Comment avait-elle pu penser ça ? Comment avait-elle pu s'imaginer un instant que Jane et elle, ça pouvait marcher ? Allongée à côté de son amant, Lisbon laissa une larme couler sur sa joue. Elle l'essuya furtivement et tenta de se lever sans réveiller Jane mais elle se doutait qu'il était déjà réveillé. En effet, à peine fut-elle assise au bord du lit qu'elle l'entendit bouger. Elle enfila son pyjama et se dirigea vers la porte de sa chambre, sans un mot. Jane comprit que quelque chose n'allait pas et il eut l'impression qu'on lui plantait un poignard dans le cœur.
- Lisbon, tout va bien ?
Il vit la jeune femme se retourner avec appréhension. Elle fit non de la tête sans quitter le sol des yeux. Jane se leva et tenta de s'approcher d'elle.
- Stop ! N'avancez pas plus près, paniqua-t-elle. Il faut que vous me laissiez tranquille, il faut qu'on arrête tout ça, Jane, il faut que vous partiez vite de ma maison et…
Lisbon ravala un sanglot.
- …et ne revenez pas. Je ne veux plus jouer. Une fois qu'on sera au CBI et qu'on aura une nouvelle enquête, on effacera ces derniers jours de notre mémoire et tout redeviendra comme avant.
Elle essuya d'un geste vif les larmes qui coulaient sur ses joues et se retourna.
- Lisbon !
Jane avait crié. Il ne voyait plus quoi faire alors le désespoir laissait place à la colère. Lisbon avait eut un sursaut en l'entendant hurler derrière elle mais elle se retourna malgré tout.
- Si vous faites ce choix, je démissionne et je pars loin d'ici, c'est clair ?
Son regard lançait des étincelles de rage et sa respiration était bruyante. La dernière fois qu'elle l'avait vu dans cet état, c'était lorsque qu'il avait hurlé contre Kristina Frye parce qu'elle avait commis une erreur et elle ne pensait pas qu'un jour, elle aurait à soutenir ce regard chargé de reproches. Il attendait qu'elle change d'avis mais elle ne le fit pas.
La jeune femme se retourna et porta sa main à sa bouche pour empêcher ses pleurs d'empirer. Avant qu'elle n'ait le temps de passer la porte, Jane passa rapidement devant elle avec ses vêtements dans les bras puis une fois qu'il fut dans le couloir, il se retourna une dernière fois vers elle, levant son doigt dans sa direction.
- Regardez-moi bien parce que c'est la dernière fois que vous me voyez !
Puis il tourna les talons et descendit les marches à une vitesse folle. Dès qu'il fut hors de sa vue, Lisbon cria, toujours en pleurs :
- Jane ! Ne faites pas ça ! On peut travailler ensemble !
- Je ne pourrai pas travailler avec vous sans repenser à cette nuit ! Je ne pourrai pas vous côtoyer sans vous toucher !
Jane était en train de se rhabiller dans le salon. Il pensait qu'il parviendrait à lui faire comprendre qu'ils pouvaient vivre quelque chose tous les deux mais elle ne semblait pas si attachée que ça. Pourtant, il savait qu'elle tenait à lui. Il avait mal au cœur de l'entendre pleurer, elle semblait tellement bouleversée. Mais lui aussi l'était car ces derniers jours, elle lui avait laissé croire qu'elle pourrait céder, lui souriant et répondant à ses attentes sans jamais se fâcher. Si elle s'était mise en colère, il aurait tout arrêté. Mais elle s'était prêtée au jeu, les mettant dans cette situation si douloureuse. Il perdit le fil de ses pensées lorsqu'il entendit des pas descendre l'escalier.
- Jane, ne démissionnez pas…
Il ferma le dernier bouton de sa veste.
- Ne partez pas…
Il s'empara de ses clefs de voiture posée sur la table sans lui accorder un regard. Il avait mal autant qu'elle. Peut-être plus. Mais c'était elle qui avait pris la décision.
- Jane, je vous en prie…
Il marcha jusqu'à la porte et posa sa main sur la poignée. L'entendre le supplier était vraiment la pire des situations. Il aurait bien aimé être la femme dans l'histoire, pour pouvoir pleurer sans retenue.
- S'il vous plait…
Il avala sa salive et reprit d'une voix plus calme, sans daigner se retourner vers elle.
- On est abîmé, c'est vrai. Mais vous pensez que c'est un obstacle et je pense que c'est un point commun. Vous êtes celle qui ne nous laissez aucune chance. Alors laissez-moi partir, c'est assez difficile comme ça.
Il franchit la porte malgré les supplications murmurées de Lisbon et la jeune femme entendit la voiture démarrer en trombe. Elle était sous le choc.
- Qu'est-ce que j'ai fait …
Elle piétina jusqu'à sa salle de bain, le regard vide, et leva ses yeux pour se regarder dans le miroir. Sur le côté du miroir étaient dessinées des petites coccinelles et quelques feuilles vertes. Jane le lui avait offert pour son dernier anniversaire parce qu'elle avait eu le malheur de mettre un T-shirt où était imprimée une coccinelle sur le devant et il s'était moquée d'elle toute la journée. Elle attrapa la bombe de laque qui se trouvait sur une étagère et l'envoya valser de toute ses forces dans le miroir qui éclata en mille morceaux. Elle resta abasourdie plusieurs minutes, contemplant le désastre.
Jane conduisait trop vite mais il en avait besoin. Il devait se dépêcher de rentrer chez lui pour se changer et se calmer afin de se rendre au CBI pour déposer sa démission immédiatement. Il ne lui fallut pas plus de vingt minutes pour être prêt et il reprit la route sans attendre. Il ne comprenait pas pourquoi Lisbon s'obstinait tant. Il avait l'impression que quelqu'un exerçait une pression sur son cœur. Lorsqu'il tourna pour s'engager sur le parking du CBI, il réalisa avec horreur qu'elle le suivait. Il se gara et prit son courage à deux mains pour sortir de son véhicule. La jeune femme, garée à l'opposé du parkin, en fit autant, se précipitant sur Jane avec des yeux remplis de larmes.
- Jane ! Ne partez pas ! cria-t-elle essoufflée. Je vous en supplie, ne me quittez pas !
Elle courait toujours mais ses jambes étaient faibles et elle voyait Jane s'éloigner plus vite qu'elle ne le rattrapait.
- Restez avec moi, je suis d'accord ! Jane, c'est d'accord !
Jane s'arrêta net. Il n'était pas sûr d'avoir bien comprit ce que signifiaient ses paroles. Il se retourna et la vit tituber à une dizaine de mètres de lui.
- Je suis d'accord ! Je suis d'accord…
Voyant le regard d'incompréhension de Jane, Lisbon alla chercher ses dernières forces et courut jusqu'à lui. Elle lui sauta au cou en cachant son visage et attendit de sentir les mains de Jane dans son dos. Mais rien ne vint.
- Je suis d'accord, Jane, répéta-t-elle en priant pour que ce ne soit pas trop tard.
Soudain, elle les sentit. Les mains de Jane appuyaient sur son dos pour la serrer contre lui. Ce n'était donc pas trop tard. Jane sentit la pression qui pesait sur son cœur disparaître. Il serra du mieux qu'il put la femme qui se trouvait dans ses bras, respirant l'odeur de ses cheveux, savourant la douceur de ses doigts dans son cou. Il l'avait.
- J'ai cassé le miroir que vous m'avez offert, sanglota Lisbon.
- On se disputera une autre fois pour ça, on vient à peine de se réconcilier.
- D'accord…, dit-elle en reniflant.
- D'accord, murmura Jane.
Ils restèrent ainsi plusieurs minutes et heureusement pour eux, personnes ne trainait sur le parking et personne ne s'intéressait à eux.
- Vous m'étouffez, dit soudain Lisbon sans pour autant desserrer son étreinte.
Ses pleurs s'étaient arrêtés.
- Vous m'étouffez aussi, répondit Jane en la gardant au creux de lui.
Finalement, ils se reculèrent et Jane regarda Lisbon d'un air surpris.
- Lisbon, vous êtes en pyjama !
La jeune femme baissa les yeux.
- Je suis en pyjama. Il faut que je rentre, dit-elle d'un air paniqué. Je ne peux pas rester là comme ça.
Jane acquiesça et Lisbon marcha en arrière vers sa voiture, ne le quittant pas du regard.
- Je ne vais pas disparaître, Lisbon, dit Jane, amusé.
- Je n'en suis pas si sûre, déclara-t-elle.
- Je serai dans votre bureau quand vous reviendrez. Je vous le promets.
Lisbon acquiesça et consentit enfin à se retourner pour regarder où elle mettait les pieds.
-ooo-ooo-ooo-
- Les voilà ! s'écria Van Pelt depuis la fenêtre. Je vois leur voiture entrer sur le parking.
Rigsby et Cho rejoignirent leur coéquipière.
- Qu'est-ce que c'est que ça ? demanda Rigsby.
- Je ne veux pas m'avance mais j'opterais pour un… pyjama, répondit Cho en fronçant les sourcils.
- Je suis en plein rêve, dit Van Pelt. Dites-moi que je rêve, Lisbon n'est pas en pyjama sur le parking du CBI.
Rigsby se pencha pour mieux voir.
- Non, Grace, tu ne rêves pas. Et moi, est-ce que j'hallucine si je vous dis que le patron est en train de crier sur Jane en lui courant après ?
- Non, répondit Cho.
- Oooooooh ! Vous avez vu ça ? Elle lui a sauté au cou ! s'exclama Van Pelt.
- Carrément ? s'étonna une voix venant de derrière.
Les trois amis se retournèrent pour découvrir Hightower entrer dans la pièce d'un pas pressé et venir se poster à côté de Cho.
- On voit mieux d'ici que de mon bureau, se justifia-t-elle. Et j'ai besoin de savoir si vous voyez la même chose que moi.
- Je suppose… qu'ils se sont disputés et qu'ils se sont réconciliés, tenta Cho pour justifier la conduite de ses amis.
Un silence s'installa pendant lequel les quatre agents observèrent la scène qui se déroulait devant leurs yeux.
- On ne sert pas un ami aussi longtemps dans ses bras, affirma Hightower.
- Qu'est-ce qu'elle fait ? demanda Rigsby.
- Elle retourne à sa voiture, on dirait, dit Van Pelt.
- Je ne comprends rien, déclara Rigsby, le front contre la fenêtre. Ils sont ensemble ou pas ?
- Vu comme Lisbon lui a sauté dans les bras je dirai que oui, déclara Van Pelt en haussant les épaules.
- Mais ils ne se sont pas embrassés, nota Cho en regardant Van Pelt de travers.
- C'est vrai, approuva Rigsby.
- J'ai intérêt à les surveiller ces deux là, déclara alors Hightower. Si l'un de vous apprend quelque chose, il a pour ordre de venir m'en parler sur le champ. C'est clair ?
Les trois collègues acquiescèrent et regardèrent la supérieure de leur supérieure sortir de la pièce.
- Oooooh ! Cria tout à coup Van Pelt. Regardez, regardez !
Hightower se retourna brusquement et Cho lança alors un regard significatif à Van Pelt.
- Ah non… J'ai cru qu'ils s'embrassaient mais apparemment, Jane a seulement donné un truc à Lisbon.
Hightower repartit vers son bureau sans ajouter un mot.
- Vous avez vu comme moi ? Chuchota Van Pelt.
- Si tu parles de Jane et Lisbon en train de s'embrasser au milieu du parking du CBI alors oui, j'ai vu comme toi.
Van Pelt et Rigsby se tournèrent vers Cho.
- Je n'ai rien vu. Si j'avais vu quelque chose, je serais dans l'obligation d'aller en référer à Hightower, déclara l'asiatique.
- Oui… et je n'ai rien vu non plus, se reprit Van Pelt.
- Je n'étais même pas devant la fenêtre, se défendit Rigsby. Comment aurais-je pu voir quoi quelque chose ?
Les trois agents échangèrent un sourire discret et retournèrent à leur place respective en voyant que Lisbon était remontée dans sa voiture. Version officielle : ils n'avaient absolument rien vu de plus que Madeleine Hightower.
-ooo-ooo-ooo-
Un sourire aux lèvres, Jane regarda Lisbon monter dans sa voiture et sortir du parking. Il entra ensuite dans les bureaux du CBI et entra dans l'ascenseur. Il se sentait très souriant et tout à fait détendu, mais un peu trop à son goût. Il se concentra pour paraître comme d'habitude, légèrement souriant et assez détendu. Les portes de l'ascenseur émirent leur « ding » habituel et Jane sortit, confiant.
- Bonjour ! dit-il en entrant dans les bureaux.
- Salut.
- Bonjour.
- Salut.
Il fallait qu'il agisse comme d'habitude, comme si de rien n'était. Il se concentra. Que faisait-il d'habitude en arrivant ? Il cherchait sa patronne.
- Lisbon est dans son bureau ?
Cho secoua la tête de gauche à droite en levant les yeux au ciel et Van Pelt et Rigsby retinrent un fou rire.
- Non, elle n'est pas encore arrivée, répondit finalement Cho.
- Bizarre…
Jane se dirigea vers le bureau de Lisbon et tenta d'ouvrir la porte mais de toute évidence, elle l'avait fermé à clef. Mais ça n'avait pas d'importance, il l'attendrait sur son canapé. Il s'allongea sur celui-ci en expirant bruyamment.
- Tout va bien ? l'interrogea Van Pelt.
- Oui, je trouve juste étrange que Lisbon ne soit pas arrivée. Pas vous ?
- Non, répondit Cho. Parce qu'elle t'embrassait en pyjama sur le parking il y a cinq minutes. Ne t'inquiète pas, je pense qu'elle sera bientôt là.
Jane se remit en position assise et regarda ses collègues avec de grands yeux ronds. Puis croisant le regard de Cho, il fit un grand sourire, fière de lui. Van Pelt et Rigsby se tournèrent à leur tour vers lui d'un air curieux.
- Est-ce que… ça fait longtemps ? Le questionna Van Pelt.
- Bande de curieux… Non, cinq minutes.
- T'as du en baver, remarqua Rigsby en souriant.
- Tu plaisantes ? Comme sur des roulettes, vieux ! Elle a craqué tout de suite.
Cho lança un regard à Jane. Un regard qui montrait bien qu'il ne le croyait absolument pas.
- Ok, j'ai ramé. Satisfait ?
L'asiatique sourit et se retourna vers son ordinateur. Il était persuadé que Jane avait du galérer. Plus que ça même, il y avait probablement laissé des plumes.
-ooo-ooo-ooo-
Jane attendit l'arrivée de Lisbon avec impatience et les trois agents avaient hâte de voir comment leur supérieure allait gérer cette nouvelle situation. Au bout de trois quarts d'heure, Lisbon apparut les bras chargés. Elle portait des dossiers, son sac à main et un sachet brun.
- Bonjour, je suis désolée pour mon retard, dit-elle en déposant le sachet brun sur le bureau de Van Pelt. Je vous ai acheté des beignets pour me faire pardonner. J'ai eu Hightower au téléphone il y a dix minutes mais j'ai du raccrocher vu que je conduisais. Il semblerait qu'on ait une nouvelle enquête. Je vais la chercher pour qu'elle nous la présente dans les grandes lignes, restez ici.
Puis elle disparut comme elle était venue.
- Elle était normale, non ? Demanda Jane.
- Elle a parlé très très vite, dit Van Pelt. Lisbon prend son temps pour expliquer les choses.
- Elle m'a sourit, dit Cho d'un air glacial. Lisbon ne me sourit pas.
- Elle a apporté des beignets, dit Rigsby encore sous le choc. Elle n'a jamais apporté de beignets.
- Bonjour tout le monde, voici votre nouvelle enquête, dit Hightower en entrant dans la pièce, suivie par Lisbon. Un corps a été retrouvé dans une décharge publique. Les mains ont été coupées donc on n'a pas encore identifié la victime. Les scientifiques ont trouvé des morceaux de tissus qui viendraient d'un magasin de tapis dont on n'a pas encore l'adresse. Lisbon, je vous laisse le soin d'expliquer les détails à votre équipe et ensuite je veux vous voir dans mon bureau. Avec Patrick.
Elle tendit le dossier à une Lisbon complètement perturbée puis retourna dans son bureau. Lisbon lança un discret regard apeuré vers Jane puis elle ouvrit le dossier.
- Alors, à première vue la victime est une jeune femme…
- Elle vous a vu aussi, Jane.
Cho avait interrompu Lisbon, persuadé qu'il valait mieux les prévenir.
- Quoi ? S'inquiéta Jane en se levant de son divan.
- Hightower vous a vu aussi.
- De quoi est-ce que tu parles ? S'impatienta Lisbon en fixant Cho, la peur aux entrailles.
- Elle a vu presque toute la scène sauf la fin. Elle n'a pas vu quand vous vous êtes embrassé. Mais elle a remarqué que Lisbon était en pyjama.
- Je pense qu'il ne vaut mieux pas lui mentir, invente-lui une histoire de dispute et de réconciliation amicale, ajouta Van Pelt à l'intention de Jane. Après tout, ça arrive souvent entre toi et Lisbon.
- Eh oh ! Je suis ici ! Lisbon est là ! S'énerva la jeune femme. Arrêtez de parler de moi comme si je n'étais pas là.
Cho et Van Pelt lancèrent vers elle un regard désolé.
- Alors quoi ? Qui sait quoi ?
- Ils savent tout ce qui s'est passé sur le parking, intervint Jane.
- Quoi d'autre ?
- Ils savent aussi que j'ai galérer mais ça c'est parce qu'ils ont demandé, avoua Jane en baissant les yeux.
- Quoi d'autre encore ? Insista Lisbon.
- Il n'y a rien d'autre à savoir, répondit Jane. Enfin, si on met de côté le coup du café dans la cuisine où Van Pelt nous a interrompus, le baiser dans le stock, celui de la salle de bain, et mon préféré, celui dans l'ascenseur.
Lisbon entrouvrit la bouche et s'empourpra en moins de dix secondes.
- Vous savez quoi ? Je n'aurais jamais du changer d'avis, déclara Lisbon en sortant dans le couloir.
- Oh, Lisbon, c'était pour rire ! Lisbon !
Jane la rattrapa avant qu'elle n'ait atteint le bureau d'Hightower.
- Vous êtes prêt ? lui demanda la jeune femme en regardant la porte avec appréhension.
- Allons-y.
Hightower entendit frapper à sa porte beaucoup plus tôt que prévu. Elle avait pensé qu'ils mettraient un temps fou à monter un plan d'excuse mais apparemment, ils en avaient décidé autrement.
- Entrez !
Lisbon entra dans le bureau et s'installa sur un fauteuil, suivie par Jane qui resta debout.
- Asseyez-vous, lui dit Hightower.
- Je suis bien comme ça, répondit Jane en se plaçant derrière le fauteuil de Lisbon.
- Comme vous voudrez. Bien. Comme vous vous en doutez, je suis dans une situation délicate.
Lisbon tenta de rester impassible. Mais elle ne pensait qu'à une chose : elle allait être en virée en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire.
- Patrick, agent Lisbon, entretenez-vous une relation intime, interdite au sein d'une équipe du CBI ?
Lisbon entrouvrit la bouche pour répondre mais la main ferme que Jane posa sur son épaule l'en dissuada.
- Oui, répondit-il à sa place. On est ensemble.
Lisbon sentit qu'il exerçait une pression sur son épaule pour la rassurer.
- Très bien.
- Et je peux comprendre que vous deviez virer quelqu'un. Je suis volontaire, ajouta Jane.
Lisbon se retourna et leva la tête vers lui.
- Non, ne faites pas ça, Jane.
- Je n'ai pas l'intention de vous virer, Patrick, déclara Hightower.
- Je sais, vous préférez virer Lisbon. Je démissionnerai si vous le faites.
- Jane, tenta Lisbon pour la calmer.
- Patrick, je n'ai pas l'intention de virer qui que ce soit. Et je ne tiens pas à en parler plus longtemps avec vous, je voulais juste que vous soyez là pour connaître la vérité. Maintenant, allez vous chercher une glace et estimez-vous heureux de la tournure des évènements. Je voudrais discuter entre adultes, avec Lisbon.
Lisbon baissa la tête et tenta tant bien que mal de cacher un sourire. Elle allait sûrement se prendre une soufflante mais savoir qu'aucun d'eux n'était viré et voir Jane se faire disputer comme un enfant l'amusait. Finalement, Jane consentit à sortir du bureau sans ajouter un mot.
- Vous avez intérêt à le maîtriser, agent Lisbon.
- Oui, madame.
- Et je vous fais grâce des « pas de baisers, pas de regards, etc », je suppose que vous êtes au courant.
- Oui, madame, répondit Lisbon.
Elle ne pu s'empêcher de penser au nombre de fois où ils s'étaient embrassés au CBI et aux baisers qui allaient suivre. Quand aux regards, elle serait bien incapable d'en faire la liste.
- Très bien. Vous pouvez y aller.
- Merci. Beaucoup.
Lisbon se leva et retint un soupir de soulagement. Avant qu'elle ne soit entièrement sortie du bureau, Hightower l'interpella.
- Lisbon ?
- Oui ?
- Je commence à comprendre pourquoi vous avez gardé le secret pour Rigsby et Van Pelt.
Lisbon esquissa un sourire et referma la porte derrière elle. Elle avait échappé au pire. Cette journée était pire qu'un ascenseur émotionnel, elle était passée par le bonheur, le regret, la peur, la tristesse, le désespoir, l'espoir, l'envie, le soulagement, l'inquiétude et bien d'autre. Elle rejoignit son équipe en souriant.
- Tout va bien, les rassura-t-elle.
- Alors, qu'est-ce qu'elle voulait ? J'ai finit ma glace, vous pouvez me le dire, maintenant.
- Vous êtes vexé, hein ? S'amusa Lisbon en voyant l'air boudeur de Jane. Eh bien, ça ne vous fait pas de mal.
Puis elle se dirigea vers son bureau, le sourire aux lèvres. Jane pencha la tête sur le côté en regardant marcher ce petit bout de femme qui était enfin à lui. Puis Lisbon disparut dans son bureau.
- T'as pas finit d'en baver, remarqua Rigsby.
- J'espère que tu tiendras le coup, ajouta Van Pelt.
Jane sourit de toutes ses dents puis il se tourna vers Cho.
- Rien à rajouter, mon ami ?
Cho écarta les bras en signe d'impuissance.
- Ce que Jane veut, Jane l'a toujours…
Jane se mit à rire, bientôt suivi par ses coéquipiers. Oui, il l'avait voulue. Tellement voulue. Et il l'avait.
FIN
