Chapitre 32 : Ce n'est pas un Adieu…

John se précipite vers son amant, étendu sur le côté, lui tournant le dos, alors que Sally s'approche, méfiante, vers Mackenzie.

Alors que Sally constate que la Sorcière est bien morte, John retourne doucement Rodney. Il a les yeux fermés et il craint le pire. Sally s'est rapprochée d'eux alors que John pose deux doigts sur la carotide de son compagnon.

J – Il est vivant !

C'est alors que Sally remarque la baguette.

S – Oh mon dieu, non…

J – Quoi ? !

S – Elle… elle l'a poignardé avec sa baguette…

Et il regarde plus bas, il n'avait pas remarqué la flaque de sang quand il l'avait retourné.

J – Carson, va le soigner…

S – Ce n'est pas possible…

J – Tu dis n'importe quoi ! fait-il durement les larmes aux yeux.

C'est alors que les autres arrivent et Carson se précipite vers Rodney.

S – Il faut juste l'emmener à l'infirmerie et le soulager de la douleur…, dit-elle dans un ton d'abandon total.

C – Sally, il est gravement blessé, il mourra !

Elle regarde tout le monde, alors qu'une équipe médicale les rejoint, et dit en baissant la tête légèrement.

S – La baguette répand un poison… Il n'y a aucun antidote…

Tous baissent la tête alors que Rodney est installé sur le brancard, puis ils se dirigent vers l'infirmerie.

ENTRE TEMPS, ENTRE LES DEUX PLANS D'EXISTENCE

Rodney se réveille et se retrouve, sur une colline. Une colline qu'il connaît bien, la colline de son enfance, au chalet familiale au Canada.

R – Qu'est ce que je fais là ?… Je suis mort ? !

? – Pas encore…

Et il se retourne pour se retrouver en face d'une femme.

R – Vous ne m'êtes pas inconnue…

? – Sûrement, fait-elle avec un sourire mystérieux.

Rodney cherche dans sa mémoire quelques minutes, avant de se donner une tape sur le front.

R – Vous êtes Oma !

? – Oui… Je vois que Daniel vous a parlé de moi.

R – Vaguement à vrai dire. J'ai lu ses rapports de missions. Il a raconté les deux fois où vous l'aviez élevé… Cela va être le cas pour moi ?

O – Rodney, tu as été proche de l'ascension, tu en as les capacités. Mais le veux-tu seulement ?

R – Si je dis « non », je ne vois plus John, si je dis « oui » je ne vois plus John. Quel choix !

O – Je sais que c'est une décision très dure… Par rapport aux autres sorciers tu es le seul que nous pouvons élevé. Nombreux de tes compagnons sont morts au cour de ce combat…

R – John ? ! fait-il inquiété.

O – Non, John va bien, Sally aussi, ainsi qu'un petit nombre… Ils sont auprès de toi… Les autres sont morts soudainement donc impossible pour eux de s'élever, car en plus ils n'étaient pas prêts.

R – Parce que je le suis plus ? !

O – Oui !

Rodney se met à tourner en rond, alors qu'Oma reste impassible et le regarde faire. Il s'arrête au bout de quelques minutes et la regarde.

R – Pourrais-je seulement le voir de temps en temps ?

O – Non…, sauf si tu restes discret pour ne pas te faire repérer…

Là Rodney la reconnaît bien, toujours à passer outre les ordres mais ne les encourageants pas non plus.

O – Ta mission a été accompli, tu es libre maintenant… Dans les deux cas tu mourras…

R – Dans l'un que mon corps, et dans l'autre totalement…

O – Toi seul peut choisir, je ne peux t'aider plus…

R – Et Carson ne peut pas me soigner ?

O – La baguette répand un poison, qui va bloquer, au fils des heures tous tes organes vitaux, comme un puissant venin de serpent… Tu as quelques minutes pour réfléchir ?

R – Un truc ? Depuis combien de temps je suis ici ?

O – Un peu plus d'une heure, alors que de l'autre côté, il n'y a que quelques minutes qui se sont écoulés depuis que tu as perdu conscience… Tes amis vont t'emmener à l'infirmerie…

Et elle disparaît afin de laisser Rodney décider ce qu'il veut tranquillement.

Quand elle revient, Rodney a pris sa décision.

O – Alors ?

R – Je vous suis… Je voudrais simplement dire au revoir, au moins à John…

O – D'accord…

SALLE D'EMBARQUEMENT / ENTRE LES DEUX PLANS

Le brancard arrive en salle d'embarquement quand Rodney est pris de convulsions. Alors que Carson passe dans la perfusion un anti-convulsif, John ressent comme des picotements, et pour chasser la sensation des agréables, il ferme les yeux et frissonne. Mais quand il les rouvre, il est sur une colline inconnu.

R – John…

Ce dernier se retourne, et se précipite vers son amant, le serrant et l'embrassant avec tendresse et force, à la fois. Rodney s'écarte à contre cœur, et lui caresse doucement la joue. Son regard est brillant, mais exprime de la tristesse.

R – Tu es ici pour que je te dise… que je te dise au revoir…, fait-il d'une voix enroué par l'émotion.

J – Au revoir ? ! Non, tu ne peux pas… Tu ne peux pas me laisser… J'ai besoin de toi…

R – Moi aussi, mais je ne peux pas… Le poison me tue lentement…

J – Alors on est entre les deux mondes ?

R – Oui… Les Anciens me proposent de faire l'ascension… Oma Dessala est là , fait-il en pointant du regard vers la femme.

John se retourne et la voit.

J – Alors tu as pris ta décision… Te reverrais-je ?

R – Normalement, je n'ai pas le droit… Tu le sais, leurs lois débiles, mais c'est mon seul moyen pour rester dans la mesure du possible avec toi…

John baisse la tête et commence à pleurer, mais Rodney soulève d'un doigt avec douceur son menton pour qu'il le regarde.

R – Je serais toujours là et là, fait-il en pointant son doigt vers le cœur et la tête de son amant… Je serai ton Ange, fait-il avec un petit sourire tendre.

J – Tu seras mon Ange…

Et Rodney l'embrasse tendrement, alors qu'Oma se rapproche des deux hommes.

O – Il est temps Rodney, ton corps ne tiendra pas indéfiniment, le poison agit plus vite que prévu.

R – D'accord…

Et il regarde dans les yeux son amant et lui dit tendrement :

R – Dis aux autres qu'on reste dans la salle d'embarquement, je vais leur dire au revoir.

J – D'accord…

Et John se retrouve de nouveau dans la salle d'embarquement, noire de monde. Carson, finit d'injecter le produit.

C – C'est bon, on y va.

J – Non !

C / T / E / Ro / S – Quoi ? ? ? ! ! !

J – C'est ce qu'il veut…

C – Elizabeth ? !

S – Si c'est ce qu'il veut, laissons le…

Et au bout de quelques minutes, ils voient le dernier soulèvement de poitrine, et une larme coulée… Il ne faut que quelques secondes pour que le corps de Rodney s'illumine et éblouisse toute la salle. Quand la lumière disparaît, Rodney est debout devant eux, mais un peu transparent comme un fantôme.

C / T / E / Ro / S – Rodney…

E – Vous nous abandonnez…

R – Je ne vous abandonne pas, je pars pour une nouvelle aventure… Je serais toujours dans vos cœurs et vos têtes… Et j'essaierai de me manifester dans la mesure du possible… Vous savez que je suis têtu pour ça.

Tous sourient et hochent la tête.

T – Vous allez nous manquer…

R – A moi aussi… Prenez seulement soins les uns des autres, la vie, l'amitié et l'amour c'est tellement précieux, ne l'oubliez jamais…

C'est alors qu'il regarde vers le plafond et sourit…

R – Il est temps pour moi… Ce n'est pas un Adieu,… juste un au revoir, dit-il ému mais souriant.

Et dans la salle, où le silence régnait jusqu'à présent, et rempli d' « Au revoir » pour le scientifique. Et dans un dernier signe de la main commun, Rodney devient énergie pure et s'élève…

Dans la base, c'est les pleurs qui remplacent les « Au revoir ».

John part se réfugier dans leur quartier afin de craquer, et de pleurer son Amour.