Chapitre 19 : Les sentiments et les réflexions de Rodney
Cela fait 15 jours maintenant que Rodney est réveillé. Bien qu'il se sente mieux sur le plan physique, c'est du côté du moral que ce n'est pas ça. Quasiment toutes les nuits, il revit son attaque, mais sans cris, se réveillant en sueur… Comme Teyla le disait, il ne veut pas voir Kate, cela ne sert à rien. Le seul à arriver à le faire parler un peu est John. Lors des séances de « thérapie sheppardienne », les deux hommes vont sur un balcon près des quartiers.
Ce jour là, Rodney ne veut pas parler, il veut être seul sur le balcon, voulant faire le point tranquillement, aussi John le conduit sur le balcon et s'en repart, promettant cependant qu'il viendrait le récupérer une heure plus tard.
Et Rodney reste là, pensif, regardant le roulis des vagues de l'océan Lantien. Profitant de la légère brise marine.
Il réfléchit sur ce qui s'est passé avec le Wraith, lui en donnant des frissons.
« Fallait bien qu'un jour cela me tombe dessus… J'aurai dû être plus vigilant… Quel idiot je suis !… Il va falloir que je fasse plus attention, ainsi que les autres… En tout cas j'ai fais des dégats… J'ai pu enfin prouver, me prouver que j'étais capable de protéger mes amis, ma famille… »
Puis, au bout d'un petit moment, ses réflexions dérivent sur John…
« John… Sous sa carapace de militaire et d'image de Capitaine Cœur, se cache un énorme cœur… Un cœur que je veux découvrir doucement… Je veux apprendre à l'aimer… Réapprendre à aimer… Que ferai-je sans lui ? Que ferai-je si je le perdais lui aussi ?… Je ne veux pas le perdre comme Lisa… McKensie tu ne me le prendras pas comme ton démon de père m'a pris Lisa… Je dois l'admettre, je l'aime, je l'aime plus que ce que j'aurai cru… Je crois que je suis raide dingue de ce type… » Cette image le fait sourire. « J'espère qu'un jour j'arriverai à lui dire… Je sais que lui aussi ressent la même chose… mais la peur de la hiérarchie… Cette fichue loi du 'Don't Ask, Don't tell' est tellement débile… Voyons cette situation au jour le jour… Si je commence à me faire du mourrons, je vais me faire des cheveux blancs plus vite que prévu ! »
Puis cela dérive sur ses souvenirs d'enfance. Il se remémore ses bêtises et ses blagues dans son école en Ecosse… Les feux d'artifices qu'il regardait avec sa famille en haut des collines quand ils allaient au chalet… Les bons et les moins bons moments… Ses doutes pour son avenir quand il était enfant comme pour maintenant…
C'est alors qu'une chanson lui vient en tête et commence à la fredonner puis à vraiment chanter. Entre temps John et le reste du groupe arrivent pour venir le chercher et partir au mess, mais ils entendent la voix de Rodney. Pour les non habitués, c'est la surprise. Durant toute la chanson, ils restent silencieux derrière Rodney qui ne s'est pas aperçut de leur présence. La chanson exprime parfaitement ses sentiments. Angus et Sally qui le connaissent depuis qu'ils sont jeunes, savaient ce que ce dernier ressentait et ressent encore, sachant que les gamins peuvent être cruel envers les autres enfants différents d'eux. Il n'est pas encore sûr d'avoir trouvé sa place dans cet univers.
R :
J'ai souvent rêvé
D'un lointain pays
Où tous les gens m'aim'raient comme
Le plus précieux des amis.
Mille échos de leur joie
Montent à l'infini
Et leurs voix chantent en moi
Tu es né pour cette vie.
Je prends le chemin
De mon rêve d'enfance
Vers des lendemains
Au glorieux destin.
Parmi les étoiles,
Je cherche idéal
Ce monde auquel j'appartiens
Qui est encore bien loin ...
C'est un beau matin
Pour saisir cette chance
Qui m'emmène au loin
Vers d'autres destins
Afin qu'en chemin,
Je découvre enfin
Ce que mon coeur cherche en vain :
Le monde qui est le mien
Quel que soit le sort,
Je tiendrai la distance.
Je brav'rai la mort,
Hardi, fier et fort.
Au bout du chemin,
M'attend ma récompense,
Au pays des héros
Qui demain sera le mien !
Les Moldus et John sont émerveillés par la voix magnifique de Rodney. Lui qui ne voulait pas montrer sa belle voix, offre dans un moment d'oubli, un moment merveilleux pour ses amis.
John s'approche doucement, les autres ressortent les laissant seuls quelques instants.
Il pose une main tendre sur l'épaule de Rodney et dit :
J : Tu es chez toi ici… C'est ton monde… Ici tout se comprend… tu as trouvé ta place Rodney… Parmi nous… Parmi les étoiles… Auprès d'amis qui t'aime pour ce que tu es et non ce que tu parais…
R : Tu es sûr ? demande-t-il en acceptant le tutoiement soudain de John.
J : Oui, fait-il en se baissant en face de lui… Tu n'as jamais été plus heureux qu'ici. Vrai ou faux ? !
R :… C'est vrai…
J : Tu n'es plus tout seul… On est là… Je suis là…
Et pour couper court au doute de Rodney, il dépose, un chaste baiser sur les lèvres du Sorcier. Ce dernier à les yeux fermés savourant cette douceur inespérée.
J : Je t'aime Rodney…
R : Je t'aime moi aussi John, fait-il en caressant doucement la joue.
Puis au bout d'un petit moment de silence, John dit :
J : Et si nous allions manger, ils nous attendent derrière cette porte.
R : Bonne idée, je meurs de faim ! fait-il avec un grand sourire.
Et c'est ainsi que les deux hommes, le cœur léger, et les doutes de Rodney envolés partent au mess avec leurs amis… qui ont le sourire…
