Bon, voici le chapitre 4 des Âmes Damnées. Vous avez tous reçus mon message concernant ce chapitre. Bien que je n'ai pas reçu les réponses de tout le monde, vos avis m'ont aidé à prendre une décision. J'ai donc séparé le chapitre en deux parties (une majorité de personnes souhaitait que le chapitre soit raccourci). Le chapitre fait donc 11 214 mots (dernière vérification... mais ça a du changer après les modifications que j'y ai apportées encore x'D) Je vous préviens, ce chapitre est sûrement encore plus pourri que le chapitre 2, il ne se passe absolument RIEN... la deuxième partie de ce chapitre, que je posterai je sais pas quand, se déroule sur la même journée. é-è Mais j'ai fait selon l'avis des lecteurs, j'ai coupé, après s'il y a des mécontents, je peux essayer de me dépêcher de mettre la suite. Mais sachez que quand je dis "me dépêcher" il faut quand même compter plusieurs semaines. D'ailleurs je souhaite m'excuser pour le délai pour mes autres fics, et en particulier "Comme avant" J'ai plein d'idées de fics dans la tête, et c'est dur de se concentrer sur trois fics en même temps. Mais je veux alimenter la section AkuRoku de ce site un maximum ! xD (même si y'a déjà beaucoup de fic AkuRoku je pense lol) Désolée, pour le moment je ne sais pas écrire autre chose que de l'AkuRoku, faudra vous y faire. (Si je devais écrire autre chose, ça serait sûrement sur Hetalia)... et puis concernant aussi les délais, cette année a été très difficile pour moi. Elle ne s'est pas passée aussi bien que je l'aurais voulue, et pas seulement au niveau des études. Heureusement j'ai eu mon bac, et sans rattrapage. Maintenant que je n'ai plus à m'inquiéter pour ce putain d'examen de merde qui sert à rien (enfin si, sinon souvent t'as pas de travail si tu l'as pas xDD), je peux me reconcentrer sur mes fics. Mais je préviens : Je serais souvent absente. Je pars en Espagne (je veux paaas T-T) le 24 et je reviens 8 août. Et le 12 je repars... mais au Japon cette fois... Donc comprenez, j'aurai sûrement pas mal de trucs à faire. C'est bizarre, au début de mon aventure sur le site, je n'avais pas de mal à updater régulièrement... rah ça m'énerve. Plus les années passent, plus je suis occupée. L'année prochaine je sais pas ce que ça va être D: Je m'excuse par avance pour mes futures absences...
Bon assez parlé ! Place à ce chapitre... tout pourri...
Warnings : Sûrement pleins de fautes d'orthographe et de frappe, étant donné que j'ai pas dû passer assez de temps à le corriger é-è...Et une fin à coucher dehors xD
« J'en ai assez...pourquoi ? »
Le jeune garçon cacha son visage dans le creux de ses mains et commença à sangloter silencieusement.
« Si seulement je pouvais être plus fort... » se désola t-il en se roulant en boule.
Une paire d'ailes blanches apparut dans son dos pour venir cacher son petit corps tremblant dans un cocon de chaleur. Il n'en pouvait plus... pourquoi la vie était-elle aussi compliquée ? Pourquoi était-il aussi faible et défaitiste ? Il se sentait pitoyable. Un immense sentiment de solitude avait pris place depuis toujours dans son cœur. Quand les choses n'allaient pas, c'était ici qu'il venait se réfugier. Dans cette grotte sombre et glaciale. Il avait pensé qu'en s'isolant un peu, son esprit serait apaisé de cette souffrance qu'il vivait en permanence.
Cependant, il se retrouvait tout seul.
Non, ce n'était pas ce qu'il voulait. Il haïssait la solitude. C'était à cause d'elle si son âme était si torturée. Mais que pouvait-il bien faire pour s'en libérer ? Peu importe ce qu'il faisait, ce poids dans son cœur ne s'allégeait pas. Pire, cela empirait. Il était au bord du gouffre... n'y avait-il aucune issue ? Il ramena ses petites mains contre sa poitrine et ferma les yeux, pour tenter de se calmer.
Rien n'y faisait. A chaque seconde qui passait, ses tremblements reprenaient en intensité.
« Sil vous plaît...quelqu'un... aidez-moi... » murmura t-il entre deux sanglots.
Pauvre petite chose...
…
Les oreilles du garçon vibrèrent à l'entente de ces paroles. Il leva la tête, cherchant la source de cette voix qui raisonnait encore dans l'étroite grotte.
Tu ne cesses de t'apitoyer sur ton sort... continua t-elle et pourtant... tu possèdes un si grand potentiel en toi...
On aurait dit que cette voix ne possédait... aucune âme. Elle semblait désincarnée... le garçon en frissonna de peur. Quelque peu effrayé, il se remit sur ses pieds, les mains crispées sur ses bras.
« Qui... qui est là ? » demanda t-il, apeuré. Il regarda autour de lui. Il n'y avait personne à sa gauche. Ni même à sa droite. Il tenta en hauteur, mais ne vit que le plafond de la grotte recouvert de ronces épineuses.
S'il ne trouvait personne à gauche, à droite, en haut, en bas... alors il ne restait plus que...
Avec hésitation, le garçon fit un tour sur lui-même pour regarder derrière lui...
Puis il jura que son cœur s'était arrêté de battre l'espace d'une minute.
Ses tremblements s'amplifièrent considérablement, tandis que ses pupilles se dilatèrent. Il ne put retenir plus longtemps ce hurlement d'horreur en voyant ce qui se trouvait derrière la porte.
Et comme il s'y attendait, personne n'entendit ses appels au secours, personne ne lui vint en aide alors qu'il se faisait lentement engloutir par les ténèbres.
…
Roxas se réveilla en sursaut, le corps recouvert de gouttes de sueur. Il respirait vite, son cœur martelait douloureusement dans sa poitrine. Il se pinça l'arrête du nez en prenant de grandes inspirations pour se calmer.
Il n'y avait rien à faire... Ce rêve, ou plutôt ce cauchemar était de plus en plus récurrent. Il revenait le hanter chaque nuit, troublant son sommeil. Il aurait beau essayer de le chasser de sa tête, il ré-attaquait en puissance, devenant plus... réel...
« Reprends-toi, Roxas... ce n'est qu'un cauchemar, rien de plus. » se rassura le petit blond en se remettant sous son drap. Et pourtant, il paraissait tellement vrai, si réaliste. Il avait eu l'impression d'y être, de se fondre dedans. Le jeune Al Bhed traça du doigt quelques arabesques sur son oreiller d'un air absent. C'était étrange... il était parvenu à ressentir la douleur et la détresse de cet enfant dans son rêve... il avait éprouvé toute son angoisse et son effroi quand les ténèbres l'avait submergé. Plus intriguant encore, il sentait que ce rêve... était incomplet... qu'il en manquait un morceau.
D'un côté, il ne souhaitait pas connaître la suite. Cette peur le secouait tellement qu'il se réveillait beaucoup trop tôt à chaque fois pour pouvoir la voir. Cependant, quelque chose lui disait qu'il devait la connaître.
Sauf qu'il ne voulait pas. Il avait bien trop peur. Il avait le pressentiment que dans un temps proche, il verrait la suite...
Il préféra ne pas y penser. Le petit blond soupira et croisa les bras derrière sa tête. Il était fatigué, ses paupières étaient lourdes, menaçant de se refermer d'un moment à l'autre. Pourtant, Roxas faisait tout son possible pour rester éveillé. Il ne voulait absolument pas revivre ce cauchemar. Il se tourna et retourna encore et encore, chassant les images de son rêve de ses pensées.
« Kwêêh... »
L'Al Bhed eut un léger sursaut. Il se frotta les yeux, somnolant, et se pencha un peu à sa droite, où le petit nid de Phœnix était posé. Le jeune chocobo était à moitié endormi, ses grands yeux bleu à demi ouverts. Roxas sourit tristement et prit le petit volatile dans ses mains.
« Je t'ai réveillé ? Excuse-moi... » chuchota le garçon en le caressant gentiment pour se faire pardonner. L'oisillon se laissa faire et referma les yeux, bercé par la douce étreinte de son jeune maître. Une fois assuré que Phœnix s'était rendormi, l'adolescent le replaça délicatement dans son nid de paille. Roxas se leva ensuite et dénoua discrètement la fermeture de la petite tente qu'il partageait avec sa famille. Rikku était étrangement installée sur ses couvertures; la moitié de son corps dépassait du lit, et la jeune fille ronflait bruyamment. Son cousin rit un peu mais n'y prêta pas plus attention. Cloud et Aerith étaient, quant à eux couchés dans le coin dans la petite pièce, tous les deux endormis dans les bras de l'autre. Riku, lui dormait dans un coin de la tente, à l'écart.
Pourtant, il y avait un problème.
Roxas remarqua qu'il manquait quelqu'un...
Où était passée Naminé ?
« Naminé ? » appela Roxas en sortant de la tente. L'absence de sa sœur l'inquiétait. Il se maudit intérieurement quand il se rendit compte que la jeune blonde ne pourrait pas lui répondre.
Pourquoi Naminé disparaitrait au beau milieu de la nuit ? Le petit blond se massa les tempes, pour apaiser un affreux mal de tête qui commençait à faire surface. Il se demandait pourquoi sa sœur se montrait aussi distante avec eux... Il ne se souvenait plus de la dernière fois où il l'avait vue afficher un sourire. Un vrai sourire. Cela devait sûrement remonter à peu avant la mort de leurs parents, six ans plus tôt...
Dans leur communauté, les enfants orphelins n'étaient pas rares. Certains parents se faisaient arrêter, emprisonner et tuer par les humains. Rikku, étant fille unique, n'avait plus aucune famille proche, et vivait donc parmi eux depuis l'âge de cinq ans. Riku aussi était seul, et avait donc été recueilli chez eux à son tour. Cloud étant le plus âgé, avait pris le rôle de chef de famille, et s'était occupé de ses cadets, faisant tout son possible pour subvenir à leurs besoins. Malgré leurs déboires, ils étaient heureux, et ils n'avaient besoin de rien d'autre.
Du moins, Roxas pensait qu'ils étaient heureux. Naminé restait toujours en retrait. Ses grands yeux bleus étaient si... mélancoliques. Ils avaient tous été affectés par la perte de leur mère et de leur père, mais ils avaient réussi à se relever. Il semblerait que ce ne soit pas le cas pour Naminé.
A moins que qu'il n'y ait quelque chose d'autre qui la tracasse trop pour qu'elle s'enferme dans le mutisme ? Personne n'en savait rien... mais Roxas voulait l'aider. Si seulement elle se laissait approcher...
« Roxas ? »
le petit blond fut sorti de ses pensées à cette voix, et tourna la tête pour voir Cloud sortir de la tente.
« Qu'est-ce que tu fais debout, aussi tôt ? Ce n'est pas dans tes habitudes... » marmonna l'aîné en baillant un peu.
« Naminé n'était plus dans son lit... alors je me suis inquiété. »
« Oh... »
Le jeune homme se contenta de se gratter l'arrière de la tête et de rebailler, comme si de rien n'était.
Naminé avait disparue et cela ne l'inquiétait pas pas plus que cela ?
« Ne t'en fais pas pour Naminé... » déclara Cloud en soupirant. « Elle a l'habitude de disparaître de cette manière à l'aube. J'étais inquiet moi aussi au début, mais elle revenait à chaque fois. » ajouta t-il.
L'anxiété du jeune Al Bhed ne s'effaça pas.
« Et... tu sais ce qu'elle fait ? » demanda t-il ensuite, espérant que son frère puisse lui répondre. A son grand damne, son aîné secoua négativement la tête.
« Pas du tout... mais cela ne nous regarde peut-être pas. »
Roxas baissa la tête, résigné. Si Cloud lui disait que tout allait bien, alors il n'avait pas à se faire du souci. Il savait qu'il pouvait lui faire confiance.
Même si pour une fois, rien qu'une fois il aurait aimé se mêler de la vie de Naminé...
« Et toi Roxas ? »
« Hm ? » Le petit blond redirigea son regard vers son frère, qui s'était laissé glissé contre un palmier.
« Comment se fait-il que tu sois réveillé aussi tôt ? C'est plutôt rare... »
Roxas grimaça. Il ne voulait pas repenser à son rêve. Autrement, il sentait que ces images allaient le pourchasser continuellement pour lui gâcher sa journée.
« Je n'arrivais pas à dormir... » mentit-il à moitié.
« Si tu te couchais plus tôt, tu n'aurais pas ce problème... » raisonna son frère en souriant légèrement.
« Il faut bien que quelqu'un s'occupe de l'écurie... » rétorqua le petit blond en s'asseyant à côté de son frère. Se sentant encore un peu somnolant, le garçon laissa retomber sa tête contre l'épaule du jeune homme, qui l'enlaça affectueusement. Le plus jeune se détendit un peu quand il sentit la main de son frère lui frotter doucement les cheveux.
« C'est juste. Et puis les chocobos t'ont plutôt à la bonne. A chaque fois que j'essaye de les caresser, ils restent sur leur garde, comme si j'avais l'intention de les brutaliser ! » se plaignit Cloud en gonflant les joues. « Un jour, Notos a même failli me mordre... »
« C'est parce que tu ne sais pas t'y prendre. » conclut son cadet en riant. Cela ne l'étonnait pas du tout de la part de Notos. Il imaginait bien son frère s'enfuir en voyant le grand oiseau. Ce serait vraiment drôle à voir. Il en jubilait intérieurement.
« Dis-moi, Roxas... »
« Oui ? »
« Est-ce bien toi qui a dit à Aerith qu'il m'arrivait de sortir en douce pour aller en ville ? » demanda son frère, suspicieux. Son amante lui avait fait passer un sale quart d'heure à lui tirer les oreilles pour lui avoir fait une telle cachoterie.
« Beuh... » babilla son petit frère, semblant mal à l'aise. Il afficha une petite moue et hocha la tête, confirmant les doutes du jeune homme.
« Ah ! Je le savais ! C'était pour te venger de t'avoir grondé ! »
« Aerith, au moins elle a été compréhensive avec moi ! » se défendit Roxas en croisant les bras. « Elle ne m'en a pas voulu pour avoir quitté l'île. »
« Si je t'ai rappelé à l'ordre, c'est que je me faisais du souci pour toi, tu sais... »
Roxas se sentit mal pour avoir autant inquiété son frère. Mais si au moins il lui permettait de quitter l'île sans permission une fois dans sa vie, il lui serait très reconnaissant.
« Si je te demandais l'autorisation pour sortir, tu me la donnerais ? » tenta le petit blond, qui n'avait pas trop d'espoir.
« C'est dangereux, Roxas... » répondit Cloud, non sans une pointe d'agacement dans la voix. Son jeune frère pouvait vraiment se montrer très têtu quand il le voulait, et quand il était parti, il devenait dur de l'arrêter. Le garçon fronça les sourcils, même s'il s'était attendu à ce que le jeune homme lui réponde quelque chose de ce registre. Mais cela ne l'empêchait pas d'être déçu.
« Je vois... désolé d'avoir posé la question, alors... » grommela t-il, en tournant la tête sur le côté, le regard fuyant. Il entendit le grand blond soupirer longuement.
« Roxas... pourquoi n'essayes-tu pas de comprendre ? » questionna t-il ensuite. Roxas en fut plus qu'outré.
« Pardon ? Mais je comprends parfaitement ! Seulement, tu n'essayes jamais de te mettre à ma place ! N'as-tu jamais rêvé de quitter cette île quand tu étais petit ? Tu as été jeune, toi aussi, il me semble et puis- »
« Hé là ! Je ne te permets pas ! » l'avertit Cloud, lui coupant la parole. « J'espère que tu n'insinues pas que je suis vieux ! J'ai à peine vingt-quatre ans ! Autrement, je te priverai de sortir de la tente tout court ! »
« Cloud, réponds à ma question et ne change pas de sujet, s'il te plaît. » reprit Roxas avec entêtement, les sourcils froncés au maximum. Son grand frère comprit qu'il ne semblait pas avoir envie de plaisanter. Le jeune homme croisa les bras et mit une main sur son menton, pensif, comme s'il se remémorait les souvenirs de son enfance.
« Oui... j'avoue qu'étant enfant, j'ai souvent désiré de pouvoir quitter l'île du Destin. Même si ici, je pouvais circuler librement, ailes toutes déployées, je me sentais comme... prisonnier, je voulais voir le monde extérieur. Alors un jour, j'ai demandé à papa et maman si je pouvais sortir. Ils m'ont clairement fait comprendre qu'ils n'étaient pas d'accord. »
« Et tu te sens obligé de me faire subir la même chose...? » continua Roxas, un sourcil haussé. Cela lui semblait plutôt injuste pour eux...
« Non. » nia son frère en fermant les yeux. Il resserra son étreinte sur l'épaule de son cadet et reprit. « A l'époque, je ne pensais qu'à moi, je me disais toujours que les adultes n'essayaient pas de se mettre à la place de leurs enfants. Et pourtant, nous même n'essayions jamais d'imaginer leur situation. » Le jeune homme rouvrit les paupières et posa la tête contre celle de son petit frère, qui l'écoutait attentivement. « Je l'ai réalisé le jour où je suis devenu chef de famille. Je me suis rendu compte du nombre de responsabilités que l'on avait quand on était en charge d'un groupe. Bien entendu, c'était mon choix. Depuis leur disparition, j'ai pris la décision de faire tout ce qui est en mon pouvoir pour vous protéger... et je savais bien que cela allait être difficile. Je ne sais pas si tu imagines l'angoisse que l'on peut ressentir quand l'un des membres du groupe, de ta famille, disparaît soudainement de ton champ de vision. Je n'avais pas conscience de tout cela quand ils étaient encore en vie... je ne pensais pas que papa et maman vivaient tout ceci en permanence... » Il se mordit douloureusement la lèvre et prit une grande inspiration, avant de reprendre. « Même si à cette époque, maman et papa est encore à nos côtés, quand je pense à Sora... je me dis que j'ai échoué dans mon rôle de grand frère... »
« Sora... » chuchota discrètement le petit blond, du bout de ses lèvres tremblantes.
Rien que prononcer son nom lui infligeait une douleur atroce dans la poitrine.
Dire que cela faisait maintenant six ans... six longues et torturantes années que son jumeau, son double, son reflet, ne vivait plus parmi eux. Il avait encore du mal à y croire. Le jeune blond renifla et sécha rapidement les larmes qui naissaient déjà au coin de ses yeux, tout en se remémorant les mots de Cloud. Il n'aurait jamais cru que la disparition de Sora pesait si lourd sur la conscience de son grand frère... qu'il éprouverait un tel sentiment de culpabilité. Le jeune Al Bhed s'appuya un peu plus contre son aîné et agrippa sa main, la serrant doucement dans la sienne.
« Tu comprends maintenant, Roxas ? Je ne souhaite pas faire deux fois la même erreur. Je ne me le pardonnerai pas. Tout comme je ne me le suis jamais pardonné pour Sora... » ajouta le blond solennellement.
« Mais personne ne t'a jamais accusé, Cloud ! » essaya de rassurer le cadet. Il ne supportait pas de voir son frère culpabiliser.
« Cela ne veut rien dire... et c'est pour toutes ces raisons que j'ai du mal à garder mon calme quand tu quittes l'île en cachette pour faire je ne sais quoi avec n'importe quel humain. »
« Esméralda n'est pas n'importe qui ! » s'offusqua Roxas en se détachant de lui. Il le regarda droit dans les yeux et déclara : « Ce n'est pas pour rien que je lui ai révélé mes origines, cela ne l'a pas dérangé le moins du monde, et tu le sais. » Mais Cloud secoua la tête d'un air désapprobateur.
« Je n'ai jamais dit que j'y étais favorable... »
« Cloud... » L'adolescent baissa les yeux et reprit, hésitant. « Je ne sais pas pourquoi je ressens ça mais... mais c'est comme si.. c'était comme si Esméralda me comprenait parfaitement, comme si elle savait ce que je ressentais. Je n'arrive pas à m'expliquer... mais, c'est comme ça, c'est tout. »
Roxas ne savait pas d'où lui venait cette impression. Lorsqu'il discutait avec la jeune femme, il n'était pas rare qu'il lui parle de son ressenti en tant qu'Al Bhed lorsqu'il entendait toutes ces rumeurs courant sur leur communauté. Certes, certains Al Bheds avaient tendance à voler sur les marchés... mais uniquement en cas d'extrême nécessité. Ces personnes se faisaient souvent prendre sur le fait, et arrêter. Voler était un crime, Roxas en était bien conscient. Mais si le peuple des Terres Crépusculaires se décidait enfin à les accepter et à les considérer comme leurs égaux, alors les Al Bheds ne causeraient sûrement plus aucun problème dans le royaume. Le petit blond en était assuré.
« J'aimerais bien la rencontrer, cette Esméralda... » déclara Cloud, surprenant son petit frère, qui le fixa de ses grands yeux bleus étonnés. « Ne te méprends pas, cela ne signifie pas que j'approuve ta relation avec elle. Je veux juste m'assurer qu'elle est digne de confiance. » précisa t-il. Roxas sourit, sachant bien que convaincre son frère allait être beaucoup plus ardu. Cependant, s'il voyait Esméralda de ses propres yeux, le jeune garçon était sûr que son aîné n'aurait plus aucun doute à son sujet.
« On pourrait aller la voir ensemble ! » proposa alors Roxas en clapant une fois des mains, très enjoué à cette idée. Le plus âgé lui lança un regard sceptique, sourcilleux. Roxas continua sur sa lancée et s'expliqua. « En fait, je ne vais pas te cacher que j'avais l'intention de sortir en douce aujourd'hui encore... » Il vit son frère ouvrir la bouche pour dire quelque chose, sûrement un refus, mais le jeune Al Bhed fut le plus rapide et garda la parole. « Mais... je t'avoue qu'il m'ait déjà arrivé de regretter de quitter l'île sans vous... si un jour, nous pouvions sortir tous ensemble, je serais plutôt content... »
Cloud vit le triste sourire sur les fines lèvres de son petit frère et baissa la tête, confus et coupable. Entre travailler aux champs afin de pouvoir nourrir sa famille, et assurer la sécurité de l'île du Destin, le jeune homme avait très peu de temps à consacrer à ses proches. Il croisa les bras et réfléchit, les traits de son visage tendus, reconsidérant la proposition de son jeune frère. Ce dernier le regarda fixement, les mains crispées sur ses genoux, espérant que son frère accepte... même s'il se doutait bien qu'il ferait mieux de s'attendre à un nouveau refus de sa part. Les épaules de Cloud se détendirent un peu et il appuya sa tête son le tronc du palmier, relâchant un petit soupir.
« C'est d'accord. » dit-il, résigné, après un long silence. Le garçon crut que ses oreilles lui jouaient des tours. N'y croyant pas trop, il grogna quelque chose entre ses dents et tourna la tête sur le côté. « Je suis sérieux, Roxas. » ajouta Cloud. Son petit frère ouvrit grand la bouche, interloqué. « A une condition. » prévint-il ensuite, un index levé. « Je ne veux pas que tu t'éloignes de moi. Je veux te garder dans mon champ de vision. Je n'ai pas envie d'avoir des problèmes avec les humains si jamais ils nous arrêtent. »
« Cela n'arrivera pas ! C'est promis ! » confirma Roxas en hochant vigoureusement la tête. Il était impatient de pouvoir retourner en ville sans avoir à s'inquiéter de se faire réprimander par Cloud à son retour. Il se jura de profiter un maximum de cette occasion, elle ne se représenterait peut-être pas. Avec un peu de chance, il pourra croiser Axel. Si le prince réussissait à quitter le château sans se faire repérer, alors c'était très probable.
« Oh, et une dernière chose... » reprit soudainement son frère en se tournant vers le jeune blond. Ce dernier lui offrit toute son attention, prêt à écouter ce que Cloud avait à lui dire. « A part cette Esméralda, je ne veux pas te voir en train d'adresser la parole à un humain. Me suis-je bien fait comprendre ? »
L'adolescent se retrouva incapable de réfléchir pendant un petit moment. Il essaya d'afficher un sourire entendu quand son frère plongea son regard perçant dans le sien. Mais il se changea bien vite en petite grimace de déception quand Cloud se leva et rentra dans leur tente afin de se préparer pour partir aux champs. La journée semblait moins radieuse, tout d'un coup... Le jeune Al Bhed était certes très heureux d'aller en ville en compagnie de son grand frère, seulement, comment allait-il s'y prendre pour cacher sa relation avec Axel et Xion ? La situation s'annonçait plus problématique que prévue... Roxas cracha un juron et se cogna la tête de ses poings, se maudissant intérieurement pour avoir proposé une sortie à Cloud. Mais quel sot !
Il soupira de frustration et se releva péniblement, époussetant son pantalon sali par la poussière. Il allait devoir trouver un stratagème pour réussir à se séparer de Cloud le temps qu'il puisse voir Axel et passer un moment avec lui...
Et il espérait qu'Esméralda soit en mesure de l'aider. Après tout, la jeune femme avait plus d'un tour dans son sac. Roxas ne demandait qu'à être surpris...
Il y a tant de choses à voir, et toi tu ne comprends rien...
Il y avait bien longtemps, ces mots étaient apparus sur le cahier de Naminé, puis s'étaient instantanément effacés, telle une trainée de poudre dispersée par un simple coup de vent. La jeune blonde n'en avait pas tout de suite compris la signification. En les voyant s'afficher puis disparaître, Naminé en avait décrété que cela n'avait pas d'importance, qu'ils ne les concernaient pas, et qu'elle n'avait pas à s'en soucier. Cependant, chaque détail avait son importance dans le cahier de la jeune Al Bhed, mais cela, elle ne l'avait compris que bien trop tard, et le temps qu'elle le réalise, le mal était déjà fait. Le souvenir était encore tout frais dans sa tête. Elle se rappelait de tout, absolument tout.
A une exception près. Car ce dont elle n'arrivait pas à se souvenir, c'était cette grotte. Cette mystérieuse caverne qui hantait ses pensées. Elle se souvenait encore du jour où sa main avait tracé chaque ligne de cette grotte sur le papier blanc. Mais le temps qu'elle tourne les yeux, l'image avait déjà disparu, encore une fois, tout comme ces mots... Pourquoi ? Pourquoi ne parvenait-elle pas à s'en souvenir ? Par la suite, Naminé avait tenté de la redessiner, avec l'infime bribe de souvenirs qu'il lui en restait... seulement, rien n'y faisait. Elle ne ressemblait pas du tout à la grotte qu'elle avait vue sur son cahier ce jour là. Pourquoi avait-elle été aussi insouciante ? Se demandait-elle tout le temps. Pourquoi n'avait-elle pas fait plus attention...?
Son cahier plaqué contre sa poitrine, Naminé avançait sur la plage de sable blanc et fin de l'Île du Destin. Parfois, il lui arrivait de se demander le but de tout cela. Tous les matins, dés l'aube, elle sortait en douce de la tente pour explorer l'île, avec un but précis. Mais ce dernier semblait tellement hors d'atteinte, que souvent elle ne se souvenait même plus pourquoi elle faisait tout ça.
Cela faisait maintenant six ans qu'elle la cherchait. Six ans qu'elle était partie en quête de cette grotte. Elle avait le pressentiment qu'elle se trouvait sur l'Île... elle en était sûre. Et pourtant, elle ne l'avait toujours pas trouvée, après six longues années.
C'était vraiment décourageant.
La jeune fille s'assit sur le sable et observa l'étendue infinie de l'aube qui découpait l'horizon. Quelques vagues venaient s'échouer sur la plage, mouillant au passage les pieds de Naminé à l'intérieur de ses petites sandales blanches. Une douce brise vint caresser sa peau laiteuse, alors que la blonde passait une main dans ses mèches de cheveux virevoltant dans le vent.
Une forêt de palmiers et autre arbres exotiques, de nombreuses collines verdoyantes, le son de la rivière sinueuse ruisselant dans les petites clairières, une plage de sable fin entourée par quelques parois rocheuses où s'écrasaient les vagues lorsque l'océan se déchainait, et l'air marin qui venait chatouiller ses narines quand le vent soufflait.
Naminé connaissait cet environnement par cœur, car c'était celui dans lequel elle était née, et avait vécue jusqu'à ce jour. Derrière elle à sa droite, une vieille cabane en bois qui avait sérieusement besoin d'être rabibochée. La blonde se souviendrait toujours du jour où elle avait été construite. La jeune fille devait avoir environ six ans, et à cette époque, leurs parents vivaient encore parmi eux.
L'Al Bhed clôt ses paupières, laissant un flot de souvenirs venir noyer les pensées qui la tourmentaient. Elle revoyait les sourires sur les frimousses de ses petits frères jumeaux, âgés de quatre ans, alors que leur père et celui de Rikku construisaient la petite bâtisse. Ils sautillaient sur place d'un air excité, tandis qu'à leur côté, bien qu'un peu en retrait, se tenait Riku, les bras croisés, souriant doucement. Il semblait tout aussi content que ses deux amis, même s'il ne le montrait pas. Plus loin, Rikku et Selphie, du haut de leur cinq ans, faisaient de la corde à sauter chacune leur tour. Sur le petit îlot rattaché à l'île par un pont en bois, Tidus et Wakka faisaient quelques combats amicaux à l'épée, tous les deux voltigeant dans les airs, leurs petites ailes toute déployées.
Ces souvenirs de son enfance lui tirèrent un faible sourire. Désormais, ce temps était révolu...
Un jour, alors que les parents de Rikku avaient rejoints le continent pour ramener des vivres sur l'île, ils avaient malheureusement été repérés par les humains, puis s'étaient faits exécuter. Par la suite, Rikku avait été accueillie chez eux. La petite fille qu'elle était à l'époque n'eut pas l'air de se rendre compte de la gravité de la situation. Mais au bout d'un moment, quand l'attente de ses parents devint trop longue, Rikku comprit. Ce fut comme si, au fond, elle l'avait toujours su, mais qu'elle refusait d'y croire. Elle n'avait pas posé de question, acceptant la douloureuse vérité...
Quant à Tidus, Wakka et Selphie, ils étaient partis habiter en ville avec leur famille. Naminé ne les avaient jamais revus depuis... Elle ne savait même pas s'ils étaient encore vivants.
Il y eut un temps où les Al Bheds avaient droit à plus de liberté. Cela faisait plusieurs siècles que leur communauté était mal vue par les humains. On les traitait de voleurs, de monstres, ils étaient craints de tous, ce n'était pas nouveaux pour eux. Cependant, autrefois, les Al Bheds pouvaient se déplacer plus librement à travers le royaume. Leur liberté était certes restreinte, car ils ne profitaient pas de certains avantages accordés aux humains.
Mais au moins, ils avaient le droit d'exister.
Puis un jour, un déchainement de violence s'abattit sur leur peuple, exterminant leurs frères les uns après les autres. Hommes, femmes, enfants, vieillards, ils n'avaient fait aucune différence, personne n'avait été épargné. Cette véritable haine à leurs égards s'étaient ensuite étendue à tous les royaumes voisins. Avec le temps, les massacres avaient fini par se calmer... mais pas la fureur des humains. Aujourd'hui un Al Bhed se faisait immédiatement arrêter avec agressivité. Il arrivait parfois que les humains fassent preuve 'd'indulgence' et se décident à les garder en vie, préférant plutôt les réduire en esclavage. Et les Al Bheds n'avaient pas leur mot à dire, car la parole d'un esclave, d'une bête, d'un monstre ne comptait pas, et n'aura jamais aucune valeur.
Qui aurait pu croire qu'une journée aurait suffis pour que tout bascule et que leur havre de paix s'effondre.
La jeune blonde rouvrit les paupières et se cacha les yeux d'une main. Dire qu'il n'avait fallu qu'un élément déclencheur pour que ce petit monde de bonheur se fissure et s'éclate. Personne n'avait rien vu venir.
Sauf Naminé.
Et tout était de sa faute.
« Naminé ! » appela une voix au loin.
La jeune fille resserra ses genoux contre sa poitrine en entendant des bruits de pas derrière elle. Pourquoi perdait-il son temps à la chercher ?
Vu qu'elle ne répondit pas, il l'appela à nouveau, plus fort cette fois, comme s'il croyait qu'elle ne l'avait pas entendu. Ses pas se rapprochèrent, et bientôt une petite main vint se poser sur son épaule légèrement tremblante. La blonde tourna la tête vers le propriétaire de la voix. Ses yeux bleus nuit se plongèrent instantanément dans celles océan de son jeune frère, marquées par une once d'inquiétude.
« C'est donc ici que tu te cachais ? Tu m'as fait peur, je ne savais pas où tu étais... »
Le petit blond s'assit en tailleur à ses côtés et observa l'horizon. Naminé se contenta de baisser la tête, troublée par sa présence. Il ne la dérangeait pas... mais elle ressentait toujours de la nervosité quand il s'approchait trop près. Elle ressentait encore des frissons à l'endroit où Roxas l'avait touchée. Elle frotta frénétiquement son épaule gauche pour faire disparaître cette désagréable sensation.
Roxas vit alors le cahier à dessins de son aînée posé à côté d'elle. Discrètement, il y avança sa main, tentant de le saisir sans qu'elle ne le remarque. Mais elle le vit et s'empara soudainement de son carnet pour le placer sur ses genoux. Naminé le cacha ensuite sous sa robe immaculée, le rendant hors de vue. Découragé et quelque peu blessé par un tel comportement de la part de sa grande sœur, le petit blond n'osa pas lui demander la permission de regarder à l'intérieur.
Le regard bleu nuit et vide d'émotion de la blonde se dirigea mollement sur son petit frère, alors qu'elle attendait en silence que le garçon reprenne la parole. La jeune Al Bhed profita du fait que le petit blond ait détourné son attention pour détailler le visage de l'adolescent, assez enfantin pour son âge. Ses traits étaient tendus, comme s'il était soucieux, inquiet.
« Dis, Naminé... » commença le petit blond.
La jeune blonde ne se retourna pas, mais resta toute ouïe.
Même s'il ignorait si sa sœur l'écoutait vraiment, le jeune garçon continua.
« J'ai demandé à Cloud la permission de quitter l'île aujourd'hui... et il a accepté. Cela te dirait de venir avec nous ? Riku et Rikku nous accompagnent. »
Cette simple annonce suffit à la jeune fille pour la faire grimacer.
Pour toute réponse, Naminé se releva brusquement, faisant soulever le sable, et s'en alla en courant.
Roxas la regarda partir, perplexe. Avait-il dit quelque chose d'inapproprié ?
Il émit un gémissement de contrariété et s'appuya sur ses genoux pour se relever. Il ne savait plus comment se comporter avec elle. Cela en devenait décourageant. En plus... il avait l'impression qu'elle n'agissait de cette manière seulement avec lui. Raison de plus pour qu'il en soit frustré.
Au moins il aura essayer...
« Sora ? »
Le jeune blond fut sorti de ses pensées quand Riku vint le rejoindre. L'argenté était en habit de ville, qui consistait en une simple cape noire recouvrant ses fortes épaules, d'une chemise blanche et d'un gilet de coton. A sa taille était accrochée d'une ceinture sur laquelle était attachée une petite sacoche remplie de quelques munnies.
« Tu es prêt ? » demanda le jeune homme en posant une main sur l'épaule de son ami.
Roxas hocha la tête en silence et regagna le village en sa compagnie. Cloud et Rikku les attendaient devant leur tente, faisant les derniers préparatifs avant leur départ. En les voyant arriver, Cloud se redressa et lança un regard interrogateur à son petit frère.
« Où est Naminé ? » demanda t-il, curieux.
« Dans la tente, je suppose...elle ne vient pas... »
Bien que le jeune homme n'en fut pas étonné, il aurait espéré que sa sœur veuille bien se joindre à eux, pour une fois. Le blond n'en dit rien et fit passer son sac sur son épaule droite. Puis ils virent Aerith sortir de la tente, quatre petits paniers sous le bras.
« Voici votre repas, cela vous évitera de devoir acheter quelque chose aux marchands ambulants. » Elle tendit un panier chacun à ses amis, qui sentirent déjà la bave couler de leurs bouches à la vue du petit festin que leur avait gentiment préparé la jeune femme.
« Tu es sûr que cela ira ? » interrogea Cloud, perplexe. Il n'était pas très confiant à l'idée de laisser son amante prendre sa place au travail aux champs.
« Tu te fais trop de souci ! » rit-elle, amusée, même si elle était touchée par l'attention que lui portait le blond. « Ne t'en fais pas. Et puis Naminé sera avec moi ! »
Au même moment, la petite tête blonde de Naminé sortit timidement de la tente à l'entente de son prénom. Cloud sourcilla et croisa les bras, peu convaincu.
« Mais... ce n'est pas vraiment un travail de femme tu sais... il faut avoir des muscles et de la force pourAAÏE ! » Sa phrase fut coupée par un cri de douleur lorsque la brune lui tira violemment l'oreille gauche, les sourcils froncés.
« Qu'est-ce que tu insinues ? » grogna-elle, l'air mécontent. « Qu'une femme n'est pas capable de faucher du blé ? Ni de tirer une charrette ? » La jeune femme lâcha l'oreille du jeune homme, lui arrachant un petit soupir de soulagement. Mais quand il la vit saisir une fourche et la pointer en sa direction, il fit quelques pas en arrière, craignant soudainement pour sa vie. « Allez ! Oust ! Hors de ma vue, avant que je ne m'énerve davantage ! » lui ordonna t-elle, le menaçant avec son outil. Riku et Rikku prirent peur à leur tour et s'exécutèrent, suivant Cloud qui avait déjà pris ses jambes à son cou, faisant ricaner la jeune fille. Aerith le menait vraiment à la baguette.
Roxas lança un dernier regard en direction de Naminé, qui était toujours immobile devant la maison, les yeux semblant perdus dans le vide. Sa grande sœur eut l'air de s'en rendre compte, et lui fit tout simplement dos, repénétrant dans la tente, comme si de rien n'était. Le petit blond ne chercha même pas à aller la retrouver pour discuter avec elle, sachant que c'était peine perdue d'avance. Il préféra continuer son chemin, suivant son frère aîné et ses deux amis, qui marchaient déjà loin devant lui.
« KWÊÊH ! »
Le cœur de Roxas fit un bond dans sa poitrine quand il entendit ce nasillement particulièrement bruyant et strident. Il fit un demi-tour sur lui même pour voir Phœnix courir à toute vitesse dans sa direction, les yeux écarquillés d'un air paniqué. Roxas s'accroupit et le laissa monter sur son épaule, pour lui caresser la tête afin de le calmer. Dire qu'il était sur le point de partir en ville en l'oubliant dans la tente. Le jeune Al Bhed le fit entrer dans le col de sa chemise et tourna les talons, se dirigeant vers la plage où l'attendaient les autres.
« Bon, Roxas tu passes devant moi, Rikku derrière moi, et toi Riku, tu fermeras la marche. »
Cloud fit promener son regard, cherchant celui des trois adolescents alignés, afin d'être sûr qu'ils avaient bien compris ses instructions. Rikku acquiesça, mais ne dit pas mot, tout comme Roxas qui tourna la tête sur le côté, les yeux fuyants, cherchant à éviter le regard perçant de Riku.
Cloud l'avait appelé Roxas, et non pas Sora devant l'argenté.
Le jeune homme se rendit compte de son erreur et se racla la gorge. Puis il déploya ses ailes et se prépara à prendre son envol, mais une voix brisa le silence.
« Cloud, laisse-moi prendre ta place. » demanda Riku, ses pupilles ne quittant pas Roxas, qui essayait de ne pas croiser son regard. Il ne supportait pas quand le jeune homme à la chevelure argenté le fixait de cette manière.
« Pourquoi ? Ton rôle est de veiller sur Rikku. » rappela Cloud en croisant les bras. La jeune blonde fit la moue, n'aimant pas la façon avec laquelle le jeune homme la traitait. Elle était très bien capable de se surveiller toute seule, bon sang ! « Et de mon côté, je me charge de garder un œil sur Roxas. »
Riku serra les dents et les poings.
« Il s'appelle Sora ! Et il est de MON devoir de veiller sur lui ! » cria t-il, les yeux plissés d'irritation.
Roxas sentit l'argenté s'agripper à son poignet avec force, de peur qu'il ne s'éloigne de lui. Il avait mal, mais ne dit rien, ne désirant pas l'énerver davantage.
Cloud ignora royalement Riku et le poussa pour le faire lâcher son petit frère. Ce dernier massa son poignet déjà rougi par la pression qu'avait exercé l'argenté dessus.
« Passe devant, Roxas. »
Le jeune Al Bhed obéit et prit la tête de la queue. Cloud se plaça juste derrière lui, sous l'œil mauvais de Riku, qui émit un grognement désapprobateur. Rikku resta muette et passa devant le jeune homme, mal à l'aise. Elle n'aimait pas les climats de tension comme celui là. Cela arrivait souvent avec l'argenté.
Parce que Riku n'arrivait pas à accepter. Il fuyait la vérité.
« Bon... je pense qu'il est temps. »
Riku fit à contre cœur ce que lui avait ordonné le jeune homme blond, résigné. Les adolescents imitèrent Cloud, et quand il vit ses amis faire apparaître leurs ailes d'un blanc éclatant, alors que lui déployait les siennes, nettement plus obscures et moins rayonnantes, Roxas... ne sentit pas à sa place...
Il ne s'était jamais posé la question...
Pourquoi ses ailes n'étaient-elles pas comme celles des autres ? Et en quoi cela le rendait-il différent ?
« Roxas, tu viens ? » appela son frère.
« J-j'arrive ! » balbutia t-il.
Le petit blond battit des ailes et rejoignit ses amis, qui avaient déjà pris leur envol.
Depuis qu'il avait entendu Axel parler des méfaits commis par les Maudits, Roxas éprouvait une sensation de malaise à chaque fois qu'ils montraient ses ailes. Avait-il honte de ce qu'il était ? Personne ne lui avait jamais rien dit au sujet des 'Maudits'. Il ne savait même pas que les Yhka Huens étaient appelés de cette manière... comme s'ils n'étaient même pas censés exister.
Et Cloud ?
Lui qui sortait si souvent en ville, avait-il déjà entendu parler de ces bruits qui courraient à leurs sujets...? Son grand-frère avait toujours réponse à tout. Il devait sûrement être au courant. Si, oui, pourquoi ne lui avait-il jamais rien dit ? Il était tout de même le premier concerné !
Le petit blond jeta un coup d'œil sur son aîné par dessus son épaule. Le jeune homme volait calmement derrière lui, faisant attention à chacun des mouvements de son petit frère. Quand leurs regards se croisèrent, Cloud haussa un sourcil, se demandant ce que son frère avait en tête. Le plus jeune se re-concentra sur la route, ne se sentant pas encore prêt à poser toutes ces questions à son grand frère.
Il ne devait pas y penser maintenant. Il y avait beaucoup plus urgent. Il devrait plutôt réfléchir à la façon avec laquelle il pourrait se tenir éloigné du groupe pendant un moment. Connaissant son frère, cela sera assez compliqué, il sentait que ce ne serait pas une partie de plaisir. Mais il y arriverait... il trouvait toujours quelque chose...
Ce ne fut que deux heures plus tard, quand le soleil était déjà haut dans le ciel, que les trois Al Bheds atteignirent le continent. Ils survolèrent la grande forêt de pin à la sortie de la ville et ralentirent un peu, prêts à atterrir. Ils ne devaient surtout pas se permettre de se poser en ville, même dans une rue reculé. Si jamais quelqu'un les voyait, ils risqueraient d'avoir de sérieux ennuis.
Après plusieurs minutes passées à observer les environs, une main contre son front pour se cacher de la lumière du soleil, Cloud descendit de la branche où il s'était perché, rejoignant ses trois jeunes compagnons, déjà au sol.
« Bon, nous y sommes. » déclara t-il. Il se tourna vers son petit frère, qui lui lança un regard curieux, se demandant ce qu'il lui voulait. « Passe devant. Conduis-nous à elle. »
Le jeune Al Bhed se contenta de hocher lentement la tête, invitant ses amis à marcher derrière lui.
Ses compagnons le suivirent dans les rues bondées de la ville. Riku et Rikku semblaient comme captivés, émerveillés. Partout se promenaient des hommes, des femmes et des enfants et divers marchands ambulants. C'était comme s'ils n'avaient jamais vu autant de monde réuni dans un même endroit. Ce qui était compréhensible. Leur village n'était pas aussi grand, et surtout, très peu peuplé. En vérité, la majorité des Al Bheds vivaient sur le continent... ce qui était plutôt curieux.
« Cloud ? » appela Roxas en s'arrêtant. Son frère lui offrit toute son attention, inclinant la tête sur le côté.
« Un problème ? »
« Comment cela se fait-il que... une majorité d'Al Bheds vit en ville, et pas sur l'île ? Ils ont plus de chance de se faire arrêter ici... alors ce n'était pas très logique... »
Cloud stoppa net à cette question, comme s'il ne s'y était pas attendu. Son grand frère croisa les bras, mais ne répondit pas tout de suite, levant la tête d'un air pensif.
« Je ne sais pas ce qui les poussent à vouloir vivre ici. J'ignore ce qu'ils pensent. »
Il avait hésité à répondre. Roxas l'avait bien vu, il n'était pas stupide. Son frère lui cacherait-il quelque chose ?
Il mit cette pensée de côté et secoua la tête, menant le groupe jusqu'à Esméralda. Ou pouvait-elle bien être ? Il tourna la tête à gauche, puis à droite, ne voyant que des inconnus tout autour de lui. Comment allait-il la retrouver à travers toute cette foule ? Cette ville était particulièrement grande, il passerait des heures à la chercher. Et s'il demandait de l'aide ? Esméralda était devenue plutôt populaire dans la cité, peut-être que certaines personnes sauraient où elle se trouvait.
« E-excusez-moi... » fit une petite voix à sa gauche.
Roxas en fut sorti de ses pensées et tourna la tête, ses yeux se posant sur une fillette, dont les grands yeux verts émeraude étaient quelque peu cachés par un voile de cheveux bruns. Ses joues étaient légèrement empourprées, tandis qu'elle piétinait sur place, l'air timide.
Il la reconnut immédiatement.
« Olette ? » demanda t-il doucement, peu sûr de lui.
Le rouge monta aux joues de la jeune Olette, qui fut très étonnée que le garçon se souvienne encore de son nom.
Cloud posa un moment quand il vit son petit frère s'arrêter pour discuter avec quelqu'un. Il ne s'agissait que d'une enfant, mais cela ne lui plaisait. Ne lui avait-il pas dit de n'adresser la parole à personne ?
Roxas s'accroupit pour se mettre à la taille de la petite fille et sourit gentiment pour la rassurer. Seulement, ce sourire n'eut pour effet que de la faire rougir encore plus, alors qu'elle cachait ses grands yeux verts sous sa frange de cheveux bruns.
A quelques mètres, Rikku sourit malicieusement et donna un coup de coude à Riku, qui observait l'attendrissante scène, les joues gonflées et les sourcils froncés.
« Ne sois pas jaloux va ! On ne va pas te le voler ton Sora ! » plaisanta t-elle en tirant la langue.
« Je ne suis pas jaloux... » marmonna l'argenté en croisant les bras, le regard fuyant, l'air renfrogné.
Bien sûr, qu'il n'était pas jaloux, pensa t-elle en levant les yeux au ciel. Pourtant, le jeune homme n'avait aucune raison de se mettre en colère pour si peu. Elle plaisantait ! Et cette humaine n'était qu'une enfant de toute façon.
« A ce que j'en sais, lui et toi, vous n'êtes pas ensemble... » lâcha t-elle sans réfléchir.
Mais le regard glaçant que lui envoya son ainé lui fit réaliser qu'elle aurait sûrement dû se taire ou mieux choisir ses mots.
Moi et ma grande bouche... Elle était maintenant sûre qu'il ne lui adresserait plus la parole pendant un certain temps. Au moins jusqu'à la fin de la journée.
Les deux adolescents n'échangèrent plus un mot et reportèrent leur attention sur Roxas et l'enfant.
« Que puis-je pour toi ? » demanda le petit blond en cherchant le regard de son interlocutrice. Cette dernière joua nerveusement avec ses mèches de cheveux et tourna les yeux sur le côté.
« Tu...Tu as l'air perdu... alors je pensais que je pourrais t'aider. » Expliqua t-elle, toujours aussi timidement. S'il n'était pas aussi près, Roxas n'aurait probablement pas entendu une seule syllabe. Avec précaution, pour ne pas l'effrayer ou la faire fuir, le jeune Al Bhed posa une délicate main sur la petite tête brune d'Olette et lui caressa doucement les cheveux. Elle en sembla gênée, mais ne se retira pas, comme il l'aurait cru.
« Tu as vu juste. En fait, je suis à la recherche de quelqu'un. » confirma t-il.
« Qui est-ce ? »
« Elle s'appelle Esméralda. » La fillette inclina la tête sur le côté, se demandant probablement qui pouvait bien être cette personne. Elle n'avait pas l'air de la connaître. « Elle est danseuse. Tu ne connais peut-être pas son prénom, mais tu l'as sûrement déjà vue. Elle a à peu près cette taille là. » Il pointa Cloud du doigt, qui haussa un sourcil. « Elle a la peau assez foncée, de longs cheveux noirs... »
« Ah oui je vois ! » le coupa Olette en tapant une fois dans ses mains. « Elle porte des robes de toutes les couleurs, non ? » devina t-elle facilement. Roxas acquiesça.
« C'est ça. Elle ne passe pas inaperçue. » rit-il. Esméralda pouvait être très extravagante quand elle le voulait. « Sais-tu où je pourrais la trouver ? »
« Elle est sur la place des fêtes, en train de danser. »
Roxas la remercia et se releva, indiquant d'un signe de la main à Cloud et ses compagnons de le suivre. Étrangement, Olette les accompagna. Le petit blond en fut étonné, mais cela ne le dérangea pas le moins du monde. Même si elle était très timide, la fillette était une enfant gentille et agréable.
Cependant, Cloud ne partageait pas cet avis et grommela quelque chose d'incompréhensible quand il vit la jeune humaine prendre la main de son petit frère, alors que ses joues s'empourpraient légèrement.
Roxas n'avait pas l'air d'avoir pris son avertissement au sérieux...
Le jeune flûtiste leur fit traverser une bonne partie de la ville, parfois avec difficulté quand la foule devenait trop dense. Ils faillirent même y perdre Rikku, qui s'était laissée distraire par une marchande de gâteaux au miel qui lui paraissaient bien appétissants.
A un moment, les quatre Al Bheds et la petite fille durent s'arrêter pour observer un peu les environs.
Car ils étaient arrivés dans le quartier le plus pauvre de la Cité du Crépuscule, les Taudis. Ces derniers se divisaient en plusieurs secteurs, tout aussi miteux les uns que les autres. Une odeur pestilentielle se dégageait des ordures qui jonchaient le sol, lui même en très mauvais état. Les misérables maisons faites de bois qui servaient plus d'abris qu'à de véritables habitations, étaient complètement délabrées et tombaient en ruine à vue d'œil. Roxas dut plaquer une main contre son nez et sa bouche pour étouffer l'odeur putride qui lui prenait à la gorge. A ses côtés, Cloud, Riku et Rikku étaient déjà sur le point de rendre leur repas. Seule la petite Olette ne semblait pas affectée. Roxas ne s'était jamais rendu dans les Taudis. Il avait plutôt l'habitude de survoler la ville pour arriver directement en plein centre.
« Dis-moi Olette, Tu passes souvent ici pour te rendre dans le centre-ville ? » interrogea curieusement le petit blond, très étonné de voir que sa jeune amie n'était pas dérangée par l'odeur. Quand la brune s'apprêta à lui donner une réponse, une voix retentit à proximité, appelant Olette d'un air paniqué.
« Olette ! Où étais-tu passée ? Cela fait au moins une heure que nous te cherchions ! Hayner et Pence se faisaient un sang d'encre ! » cria une demoiselle en courant vers eux.
La petite fille lâcha alors la main de Roxas et se précipita dans les bras de la jeune femme, qui la serra fort contre elle. Le trio s'approcha de l'enfant et de la citadine et, en les voyant s'avancer, celle-ci ne parut pas rassurée. Elle recula de quelques pas, Olette toujours dans ses bras.
« Qui êtes-vous ? » questionna t-elle, méfiante. « Qu'avez-vous fait à ma petite sœur ? »
« Tifa, c'est Roxas. » s'empressa d'expliquer Olette pour calmer son ainée. Tifa se détendit quelque peu quand elle remarqua le doux sourire graciant les lèvres de sa petite sœur, les pommettes légèrement empourprées. « C'est le garçon qui jouait sur la place des fêtes avec les oiseaux ! »
« Oh... » souffla finalement la jeune femme en reposant Olette au sol. Elle afficha un sourire en coin et mit ses mains sur ses hanches, son regard détaillant le petit blond de haut en bas. « Vous êtes celui qui a volé le cœur de mon innocente petite sœur ? »
Olette rougit violemment et se cacha derrière Tifa, son visage enfoui dans la jupe de sa grande sœur. Roxas rit de bon cœur et fit un clin d'œil à la petite fille, dont les joues cramoisirent de plus belle.
« Vous êtes la sœur d'Olette ? » s'enquit le petit blond pour engager la conversation.
Tifa croisa les bras et soupira tristement en faisant lentement promener son regard sur les environs. A sa gauche, un vieillard était assis contre le mur à cracher ses poumons; tandis qu'à sa droite, des enfants faisaient la mendicité dans les caniveaux, alors des gens passaient, et ne leur prêtaient même pas attention.
Elle ne pouvait même plus compter le nombre de personnes sans abris qui erraient dans les rues.
« Pas vraiment... » dit-elle, pour répondre à la question que Roxas lui avait posée. Ce dernier vit la fillette s'accrocher un peu plus à la jeune femme, qui lui caressa les cheveux gentiment. « En fait, je suis un peu la 'grande sœur' de tout le monde ici... »
« Que voulez-vous dire ? » demanda Cloud, soudainement intéressé. Ce qui étonna beaucoup ses jeunes compagnons.
N'étaient-ils pas censés éviter d'adresser la parole aux humains ?
Le jeune homme blond voyait un nombre incalculable d'enfants en bas âge courir dans les rues du quartier. « La sœur de tous les enfants de la Cité ? »
Tifa hocha la tête.
« Vous avez tout compris. En fait, la majorité des enfants que vous voyez ici sont orphelins et vivent dans les taudis. » déclara t-elle.
Roxas aperçut deux petits garçons courir en direction d'Olette, l'invitant à jouer avec eux. Le jeune flûtiste reconnut immédiatement Pence et Hayner, ce dernier ne manquant d'ailleurs pas de lui envoyer un regard assassin alors qu'il prenait son amie par la main pour l'éloigner. Cloud les suivit des yeux jusqu'à ce qu'ils disparaissent au coin d'une rue.
« Vous voulez dire... que cette petite fille est également orpheline ? »
« Exactement. La mère d'Olette est décédée il y a quelques années. Elle était encore toute petite... quant à son père, il ne l'a pas supporté, et est mort de chagrin en apprenant le décès de sa femme. »
Roxas baissa tristement la tête en pensant à Olette. Le petit blond se souvenait avoir été très bouleversé par la disparition de leurs parents, six ans plus tôt. Il se demandait si la fillette avait suffisamment connu ses parents pour être véritablement bouleversée par leur mort.
Seulement, le fait de ne pas se souvenir d'eux ne signifiait pas qu'elle n'avait pas été attristée par leur perte. Roxas savait de quoi il parlait.
Car Riku, lui, n'avait jamais connu ses parents, et il s'en était difficilement remis.
« Comment sa mère est-elle morte ? » Cloud espérait ne pas avoir été trop indiscret. Tifa parut mal à l'aise et le jeune chef de famille devina que sa question avait peut-être été posée un peu trop abruptement. « Ne vous sentez surtout pas obligée de me répondre si cela vous gêne. » rassura t-il. Mais l'humaine secoua négativement la tête en souriant.
« Ne vous en faîtes pas... En fait, la mère d'Olette a été l'une des victimes de la vague de meurtre qui a secoué le royaume ces dernières années. »
Cloud se raidit alors instantanément, même si Tifa ne remarqua rien. De son côté, Roxas écoutait attentivement les explications de la jeune femme. Elle leur racontait tous les détails. La manière avec laquelle les hautes autorités s'étaient occupées de cette affaire, comment l'enquête – qui n'avait pas duré plus de deux jours – avait été menée, l'arrestation des meurtriers et la peine qu'ils en avaient encouru. Apparemment, la plupart des coupables avaient été pris sur le fait par des soldats en patrouille. Ils avaient alors été mis immédiatement hors d'état de nuire.
« Aviez-vous la preuve qu'il s'agissait bien de Maudits ? » ne put s'empêcher de demander Roxas.
Cloud, Riku et Rikku s'échangèrent des regards suspicieux et inquiets. Comment le petit blond pouvait-il être au courant de l'appellation qu'avaient attribué les humains pour désigner les Yhka Huens ?
« Je n'étais pas là pour rendre compte du massacre. Mais certains témoins affirment avoir vu un étrange individu entouré d'une brume ténébreuse, juste à côté des cadavres. Ils racontent aussi que de drôles de créatures noires trainaient dans les environs. Nous ne savions pas ce qu'elles étaient, ni même comment les nommer. Puis un jour quelqu'un a décidé de les appeler Sans-Cœur. »
Sans-coeur...
C'était curieux... mais ce nom semblait anormalement familier pour Roxas.
« Toujours est-il que même si les soldats et le reste des autorités ont tout fait pour faire payer les coupables... ils n'ont pas pensé aux enfants des victimes. Les hautes instances ne pensent jamais aux enfants. J'ai moi-même perdu mes parents étant enfant, et j'ai été élevé par un jeune couple. »
« Et donc vous avez décidé de vous occuper de ces enfants ? »
« Évidemment. Je n'allais pas les laisser livrés à eux-même. Je ne comprends pas pourquoi personne ne fait rien pour empêcher ça... »
Comme pour confirmer les propos de Tifa, cette dernière sentit quelqu'un tirer sur le bas de sa jupe courte. S'attendant à voir Olette, la jeune femme sourit chaleureusement en baissant la tête. A sa grande surprise, il ne s'agissait pas de la petite fille, mais d'un garçonnet aux cheveux bruns mi-longs, le corps un peu amaigri et recouverts d'ecchymoses. Il semblait épuisé.
« S'il vous plait... » Le jeune garçon s'accrocha désespérément à Tifa, dont l'expression restait incroyablement calme. « S'il vous plait... » répéta t-il en un sanglot. Il respirait vite et semblait sur le point de s'effondrer.
La jeune femme et les quatre Al Bheds devinèrent sans mal que cet enfant désirait de l'argent et des soins médicaux. Ses vêtements n'étaient que des haillons sales, de plus il ne portait pas de chaussures.
Roxas sentit la colère monter en lui. Comment les gens pouvaient-ils laisser passer cela ? Ce n'était pas la première fois qu'il voyait un enfant mendier dans la rue. Même s'il y était habitué, il en était toujours affligé.
Les yeux bleu nuit du garçon se remplirent de larmes alors qu'il explosa en sanglot contre la poitrine de Tifa, qui l'avait gentiment pris dans ses bras, lui caressant les cheveux d'une tendresse presque maternelle.
« Et si tu commençais par me dire ton nom ? » chuchota t-elle en le berçant doucement, sous le regard attendri de Roxas et ses compagnons.
« D-Denzel... » pleura t-il en tremblant.
« Comment t'es-tu fait ces blessures ? »
« Je... » Le jeune Denzel hésita. « J'ai été battu par les soldats. »
La mine de Tifa se renfrogna.
« Et pourquoi ça ? »
« J'ai... j'avais essayé de prendre quelque chose à manger sur le marcher... mais je n'avais pas d'argent. Alors je me suis enfui avec... et ils m'ont rattrapé... »
Les doutes de Roxas étaient donc bien fondés. Même si voler restait un crime passable de plusieurs années d'emprisonnement, l'aveu de Denzel lui confirmait bien de l'incompétence du roi actuel et du reste des hautes autorités. Tout le monde était courant de l'existence de ces enfants sans-abris, pourtant rien n'était mis en œuvre pour les aider. La majorité des habitants y restait complètement indifférente, ignorant royalement les gueux mendiant dans les caniveaux, ne demandant qu'une petite pièce. Le jeune blond ne pouvait plus supporter ce malheureux spectacle. Silencieusement, il rejoint Tifa et le petit Denzel. Quand il posa une main sur son épaule, le garçonnet réagit instinctivement et se retourna brusquement, effrayé.
« Du calme... » voulut rassurer Roxas, un index sur ses lèvres. « Me permettrais-tu de jeter un œil à tes blessures ? »
Tifa haussa un sourcil, se demandant ce que le petit blond avait l'intention de faire. Elle lâcha lentement l'enfant, qui tendit faiblement les bras, dévoilant plaies et autres écorchures. En les voyant, Roxas grimaça. Comment pouvait-on faire subir une telle chose à petit garçon ? Il fit passer doucement son pouce sur ses bleus, tentant d'apaiser la douleur.
« Ça pique... » murmura Denzel en plissant les yeux.
« Cela ne durera pas, ne t'en fais pas. » chuchota le petit blond.
Puis, tout en maintenant immobiles les frêles bras du garçonnet de sa main droite, Roxas se servit de l'autre pour soigner la plaie qui s'était formée sur son coude. Une faible lumière jaillit du creux de sa main et s'infiltra directement sous la peau du petit garçon, arrachant un halètement de stupéfaction à ce dernier. Tifa écarquilla les yeux alors que tous les hématomes sur le corps de Denzel disparurent.
Moins d'une minute plus tard, l'enfant n'avait plus mal nul part.
« Ouah... » souffla t-il, ébahi, n'arrivant pas à y croire. « Je...merci beaucoup, monsieur ! »
« Monsieur ? » s'outra faussement le jeune Al Bhed en riant. « Je t'en prie, appelle-moi Roxas. »
« D'accord, merci encore, grand frère ! » rit le petit brun.
« Grand frère ? » Roxas envoya un regard interrogateur à Tifa.
« Tous les enfants des Taudis appellent leurs aînés de cette façon. » expliqua t-elle en hochant la tête
Sur ce, Denzel tourna les talons et partit rejoindre un groupe d'enfant qui s'amusait dans les flaques d'eau.
« Et bien... je me demande où tu as appris à faire une chose pareille. Si j'en étais capable, cela résoudrait pas mal de problèmes ! » s'exclama Tifa, impressionnée par de telles prouesses. Ceci surprit d'ailleurs Roxas.
« Quoi ? Vous n'êtes pas censé connaître les sorts de guérison ? » demanda t-il.
« Non, bien sûr que non. Seuls les médecins et membres de la haute autorité en sont autorisés. »
Roxas n'était absolument pas au courant. Heureusement Axel avait été suffisamment naïf pour pour avaler ses mensonges. Cela ne serait peut-être pas aussi simple avec Tifa... La brune fit promener son regard rouge sur les quatre jeunes gens en face d'elle, une main sur son menton, l'air songeur, les fixant comment s'ils avaient quelque chose sur le visage.
« Comment cela se fait-il que vous ne soyez pas au courant ? »
« Nous ne sommes pas d'ici. » mentit aisément Cloud, sauvant son frère qui ne sut pas quoi répondre. « Bon maintenant, si vous voulez bien nous excuser, nous sommes pressés. »
Le jeune homme prit son petit frère et sa cousine par le bras et s'en alla sans rien ajouter d'autre. Riku s'empressa de le suivre, en faisant un vague signe de main à Tifa, en guise d'au revoir, que la jeune femme lui rendit.
« Au plaisir de vous revoir ! »
Je vous avais bien prévenus que ce chapitre s'arrêtait n'importe où et n'importe comment xD Mais ça devait PAS DU TOUT être comme ça au départ... Vraiment dééésolée.
Avis ? Remarque ? Là j'en ai vraiment besoin pour savoir si je mets la suite rapidement ou pas. Elle est déjà écrite, vous avez de la chance, mais je dois quand même la corriger et y apporter des modifications, mais comme je suis occupée, ça va mettre du temps. Vous voulez la suite tout de suite ou vous préférez attendre, le temps que je corrige certains trucs ?
PS : Désolée aussi pour le Roxas OOC, mais étrangement, ça sera expliqué dans le chapitre 6.
Vous devez être confus, mais c'est normal XDD vous devez vous dire "Bordel, mais Sora... wtf ? :D"
