Arf, je suis triste. Je me rends compte que cette fic suscite moins d'intérêt que mes précédentes n-n"" Bon c'est pas grave, j'y suis quand même très attachée, et je tiens à la terminer, sachant que j'y passe beaucoup de temps. Je suis désolée, j'aurais voulu vous poster ce chapitre plus tôt, avant de partir en Espagne, mais ça n'a pas été possible... Donc je le mets maintenant, deux jours avant mon départ au Japon, parce que je pense pas pouvoir vous le poster là-bas... Ce chapitre est donc la continuation du précédent. J'espère qu'il vous plaira. S'il vous ennuie, je suis désolée é-è.
Aussi, je tiens à remercier ma lilou-chan adorée pour m'avoir fait des fanarts sur ma fic ! n-n Voici l'adresse de son deviantart. Les fanarts portant l'abréviation L.A.D (Les Âmes Damnées), sont celles qu'elle a fait pour ma fic. Jetez un oeil à sa gallerie, elle est super :3 : x-lilou-chan-x . deviantart . com (sans les espaces bien entendu)
Bonne lecture ! Désolée pour les fautes, j'ai corrigé ce chapitre vraiment à la va-vite pour le poster le plus tôt possible (alors que je vous ai quand même fait attendre un mois, pardon...)
« Elle était gentille, Tifa. » sourit Rikku, les bras croisés derrière sa tête. « J'espère qu'on aura l'occasion de lui reparler. »
« Sûrement pas. » Cloud fut rapide et catégorique.
« Pourtant, tu n'avais pas l'air gêné quand tu lui parlais » pointa Riku. Roxas et sa cousine hochèrent la tête, totalement d'accord.
« Tu n'as pas intérêt à faire des infidélités à Aerith ou je lui répèterai tout. » prévint la jeune jeune blonde, tout à fait sérieuse. Depuis que son cousin avait fait la connaissance d'Aerith, la guérisseuse faisait partie intégrante de la famille. Ils la considéraient tous comme une grande sœur.
« Ne te méprends pas, Rikku. Je ne suis pas attiré par Tifa. »
« Ah bon...? » Roxas était incrédule. Il était pourtant rare que Cloud décide d'engager la conversation avec des inconnus.
« Tout à fait. J'ai juste de l'estime pour elle, malgré le fait qu'elle soit humaine. Je la respecte, rien de plus. »
Tiens donc, voilà qui était nouveau. Cloud n'avait jamais éprouvé de respect pour les humains. Ils les méprisaient, d'après ce que toute la communauté en savait.
« Et pourquoi ça ? » demanda curieusement Roxas.
« Elle doit avoir mon âge, et moi qui ai du mal à m'occuper de ma seule famille, Tifa réussit sans problème à prendre soin de tous ces enfants orphelins. On sent bien qu'elle fait tout ça plus pour eux que pour elle. C'est un acte noble et juste. C'est ceci que je respecte. J'aurai aimé m'en sortir aussi bien avec vous... »
Personne n'osa ouvrit la bouche durant un petit moment, avalant l'aveu du jeune homme.
Puis Rikku et Roxas prirent chacun l'une des mains du chef de famille, lui souriant tristement.
« Tu n'as rien à envier à Tifa, tu sais... » rassura gentiment la petite blonde en croisant son bras avec celui de son aîné. Ce dernier ne partageait pourtant pas le même avis que sa cousine, mais ne dit rien, sachant qu'elle essayait juste de le consoler.
Cependant Roxas n'allait pas s'avouer vaincu aussi facilement.
« Elle a raison. Nous ne serions sûrement pas en vie si tu n'avais pas été là, si tu n'avais pas fait tout ton possible pour prendre soin de nous. La vie que nous menons est peut-être difficile, mais nous sommes heureux comme ça... Ce que Tifa fait pour tous ces enfants est bien sûr formidable, mais ce que tu fais pour nous ne l'est pas moins. »
Roxas avait toujours ressenti une grande admiration pour son frère. Il lui était très reconnaissant de s'occuper d'eux comme il le faisait. Il savait bien que Cloud cherchait à tout prix à remplacer leurs parents. Mais il ne le pourra jamais. Cloud ne pourrait jamais prendre la place de leur père, ni de leur mère. Il n'attendait pas cela de lui. Il était leur frère. Ce qu'il faisait pour eux était amplement suffisant et Roxas ne demandait rien d'autre.
Le petit blond ignorait s'il avait réussi à persuader son aîné. Mais au moins, ses paroles avaient eu pour effet de le détendre quelque peu, faisant apparaître un léger sourire sur les lèvres alors renfrognées du jeune homme. Celui-ci ébouriffa gentiment les têtes blondes de son cadet et de sa cousine (arrachant un grognement de la part du flûtiste, qui détestait être décoiffé), et demanda ensuite à son frère de les guider jusqu'à la place des fêtes, ce que Roxas fit sans une once d'hésitation. Ce fut donc sans inquiétude, sitôt ce bref échange terminé, que le jeune Al Bhed se mit à courir dans les rues bondées du centre ville, sous les appels de Cloud, lui criant de ne pas trop s'éloigner. Il ne tenait pas à se perdre dans la Cité du Crépuscule pour chercher son petit frère. Seulement, ce dernier ne ralentit pas, mais préféra au contraire accélérer le pas quand la grande place et son estrade entourée par la foule entrèrent dans son champ de vision. Il fit une pause et attendit ses compagnons, leur conseillant de se dépêcher s'il ne voulait rien rater du spectacle.
Roxas retrouvait l'euphorie que provoquait chaque danse d'Esméralda chez les citadins. La jeune femme était vêtue d'une longue et élégante robe rouge cardinal, à laquelle était noué un foulard de la même couleur orné de petits grelots et de perles. L'ample costume bougeait à chaque mouvement de la danseuse qui se déhanchait sous le rythme déchaîné de la musique, accentué par un tambour de basque. A ses côtés, sa petite chèvre courrait sur la scène, un chapeau dans la gueule, récoltant l'argent que leur envoyait la foule, qui tapait frénétiquement des mains. Esméralda ne semblait pas avoir remarqué la présence de Roxas, sinon elle lui aurait adressé un clin d'œil, comme elle le faisait toujours. L'artiste dansait à mesure, ses envoutants yeux verts à demi clos, un mince sourire heureux au coin des lèvres. Elle envoyait quelque fois des baisers soufflés à certains spectateurs masculins, observant la danseuse avec un regard empli de passion, les joues légèrement empourprées.
Soudain, le cœur de Roxas manqua un battement quand quelqu'un l'attrapa par le bras et l'emmena loin de la foule, étouffant les cris du petit blond avec sa main gantée de noir. Mais le jeune flûtiste ne se laissa pas faire et ne se gêna pas pour mordre sans vergogne son agresseur. Ce dernier hurla de douleur, relâchant son captif qui en profita pour s'enfuir et se mélanger à la foule.
« Roxas, attends ! » appela l'inconnu en tendant une main pour tenter de rattraper le blondinet.
Bien qu'il n'en fallut pas plus au jeune Al Bhed pour le faire se décider de s'arrêter. Il se retourna alors que l'individu retirait son gant pour frotter sa main, marquée par les dents du petit blond, qui lui avait infligé une belle morsure.
« Dis donc, tu as une dent contre moi, ou quoi ? Sans mauvais jeu de mots... » demanda l'homme vêtu de ce long manteau noir que Roxas pourrait reconnaître parmi mille autres.
« Axel ? »
« Ben oui, Axel ! Tu pensais que c'était qui ? Et combien de fois t'ai-je dit de ne pas m'appeler par mon prénom en public ? Cela pourrait attirer les soupçons ! »
Roxas gonfla les joues, vexé. Axel était quand même culotté ! Dire que c'était lui qui lui avait demandé de l'appeler par son nom parce qu'il n'aimait pas être désigné par son titre. Alors comment voulait-il qu'il l'appelle dans ce cas ? Pff ! De plus cet idiot lui avait fait la peur de sa vie en apparaissant sans prévenir de cette manière.
Mais il était heureux de l'avoir enfin trouvé.
« Alors ? Pas trop surpris de me voir ? » reprit le prince, en offrant un sourire plein de dents derrière sa capuche. Seul Roxas de là où il se trouvait, était en mesure de voir son visage.
« Axel. Tu me prends par derrière, me tires par le bras sans que je ne m'y attende, m'éloignes de la foule sans un bruit en étouffant mes cris comme un brigand enlevant un enfant... Bien sûr... je ne suis ABSOLUMENT PAS surpris. Même pas le moins du monde. »
« Oui, c'est vrai. Ma question était plutôt idiote. »
« ... » Roxas préféra s'abstenir de tout commentaire susceptible de heurter le roux et son ego sur-dimensionné. Il choisit plutôt de ré-engager la conversation. « Tu m'attendais ? »
« Un peu que je t'attendais ! Sais-tu depuis combien de temps je suis planté là ? » Roxas secoua la tête. « Depuis ce matin ! »
« Ce n'est pas ma faute ! Tu ne m'avais pas précisé d'heure de rencontre alors j'étais libre de venir quand bon me semblait ! » rétorqua le petit blond. Axel croisa les bras, comme si plongé dans une profonde réflexion.
« Pas faux... »
Parfois, Axel n'était décidément pas très futé, pensa Roxas en souriant intérieurement.
Puis quelque chose l'étonna.
« Xion n'est pas avec toi ? » demanda t-il, ne la voyant pas dans les parages.
« Non, je lui ai demandé si elle voulait venir mais elle m'a dit qu'elle avait encore du travail à faire au château. »
L'adolescent se contenta de hocher brièvement la tête, compréhensif. Il était tout de même content de se retrouver seul avec le prince.
« Tiens, d'ailleurs, où est Phœnix ? » s'interrogea le rouquin, surpris de ne pas encore avoir vu le chocobo pointer le bout de son bec. Comme pour lui apporter une réponse, le petit volatile en question fit sortir sa tête du col de son jeune maître en nasillant d'un air fatigué, les yeux à moitié fermés.
« Il n'a pas très bien dormi. » expliqua rapidement Roxas, n'ayant pas très envie de dire pourquoi son petit compagnon avait été réveillé en pleine nuit. « Tout comme moi d'ailleurs. »
« Alors on est trois... » soupira le prince en se frottant les yeux, qui, maintenant que Roxas y faisait attention, était soulignés par de légères cernes.
« Il s'est passé quelque chose ? »
« Quelque chose ? Mouais... Larxene m'a encore fait passer une de ces nuits torrides... »
…
Roxas s'était attendu à tout, sauf à ça. Il se demandait bien ce que son ami entendait par 'nuits torrides'. Une image d'Axel et d'une jeune femme blonde collés l'un contre l'autre dans un même lit lui vint soudainement à l'esprit, le faisant rougir profusément. Le prince se rendit compte de sa gêne à la vue de ses joues cramoisies, et explosa de rire.
« Roxas, petit pervers ! Tu cachais bien ton jeu ! Je suis choqué ! Mais ce n'est absolument pas ce que tu crois ! »
« Non non ! Ce n'est pas ce que tu penses ! » se défendit le jeune blond en rougissant davantage. Il n'avait pas l'air de réaliser qu'il s'enfonçait encore plus.
« Oh ? Et à ton avis, à quoi pouvais-je bien faire allusion ? » reprit Axel en souriant malicieusement.
…
Le flûtiste s'était piégé tout seul sans le savoir. Il cacha ses joues rougies par la honte et l'embarras derrière ses mains et afficha une petite moue.
« C'est moi que tu traites de pervers alors que tu fais exprès d'employer des expressions pleines de sous-entendus ? » grogna t-il, les bras croisés et la tête tournée sur le côté. Il n'arrivait même plus à regarder le prince en face maintenant. Ce dernier ébouriffa énergiquement les cheveux du blondinet en riant.
« Ne te vexe pas, je te taquine, c'est tout. » Il se décida enfin à dévoiler ce qui se cachait derrière les apparences. « En fait, Larxene m'a obligé à passer une nuit avec elle. Rien de bien méchant jusque là. Nos parents ne cessent de nous répéter que si par la suite, nous en venions à vivre ensemble, il faut que nous apprenions à nous connaître. Larxene s'est donc invitée dans ma chambre. Et comme elle est très bavarde, j'ai dû l'écouter raconter sa vie jusqu'au petit matin. » Il termina son explication en baillant sans aucune gêne.
…
C'était une histoire qui tenait la route, Roxas devait l'admettre. Cela expliquerait pourquoi Axel avait l'air aussi exténué.
« Roxas. »
Le jeune blond eut un sursaut quand Cloud surgit de nul part et posa une main sur son épaule sans prévenir. Ceci lui fit penser qu'il avait complètement oublié de réfléchir à une stratégie pour s'éloigner de son frère et ses amis. A sa grande surprise, Esméralda et sa petite chèvre accompagnaient le jeune homme. Ils semblaient déjà avoir fait connaissance. L'animal vint tout de suite lécher le bout des doigts du blondinet dès qu'elle le vit. Quant à Esméralda, elle avait retiré sa belle robe de spectacle pour la tenue plus commune qu'elle portait d'habitude.
« Roxas, je pensais t'avoir prévenu. » gronda son frère.
Axel fit passer son regard de son ami au jeune homme, se demandant quel lien pouvait bien unir les deux blonds.
« Roxas qui est-ce ? » questionna le prince en pointant Cloud, Riku et Rikku du doigts.
L'adolescent était tellement occupé à chercher une explication à donner à son frère, qu'il en avait presque oublié la présence du dauphin.
« Oh oui, excuse-moi, Axel. Je vais faire les présentations. »
…
Cloud crut durant un instant que son monde était sur le point de s'écrouler. Il sentit sa gorge se dessécher, et son estomac se retourner.
Avait-il bien entendu ? Il espérait que ses oreilles lui fassent défauts. Ce n'était pas possible...
Pas Axel ? Cet Axel ?
« Axel, je te présente Cloud, mon grand frère. Cloud, c'est Axel, le prince de- » Roxas fit une pause, réalisant qu'il avait eu l'intention de révéler l'identité du roux. « Un ami que j'ai rencontré il y a une semaine. » se rectifia t-il aussitôt.
« Enchanté. » sourit le dauphin en tendant une main pour saluer le grand blond.
Ce dernier resta muet – presque impassible aux yeux de son petit frère. Mais alors il prit la parole et déclara solennellement :
« Axel Gottfried Ludwig Ignir Von Abenddämerung, héritier de la couronne des Terres Crépusculaires. »
Le prince faillit s'étrangler.
Un lourd silence s'imposa, jetant un froid dans l'atmosphère.
Axel fut tenté de prendre ses jambes à son cou. Heureusement que le blond n'avait ni parlé trop fort ni dit son prénom en pleine foule.
Roxas sentit Phœnix pointer le bout de sa tête hors de son sol, se demandant sûrement pourquoi tout était aussi calme si soudainement.
Comment Cloud avait-il pu deviner son identité ?
Heureusement, Esméralda se racla bruyamment la gorge pour signaler sa présence et sourit naturellement, brisant ainsi cette ambiance pesante qui s'était installée.
« Et donc vous être le grand frère de ce chenapan ici présent ?Il n'est pas trop insupportable ? » demanda t-elle pour faire la conversation.
« Chenapan... » Roxas afficha une petite moue faisant bien rire Axel, qui lui ébouriffa les cheveux, amusé.
« C'est exact. Vous devez certainement assez bien le connaître pour le traiter de chenapan... » répondit Cloud d'un air désintéressé.
« Pensez-vous ! » soupira dramatiquement la danseuse. « Il m'en a fait voir de toutes les couleurs depuis le jour où nous nous sommes rencontrés. » Roxas ouvrit la bouche pour protester, mais Esméralda ne lui en laissa pas le temps. « Voulez-vous savoir comment cela s'est passé ? Je suis sûre que cela vous intéresserait. »
« Euh... je... »
« C'était il y a quelques mois. Je dansais sur la place quand tout à coup- »
« Mademoiselle, je n'ai pas le temps de vous écouter. » l'interrompit Cloud, ne voulant pas la vexer. Mais la danseuse fit semblant de ne pas avoir entendu sa complainte et continua sur sa lancée.
« J'ai vu une tête blonde parmi un groupe d'enfant regardant la scène. Je ne pouvais pas le manquer, avec une coiffure pareille. » Elle rit de sa propre plaisanterie (qui ne fit même pas pouffer Roxas) et reprit, empêchant Cloud de la couper.
Puis elle parla, bavarda, comméra de longues minutes durant, tandis que le jeune homme blond hochait la tête de temps en temps comme pour montrer qu'il écoutait, sachant bien qu'en réalité, c'était à peine s'il comprenait la moitié de ce qu'elle lui racontait. Il n'avait rien à apporter dans une conversation sur la danse et la musique.
A un moment donné, Esméralda fit discrètement un clin d'œil à Roxas, qui en resta perplexe. Ce fut alors qu'il sentit une main se poser sur son épaule.
« Allons y, Roxas. » lui chuchota Axel à l'oreille.
Confus, le flûtiste sourcilla et reporta son attention sur son amie, qui lui sourit malicieusement, le pouce levé.
« Allez, file ! » souffla t-elle alors que Cloud ne la regardait pas. « Je le retiens ! »
Le visage de l'adolescent s'illumina d'un énorme sourire, et il vérifia si Riku et Rikku le surveillaient. Rikku s'amusait avec la petite chèvre d'Esméralda alors que l'argenté était aux côtés de Cloud qui supportait toujours l'épuisante et extravagante danseuse. Axel et Roxas profitèrent du fait qu'ils aient le dos tourné pour reculer de quelques pas, se noyant progressivement dans la foule de passants. Lorsqu'ils furent suffisamment éloignés du petit groupe, le prince prit le bras de son ami et l'invita à le suivre, le forçant à se dépêcher.
« Où va t-on ? » s'enquit le jeune Al Bhed, se demandant pourquoi le rouquin avait l'air aussi pressé.
« Sur l'horloge. » lui répondit-il simplement.
« Mais pourquoi courir ? Elle ne va pas s'en aller à ce que je sache. »
Axel se mit à rire doucement et dit :
« Je le sais bien, pour qui me prends-tu ? » Il tira la main de son compagnon et accéléra le pas. « Il y a juste quelque chose que j'aurais aimé éviter. C'est pour cette raison que nous devons faire vite. »
Le petit blond se contenta de cette vague réponse. Bien que peu satisfait, il accepta docilement de suivre le prince, dont les traits étaient tendus. Que pouvait-il bien avoir en tête pour paraître aussi inquiet ?
« Voilà ce que je voulais à tout prix éviter... » grogna Axel en se pinçant l'arrête du nez.
Les deux amis étaient finalement arrivés en haut de l'horloge de la Cité du Crépuscule. Et Roxas comprit parfaitement pourquoi Axel était aussi embêté. Il ne s'était pas attendu à ce que quelqu'un autre connaisse l'existence de cet endroit. Ce qui fit qu'il fut très surpris de voir d'autres personnes assise à leurs places respectives. Il s'agissait de deux jeunes filles, chacune portant un manteau noir identique à celui du prince. L'une d'entre elle avait une chevelure acajou, lui arrivant jusqu'à ses maigres épaules. Ses yeux étaient étaient d'un étincelant bleu nuit. Elle ressemblait beaucoup à Naminé et Xion, maintenant qu'il y pensait. Les iris vert profond de la seconde adolescente aux cheveux bruns rebiqués, étaient fixés sur l'horizon. Aucune d'elles ne semblaient avoir remarqué leur présence.
« Kairi. » appela Axel, les bras croisés.
L'aînée eut un petit sursaut et fit face au roux, qui tapait du pied, l'air impatient et agacé.
« Oh ! Grand frère ! Quel bon vent t'ammène ici ? » s'exclama t-elle, tout sourire.
Roxas haussa les sourcils, surpris. Grand frère ? Roxas avait presque oublié qu'Axel avait une petite sœur...
« Tu plaisantes, j'espère ? Je t'avais pourtant prévenue que je viendrais ici ! » rétorqua le prince, visiblement très dérangé par la présence de la princesse et de son amie.
« Oh... » Kairi tenta de dissimuler un sourire sournois derrière sa main. « Et bien tu n'aurais pas dû. Ta place est prise. Si tu étais arrivé un peu plus tôt, peut-être aurais-tu eu plus de chance. Je t'invite à trouver un autre point de vue pour regarder le coucher de soleil. » répondit-elle innocemment.
« Petite peste ! »
Roxas n'aurait jamais pensé qu'il verrait un jour cette face cachée de la personnalité du prince. Il semblait tellement furieux que le petit blond était persuadé de pouvoir voir de la fumée sortir de ses oreilles. Kairi avait l'air de prendre un certain goût à taquiner son grand frère. La vision d'un Axel complètement impuissant face à sa petite sœur amusait énormément la jeune fille.
« Je ne sais pas ce qui me retient de t'étriper ! » grogna le roux, qui s'arrachait presque les cheveux.
« Le fait que tu m'adores et que tu ne pourrais pas faire une égratignure à ta petite sœur chérie ! »
Axel soupira mais ne rétorqua rien; Roxas en conclut que Kairi avait raison.
Attendri, le jeune flûtiste afficha un sourire de nostalgie. La relation entre le prince et la princesse lui rappelait celle qu'il entretenait avec Sora, il y avait quelques années.
A l'époque où le châtain était encore de ce monde. Il se souvenait que son jumeau prenait souvent un malin plaisir à l'embêter gentiment, comme le faisait Kairi avec son frère.
Alors que Roxas était perdu dans ses pensées, Axel continuait de se disputer avec Kairi, qui lui tirait insolemment la langue, montrant clairement qu'elle n'avait que faire des remontrances de son frère aîné. Le petit blond apprit par la suite que la princesse avait décidé de suivre le jeune homme en ville en douce, en compagnie de sa servante, la personne assise à ses côtés. Elle n'avait d'ailleurs pas dit un mot depuis leur arrivée. Était-elle timide à ce point ?
« Axel, qui est-ce ? » demanda Kairi, remarquant enfin la présence de Roxas. Le dauphin passa un bras autour des épaules du jeune blond et lui tapa amicalement dans le dos.
« C'est Roxas, le garçon dont je t'avais parlé. » La rousse lui sourit et acquiesça d'un signe de tête, ravie de faire sa connaissance.
Cependant, quelque chose frappa particulièrement le jeune Al Bhed, il jura que son cœur avait cessé de battre l'espace d'une seconde.
D'un coup, la servante de la princesse avait détaché son regard du crépuscule et tourné la tête en sa direction, les yeux écarquillés.
Et quels yeux... Personne à par lui ne s'en rendit compte, et c'était tant mieux. Roxas ne voulait surtout pas que cela attire les soupçons des membres de la famille royale.
Car ces yeux vert émeraude étaient tout ce qu'il y avait de plus intrigants. Ils possédaient cette particularité, cette marque, presque invisible à l'œil humain, mais tellement flagrant pour les Al Bheds. Ses pupilles n'étaient pas ordinaires. Ces dernières étaient spiralées. Et surtout, ses iris possédaient cette petite touche de vert pâle, si caractéristique à leur peuple.
Impossible...
« Selphie ? » lâcha Roxas, sans s'en rendre compte.
La jeune fille se pinça les lèvres et reporta son regard vers l'horizon orangé, décidant d'ignorer le petit blond, qui sourcilla, perdu. Axel et Kairi étaient tout aussi confus que lui.
« Vous vous connaissez...? » demanda la princesse, une main sur la joue. La petite brune ne répondit pas à sa maîtresse, ce qui n'eut pas l'air de la déranger. Il semblerait que les deux adolescentes partagent le même lien qui unissait Axel et Xion.
« Roxas ? » appela à son tour le prince, espérant au moins une réponse de la part de son ami. Mais même celui-ci ne daigna pas lui répondre.
Le flûtiste baissa la tête et bégaya un peu avant de pouvoir enfin trouver les bons mots pour expliquer la situation.
« Je... pensais mais... je me suis peut-être trompé de personne...ce n'est pas la même... »
« Hm... » Axel trouvait cela quand même assez douteux. Il faudra qu'il pense à mettre les choses au clair avec lui quand ils se retrouveraient seuls tous les deux.
« Selphie ? » s'enquit Kairi, curieuse.
« Je ne le connais pas... » répondit très brièvement la domestique.
Elle ne prit même pas la peine de le regarder dans les yeux pour lui dire cela, ce qu'Axel trouvait bien irrespectueux, bien que Roxas ne lui tint pas rigueur.
Détestant quand l'ambiance était aussi lourde et pesante, Kairi se leva et s'étira.
« Bon, je pense que notre escapade a duré assez longtemps. Rentrons, Selphie. D'accord ? »
La jeune servante acquiesça silencieusement et imita la princesse, époussetant légèrement son manteau sali par la poussière.
« Si nos parents me demandent, dis leur que tu ne m'as pas vu. » avertit Axel.
« Pas de problème ! Mais tâche de ne pas trop faire patienter Larxene, quand même. Cela ne se fait pas de faire attendre une dame... » La princesse laissa sa phrase en suspens, consciente qu'Axel savait parfaitement où elle voulait en venir.
Le prince cracha un juron que Kairi aurait préféré ne pas entendre, elle qui détestait les grossièretés.
Ses parents avait décidé d'organiser pour la énième fois un diner réunissant sa famille et celle de la future reine. La dernière fois, Axel était arrivé volontairement en retard, ce qui n'avait pas plu à la jeune femme, qui s'était bien gardé de le faire remarquer. Cela aurait donné une mauvaise impression au roi à son sujet. Elle était du genre à faire très attention à son image et sa réputation.
« J'y penserai... » se résigna t-il. Sa sœur lui fit un sourire entendu et s'éloigna en compagnie de Selphie, qui resta muette, partant sans un au revoir. Elle prit cependant le temps de lancer un dernier coup d'œil à Roxas avant de s'en aller.
Le petit blond fut sidéré par la force de son regard. Il était fixe et hypnotique, comme si la jeune fille désirait le contrôler et l'analyser. Et par dessus tout, Roxas était presque certain de parvenir à y lire... du mépris... de la haine... du dégoût, dans ses grands yeux verts transperçants.
S'agissait-il bien de Selphie ? La Selphie avait qui il jouait durant son enfance. Roxas n'était plus sûr de lui... la froideur et le détachement avec lesquels elle s'était adressée à lui ne ressemblaient absolument pas à son ancienne amie.
« Roxas, hé ho ! »
Le petit blond se sentit bougé dans tous les sens quand Axel lui attrapa les épaules pour le secouer, afin de le ramener à ses esprits. Il cligna des yeux plusieurs fois et se gratta la tête, embarrassé.
« Laisse-moi deviner... tu étais dans la lune ? »
L'adolescent hocha la tête, tout penaud, arrachant un sourire taquin au jeune homme roux.
« Je commence à m'y habituer, de toute façon... »
Il haussa les épaules et s'assit, repliant une de ses jambes. Il tapota la place vacante à sa gauche, indiquant au petit blond à en faire de même. Roxas s'installa à ses côtés, laissant suspendre ses jambes dans le vide.
Les jeunes hommes restèrent quelques minutes à fixer l'horizon, chacun plongé dans leurs pensées. Celai faisait maintenant une semaine qu'ils se connaissaient. Ils ne se voyaient pas souvent, ayant tous deux des obligations à respecter. Et pourtant, aucun n'avait l'impression que leur rencontre n'était que toute récente. En comptant le jour où ils s'étaient aperçus pour la première fois, ils ne s'étaient vu seulement cinq fois. Et à chaque fin de journée, Axel l'avait emmené en haut de l'Horloge de la Cité du Crépuscule pour manger une de ces friandises achetées sur le marché. Tout se faisait simplement et naturellement.
« Axel ! Roxas ! »
Les deux compères se tournèrent vers Xion postée contre le mur, les mains sur les genoux, essayant de reprendre son souffle.
« Je me disais bien que je vous trouverai ici. » dit la servante en s'installant à gauche de Roxas.
« Tu as couru ? »
« Oui même si j'ai terminé plus tôt que prévu. Bien que j'avais un peu peur de vous avoir raté... surtout que j'ai apporté quelque chose de spécial ! »
Les garçons haussèrent un sourcil, se demandant bien ce que Xion leur avait préparé.
« Et qu'est-ce que c'est ? »
Xion sourit jusqu'aux oreilles et dévoila finalement ce qu'elle avait voulu cacher.
« Tadam ! » s'exclama t-elle.
Elle leur présenta trois petits sacs marrons, fermés par un joli ruban couleur doré.
« Des sacs...? » fit Axel, peu impressionné. Il s'attendait à plus.
« Regarde à l'intérieur, idiot ! »
Axel et Roxas s'exécutèrent et ouvrirent leurs petits sacs. A l'intérieur se trouvaient quelques petites sucreries qui leur paraissaient bien appétissantes.
« Qu'est-ce que c'est ? »
« Des caramels au lait et au beurre salé ! J'avais un peu d'argent sur moi, alors j'en ai profité ! »
Le jeune blond prit l'un des bonbons et le fourra entre ses lèvres, savourant la douceur de la friandise alors qu'elle fondait lentement sous sa langue. Satisfait, il en saisit un autre et le dévora aussi rapidement que le premier.
« Alors ? Verdict ? »
« Délicieux. » sourit Roxas en mâchant lentement le caramel entre ses dents. Cela faisait longtemps qu'il n'avait pas mangé de sucreries, et ça lui avait manqué.
Les trois amis mangèrent en silence, chacun appréciant cette courte pause à regarder le coucher du soleil. A partir du début de l'après-midi, le crépuscule faisait son apparition pour rester en place jusqu'au soir. Ce phénomène était très curieux et restait inexpliqué des scientifiques. Cela avait valu au royaume le titre de Terres Crépusculaires, nom qui lui sciait parfaitement.
Une fois son sac de caramels vide, Roxas le posa sur ses genoux et lécha avec délectation le sucre qui s'était collé sur ses lèvres. Il croisa les jambes et redressa la tête vers les cieux puis soupira de contentement. Si seulement il pouvait rester ainsi toute sa vie. Le petit blond s'allongea de tout son long et leva une main pour cacher la lumière du crépuscule qui venait l'aveugler.
Il avait envie de déployer ses ailes tout d'un coup. Se jeter dans le vide, ouvrir ses ailes tout en se laissant porter par le vent.
Le garçon soupira, sachant qu'il ne pouvait pas se le permettre avec Axel et Xion juste à côté de lui.
Le petit blond croisa ses bras dernière sa tête et profita du fait qu'Axel ait les yeux fermés pour le détailler du regard.
Il était parfaitement détendu, complètement à son aise, un léger sourire aux lèvres.
Cela était peut-être un peu rude de penser une telle chose, mais Roxas ne voyait pas du tout son ami diriger un royaume aussi grand que celui des Terres Crépusculaires. A ce qu'il en savait, cela demandait beaucoup de responsabilité. Pour lui, Axel n'avait pas la tête de l'emploi, et il était certain que le roux partageait le même avis que lui.
En reportant son attention sur le rouquin, le petit blond remarqua la matéria de feu qu'il lui avait prêté accrochée autour de son cou. S'il observait d'un peu plus près, il pouvait voir que le rayonnement de la sphère avait quelque peu diminué.
Ceci le fit sourire.
« Tu t'es entraîné ? » devina le jeune flûtiste.
« Hm ? » Le prince rouvrit les paupières et Roxas pointa sa matéria du doigt. « Ah, ça ? Oui un peu, ce matin. »
« Toute la soirée tu veux dire ! » ajouta Xion, se joignant à la conversation. « J'étais avec lui, et je peux te dire qu'à certain moment, j'en ai presque craint pour ma vie ! »
« Hein ? »
« Je te jure ! A un moment il a mis le feu à un énorme morceau de bois dans la forêt. Et il a eu du mal à l'éteindre. Un peu plus, et cela aurait provoqué un incendie ! »
« N'importe quoi ! » protesta le dauphin, les sourcils froncés. « Je l'ai facilement maîtrisé ! »
« Tu plaisantes j'espère ? J'ai dû aller chercher toute une marmite d'eau pour l'éteindre ! Sans compter que tu as même failli mettre le feu à tes cheveux à un moment. »
« Roxas, elle ment, ne l'écoute pas. » supplia le rouquin. Ses joues rougirent violemment lorsque le petit blond se mit à rire, comme s'il se moquait de lui.
« J'ai même la preuve qu'il s'est blessé ! » pointa fièrement la domestique en gonflant le torse.
« Ah oui ? Et bien, montre-moi ça. Je serais bien curieux de savoir ce que c'est ! »
La jeune fille se saisit alors de l'une des mains et sourit sournoisement.
« A ton avis, Roxas. Pourquoi Axel a t-il retiré un gant, mais pas l'autre ? »
Le garçon inclina la tête sur le côté, n'en ayant absolument aucune idée. Le dauphin cependant comprit tout de suite, et grogna de frustration quand Xion lui enleva son gant noir, dévoilant une grande brûlure recouvrant tout le dos de sa main.
Le jeune Al Bhed ouvrit grand la bouche quand il jeta les yeux sur la blessure. Si ce que disait Xion était vrai, les flammes avaient méchamment mangé la peau du prince.
« Appuie pas si fort, ça fait mal ! » cria le jeune homme quand Xion serra sa main.
Roxas n'en doutait pas une seule seconde.
« Cela t'apprendra à faire des bêtises ! Heureusement que j'étais là pour te dire d'arrêter tout ! Tu n'étais même pas capable de te soigner tout seul avec la magie. »
« Tes premiers soins n'ont pas servi à grand chose non plus, j'ai toujours mal, je te signale. » rétorqua le rouquin en faisant la moue.
« C'est bien fait. Tu ne recommenceras plus comme ça. »
« Ce n'est pas un problème, je peux te soigner moi... » essaya de rassurer Roxas pour tenter de faire cesser leur petite querelle. « Mais fais attention, maîtriser le feu ne veut pas dire que tu es immunisé contre les brûlures. »
« T'occupes, ça va passer. »
« Axel, arrête de faire le fier et accepte la proposition de Roxas. » gronda Xion, les mains sur les hanches.
A contre-cœur, Axel laissa Roxas le soigner, sous le regard sévère de Xion, qui le fixait les bras croisés, l'air autoritaire.
« Tu ferais une bonne mère de famille. » ricana t-il.
La jeune fille gonfla les joues et regarda sur le côté, presque outrée par sa remarque.
« Jamais de la vie... »
« Pourquoi ça ? » demanda Roxas, curieux, qui s'affairait toujours à guérir la blessure sur la main du prince.
« Je n'aime pas les enfants... »
« Ah dommage. Moi qui comptais sur toi pour t'occuper de mes enfants plus tard... »
« Vos enfants, à toi et à Larxene, ne pourront être que des petits monstres. Alors non merci. »
« ... »
« Mais tu n'as jamais été intéressé par... enfin tu n'aimerais pas partager une relation avec garçon qui te plaise ? » questionna Roxas.
La domestique mit une main sur son menton et réfléchit un petit moment.
Il y en avait bien un...
« Ah...? Xion est amoureuse ? Comme c'est mignon. » susurra le rouquin. Ceci lui valut une tape derrière la tête. « Aïeuh ! »
« Je n'ai pas dit ça. » répondit la brune en croisant les jambes.
« Mais tu te taisais, alors je pensais que Roxas avait vu juste. »
« En fait... » commença la servante. « J'ai croisé un garçon sur le chemin... et j'avoue qu'il ne m'a pas laissé indifférente. »
« Oh ? Comment était-il ? »
« Beau. »
« Euh... mais encore...? »
« Ce qui m'a le plus troublée, c'était la couleur de ses longs cheveux. Je n'en avais jamais vu d'aussi clairs. Des cheveux très argentés, voire blancs... je ne sais pas trop comment les décrire... »
Ceci suffit à attirer l'attention de Roxas. Une longue chevelure argenté ?
Le petit blond ne connaissait qu'une seule personne correspondant à cette description, et c'était Riku.
« Roxas, ce ne serait pas le garçon avec qui tu étais tout à l'heure ? » demanda Axel.
Le petit blond acquiesça, murmurant un 'peut-être', mal à l'aise. S'il s'agissait bien de Riku, alors Xion pouvait d'ors et déjà abandonner l'idée de se rapprocher de lui. Son ami argenté était tout aussi peu sociable avec les humains que le reste de la communauté Al Bhed. Contrairement à lui, il ne chercherait jamais à essayer de sympathiser avec eux, ni même leur parler.
De plus, il se souvenait encore de la malheureuse rencontre entre Riku et Xion... Heureusement qu'elle ne se souvenait de rien grâce aux pouvoirs de Naminé.
« Tu pourras me le présenter ? »
« Euh... »
« Non, Roxas. Tu perdrais ton temps. Elle pourrait le faire fuir avec son caractère de chien. » déclara nonchalamment Axel en baillant.
Peut-être aurait-il dû s'attendre à recevoir un second coup de poing ?
« Mais pourquoi tu m'as frappé ? » cria le roux en massant la vilaine bosse.
« Pour te faire taire. »
« Sais-tu ce qu'est l'humour ? »
« Oui, mais le tien ne vole vraiment pas très haut. »
« Tu ne sais pas t'amuser... »
Roxas ne chercha pas à les séparer de nouveau, sachant que cela ne servirait à rien. Ils trouveraient obligatoirement un autre sujet sur lequel ils ne seraient pas d'accord et se disputeraient. Le petit blond commençait à avoir l'habitude.
Mais il ne s'en lassait pas. Roxas serait pas prêt à supporter n'importe quoi si cela lui permettait de rester à leurs côtés.
Même s'il savait que sa place n'était pas parmi eux, et qu'elle ne le sera jamais.
Quelques heures plus tard, le groupe d'Al Bhed était retourné sur l'île du Destin. Exténués par leur journée, Roxas, Rikku et Riku s'étaient endormis presque immédiatement après leur entrée dans la tente.
Les poings de Cloud tremblaient de rage. Le blond avait du mal à contenir sa colère.
Il n'était pas dupe. Le jeune homme avait très bien Roxas s'enfuir avec le prince.
Mais il n'avait rien fait pour l'en empêcher. Rien du tout. Il l'avait plutôt laisser faire.
Il s'adossa contre un arbre et s'y laissa glisser lentement, le visage enfoui dans ses mains.
« Axel Gottfried Ludwig Ignir Von Abenddämerung... » murmura l'Al Bhed et se mordant la lèvre.
Il savait qu'il aurait dû s'y attendre. Mais il avait tant espéré... tant souhaité que ce moment n'arrive jamais. Le jour où Naminé lui avait fait part de sa prédiction, Cloud avait tant redouté ce moment.
« Cloud ? »
Le jeune homme ne réagit pas tout de suite à la voix d'Aerith, qui s'approchait de lui à petit pas. Derrière elle, Naminé marchait les yeux baissés, son carnet à dessin contre sa poitrine.
« Tu étais au courant, n'est-ce pas ? » demanda Cloud, en souriant amèrement. Aerith ferma les yeux et baissa tristement la tête.
« Oui... je l'ai appris... »
« Alors pourquoi tu ne m'as rien dit ? » hurla t-il, furieux.
« Parce que Roxas m'avait fait promettre de ne rien répéter ! Il ne voulait pas que tu saches qu'il avait été en contact un humain, et encore moins un membre de la famille royale ! »
« Si tu m'avais prévenu plus tôt, nous ne serions pas dans cette situation ! »
Aerith baissa la tête, confuse.
Tu te trompes... Il était déjà trop tard quand Axel et Roxas se sont croisés dans cette ruelle...
« Alors... que faisons-nous ? »
Cloud ferma les yeux, affichant un air pensif durant quelques instants.
« Je suppose qu'on ne peut rien faire maintenant... »
« Tu es donc d'accord pour qu'ils puissent continuer à se voir ? » demanda t-elle, surprise.
« Même si ça ne me plait pas, nous n'avons pas le choix... c'était inévitable... pas vrai, Naminé ? »
Sa sœur resta muette, mais baissa tristement les yeux.
« Et puis, au moins... Roxas est heureux... »
Pourtant, Naminé avait un très mauvais pressentiment... le bonheur de Roxas ne durerait pas éternellement...
Assise à sa coiffeuse, la princesse Kairi vit dans le reflet de son miroir sa servante assise sur son lit, les yeux perdus dans le vide. Elle était bien silencieuse depuis leur retour au château, ce qui ne lui ressemblait guère.
« Selphie, quelque chose te tracasse ? » demanda t-elle, inquiète pour son amie.
La petite brune sursauta et offrit toute son attention à sa maîtresse, qui était venu s'installer à ses côtés.
« J'ai bien vu qu'il y avait un problème, tu sais. Tu ne peux rien me cacher... »
« Je... » La domestique se tortilla nerveusement les doigts et afficha un petit sourire, pour rassurer son amie. « Tout va bien, ne t'en fais pas... »
« Ne me mens pas, Selphie. C'est ce garçon que nous avons vu le Clocher qui te préoccupe ? Roxas, pas vrai ? »
La brune se raidit à la mention du jeune blond. Elle déglutit et détourna le regard pour éviter de croiser celui de la rouquine.
« Il fait parti de ton peuple, les Al Bheds ? »
« Je... »
Kairi n'avait rien contre les Al Bheds, du moment qu'ils n'étaient pas des Maudits.
La rousse était la seule à connaître les origines de sa jeune servante. Elle l'avait su le jour où la brunette avait été choisie par le Roi et la Reine pour être la servante personnelle de la princesse. Regarder leurs yeux n'était pas le seul moyen de reconnaître un Al Bhed. Ils avaient tous cette marque noire en forme d'aile tatouée sur une partie de leur corps. Le tatouage de Selphie était particulièrement visible... Il était sur sa nuque, mais par chance sa masse d'épais cheveux bruns lui permettait de ne pas être découverte.
« Oui... » répondit Selphie. « C'est un ami d'enfance... »
« Ah bon ? Mais dans ce cas, tu devrais être contente à l'idée de l'avoir retrouvé ! »
Malheureusement cela ne fonctionnait pas comme ça.
Selphie avait ressentie un frisson la parcourir à l'entente du prénom du garçon. Et cette désagréable sensation était toujours présente en elle depuis ce moment précis. La jeune fille avait beau frotter sur ses bras pour se réchauffer, ce froid, ce sentiment d'insécurité persistait.
Cela faisait plus de six ans qu'elle n'avait pas revu Roxas.
Et en toute honnêteté, la domestique aurait désiré ne plus jamais avoir à l'approcher.
« Il m'avait pourtant l'air bien gentil... » dit Kairi, pensive.
La princesse ne comprenait absolument pas pourquoi Selphie était aussi perturbée. Si Axel avait réussi à sympathiser avec Roxas, alors ce jeune blond ne pouvait qu'être quelqu'un de bien; lui qui était parvenu à faire retrouver le sourire à son frère. Il lui était tellement rare de voir le prince afficher autant de gaieté.
Kairi savait que la présence de Xion à ses côtés aidait le roux dans la vie de tous les jours. Cependant, ce château spacieux, cette richesse, ce luxe, et la présence de tous ces domestiques le ramenaient à la réalité : Axel était un prince, et plus précisément l'héritier du trône. Bientôt, il aurait à suivre les traces du Roi Éric et régner sur le royaume, avec toutes les responsabilités que ce statut impliquait.
La princesse était très appréciée parmi les habitants du royaume, et chacune de ses sorties avaient tendance à attirer les foules... C'était l'une des raisons pour laquelle la jeune fille avait décidé de suivre l'exemple de son frère en se vêtissant de ce long manteau de cuir noir. Ainsi, personne ne pourrait la reconnaître pendant ses escapades.
Kairi, bien qu'étant la sœur cadette d'Axel, la rousse avait moins de contraintes que le jeune homme. Elle était plus libre, même si elle pouvait demander à être escortée durant ses promenades en ville. Mais elle ne préférait pas. D'un côté, étant comme son frère, elle ne supportait pas les formalités, n'appréciant pas le fait d'être traitée différemment et de passer au dessus des lois sous prétexte qu'elle était de sang royale. La présence de soldats à ses côtés l'étouffait. De plus, selon le Roi, une escorte n'était pas nécessaire...
Car pour lui, le risque de perdre sa fille était bien moins inquiétant que celui de se faire enlever le futur Roi, Axel.
Bien que Kairi ne s'en plaignait pas, le manque de d'intérêt de son père à son égard blessait beaucoup la rouquine.
Cissnei, elle, avait été tellement parfaite.
Le bruit de quelque chose qui se brise au sol la fit sursauter. La princesse regarda dans le reflet de son miroir et vit Selphie à genoux, ramassant les morceaux de porcelaine du service à thé qu'elle avait renversé au sol.
« Tout va bien, Selphie ? » l'interpella t-elle en s'agenouillant à ses côtés.
La petite domestique adressa un regard mouillé à sa maîtresse, les larmes dévalant son visage fin.
« Je suis désolée, Kairi... » s'excusa t-elle en tentant d'étouffer ses sanglots. « Je n'arrive plus du tout à me concentrer sur ce que je fais... je- » Kairi la prit dans ses bras avant qu'elle n'en dise plus.
« Chuut... tout va bien... » chuchota t-elle tout en lui caressant doucement les cheveux en un geste réconfortant.
Kairi ne l'avait jamais vue ainsi. Où était passé l'enjouée et la généreuse Selphie ? Celle qu'elle avait toujours connue ? La princesse ignorait encore pourquoi revoir Roxas était parvenu à mettre sa jeune amie dans un état aussi pitoyable. Le mystère entourant ce garçon s'épaississait et l'intriguait de plus en plus. Comment Axel et lui s'étaient-ils rencontrés ? Où ? Quand ? A ce qu'elle en savait, son frère méprisait les Al Bheds, leur simple vue le débectait, et ce depuis la mort de Cissnei. Ce qui signifiait que le petit blond n'avait rien laissé filtré au sujet de ses origines. Quelques étaient ses intentions ? L'adolescent avait eu l'air d'être quelqu'un de doux et serviable. Mais que pouvait-il bien se cacher derrière ce visage angélique ?
Kairi se jura intérieurement d'obtenir les réponses à toutes ces questions, et ainsi sécher les larmes de celle qu'elle considérait comme sa petite sœur.
Note 1 : Dans le chapitre précédent, nous en apprenons un peu plus sur Sora. Nous savons qu'il était le frère jumeau de Roxas et qu'il a "disparu". Mais ceci ne nous disait pas ce qu'il lui était arrivé. J'ai volontairement évité de dire "mort" car je ne voulais pas détruire le semblant de suspense que j'avais crée. Dans ce chapitre-ci, Roxas pense à son frère alors qu'il était "encore de ce monde". Qu'est-ce que ça veut dire ? Et pourquoi Naminé prie t-elle pour que Sora leur vienne en aide à la fin du chapitre 3, alors qu'il est censé être mort ? Vous le saurez dans les prochains chapitres. Je voulais éclairer ce point, car il pourrait vous paraître assez confus. Mort ou disparu ? Telle est la question XDD
Note 2 : Je suis désolée, j'ai remplacé les glaces à l'eau de mer par des caramels au beurre salés. Ca ne concorde pas vraiment avec l'époque en fait, ces glaces. Tiens d'ailleurs l'époque ? Avez-vous une idée de l'époque à laquelle se passe l'histoire ? Pour tout vous avouer, je fais exprès de ne pas donner de précisions. C'est surtout que je voulais laisser le lecteur se faire sa propre idée. Vous avez sûrement remarqué qu'elle ne se passe ni au XXème siècle et encore moins au XXIème ? xD Pour vous donner une petite idée quand même, les limites que je pose sont le Moyen-Âge-XIXème siècle. Ainsi, vous remarquerez que sur les super fanarts de ma Lilou-chan, Roxas porte un bliaud, vêtement typique du Moyen-Âge, alors que sur les miens, je mélange un peu tout, et ainsi le design des vêtements se rapproche de celui d'Eternal Sonata (même si en fait, on est plus près du XVIII que du XIX), même si le monde dans lequel évolue les personnages concervent des éléments médiévaux. En gros, je mélange un peu tout dans ma tête xDD Idiot, hein ? Mais c'est comme ça, je suis bizarre comme fille vous savez.
Voilà fini avec ce chapitre, le prochain arrivera APRES avoir posté le chapitre 14 de Comme Avant. Oui il est presque fini. Je ne peux pas me permettre de mettre la suite de celle-ci alors que l'autre est en hiatus depuis un an. Et pourtant, ce chapitre 14 est à chier.
Avis ? Remarques ? Interrogations ? Inquiétudes ? Vous êtes libre de tout dire du moment que c'est pas du flame... ce genre de truc à de quoi vous déprimer pendant plusieurs semaines, donc SVP abstenez-vous.
