Lisbon accueillit l'homme « de la haute société » dont Hightower lui avait parlé avec tous les sourires dont elle était capable et elle le fit s'asseoir à son bureau pour prendre sa déposition. Il avait au moins soixante-dix ans, les cheveux gris et une voix râpeuse, mais ne semblait pas bien méchant.
- Votre plainte est à l'encontre de ?
- L'agent Befield.
- Très bien. Expliquez-moi en gros la raison de cette plainte puis ensuite, je rédigerai cela correctement.
Jane choisit ce moment pour entrer dans le bureau de Lisbon.
- Bonjour, chérie. Tout va bien ?
Lisbon avala sa salive de travers mais se contenta d'acquiescer, se disant que Jane avait sûrement un plan.
- Monsieur Montain, bonjour. J'adorerais porter ce nom !
L'homme en question regarda Lisbon d'un air surpris. Cette dernière se contenta de lui sourire comme si elle était d'accord avec Jane, puis elle essaya de n'avoir aucune réaction étrange lorsque Jane lui déposa un baiser sur les lèvres avant de s'asseoir à côté d'elle.
- C'est vrai, c'est impressionnant, on se méfie tout de suite, on sent que vous n'êtes pas n'importe qui ! Je suis monsieur Jane. Comme Tarzan et Jane. Du coup, tout le monde l'appelle Tarzan, rit-il en montrant Lisbon du doigt. C'est drôle, hein ?
Montain sembla partager la blague mais Lisbon se contenta d'un sourire basique. Le plus important était que Montain se fasse avoir par les belles paroles de Jane. Elle réglerait le problème de son comportement après.
- Bien, nous en étions à votre plainte, dit-elle pour calmer le jeu.
- Oui, j'ai appris que vous vouliez porter plainte contre l'agent Calior, s'enquit Jane. Je ne sais pas ce qu'il s'est passé mais c'est si bête, elle vous admirait tellement cette petite. Enfin, ça ne me regarde pas, n'est-ce pas chérie ?
- Tout a fait, déclara Lisbon un peu sèchement, feignant de ne rien ressentir lorsque Jane l'appelait ainsi.
- Non, je porte plainte contre l'agent Befield, d'après les enquêteurs, c'est lui qui a mit le feu à ma cave.
- Mais vous n'êtes pas au courant ? S'étonna Jane. L'agent Befield n'est en rien responsable, tout est clair maintenant. C'est la petite Calior qui est entrée dans votre cave avec un mégot de cigarette collé à sa chaussure. Il n'était malheureusement pas éteint et de fil en aiguille, le feu s'est déclaré.
- Mais, je croyais que l'agent Befield avait fumé dans ma cave ?
- C'est ce qu'il a dit pour protéger la jeune Calior, déclara à son tour Lisbon, se prêtant au jeu.
- Exactement, approuva Jane.
Montain semblait complètement déboussolé par la nouvelle. Jane et Lisbon échangèrent un regard complice.
- Eh bien, je vais porter plainte contre l'agent Calior mais, c'est plus embêtant…
- Pourquoi donc ? fit semblant de s'étonner Lisbon.
- Vous dites « la petite Calior » alors j'imagine qu'elle débute dans le métier, non ? Se renseigna Montain.
- Eh oui, ce sont des choses qui arrivent… Parfois les carrières sont anéanties avant même d'avoir commencé, dit Jane d'un air désolé. Mais c'est votre droit de porter plainte.
- C'est qui au juste, cette jeune fille ?
- Oh vous l'avez sûrement vu ! Ajouta Lisbon. Elle a les cheveux blonds au carré, les yeux noisette et un visage assez fin. C'est une jolie fille. Elle est adorable mais elle a fait une erreur et c'est comme ça, vous n'y pouvez rien.
- Heu… écoutez, je ne me vois pas détruire la vie de cette petite. Je n'avais pas l'intention de faire du mal à qui que ce soit, c'était simplement parce que je voulais qu'on me rembourse mon tonneau de vin et ma table en bois de chêne, vous comprenez ? Mais là… Qu'est-ce qu'un peu d'argent à côté d'une carrière ? Allez, assez perdu de temps, je vous laisse travailler et je vais plutôt essayer de réparer ma cave du mieux possible.
- Vous êtes certain, monsieur Montain ? demanda Lisbon en se levant pour raccompagner l'homme à la porte de son bureau. C'est votre droit, vous savez.
- Oui, mais la loi n'est pas toujours bien faite, n'est-ce pas ? Il faut savoir s'adapter. Allez, travaillez bien, jeunes gens.
Il serra la main de Jane puis baisa celle de Lisbon avant de s'avancer vers l'ascenseur. Lisbon referma son bureau et poussa un soupir de soulagement.
- Bien joué, dit-elle à Jane.
- Il ne reste plus qu'à espérer qu'il n'aille pas fouiller dans les rapports parce qu'alors là, on sera dans une situation délicate.
- Ce n'est pas grave, je suis bien entrainée avec vous.
Jane sourit en croisant son regard.
- Pour les situations délicates ?
- Pour les situations délicates au travail, précisa Lisbon en souriant à son tour. D'ailleurs, ça a servit à quoi de jouer le faux couple dans votre plan ?
Jane fronça les sourcils comme s'il ne comprenait pas.
- Mais… ce n'était pas dans le plan, Lisbon…
Puis il sortit de son bureau non sans lui avoir envoyé ce sourire espiègle qui lui était bien trop souvent réservé ces derniers jours.
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Jane rendit à Lisbon son téléphone portable mais il garda ses clefs. A chaque minute de la matinée, la jeune femme s'attendait à ce que le ciel lui tombe sur la tête. Elle se demandait sans arrêt ce que Jane avait prévu pour l'embêter de nouveau mais il semblait qu'il ait décidé de la laisser tranquille. Jusque dix-sept heures ?
- Lisbon ?
Apparemment pas.
- Oui ?
- Je peux entrer ?
- Vous êtes déjà à moitié dans mon bureau alors un peu plus ou un peu moins…
Jane referma la porte derrière lui et déposa un poste de radio sur le bureau de sa supérieure.
- Qu'est-ce que c'est qua ça ?
- Je tiens en otage vos clefs de voiture et vos clefs de maison. Si vous m'accordez une danse, je vous les rends.
- N'importe quoi ! s'exclama Lisbon. Si vous ne me rendez pas mes clefs tout de suite…
- Vous appelez la police ? la coupa Jane avec un sourire moqueur.
- Très drôle…
Il se retourna, baissa tous les stores du bureau et ferma la porte à clef sous les yeux ébahis de Lisbon. Il s'approcha ensuite du poste et appuya sur « play », faisant démarrer le slow qu'il avait choisit. C'était le même que celui sur lequel ils avaient déjà dansés. « More than words » du groupe Extreme. Et Lisbon ne pu empêcher son cœur de s'emballer au son de la mélodie. Jane s'approcha d'elle et lui prit la main pour la mettre debout. Elle ne résista pas et le laissa prendre la situation en main. De toute façon, vu la vitesse à laquelle battait son cœur, il avait la situation bien en main depuis le début. Elle sentit qu'il posait sa deuxième main dans son dos et se serrait contre elle et elle eut envie d'abandonner toute sa résistance mais si elle faisait ça, elle ne pourrait pas revenir en arrière. Elle posa tout de même sa tête sur son épaule et se laissa bercer par la musique parce que cette danse, elle en avait peut-être plus envie que lui.
- Vous m'avez embrassé dans l'ascenseur, dit Jane presque à voix basse.
- Oui, mais ça ne compte pas.
- Pourquoi ?
- Parce que je l'ai décidé.
Lisbon entendit Jane rire mais il n'insista pas. Il se contenta de la serrer de nouveau un peu plus contre lui et ils dansèrent quelques temps en silence.
- Pourquoi vous résistez, Lisbon ? Chuchota alors Jane en lui caressant le dos et en rapprochant sa joue de la sienne.
- Parce que… je suis abîmée. Vous êtes abîmé. Et je pense que le mieux que l'on puisse faire, c'est de travailler ensemble.
Elle aussi avait chuchoté parce qu'elle avait eu trop peur de casser ce sentiment de paix et de légèreté. Ils continuèrent de danser joue contre joue puis petit à petit, Jane approcha sa bouche de la sienne. Il l'embrassa d'abord sur le bord de ses lèvres puis Lisbon l'embrassa à son tour de la même manière. N'y tenant plus, la jeune femme réclama un autre baiser et ils s'embrassèrent ainsi, légèrement, pendant près d'une minute. Puis Lisbon reposa sa tête sur l'épaule de Jane comme elle l'avait fait au départ, attendant avec anxiété la fin de la chanson, qui arriva bien plus vite qu'elle ne l'aurait voulu.
- Allez, Jane, sauvez-vous de là, lui dit-elle en souriant d'un air désolé.
- Ne vous croyez pas débarrassée de moi, surtout, répondit ce dernier en lui déposant un baiser sur la joue. Vos clefs de voiture sont cachées dans le tiroir à côté de votre étagère et vos clefs d'appartement étaient bien dans votre sac hier soir.
- J'avais mes clefs d'appartement ?
- Vous aviez vos clefs d'appartement.
Il saisit son poste de radio en riant devant l'air dépité de Lisbon et sortit de son bureau. Cette dernière s'allongea sur son canapé, espérant que le fait d'être en position horizontale pourrait faire disparaître cette chose qui pesait lourd sur son cœur mais elle se trompait. Il n'y avait rien à faire. Cependant, elle se réjouit à l'idée que Jane allait trouver d'autres moyens pour l'embêter. C'était stupide parce qu'elle savait bien qu'elle allait devoir résister et que ce serait difficile mais elle appréciait tellement ces moments-là. Le mieux qui puisse arriver serait qu'elle se voit confier une nouvelle enquête et que son temps soit de nouveau prit par le travail. Mais les assassins ne se bousculaient pas au portillon cette semaine et elle n'avait rien d'autre à quoi penser. Elle regarda l'heure. Midi et quart. Dans un quart d'heure, elle aurait droit à sa pause quotidienne jusque dix-sept heures. Elle serait peut-être bénéfique.
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Lisbon passa l'après-midi à recueillir des plaintes de toutes sortes. Elle et Jane se virent félicités par Hightower pour leur prestation du matin même et Jane s'empressa de remettre tous les mérites à Lisbon. Il prétendit que c'était son idée à elle, qu'elle avait su comment complimenter Montain et qu'elle avait utilisé les bons mots pour l'inciter à ne pas porter plainte. Hightower ne fut pas dupe mais elle fit semblant d'y croire parce que le comportement de ses deux employés était tellement étrange qu'elle ne sut quoi faire d'autre.
Lisbon remballa ses affaires un peu avant dix-neuf heures et elle rejoignit sa voiture avec une certaine satisfaction. Elle allait pouvoir conduire et rentrer chez elle, comme d'habitude. Jane semblait vouloir dormir au CBI cette nuit et comme il était endormit, il ne l'avait même pas vue partir. En rentrant chez elle, elle se fit chauffer une soupe de légumes. Cela faisait tellement longtemps qu'elle n'en n'avait pas mangé et la pluie glaciale qui tombait au dehors lui en avait donné envie. Elle relisait quelques notes devant la télévision lorsqu'elle entendit sa sonnette retentir. Elle regarda l'heure. Presque vingt-deux heures. Sans savoir pourquoi, elle mit son arme de secours dans sa chaussure et ouvrit sa porte.
- Jane ?
- Je ne vous ai pas dit au revoir !
- Quoi ?
La pluie faisait beaucoup de bruit mais elle avait bien comprit ce que Jane avait dit.
- Je plaisante, j'ai un problème. Je ne retrouve pas les clefs de ma maison.
- Très drôle !
- Lisbon, je ne plaisante pas.
Effectivement, Lisbon remarqua qu'il avait l'air inquiet et perdu à la fois. Mais elle ne voulait pas se laisser avoir.
- Je ne vous crois pas.
- Je crois que j'ai du laisser mes clefs au CBI et j'ai oublié ma carte de consultant. Je ne peux plus y rentrer après vingt-deux heures, le gardien de nuit ne me laissera pas passer sans ma carte. Vous avez les clefs de l'entrée ?
- Bien sûr que non, il n'y a que le gardien de nuit qui les a.
- Je suis désolé de vous embêter avec ça mais pourriez-vous me ramener jusqu'au CBI ? Vous, vous pourrez y rentrer.
- Jane, je suis fatiguée…
- Je sais, je suis désolé de vous ennuyer avec ça. Il y a bien une autre solution, mais…
- Non.
- Je me ferai tout petit sur votre canapé, la supplia Jane.
Il avait l'air vraiment désespéré. Lisbon était sur le point d'accepter mais elle sentit qu'elle était en train de se faire avoir. Elle sourit à Jane et lui lança :
- Vos clefs sont dans votre voiture, je ne suis pas tout à fait stupide. Rentrez chez vous et laissez-moi un peu tranquille.
Jane eut juste le temps de reculer pour ne pas se prendre la porte dans le nez. Il entendit le verrou tourner et il abandonna, se dirigeant vers sa voiture dans laquelle il entra pour se mettre à l'abri. Il s'installa du côté passager et allongea le siège pour dormir. Avant de fermer les yeux, il sourit en regardant la boîte à gants. Ses clefs de maison étaient bien au chaud à l'intérieur. Mais Lisbon n'aurait pas le cran de le laisser dormir dans sa voiture par ce temps et lorsqu'elle le verrait posté devant chez elle, la culpabilité la ferait craquer.
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Lisbon alla se brosser les dents et se mettre en pyjama. Elle entendait la pluie marteler les vitres de la salle de bain et elle décida qu'il était plus sûr de fermer les volets au cas où la pluie se transformerait en grêlons. Quelle ne fut pas sa surprise lorsqu'en ouvrant sa fenêtre, elle découvrit Jane en train de dormir dans sa voiture, juste devant chez elle. Il avait dit la vérité…
- Et merde…, lâcha-t-elle avant de fermer les volets et de chercher un gilet chaud pour sortir sous la pluie.
Elle en trouva un et déverrouilla sa porte d'entrée. Elle courut jusqu'à la voiture, frappa à la vitre en faisant signe à Jane de rentrer à l'intérieur puis elle retourna dans son appartement. Quelques secondes plus tard, elle entendit la porte d'entrée s'ouvrir et se refermer.
- Vous m'avez réveillé, bougonna Jane.
- Retournez dans votre voiture si vous n'êtes pas content. Je vais me coucher, vous pouvez pendre le canapé.
Jane la regarda monter les marches en souriant. Il s'en voulait un peu de l'avoir piégée une nouvelle fois mais pas tant que ça. Il s'installa confortablement sur le canapé, cherchant un prétexte valable pour aller réveiller Lisbon. Il s'endormit quelques heures puis se réveilla vers trois heures en sachant très bien qu'il n'arriverait plus à se rendormir. Pour passer le temps, il se leva et tourna dans l'appartement, puis il s'arrêta près du réfrigérateur dont le moteur faisait un peu de bruit. Il l'ouvrit et tourna le bouton de refroidissement au maximum, augmentant ainsi les vrombissements du moteur. Parfait.
- Lisbon ?
Il frappa à la porte de sa chambre. Il attendit un peu et alors qu'il s'apprêtait à toquer une nouvelle fois, la porte s'ouvrit en grinçant.
- Quoi ? demanda Lisbon d'une voix endormie.
- Désolé de vous réveiller mais il y a quelque chose qui fait beaucoup de bruit en bas, ça m'empêche de dormir.
La porte se referma puis Lisbon réapparut avec un peignoir blanc sur les épaules. Elle passa devant Jane et descendit les marches lentement en essayant de garder ses yeux ouverts. Elle entendit le bruit qui gênait Jane et elle comprit tout de suite que ça venait de son réfrigérateur. Elle entra dans sa cuisine suivie par Jane et ouvrit la porte de l'appareil.
- C'est le moteur qui était trop fort, j'ai du tourner le bouton sans le faire exprès, dit-elle après avoir diminué le bruit.
- Ah d'accord… Merci.
- De rien.
Elle retourna dans le salon, toujours suivie par Jane et commença à monter l'escalier.
- Lisbon ?
- Oui ?
Jane la fixa un instant sans savoir quoi lui dire. Il voulait juste qu'elle reste encore mais c'était le milieu de la nuit, et elle avait besoin de plus de sommeil que lui.
- Non, rien. Je voulais dire quelque chose pour que vous restiez avec moi mais je ne trouve pas.
Lisbon baissa les yeux vers ses pieds, ne sachant comment réagir.
- Je n'arrive pas à dormir, déclara alors Jane.
- Vous voulez que je vous chante une berceuse ? lui proposa Lisbon en souriant.
- Je ne suis pas convaincu du résultat mais par curiosité, je veux bien vous entendre, répondit Jane en souriant à son tour.
- Je n'en connais même pas, avoua la jeune femme.
- Vous voulez que je vous en apprenne ? J'en connais quelques-unes…
Ils échangèrent un regard pendant lequel Jane se demanda ce qu'il pourrait bien dire d'autre pour la retenir. Puis il choisit la voix de la sagesse.
- Désolé de vous avoir réveillée. Bonne nuit.
Lisbon le regarda s'asseoir dans le fauteuil et jouer avec la télécommande sans allumer la télévision. Elle montait les escaliers lorsqu'elle entendit des pas derrière elle qui la rattrapaient. Elle eut à peine le temps de se retourner que déjà Jane l'embrassait comme jamais. Epuisée, et bouleversée par toutes sortes d'émotions, elle sentit ses jambes se dérober sous elle et elle dut s'asseoir sur une marche. Jane suivit sa descente tout en l'embrassant et en passant une main derrière sa nuque. Envahie par le désir, Lisbon céda. A son tour elle participa à l'échange, rendant ce baiser encore plus brûlant qu'il ne l'était. Elle était allongée sur les marches, Jane allongé sur elle et elle n'avait pas du tout envie de s'arrêter là. Elle glissa ses mains sous les vêtements de Jane pour sortir sa peau, lui donnant ainsi la permission d'avoir plus. Elle réussit à se relever et monta les marches en arrière sans quitter les lèvres de Jane, jusqu'à ce qu'il la soulève et que ses pieds ne touchent plus le sol. Elle eut l'impression de voler jusqu'à sa chambre et alors qu'aidée par Jane, elle se débarrassait de son short et de son débardeur, les raisons de sa résistance de ces derniers jours volèrent en éclat. Oui, ils étaient deux personnes abîmées. Oui, ils souffriraient peut-être de cette relation. Mais, non, elle ne voulait plus se voiler la face. Elle voulait vivre des moments de bonheur comme celui-ci. Et d'autres encore. Elle voulait bien prendre le risque et l'avenir lui dira si elle a eu raison ou tort.
