J'ouvris les yeux, les fermaient tout de suite après. Qui a eu la bonne idée de laisser les volets ouverts ? Je tournai le dos à la fenêtre, et rencontrai quelque chose contre moi. Ooh, c'est tout doux… Ooh, ça bouge… Ooh, on dirait de la peau humaine… Bien décidée à me rendormir, je fermai enfin les yeux. Hmmm…

Pause.

Peau humaine ?

Je rouvris les yeux et tombais sur un grand sourire de renard.

-GIIIIIIIN !

Rangiku, dans ma gigantesque penderie, se tourna vers nous alors que je virais l'intrus à coup de pieds et d'insultes bien senties.

-Réveillée, princesse ?

Je grognais un truc qui ressemblait à « Palais tousse bout fer poutre » (que ceux qui ne comprennent pas demande à leur maman) et sortit de mon lit… nue. C'est le moins qu'on puisse dire. Je posais une main sur ma hanche et passais l'autre dans mes cheveux blancs en soupirant. Gin venait de quitter la chambre en riant, nu lui aussi, lorsque la porte s'ouvrit sur… Oh, toute la clique des mecs. Urahara se cacha derrière son éventail –je lui avais pas confisqué ?-, Grimm et Shiro sourirent, Shinji haussa les sourcils, Byakuya tourna la tête de l'autre côté, Gin, bah… Gin quoi. Toshiro rougit furieusement avant de se détourner en balbutiant et Ichigo… Vous voyez sa réaction lorsqu'il voit Yoruichi à poil ? Eh ben c'est pareil. Génial, vraiment, je devrais penser à remercier Ichimaru. Je soupirais une nouvelle fois et entrait dans ma penderie. Rukia, robe jaune-orangé et bottes de cuir marron et Rangiku, débardeur noir, slim blanc et sandales dorées, me saluèrent en riant. Je pris des sous-vêtements ainsi qu'un marcel et un slim noir, que je posais sur mon lit, les garçons ayant désertés la chambre. J'enfilais le soutient-gorge et le boxer –noirs, vous l'aurez compris- et en profitais pour appeler Urahara qui arriva aussitôt dit aussitôt fait, sa tête dépassant de l'entre-baillement de la porte.

-Oui, Akari-san ?

Je lui montrais la table de nuit, et finis d'attacher mon soutif dans mon dos.

-Vous allez m'aider à remplacer mes bandages. Ras-le-bol de le faire toute seule.

Il me regarda, interdit, et acquiesça. Il entra et ouvrit le premier tiroir du meuble, en sortit les bandages en question.

-Ceux-ci ? demanda-t-il.

J'hochais affirmativement d'un geste de la tête en défaisant les bandages de la veille, qui commençaient à s'étirer. Shinji et Toshiro, sûrement intrigué par le fait que j'ai appelé Urahara, étaient entrés dans la chambre, sous leur formes de peluches.

-Pourquoi vous n'avez plus votre forme humaine ? m'enquis-je.

-Parce que l'eau sèche rapidement, et on a environ deux heures pleines ou on est humains, mais pas le reste du temps.

Hé hé hé… Idée à creuser. Attrapant un petit couteau suisse dans ma table de nuit, j'entrepris de déchirer les bandages. Toshiro, qui devait penser que j'allais m'entailler ou un truc dans ce gout-là, me le pris des mains avant que je n'ai pu faire un seul mouvement. Mon œil eu un tic. Je vous dit pas comme c'est mignon un mini-Toshiro qui sert un couteau suisse dans ses bras de peluches.

-Shiro-chan, on peut savoir ce que tu fous avec mon couteau ?

Ses sourcils se froncèrent au surnom. Il me fixa de ses yeux turquoises énervés. Désolé mon chou, mais l'intimidement ne marche pas avec moi. Surtout sous cette forme. Je soupirais en haussant les épaules. Sur la table en verre –vous savez, celle sous le tableau d'affichage-, je pris la télécommande et tapais le code cent quarante six. Le tableau s'ouvrit en deux, dévoilant ma collection de couteau suisse, et j'y pris mon bon vieux swisschamp xavt. Toshiro, qui avait toujours le regard fixé sur moi, m'observa déchirer lentement et prudemment les bandages, qui tombait à terre, dévoilant les plus ou moins vieilles cicatrices et blessures. Ichigo, qui passait par là, regarda mon corps avec un regard horrifié. Je levais les yeux au ciel.

-Icchan, c'est vraiment horrible à ce point ?

Il remonta ses yeux marrons vers moi, incrédule, puis rougit.

-Non, désolé, c'est que, vu que t'es d'un autre monde que le notre, je ne pensais pas que quelqu'un puisse être autant blessé.

J'éclatais de rire, et sentit clairement leur regard étonné se poser sur moi. C'est vrai quoi, qui exploserais de rire après avoir entendu ça ? Eh bien, moi, je suis un bon exemple. Un « pouf » sonore me fis rouvrir les yeux. Ichigo, redevenu peluche, entrait dans la chambre, suivit des quatres manquant, soit Byakkun, Ginny, Grimm-Grimm et Sakki (c'est leur surnoms, parce que leur vrais prénoms avec leur formes de peluches, ça le faisait pas). Retapant le code sur la télécommande, le tableau d'affichage se referma. Urahara étant le seul encore sous forme humaine, m'aida à enlever les derniers bandages. Tournant le dos aux huit peluches et à l'humain –sachant que Ran et Rukia s'éclatent toujours dans ma penderie-, je récuperais les pansements que le fou aux getas avait posé sur mon lit. Je soupirais en entendant le hoquet de terreur d'Ichigo. Je réunis les bandages dans mes mains et les tendit à Urahara. Icchan, une main devant la bouche, les sourcils froncés et le regard appeurés me fixait, interdit. Je levais une nouvelle fois les yeux au ciel. Bon, c'est vrai que le haut de mon dos totalement brûlé, c'est pas du joli, mais c'est pas à moi qu'il faut se plaindre. J'ai un père qui bouffe les pissenlits par la racine, pour ça. Je levais les bras, et le fou aux getas commença à entourer mon dos de pansements. Je frémis en sentant ses doigts effleurer la blessure d'il y a une semaine. Vous savez, au Babylone, le gros con qui a bu mon Zombie. Il finit celui de mon dos, et me tendit les autres. Je le remerciais en acquiesçant. Prenant un autre rouleau de pansement, je commençait à entourer ma cuisse, ou une vieille plaie cicatrisait lentement. J'entendis Grimmy souffler, et je le regardais, curieuse.

-J'ai déjà vu des trucs pires que ça, tu peux pas te plaindre.

Je ris encore une fois.

-Je sais, mais toi, tu as été soigné par Orihime quand t'avais perdu ton bras. Or, dans mon monde, les shinigamis et les espadas –a part vous, s'entend- n'existent pas, et les personnes qui on des pouvoirs comme la petite rousse aux gros seins, le grand brun baraqué ou le tout maigre arrogant non plus. Fin de l'histoire, laisse-moi bander mes plaies en silence.

Il grogna vaguement quelque chose et je regardais Shirosaki, un des rares seuls à n'avoir rien dit ce matin. Il me fit encore un de ses sourires qui devrait me faire flipper, mais que j'adore. Ce type est décidemment génial. Byakuya acquiesça pour une raison inconnue, et dit :

-Je dois dire que je suis d'accord avec Akari. Même si Inoue m'a soigné, il me reste des cicatrices.

-Oh, c'est vrai ça, pendant ton combat contre Ichigo pour récupérer Rukia ? Je m'en rappelle. Shirosaki, t'a été génial à ce moment. J'aime bien ton masque.

Il me sourit encore, et parla avec sa voix qui roule et s'enroule autour de vous… Il va vraiment finir par me rendre plus dingue que ce que je ne suis déjà.

-J'suppose que t'as d'jà vu ma forme libérée, nan ?

-Ouèp m'sieur, affirmais-je. Contre Ulquiorra. C'est con qu'il en sois mort, d'ailleurs, ce mec est putain de sexy.

-Je suis d'accord avec Tsuki ! hurla Rangiku depuis le fond de ma penderie.

J'éclatais de rire en même temps que mini-Grimm. D'un coup, une ampoule s'alluma au dessus de ma tête et je frappais de mon poing dans ma main. Je leur fis un grand sourire et dit :

-Vous savez faire de la moto ?

Ichigo me regarda, les paupières tombantes, l'air de dire "Nan mais miss, je te rappelle qu'on peut pas sortir, alors tu t'attend à quoi ?". Je fis un sourire tordu et lui dit :

-T'en fait donc pas, on ne sortira pas de cet étage.

-Comment ça, Akari-san ? Votre appartement est bien trop petit pour de la moto, même pour une personne.

-Héhéhé, rigolais-je avec un air de conspiratrice en chef. A ton avis, Kisuke, comment ça se fait qu'un appartement aussi petit que le mien puisse contenir une penderie aussi gigantesque ? Parce que cette penderie se trouve quand même dans l'immeuble attenant. Eeh oui, j'ai cassé le mur et ma penderie est sensée être un appart'. Voyez-vous, mes chers petits, je n'ai pas choisis cet immeuble par hasard : il est encadré par trois immeubles, et le seul côté non-collé est la façade. C'est comme ça que j'ai écoppé d'une penderie gigantesque, d'un terrain de mille mètres carrés pour faire de la moto, et le dernier côté, c'est la que vivent mes animaux. Dooonc, vu que vous pouvez entrer dans la penderie, vous devriez aussi pouvoir entrer dans les deux autres pièces. C'est aussi simple que ça.