'en prie, continue. »

« Quand les soldats m'ont arrêté, je ne savais absolument pas quoi faire... puis il est arrivé... » annonça Roxas en souriant tendrement.

« Il ? »

« Oui. » Le plus jeune Al Bhed ferma doucement les yeux. « Il est venu m'aider alors que les soldats étaient sur le point de m'emmener avec eux. »

« Mais... comment a t-il fait pour les convaincre ? Ces soldats ne sont pas du genre à se laisser faire d'habitude. »

Roxas se gratta la joue, se demandant s'il était vraiment bon de révéler l'identité d'Axel.

« En fait... ce n'est pas important. »

Roxas décida que cette conversation était close et commença à manger sa soupe, comme si la discussion n'avait jamais eu lieu. Cependant, Aerith n'était pas satisfaite. Elle lui prit des mains sa cuillère en bois et éloigna son bol de soupe.

« Tu ne mangeras pas avant de m'avoir dit ce que tu me caches. » grogna t-elle, l'air sévère.

« Mais- »

« Pas de mais qui tienne. »

S'avouant vaincu, Roxas soupira et baissa la tête.

« En fait... il lui a suffit de leur ordonner de s'éloigner pour qu'ils me laissent tranquille. »

« Oh ? C'est curieux. » fit Aerith, une main sur son menton. « Normalement, seuls les membres de la famille royale possèdent le pouvoir de les faire plier... »

Le petit Al Bhed resta muet quelques instants, et reporta son regard sur ses genoux.

A ce moment là, Aerith comprit.

« Oh, Roxas... »


« Axel, lève-toi. »

Xion attendait devant le lit du prince, ballet à la main. Il avait été ordonné à tous les serviteurs et servantes du château de nettoyer les chambres. Mais la jeune fille ne se voyait pas en train de balayer en présence du roux, à qui elle risquerait d'envoyer toute la poussière. Elle tapa le bout du manche de son balais contre le sol, espérant que le bruit parvienne à réveiller le prince, cependant, ce dernier ne s'enfonça que plus dans ses couvertures.

Elle décida donc d'avoir recours à la manière forte. Elle lâcha son outil ménager par terre, et s'avança à pas de loup en direction du prince endormi. Puis elle empoigna deux pans de couvertures et les retira du lit avec force, réveillant brusquement Axel, qui finit le postérieur contre le tapis.

« Xion ! Qu'est-ce qui te prend ?! Tu aurais pu t'y prendre d'une autre façon ! » hurla le rouquin en se massant les fesses.

« Tu es vraiment culotté ! J'essaye de te réveiller depuis un bon moment déjà ! »

Elle ramassa son balais et tapota la tête de son ami avec.

« Allez, habille-toi et sors de ta chambre. » dit-elle, menaçant de le frapper plus fort s'il n'obéissait pas.

« Depuis quand une servante donne-t-elle des ordres à un prince ? »

Le jeune homme fut royalement ignoré quand Xion se dirigea vers la fenêtre et l'ouvrit, sans même lui adresser un mot. Axel poussa une exclamation de surprise quand l'air frais du dehors s'engouffra dans sa chambre et entra en contact avec son corps dénudé

« Ferme la fenêtre ! » cria t-il en frissonnant, tentant vainement de se réchauffer en frottant ses bras nus.

« Il faut bien que j'aère un peu. »

« Dis tout de suite que je sens mauvais. »

« Si cela te gêne, je ne le dis pas. »

« ... »

« Va te laver et sors. Il faut que je nettoie ta chambre. »

Bien que disposé à retourner dans son lit, le prince décida d'être raisonnable et se leva péniblement, en pestant contre sa jeune amie qui, de son côté, commençait le ménage.


Une fois lavé et habillé, Axel sortit de sa chambre, laissant Xion vaquer à ses occupations de servante. Il fut surpris de trouver un garde posté devant sa porte, somnolant. Le prince fronça les sourcils. Ses parents avaient commencé à le surveiller constamment depuis un certain temps. Ils ne supportaient plus les disparitions intempestives du jeune homme lorsque celui-ci souhaitait sortir en ville. Même si le rouquin ne mettait jamais le roi et la reine au courant de ses sorties imprévues, il se doutait que ses parents savaient qu'il était parti. Axel désirait juste ne pas être retrouvé et forcé de rentrer au château par toute une escorte. A dix-huit ans, Il était suffisamment mature et autonome pour s'en sortir seul, bon sang !

N'appréciant pas spécialement d'avoir un garde à moitié endormi devant sa porte, le prince claqua des doigts, faisant sursauter l'homme en armure, qui écarquilla les yeux lorsqu'il vit le prince.

« Que me voulez-vous ? » demanda le rouquin, en croisant les bras.

« Toutes mes excuses ! » s'excusa l'homme, s'en voulant de s'être endormi devant la chambre du prince. Il fit une rapide révérence puis se reprit. « Le Roi m'a ordonné de venir vous chercher pour vous escorter jusqu'à lui. »

Axel étouffa un grognement de désapprobation. Il se demandait ce qui pouvait bien encore le priver de sa matinée. Le jeune prince se résigna et suivit le garde en direction de la salle du trône. Ils descendirent un long escalier en colimaçon et atteignirent une immense porte dorée.

La salle du trône était calme et spacieuse. Le Roi Éric et la Reine Ariel s'y trouvaient tout au fond, en compagnie d'une autre personne. Derrière eux, les serviteurs avaient un genou au sol, la tête légèrement baissée, montrant leur respect à leur souverain.

« Vous désiriez me voir ? » demanda poliment le prince en grimaçant intérieurement. Encore des formalités, qu'est-ce qu'il pouvait les détester !

« C'est exact. » fit la voix grave et forte de son père. « Regarde qui est venu nous voir aujourd'hui. »

Le Roi demanda à la jeune personne à ses côtés de faire face au roux, ce qu'elle fit sans hésiter.

Il s'agissait d'un jeune homme aux longs cheveux bleus, de l'âge du prince, élégamment vêtu, comme seuls pouvaient se le permettre les fils de membres de la Haute Noblesse. Son visage bien sculpté était marqué par une cicatrice en forme de croix, et ses oreilles étaient étrangement taillées en pointe.

« Saïx. » le salua Axel, qui n'était pas particulièrement ravi de le voir.

Ce n'était pas qu'il méprisait le jeune homme, il ne le connaissait pas suffisamment pour cela. Malheureusement, son père s'était donné le droit de choisir les amis de son fils parmi la noblesse, en fonction de ses propres préférences, sans demander l'avis du prince. Tous ses 'amis' étaient choisis par ses parents, et ce contre son gré. Saïx et lui ne se voyaient que trop rarement pour vraiment faire connaissance, mais le peu de temps qu'il avait passé à ses côtés lui avait permis de se faire une opinion sur le jeune homme. Il n'était pas le genre de personnes qu'Axel souhaitait avoir pour amis, même s'il plaisait à son père.

« Que me vaut l'honneur de votre visite ? » demanda ensuite le prince, qui voulait en finir rapidement.

« Je t'en prie, tu peux me tutoyer. Je sais très bien que tu détestes les formalités, Axel. » répondit le jeune homme en souriant.

Seulement quand je m'adresse aux gens que j'apprécie. Ne parle pas comme si nous étions 'amis.'

« Et donc ? Pourquoi voulais-tu me voir ? » Urgh...

Saïx parut surpris par la question, mais garda son sourire, qu'Axel savait faux et forcé. Il voulait juste faire bonne impression devant le Roi. Il pourrait ainsi obtenir des faveurs supplémentaires. Comme s'il n'en avait pas assez en tant que noble !

« Mais voyons, Axel. N'est-ce pas évident ? » reprit le jeune homme en inclinant la tête sur le côté.

Parce que nous sommes amis ? Pensa Axel avec une grimace de dégoût qu'il tenta de dissimuler.

« Non ce n'est pas évident. Maintenant, si vous voulez bien m'excuser, j'ai d'autres choses à faire. Mon instructeur ne devrait plus tarder à arriver. »

Avant qu'on ne puisse l'arrêter, le prince se dirigea vers la porte, sans même se retourner.

« Axel ! » cria sa mère qui s'apprêtait à rejoindre son fils. Mais son époux mit une main sur l'épaule de la jeune femme pour la stopper.

« Il ne pourra pas aller bien loin. » dit-il en fixant la porte derrière laquelle le dauphin avait disparu.

« Veuillez excuser le prince. » dit la Reine, vraiment confuse, à l'attention de Saïx, qui ne paraissait absolument pas gêné par le comportement du roux. Le jeune noble fut quelque peu choqué de voir la Reine en personne s'excuser auprès de lui.

« Ce n'est rien, ne vous en faites pas, ma Reine. »

La rousse acquiesça et baissa la tête en croisant ses bras derrière son dos. La Reine Ariel ne pouvait pas cacher son embarras, et surtout son inquiétude. Elle avait remarqué, depuis un certain temps, que leur fils devenait de plus en plus distant vis-à-vis d'eux. Elle en avait discuté avec le Roi. La jeune reine pensait que leur fils avait besoin de compagnie et d'affection. C'était pour cette raison qu'Éric avait fait appel à Saïx. Cependant, il semblait que le Roi n'eut pas vraiment choisi la bonne personne...

La jeune femme mit une main sur sa joue, soucieuse. Malgré cet effort, la situation n'avait pas l'air de s'améliorer. Que devaient-ils faire pour que leur fils soit enfin heureux...?


Xion sursauta lorsqu'elle entendit la porte de la chambre claquer contre le mur, révélant Axel, qui ne semblait pas être dans une humeur particulièrement joyeuse.

« Axel ? » demanda précautionneusement la jeune servante en s'approchant du prince.

Le prince ne lui répondit pas et se dirigea vers son armoire qu'il se mit à fouiller à la recherche de quelque chose en particulier, jetant au passage les vêtements qui ne l'intéressaient pas.

« Bon sang, Axel ! Sais-tu combien de temps j'ai mis à tout ranger ? » s'exaspéra la jeune fille ramassant les habits du roux.

Celui-ci l'ignora de nouveau, et sortit du placard son manteau de cuir noir, ainsi qu'un autre identique, mais beaucoup plus petit. Satisfait, le prince l'envoya à sa servante, qui lui lança un regard interrogateur.

« Enfile-le. On sort. »

« Là ? Maintenant ? » questionna Xion, sidérée. « Mais ton instructeur va bientôt arriver ! »

« Vexen pourra bien attendre. »

« Je n'ai pas encore fini mon ménage... »

« Tu le feras plus tard. » répondit Axel en mettant un sac de munnies dans sa poche.

« Mais quelle excuse je vais donner si on se rend compte de mon absence ? »

« Je t'en trouverai une. Au pire, je leur dirai la vérité. »

« Mais- »

« Xion... » soupira Axel et se pinça l'arête du nez. « J'ai vraiment besoin de prendre l'air. Si tu ne veux pas venir, dis-le moi, mais je pensais juste que tu en aurais envie aussi. A moins que tu ne souhaites rester au château à nettoyer toutes les chambres... »

La petit brune cligna plusieurs fois des yeux, et s'observa dans le grand miroir de l'armoire. L'ensemble de son uniforme de servante était recouvert de poussière, tout comme son visage, où perlaient quelques gouttes de sueurs. Ses mains étaient pleines de crasse, de plus une partie de sa robe était trempée et déchirée. La jeune fille eut un petit rictus de dégoût. Axel avait raison. Elle frotta ses mains sur son tablier et s'étira.

« Bon... c'est d'accord. Tu me laisses me relaver avant ? » demanda t-elle.

« Non, tu vas nous mettre en retard. » répondit le prince.

La jeune fille lui tira la langue, et attendit que le prince ait le dos tourné, pour se mettre un peu à l'écart et enlever son uniforme.

De son côté, le prince retirait le drap de son lit, et nouait ses extrémités avec d'autres, de sorte à faire une sorte de corde. Xion le regardait s'affairer avec un regard incrédule.

« Attends un peu... tu n'as pas l'intention de... sortir par la fenêtre...? Si ? » demanda t-elle, subitement très inquiète.

« A ton avis ? »

« Axel, il y a au moins dix mètres de vide ! Je tiens à la vie ! »

« Et si tu apprenais un peu à me faire confiance ? »

« Je n'ai pas très envie. Axel, tu sais, les portes, elles servent à quelque chose aussi... pourquoi les aurait-on inventées sinon ?

Le prince rit un peu mais ne prêta pas plus attention aux protestations de sa jeune amie, qui jurait silencieusement contre lui. Axel ne pouvait pas se permettre de passer par la porte principale. Il risquerait certainement de se faire repérer par les gardes et les serviteurs, à qui l'on avait ordonné de prévenir le Roi et la Reine si le prince souhaitait s'enfuir.

« Quand tu seras mort, ne viens pas ensuite pleurer en me disant que je ne t'avais pas prévenu... »


« Je n'arrive pas à croire que tu m'aies poussée... » se plaignit Xion en se massant le postérieur.

« Xion... c'était juste un mètre. »

« J'ai cru voir la mort. Je n'accepterai plus jamais de descendre par la fenêtre. »

« Tu exagères... »

Les deux jeunes gens firent tout de même en sorte de rester bien cachés, leurs visages dissimulés sous les capuches de leurs longs manteaux noirs. Deux gardes surveillaient l'entrée et l'arrière du château. Une fois assurés que les hommes en armure avaient le dos tourné, le prince et la servante s'éclipsèrent discrètement en courant. Le prince prit la main de la jeune fille pour la forcer à aller plus vite.

« Axel, tu me fais mal ! Pourquoi es-tu aussi pressé ? »

« J'aimerais arriver au port avant que les pêcheurs ne s'en aillent. Alors dépêche-toi, s'il-te-plaît. »

« Au port ? Pour quoi faire ? »

« Tu verras bien... » fit-il avec un sourire en coin.

Intriguée par l'étrange comportement du prince, la jeune fille hocha juste la tête et accéléra le pas pour ne pas trop s'éloigner du roux.

Lorsqu'ils arrivèrent au port, Axel conseilla à son amie de l'attendre sur la plage le temps qu'il discute avec les pêcheurs. La jeune servante s'assit donc sur le sable chaud en attendant que le prince ait terminé ce qu'il avait à faire. Quand l'attente commença à être longue, la brune bailla bruyamment et décida de somnoler quelques minutes. Elle était vraiment épuisée, travailler comme servante au château n'était pas de tout repos.

Elle ferma donc doucement les yeux. Cependant, lorsqu'elle fit pour s'allonger sur le sable fin, elle entendit un petit 'kweeh' à sa gauche, qui la fit légèrement sursauter. Voulant connaître l'origine de ce bruit, la servante se redressa et observa les environs.

Ce n'est seulement que quand elle regarda en bas qu'elle vit un animal – un jeune volatile - , assez petit, aux plumes noires, avec un énorme bec jaune.

Elle était sûre d'en avoir déjà vu... Elle en était certaine. Sûrement dans l'un des livres du prince, quand ce dernier était enfant.

Attendrie par l'apparence de l'oisillon, la jeune fille s'approcha à petit pas, pour ne pas lui faire peur.

« Bonjour, toi. Tu t'es perdu ? » demanda t-elle en s'accroupissant, quand le petit animal s'avança vers elle et bondit sur place à ses pieds, comme pour lui demander de le prendre dans ses mains. Xion ne se fit pas prier et le souleva toujours avec douceur. L'animal à plumes cligna de ses grands yeux bleus innocents et cancana doucement. Il poussa cependant un petit cri quand il vit Axel se précipiter vers la jeune servante, une rame fièrement brandie.

« Xion ! J'ai discuté avec les pêcheurs ! Ils acceptent de nous prêter un radeau pour- » Il se tut en voyant que son amie semblait occupée.

En entendant le prince arriver, la jeune servante se retourna promptement et tendit le petit volatile au roux, qui lui lança un regard perplexe, étonné de voir un sourire aussi béat sur les lèvres de Xion.

« Il est mignon, hein ? » demanda la jeune fille en caressant du pouce l'une des ailes du petit animal, qui nasilla de contentement.

Le prince baissa les yeux sur la petite trouvaille de Xion, et ne put s'empêcher de remarquer la ressemblance entre le jeune oiseau de Roxas et celui que son amie tenait en mains. Maintenant qu'il y réfléchissait attentivement, ce chocobo lui rappelait celui en compagnie de Phoenix lorsque ce dernier dansait sur scène, sous les applaudissements du public. Il sourit en y repensant.

« Il doit être perdu si son maître n'est pas avec lui. » répondit le prince en accueillant l'oisillon dans le creux de sa main droite.

« Il a un maître ? » interrogea Xion, visiblement déçue. Elle aurait bien voulu le garder. Il était tellement adorable.

« Je crois bien, oui. » répondit-il en riant quand la petite bête monta sur son épaule. « Je l'ai déjà vu quelque part. »

« Ah bon ? Où ? »

Le jeune homme tendit une rame à la jeune fille et ils se rendirent jusqu'au bout du port, où le radeau qui leur avait été prêté les attendait. Axel saisit la main de Xion afin de l'aider à monter, prit l'une des rames puis commença à pagayer, leur petit bateau s'éloignant lentement de la côte.

« Hier, je t'avais dit que j'avais fait la connaissance de quelqu'un. » reprit doucement le prince. Xion acquiesça en silence, laissant son ami continuer. « Je l'ai rencontré quand il se faisait ennuyer par des soldats. Ils l'accusaient d'utiliser la magie malgré l'interdiction. »

« Ooh... je vois. Et je suppose que ce très cher prince Axel est monté sur son cheval blanc pour secourir cette jeune demoiselle en détresse. » pouffa Xion.

« Très drôle. » grogna Axel qui n'était pas du tout amusé, malgré ses rougissements. « Il utilisait vraiment la magie, même s'il le niait, je l'avais vu. »

Les yeux de Xion s'agrandirent légèrement sous l'inquiétude.

« Axel, c'est dangereux. Il s'agissait peut-être d'un Al Bhed... »

« Pardon ? Roxas n'avait rien d'un Al Bhed. Il est complètement différent d'eux. »

« Mais qu'est-ce que tu en sais ? » reprit la jeune fille en plissant les yeux.

« Un Al Bhed aurait lâchement pris la fuite. Ils ne cherchent jamais à sympathiser avec les humains... Les Maudits s'enfuient toujours dés qu'on les retrouve. Les autres sont pareils. »

La servante croisa les bras et leva la tête vers le ciel, pensive.

« Très juste. » dit-elle après une courte réflexion. « Continue je t'en prie. Comment tu t'y es pris ensuite ? »

« J'ai révélé mon identité aux soldats pour qu'ils le laissent tranquille. »

« Et ils ne t'ont pas demandé de rentrer au château ? »

Axel secoua la tête.

« Penses-tu, ils ont trop peur de moi. »

« C'est sûr, quand on voit ta tête... »

« Hé ! » Axel se leva – faisant tanguer le petit bateau – et menaça de la frapper à coup de rame.

« Je plaisante, je plaisante ! » cria Xion en cachant son visage derrière ses bras, sur la défensive. « Et arrête de bouger ou tu vas nous faire tomber, espèce d'idiot ! »

« Surveille tes paroles quand tu t'adresses à un prince. » dit le roux en passant une main dans sa chevelure flamboyante. Il lança sa rame en direction de sa jeune amie et sourit d'un air sournois. « Pour la peine, je t'ordonne de pagayer à ma place. » Le roux s'allongea de tout son long dans le radeau et croisa ses bras derrière sa tête.

« C'est cela, oui. » sourit Xion en levant les yeux au ciel.

« Je ne plaisante pas. »

« Bien sûr. » Elle changea immédiatement de sujet pour éviter d'avoir à ramer. « Et si tu te décidais enfin à me dire où nous allons. »

Elle vit le rouquin se redresser et s'étirer de tout son long, pour se rasseoir correctement dans leur petite embarcation. Puis, il sortit de la poche intérieure de son manteau, un morceau de papier, plié en plusieurs fois.

« Qu'est-ce que c'est ? »

« Une carte de l'archipel que j'ai pris dans l'un de mes livres. » Il la défroissa et y fit parcourir son regard quelques instants. « Plus qu'une heure et nous y sommes. »

« Mais où ?! » hurla la servante dont la patience avait des limites.

« Tu verras... » susurra Axel avec un sourire en coin.

« Tu es vraiment incroyable ! »

« Incroyable ? Mais pourtant je suis ici, là, devant toi ! »

« Ha ha ha... » rit sarcastiquement la petite brune en se remettant à ramer. Plus vite ils seraient arrivés, plus vite elle connaîtrait leur destination.

Plus tard, alors que Xion continuait à pagayer, suivant les instructions d'Axel, et sans vraiment savoir où ils allaient – elle ne regardait pas devant elle -, la jeune servante vit le prince cesser tout mouvement. Il lâcha sa rame et déplia sa carte. Ses yeux s'y promenèrent un petit moment, avant qu'il ne relève la tête, observant le paysage qui les entourait.

« Axel ? » demanda Xion. « Ne...ne me dis pas que tu nous a perdus... » Elle s'inquiéta soudainement devant le silence de son ami. « Axel ! Je te jure que si tu nous as perdus, aucun pêcheur ne pourra retrouver ton corps dans ces eaux ! Je ferai en sorte que personne ne me voit. Je te truciderai, je supprimerai les preuves et je te jetterai bien loin du rivage et- »

« Chuut ! » fit Axel en lui faisant signe de se taire. « On y est... » Il lâcha un soupir de soulagement. « On y est, Xion ! » Il avait du mal à contenir son excitation. Après toute une matinée de navigation, ils étaient enfin arrivés à destination.

« Où ? Je ne vois que de l'eau... » dit-elle, confuse.

« Lève les yeux. »

La petite brune grogna légèrement, ayant vaguement l'impression qu'Axel la prenait pour une sotte. Il n'y avait que de l'eau autour d'eux, à moins que sa vue ne lui fasse défaut. Ne voyant pas de changement de réaction chez son amie, le prince se leva – faisant une nouvelle fois tanguer le radeau – et se mit derrière Xion pour guider son regard.

« Tu ne trouves pas que l'eau à l'air différente par ici ? » demanda t-il en souriant.

La servante se pencha un peu sur le côté et constata enfin de la clarté de l'eau. Effectivement, elle semblait plus légère, plus pure. Elle était d'un bleu qu'elle n'avait jamais vu pour une eau. Cette dernière était tellement limpide qu'il lui était possible de voir quelques petits poissons y nager. Quand elle y plongea sa main, elle s'attendit à ressentir un frisson, mais il n'en fut rien. L'eau était douce, calme, et si agréable. Elle ferma les yeux, et sourit quand elle sentit les poissons lui caresser les doigts.

« Quel est cet endroit ? » demanda t-elle en soupirant de contentement. Elle était parfaitement à son aise.

« Nous sommes proches de l'île du Destin. »

Il pointa sur la carte l'île en question, qui se trouvait au milieu d'un grand récif de corail. Elle était véritablement séparée du reste du royaume.

« Je voulais venir ici depuis longtemps. Personne n'y a jamais mis les pieds, sauf une fois. » affirma Axel en reprenant sa rame. Intéressée, Xion croisa les bras et demanda :

« De qui s'agit-il ? »

« Du scientifique le plus reconnu du royaume. »

« Xehanort ? »

« Exactement. Il y était venu pour l'examiner de plus près. Mais je suppose qu'il ne devait pas y avoir de choses très intéressantes... »

« Mais alors... pourquoi désirais-tu t'y rendre ? » interrogea la servante, perdue. Ce n'était pas logique.

« A son retour, Xehanort a écrit un rapport sur cet îlot. Apparemment l'île du Destin serait beaucoup trop dangereuse pour que les hommes puissent y vivre et- »

« Et laisse-moi deviner... tu veux t'y rendre pour vérifier cela par tes propres yeux ? » continua Xion en soupirant d'un air las. Quand Axel hocha vigoureusement la tête, tout sourire, les traits de la petite brune se renfrognèrent. « Axel, si Xehanort a écrit ce rapport, il doit bien y avoir une raison. Si cette île est aussi dangereuse qu'il le souligne, c'est pour nous empêcher d'y aller. On pourrait y laisser notre peau ! »

« Je sais ! Mais j'aime le danger ! » répondit Axel avec nonchalance.

« Je me demandes pourquoi je te suis... »

« Parce que tu m'adores et que tu ne peux pas te passer de moi ! »

Axel rit à gorge déployée devant la mine fatiguée de sa domestique, qui bailla sans aucune gêne. Les rires du prince moururent progressivement et il reprit son sérieux.

« Mais... je suis content que tu m'aies accompagné. Je n'avais pas très envie de m'y rendre seul. »

« Pourquoi ? Tu as peur ? » demanda Xion, l'air prétentieux.

« Non ! Enfin... oui... mais non ! Bon bref. » Il décida de changer de sujet pour cacher son embarras. « J'aurais quand même dû attendre de revoir Roxas. Il aurait pu nous accompagner. »

« Tu t'y es attaché, dis-moi, à ce Roxas... »

« Un peu, oui. » rit le prince en repensant au jeune garçon. « Même si nous n'avons pas eu le temps de discuter assez longtemps pour vraiment se connaître. » Il ferma les yeux, ralentissant ses mouvements de bras avec sa rame. « Mais j'avais l'impression de déjà le connaître par cœur... c'est étrange... La conversation est partie seule. Il dégage une aura différente de celle des gens avec qui je parle d'habitude. Ce moment passé avec lui était plutôt agréable, reposant. »

Xion sourit en voyant l'air paisible du prince. Elle l'avait rarement vu ainsi. Le roux discutait souvent de ses problèmes dus à sa vie de dauphin avec elle. S'étant beaucoup attaché à lui, voir son ami si abattu lui faisait mal. Au début, les membres de la famille royale l'insupportaient. Mais en devenant servante au château, elle avait appris à les connaître un peu mieux. Elle avait du mal à apprécier le Roi, qu'elle considérait comme un homme prétentieux, méprisant et arrogant. Cependant, la Reine Ariel était différente de son mari : elle était douce, chaleureuse et compréhensive. La princesse Kairi avait hérité de sa beauté et des traits de caractère de sa mère. Et quelque chose en Axel l'avait...attirée. Elle le trouvait plus abordable. Elle qui avait pensé que le prince devait sûrement avoir le même comportement que le Roi, il se trouva qu'elle avait complètement tort. Même si elle avouait qu'Axel pouvait se montrer quelque peu vaniteux par moment, cela n'avait rien d'excessif. La petite brune avait toujours pensé que les fils et filles de souverain menait une vie que personne ne pourrait refuser, qui était plus qu'acceptable. Ils étaient malheureusement très dépendants, il leur était impossible de se déplacer à l'extérieur du château sans une escorte de soldats armés. Leurs amis étaient préalablement choisis par le Roi. Leur liberté était très restreinte. Xion avait eu le sentiment que cette vie déplaisait au prince, le jour où elle l'avait surpris à regarder tristement par la fenêtre. Elle avait tout de suite éprouvé de la sympathie à son égard. Étrangement, le rouquin avait été le premier à lui adresser la parole, non pas pour lui donner un ordre, mais pour savoir comment elle se portait. Et voilà ce qu'ils étaient à présent : des amis inséparables, toujours sûrs de pouvoir compter sur l'autre en cas de souci. Cependant, malgré cela, il arrivait encore à la jeune domestique de voir une lueur de tristesse dans les yeux d'Axel. Ceci la peinait beaucoup.

Mais, elle n'avait jamais vu son prince discuter avec un air aussi doux et paisible, comme il le faisait en ce moment pour lui parler de Roxas. Il semblait que ce jeune garçon soit ce qui manquait au rouquin pour égayer sa vie. Xion aurait sûrement dû se sentir un peu jalouse, sachant qu'elle n'avait pas été en mesure d'illuminer les journées du fils du Roi... cependant elle ne ressentait aucune jalousie, aucun mépris pour ce Roxas, aucune rancœur. La jeune servante était au contraire plutôt contente pour le prince, et elle ne lui retirerait ce bonheur pour rien au monde.


Lorsqu'Axel et Xion posèrent leurs pieds sur la terre ferme de l'île du Destin, le jeune chocobo perché sur l'épaule de la servante bondit et atterrit sur le sable chaud de la plage. Le prince et la domestique étaient sans voix. Émerveillés par la beauté du paysage, ils se retrouvèrent incapable de faire le moindre geste. L'eau turquoise qui entourait l'île était encore plus belle près du rivage. En plus de quelques poissons, ils pouvaient apercevoir de curieuses formes au fond de l'eau. Xion fronça les sourcils et s'accroupit pour ramasser l'une d'elle. Axel en avait déjà vue dans l'un de ses livres. Il s'agissait d'une étoile de mer. Alors que la servante s'apprêtait à la ranger dans la poche de son manteau de cuir, le petit chocobo noir nasilla et lui donna quelques coups de bec sur le dos de sa main, ce qui lui fit lâcher l'étoile dans l'eau.

« C'est un être vivant. Tu l'arracherais de son milieu naturel si tu l'emmenais avec toi. Cela pourrait la tuer. » affirma Axel, comprenant parfaitement pourquoi le volatile avait agit de la sorte. Confuse, la brune mit une main sur sa bouche et adressa un sourire désolé à l'attention du chocobo, comme pour lui présenter ses excuses.

Le prince proposa d'explorer un peu l'île, ce que Xion accepta sans discuter. Bizarrement, le jeune volatile qu'ils avaient recueilli se mit devant eux et sautilla tranquillement. Le roux et la jeune fille aux cheveux noirs s'échangèrent un regard. Le petit animal avait l'air de connaître cet endroit. Ils ignoraient si faire confiance à un oiseau était une bonne idée, mais le chocobo semblait vouloir les conduire quelque part. Ne sachant pas par où commencer dans leur exploration, les deux jeunes gens ne purent se résoudre qu'à le suivre, en prenant soin de bien mémoriser leur chemin, pour ne pas se perdre.

Alors qu'ils suivaient leur petit guide, Axel et Xion aperçurent plusieurs éléments qu'il était impossible de voir sur le territoire même des Terres Crépusculaires. La forêt dans laquelle ils s'étaient engouffrés, était massivement peuplée par des multitudes de petites plantes, d'arbres plus ou moins grands. L'arbre le plus présent possédait un tronc épais et élancé, surmonté d'un faisceau de grandes et larges feuilles vertes, sous lesquelles on pouvait voir de gros fruits de forme ronde. Xion en vit un au pied d'un arbre et le souleva. Elle fut très surprise par son poids et dut utiliser ses deux mains pour ne pas le faire tomber.

« Je suppose que tu as déjà vu cet arbre et ce fruit dans l'un de tes livres. » tenta de deviner la servante en se tournant vers le prince. Ce dernier secoua négativement la tête, ce qui étonna la jeune fille.

« Non. Mais ils étaient dessinés et décrits dans le rapport de Xehanort. C'est un cocotier et son fruit... je crois. »

« Hm... je me demande si on peut l'ouvrir... » songea Xion en observant le fruit sous tous les angles.

Les deux amis entendirent le petit chocobo cancaner et se retournèrent pour le voir pointer d'une aile un long morceau de bois massif. Haussant un sourcil, le prince s'en saisit et regarda curieusement le jeune volatile, qui était monté sur l'épaule de Xion, pour ensuite désigner la noix de coco dans les mains de la petite domestique.

« Tu veux dire qu'on peut s'en servir pour l'ouvrir...? » devina le prince en fixant l'oisillon. Ce dernier hocha la tête, comme s'il avait compris les mots du roux. Xion et Axel se regardèrent et haussèrent les épaules. Ils ne perdraient rien à essayer. La domestique posa la noix au pied d'un palmier et laissa son ami s'en occuper. Le prince prit une grande inspiration et leva le bâton, telle une massue, prêt à frapper. Xion s'éloigna prudemment, tandis que le roux réunit toute la force de ses bras et abaissa son arme d'un geste sec et rapide, heurtant la noix de coco qui se brisa en deux. Le roux jeta son bout de bois à terre et s'approcha du fruit, d'où une substance blanche s'échappait. Xion et le petit chocobo s'avancèrent à leur tour. Le petit oiseau sautilla et plongea son bec dans la fine flaque qu'avait créé le liquide. Le prince et la domestique en conclurent que cette substance laiteuse provenait bien du fruit, qui semblait comestible. Les deux jeunes gens prirent chacun une moitié de la noix et goûtèrent à leur tour. Ce lait s'avérait être, contrairement à ce qu'ils s'imaginaient, très bon, doux et plutôt rafraîchissant.

« Je me demande pourquoi nous n'avons jamais vu ces fruits sur le marché... Je ne comprends pas en quoi Xehanort voulait en venir en disant que cette île n'avait aucune ressource naturelle... » songea Xion en se délectant de la pulpe de son fruit.

« Je suis sûr qu'il a voulu garder cette île secrète pour pouvoir en profiter à lui tout seul... » marmonna Axel en se remettant à suivre le chocobo, qui ne semblait pas pouvoir tenir en place.

« C'est bas de sa part... »

« Et égoïste surtout. Il faudra que l'on dise à tout le monde de- »

Le prince fut interrompu quand il entendit le petit oisillon nasiller bruyamment. Ils levèrent les yeux et virent l'animal se précipiter vers un point fixe. Les deux amis accélérèrent le pas pour réussir à le suivre. Cette petite bête allait vite !

Le prince et la jeune servante se retrouvèrent alors à l'extérieur de la forêt, à monter un chemin étroit et légèrement en pente. Quand l'oiseau aux plumes noires rentra dans leur champ de vision, ils le trouvèrent en compagnie d'un de ses compères, qu'Axel reconnut immédiatement.

« Phœnix ? » appela t-il, étonné de voir le petit animal ici.

Le chocobo aux plumes d'or sembla le reconnaître, car il cligna de ses grands yeux bleus et sautilla joyeusement à ses pieds. Le prince s'agenouilla et le fit monter sur son épaule. Mais il restait tout de même perplexe... si l'oisillon jaune était sur cette île... alors cela signifiait que...

« Axel ! Regarde ! » s'exclama Xion en désignant quelque chose du doigt.

Le fils de Roi suivit son regard et vit, à quelques pas de là, une jeune personne allongée sur le cresson vert d'une clairière, la tête appuyée contre le flanc d'un énorme oiseau, identique à Phoenix, mais nettement plus grand. Il ne fallut pas pas une seconde au roux pour s'élancer en direction du jeune garçon, qu'il avait reconnu sans peine.

« Roxas ! »

Le petit blond cligna des yeux plusieurs fois et se frotta les paupières pour faire partir le sommeil. Quand sa vue redevint un peu moins floue, il se redressa lentement et caressa les plumes du chocobo qui lui avait servi d'oreiller à son insu. Il avait peut-être un peu trop dormi.

« Roxas ? »

Le jeune Al Bhed sursauta. Cette voix n'appartenait définitivement pas à Cloud. Inquiet, le garçon se retourna lentement.

C'était ce qu'il craignait.

« Axel ? »


A suivre...

Voilà ! J'espère que ça vous a plu ! Si non, bah euh... à plus tard pour le prochain chapitre é.è

Avoir vos avis me ferait très plaisir :3