Coucouuuuuuuuuu !

Vous pensiez que j'avais abandonné Absolution ? Mais nan ! je terminais rédemption en fait avant de me remettre à ce projet. Comme rédemption est finalisé en écriture, me revoilààà ! elle est pas belle la vie ?

Bonne lecture et mille morsures !

oOoOoOoOoOo

Chapitre 2 : Tous les cris les SOS.

Jasper POV

-« Esther ! Esther ! » M'égosillais-je.

Rapidement, l'humaine se redressa et me fit face, me défiant de ses prunelles saphirs, envoutantes. Je la regardais pour la première fois véritablement et je me rendis compte que Jacob disait vrai. Elle était divine. Pour une humaine j'entends. On avait envie de la protéger. Elle semblait si fragile. Elle devait peser 50kg toute mouillée et ne dépassait pas le mètre soixante. Ses longs cheveux de jais, lisses et brillants cascadaient sur ses épaules menues, couvertes nonchalamment par une sorte de chemisier. Sa peau était diaphane. Presque aussi blanche que la mienne. Et ses yeux... Ses yeux étaient incroyables. Comment une asiatique avait elle pu hériter d'iris couleur de pluie ? Elle ne bougeait pas mais continuait de me regarder avec hauteur.

Comme si j'étais un challenge. Une proie.

C'était assez ironique d'ailleurs. C'était moi le prédateur.

Le vrai j'entends.

Je pouvais la tuer, comme ça, d'un claquement de doigt. Elle… je ne doutais pas qu'elle puisse anéantir les humains d'un seul regard.

Mais pas moi. Pas un vampire.

Bien qu'elle possède plus de beauté que n'importe quelle autre humaine que j'avais croisé, elle ne pouvait pas nous intéresser. Et encore moins moi. Parce ce qu'elle ignorait, c'est que je connaissais tout d'elle. Et là, je savais ce qu'elle ressentait. Une envie intense de me posséder. Parce que j'étais beau garçon. Et parce que je lui résistais, ce qui ne devait pas être habituel.

Je souris.

Elle allait m'amuser celle là, à tenter de me conquérir. Peut être que ça serait moins ennuyeux que ce que je ne l'avais craint, de devoir la suivre partout. Au moins j'aurais le loisir de la faire tourner chèvre !

Quand j'arrivais peu à peu à sa hauteur, elle se déhancha négligemment en apparence. Mais trop rapidement et trop mécaniquement. Encore une technique d'approche que seul un vampire pouvait discerner. Les humains ne voyaient pas avec leurs faibles yeux toutes les nuances des mouvements. Puis elle releva ses cheveux soyeux, qui bruissèrent doucement, offrant à la vue une nuque ronde, prête à accueillir un baiser. Un rictus narquois fendit mon visage, je le sentis.

La crinière sombre retomba voluptueusement sur l'épaule opposée, dénudant le cou de la jeune fille. Là, par contre, elle devenait dangereuse pour moi. Parce qu'avec moi, ça serait un baiser… mortel.

Quelle garce.

Je voulus la toucher pour la remettre bien en place et qu'elle cesse de me tenter quand sa flagrance digne d'une décharge me chatouilla le nez.

Et là, d'un coup d'un seul, j'étais immunisé. Merci mon dieu de l'avoir fait sentir aussi mauvais. Parce que d'habitude, je souffrais le martyr au contact des jolies filles. Elles, plus que toutes autres, avaient un sang qui… il était irrésistible. J'adorais, quand j'étais un vampire véritable, m'abreuver du sang de jolies vierges. C'était mon petit péché mignon. Et si cette Esther avait sentit aussi bon qu'elle était belle, sans aucun doute que je l'aurais saignée direct, sans penser au danger que cela constituait. D'ailleurs, en plus d'être dangereux pour notre couverture, ça l'aurait été aussi pour moi, parce que connaissant ma très chère sœur, Rose, elle m'aurait étripé.

En gros, nous étions deux gros veinards, l'humaine et moi.

Je me postais devant elle et elle resserra contre sa poitrine ses livres de cours. D'autres adolescentes passèrent et gloussèrent quand elles nous aperçurent. Allez, ça allait jaser. D'ailleurs je les entendais déjà pépier :

-« C'est injuste ! Elle vient tout juste d'arriver et Jasper Hale lui tourne déjà autour ! » Se plaignait une rouquine dont le nom était, si je me souviens bien, Amélia. Son amie, Carmen, la reprit :

-« Il veut peut être l'aider à s'intégrer. Tu sais, il parait qu'il est très gentil.

-Comment tu peux le savoir, il ne dit jamais rien ?

-Bah regarde avec Renesmée par exemple… Il la raccompagne toujours en moto dès qu'elle le lui demande.

-Ouais, c'est sa sœur par adoption ou un truc comme ça. Ca compte pas. Mais pourquoi est ce que la nouvelle devait être jolie ? » Se désola t'elle. « Alice partie, j'ai fait de mon mieux pour attirer son attention. J'ai même passé un cours à côté de lui, en mini jupe et corsage à moitié déboutonné. Et lui, c'est tout juste s'il sait si j'existe ! »

Je réprimais un fou rire et j'aperçus qu'Esther aussi.

Finalement, elle avait peut être la même façon que moi de réagir face aux commérages ? Ca nous faisait au moins un point commun, c'était déjà ça.

Quand les filles passèrent la porte des toilettes, nous explosâmes littéralement.

«-Je suis désolé que tu aies du assister à ça. C'est… gênant.

-Bah… Ce l'aurait été si tu avais été mon frère. Quoique… même avec lui j'ai l'habitude d'avoir à mes trousses son fan club alors…

-C'est-à-dire ?

-Josh est un peu la réincarnation de Casanova. Ce qui a de bons côtés certainement pour lui... Mais pour moi, c'est un peu différent. Je n'aime pas trop avoir toutes les filles à dos. » Souligna t'elle en hochant les épaules. Elle était sincère. Vraiment sincère.

-« Je pensais que les filles dans ton genre…

-Ah bon, j'ai un genre ? » S'écria t'elle. Là, par contre, elle était très intriguée. Et paniquée. Tellement paniquée qu'elle venait de lâcher ses livres. Je les ramassais à vitesse humaine mais quand même très rapidement et les conservais en lui adressant mon sourire de star qui faisait rire Bella. D'après elle, quand je souriais comme ça, ça n'était pas du jeu, parce que j'étais éblouissant. On allait voir si c'était le cas avec la nouvelle, Miss pimbêche number one.

-« Je te les porte. Je ne voudrais pas que tu te casses le pied avec des bouquins. Ca a tout de suite moins de gueule que de se blesser en participant aux répétitions des pom pom girls.

- Tu es toujours aussi sarcastique ? » Se moqua t'elle.

-« Je peux les refaire tomber si tu veux.

-Non ! Non, j'y tiens pas, franchement. » Se précipita t'elle de répondre. Je lui offris un petit air suffisant de mon cru. Ses sourcils formèrent une parenthèse et un sourire narquois s'afficha sur ses lèvres.

-« T'es content de ton petit effet, hein ?

-Assez je dois avouer.

-Je pense que je vais adorer te détester. » Répliqua t'elle, toujours avec un immense sourire aux lèvres.

Dieu qu'elle pouvait avoir du charme à cet instant. Je ricanais :

-« Nessie va me tuer.

-Vraiment ?

-Elle pensait que nous pourrions devenir des amis.

-On pourrait en effet. Si tu arrêtes de te la jouer « le prince des glaces » je pourrais faire un effort. Et donc Renesmée ne t'en voudrait pas.

-Ca serait sympa.

-J'ai dis que je pourrais. Pas que je le ferais. » Nuança t'elle, sadique. Cependant elle éclata de nouveau de rire face à ma mine déconfite. Elle m'avait surprise. Elle indiqua ses livres toujours dans ma main.

-« Merci de les tenir. C'est gentil. C'est un bon début non, pour être amis ?

-Je crois. Je ne suis pas très doué en relations amicales. » Avouais-je, complètement décontracté, rejetant ma tignasse blonde en arrière.

-Moi non plus ! » S'amusa t'elle. « Mais revenons en au fait… tu n'as pas répondu à ma…

-Question ?

-Tu sais très bien que ça n'en était pas vraiment une… » Rougit t'elle en battant des cils.

Cette fille avait des émotions qui faisaient des montagnes russes. Tantôt femme fatale, manipulatrice, tantôt gamine prise en faute. Mais qu'est ce qui ne tournait pas rond ? Pourquoi est ce qu'elle ne se contentait pas de réagir… Normalement ! Les ados… Il n'y a pas pire. A ci. Il y a les clébards. Quoique, entre passer une soirée avec les potes de Jacob et passer une soirée au bal de promo, mon choix était vite fait. Tout plutôt que des gamins qui se bouffent le nez avant de se jeter l'un sur l'autre pour copuler misérablement dans les toilettes des filles. Elle reprit, m'arrachant à mes pensées glauques :

-« Mais merci pour le tact… Alors, ma réponse ? Mon genre ?

-Bah… Tu es le style de personne… je sais pas trop comment te le dire… Cheerleaders quoi ! Jolie mais terriblement superficielle.

-Tu dis toujours ce que tu penses ?

-Je ne mens jamais. » Me gaussais-je.

Elle m'adressa un joli sourire. Très naturel. Puis elle me répondit d'une voix que je ne lui connaissais pas encore. Plus veloutée, plus douce aussi. Plus… normale.

-« C'est d'amis comme toi dont j'ai besoin.

-Gné ? Il y a deux minutes tu disais qu'il te faudrait faire des efforts.

-Tu m'as convaincu, voilà tout ! J'en ai assez de tenir le rôle de « la jolie fille populaire ». Je sais que c'est ce qu'on attend de moi. Avant, ça ne me gênait pas de faire ce petit jeu, mais maintenant… Je suis fatiguée de devoir tenir un rôle. Toi par exemple, tu sembles libre de tout ça.

-De jouer un rôle ? » J'étais mort de rire. Enfin métaphoriquement. Ca, c'était la chose la plus drôle que je n'avais jamais entendue !

-« Et bien tu es le « genre » de mec qui ferait pâlir les stars de cinéma et tu sembles t'en moquer complètement. Pire, tu n'as pas l'air de sauter toutes les filles des alentours et les gens semblent t'apprécier. La preuve en est ces filles qui voudraient avoir un rendez vous avec toi.

-Je ne suis pas un type bien. » Annonçais-je platement.

-« Moi non plus. » Asséna t'elle.

-« Normal, tu es une fille. » Memoquais-je. Elle répliqua du tac au tac :

-« Je suis une vraie garce. C'est comme ça que les filles me surnommaient affectueusement dans mon ancien lycée.

-Joli. J'aime. »

Elle sourit doucement et redevint plus grave. J'aimais bien quand elle reprenait une posture plus effacée, plus douce. J'avais envie de la protéger. Perdue dans ses pensées ou elle ne me laissait pas entrer, elle murmura :

-« Je ne veux plus être en constante représentation. Je veux dire que… Je continuerai à être populaire, j'ai trop besoin qu'on me regarde, qu'on me parle et qu'on m'admire… C'est ma marque de fabrique et j'ai grandi comme ça, sous le feu des… néons du lycée.

-A défaut de projecteurs…

-On fait avec les moyens du bord. »

Je lâchais un petit ricanement et elle hocha la tête nonchalamment. Elle se retourna vers moi avant de continuer :

Mais j'aimerais tellement que certaines personnes me connaissent vraiment. M'apprécie pour ce que je suis vraiment. Etre un peu schizophrène. Tu comprends ? »

Là, je devais avouer que non. En quoi cela était enviable d'avoir un dédoublement de la personnalité ? Il fallait bien être humain pour dire des choses aussi stupides. Quoique ça m'intriguait… Pourquoi est ce qu'elle n'était pas aussi idiote et inintéressante que ce que je voulais le croire au départ? Au lieu de m'amuser à ses dépends et de m'en moquer comme une guigne, j'allais… m'intéresser à elle ? Oulààà Jazz, on se calme. Arrêt sur image, pause, retour en arrière !

-« Tu… je… Qu'est ce qui ?

- J'aimerais bien ne pas être seulement une image. C'est juste que personne ne sait qui je suis. J'ai fait des erreurs par le passé, des erreurs qui bientôt m'ennuieront beaucoup… Alors je voudrais seulement être ce que je suis. Même si je ne le sais pas encore…

-C'est assez noble. Et… intelligent. Et… mature ?!!! » Concédais-je de mauvaise grâce. Elle sembla apprécier le compliment.

-« On dirait que ça te brûle la bouche que je ne sois pas qu'une écervelée doublée d'une salope notoire.

-Oh, tu sais, je ne suis pas encore tout à fait convaincu. » Me moquais-je. Elle grimaça faisant mauvaise fortune bon cœur et lâcha :

-« Je suis désolée pour tout à l'heure je me suis comportée comme une imbécile.

-Ah bon quand ?

-N'essaies pas de me ménager…

-Non. Du tout. Je voulais seulement savoir pour lequel de tes nombreux moments de sottise tu t'excuses. Par ce qu'en 5minutes tu en as accumulé. Déjà tu as chouiné. Ensuite tenté de me draguer d'une façon on ne peut plus audacieuse et… mauvaise. Puis, tu m'as dit que tu pensais que je pouvais être ton ami de schizophrénie. C'est déjà pas mal, et je te passe tes dilemmes intérieurs. ».

Ca n'était pas très fairplay j'en conviens, mais cela ne sembla pas la déranger. A croire qu'elle était… habituée.

-« Pour la drague. Après, je ne vois pas ou est le problème que je pleure quand je… suis découragée ou…

-Pourquoi découragée ?

-Je t'en pose des questions ?

-C'est exactement ce que tu viens de…

-Hale, tais-toi ! »

Pourquoi est ce qu'elle m'appelait Hale ? Jasper, c'était pas dur à retenir hein ? Hale ! C'est moche Hale ! Et puis ça fait… CHIEN ! Pourquoi est ce qu'elles me parlent toutes aujourd'hui comme à un clébard ? Je vérifiais mon reflet dans la vitre pour vérifier si mes cheveux ressemblaient au pelage d'un chien, juste par hasard. Zéro, rien nada. Alors pourquoi… Allons, elle m'avait offensé, je me devais en bon « gentleman » de lui retourner l'ascenseur. Non ?

-« Et si je n'ai pas envie de me taire ? »

Elle me dévisagea et cette fois ci, ses prunelles avaient beaucoup de chaleur et de malice.

-« Oh je trouverais bien un moyen ! » Rit t'elle, m'attirant à elle, si prêt que nos souffles se mêlaient. Elle, au moins elle n'avait pas froid aux yeux ! Surtout si j'avisais ou elle m'avait prit pour que je m'approche. Et ça n'était pas par les épaules.

Cependant, nulle ambigüité dans ses prunelles. Du stade de « proie » j'étais passé au niveau de « possible camarade qui me mènerait une vie d'enfer mais au moins je m'amuserais un peu». Et tout ça en un rien de temps. Quand je vous disais que les adolescentes avaient le chic pour être inconstantes ! Elle rompit le silence :

-« Oh fait, nous n'avons pas été correctement présentés. Je te connais et toi pas du tout… Je suis Esther David. »

C'est à cet instant que je ne pus me retenir de rire. Un rire nerveux et dévastateur. Je sentais que cela la mettait mal à l'aise et aussi que ça l'ennuyait. Et elle était très vexée. D'une voix cinglante, elle répliqua :

-« Je ne vois pas ce qu'il y a de drôle, Hale ! »

Son timbre outré me fit repartir de plus belle. Là, elle était dans une rage noire. Je fermais les yeux pour tenter de me calmer, mais les vague de colère qu'elle m'envoyait continuaient de provoquer mon hilarité. Je l'imaginais déjà avec ses petits poings serrés, prête à se jeter sur moi dès que j'aurais arrêté de rire. Ce que je parvins à faire après de gros efforts. C'est là, tandis que je remettais une mèche de mes cheveux derrière mes oreilles qu'elle se jeta sur moi pour… me rouer de petits coups de poings ! Je la laissais faire, un sourire suffisant aux lèvres. Alice devait déteindre sur moi, je devais être un peu voyant sur les bords.

Ces mains me faisaient plus une sorte de massage que du mal, et quand j'en eu assez qu'elle me tripote, je pris ses menottes dans mes paluches et l'écartais de moi avec fermeté. Elle me toisait de toute sa minuscule hauteur, pas effrayée pour un sou. Pourquoi est ce qu'elle n'avait pas peur alors que j'étais sensé être terrifiant et repousser tous les humains ? Pourquoi n'était-elle pas NORMALE ? Elle massait sa menotte, perplexe:

-« Purée tu as du en faire des heures de muscu'. Limite si je me suis pas cassée le poignet à te taper dessus. »

C'est alors que je crus bon de m'excuser. Et de m'expliquer :

-« Je suis désolé, je n'aurais pas du rire. Mais c'est que… tu me parles de choses terriblement personnelles puis tu t'accroches à des parties…intimes de mon anatomie et puis tu te présentes… Ca m'a semblé incongru.

-Oh. Je… Je suis un peu bizarre… fantasque. Imprévisible. Enfin je veux dire… je passe souvent du coq à l'âne.

-Je viens de le remarquer. A mes dépends du reste. » Fis-je en grimaçant faussement.

Elle ne fut pas dupe mais se contenta de hocher de la tête, remettant en place une mèche de cheveux rebelle. Un autre point commun.

-« Je suis Jasper Hale.

-Tu viens du sud ?

-Comment tu ?...

-L'accent. Hummm… A vue de nez je dirais… Floride ?

-Texas !

-Oh !

-Quoi, Oh ?

-Rien. C'est juste que les texans que j'ai rencontré étaient tous des grosses brutes. Alors que tu as l'air plutôt… distingué. Ascendant guindé même. » Lâcha t'elle en virant au rouge écarlate. J'aimais bien la Esther naturelle tout compte fait. Ses émotions d'adolescente étaient empreintes de la véracité de l'enfance.

-« Quand es tu allée au Texas ?

-Il… Il y a un peu moins d'un an… » Balbutia t'elle. Sa température corporelle monta d'un seul coup, elle commençait à transpirer. Bref, ça la mettait mal à l'aise. Je tenais quelque chose, il suffisait de l'utiliser.

-« Avec qui ?

-Ma famille.

-Ton frère ?

-Josh avait un match. Maman l'avait accompagné dans l'avion. On n'était pas majeurs, alors ça faisait toute une histoire… bref. Moi j'y suis allée par mes propres moyens, c'est-à-dire en stop. C'était assez amusant d'ailleurs. » Souligna t'elle avec un grand sourire. Et là encore, je sus que c'était vrai.

Elle s'arrêta là. Je l'encourageais :

-« Et ton père ?

-Lui, c'était comme d'habitude… » Souffla t'elle, aigrie, « Il avait promis de venir et il n'est arrivé que 10 minutes avant la fin. Il a toujours tout raté de toute façon. C'est un peu sa seconde nature.

-Il doit être très occupé. » Tentais-je. Elle répliqua avec dédain.

-« C'est le chargé d'ambassade d'Israël aux Etats-Unis. Alors oui, il en a du travail. Mais ce qui aurait été bien c'est qu'il pense à sa famille… »

Elle baissa les yeux et de nouvelles larmes perlèrent.

-« C'est ce soir là qu'il…

-Comment tu sais ça toi ? » S'écria t'elle en se reculant. Merde, je venais de faire une bourde. Inventer un mensonge, inventer un mensonge… Allez, Allez, allez, Jazz, tu peux le faire… Une idée… AYEEEEE !

-« Les ragots !

-Quoi ?

-Ils disent que ton père a quitté ta mère.

-Ils n'ont pas tout à fait tord. Mais ce n'est pas tout à fait vrai. » Soupira t'elle, se mordillant de nouveau la lèvre. Là, par contre, elle me cachait quelque chose. Esther tenta de changer de sujet :

-« Il y a quand même pas mal de commérages ici.

-Forks est une petite ville où il ne se passe jamais rien. Alors la moindre chose qui peut rompre la monotonie est bonne à prendre. Pendant quelques semaines se sera « le sujet David » puis on passera à autre chose. »

La sonnerie retentit et nous entrâmes dans la salle de cours. Elle se cala bien au fond, enleva son écharpe multicolore et se laissa tomber sur sa chaise. Elégamment, je m'assis à côté d'elle. Esther me gratifia d'un sourire heureux et je compris à la mine dépitée des autres garçons qu'ils avaient tous eu dans la tête de partager sa paillasse. Chose à laquelle elle semblait peu encline. Quand le prof de maths, M. Giarmana arriva, elle se leva et d'un pas léger alla se présenter. Une vague de désir rempli la salle de cours et me fit grimacer. Pourquoi est-ce qu'ils avaient des hormones ces gars là ? Il y avait des boutonneux qui, sans risquer de mentir, n'avaient jamais du approcher une fille à moins de 50 cm, et on comprenait à les regarder, aisément pourquoi. Une autre « race » de mec cohabitait, c'était les « sexy » qui suivaient des cours de science pour faire comme s'ils étaient intelligent, mais seulement comme ! Puis il y avait les anonymes qui eux bavaient devant tout ce qui avait une paire de seins. Chez les filles, même combat, sauf qu'elles, elles étaient jalouses. Bon, moins que Rosalie, mais quand même, c'était à en être malade. Enfin, il y en avait une ou deux qui montraient de l'empathie pour elle. Pourquoi est ce qu'une gamine aussi insignifiante provoquait autant de sensation ? Je grimaçais de nouveau et massais mes tempes. J'entendis la voix claire du prof de maths :

-« Bonjour Miss David, bienvenue parmi nous.

-Bonjour… Monsieur.

-Je vois que vous avez déjà trouvé une place avec M. Hale. Au moins, vous êtes sûre qu'il ne vous dérangera pas dans la prise de notes. Retournez vous en maintenant. » Conclut il en souriant, lui tendant un cahier.

Elle se rassit et murmura :

-« Pourquoi il m'a dit que tu ne me dérangerais pas ?

-Je n'ouvre jamais la bouche en cours. Je risquerais de… perdre le contrôle. »

Elle me détailla, sans comprendre le sous entendu que j'y avais glissé. C'était ça qui m'amusais : j'avais beau donner des indices aux humains de temps en temps sur ce que nous étions, ils ne comprenaient jamais rien.

-Tu es passionné de maths et tu n'arrêterais pas de parler, c'est ça ?

-Non. C'est juste que je ne suis pas bavard et que quand on me demande de papoter… je peux être très méchant. Donc je me la boucle.

-Oh ! Okay okay. »

Le professeur traça au tableau une liste d'équation au second degré d'une facilité déconcertante. En moins que quelques minutes, elles étaient torchées pour ma part. Je jetais un coup d'œil à Esther, qui elle, semblait nager. Quand je vis ce qu'elle faisait des chiffres, je corrigeais mon hypothèse. Elle ne nageait pas, elle se noyait ! Quand elle disait qu'elle était nulle en maths, c'était un euphémisme. Elle gribouillait, chiffonnait, s'énervait.

-« Je n'y arrive pas ! Qu'est ce que je peux détester les maths !

-Non, non, regarde, il faut juste mettre ça en facteur ?

-Que vient faire le courrier dans les maths, Hale ?

-Jasper !

-Quoi ? Pourquoi est ce que maintenant tu t'appelles toi-même ? Quand je dis que les maths rendent les gens dingues. Mon père m'a…

-Non, ce n'est pas ça ! Je préfèrerais que tu m'appelles Jasper. C'est juste que je ne suis pas un chien et que je n'aime pas trop que…

-Mais tout le monde t'appelle Jasper !

-C'est le but d'un prénom. » Notais-en souriant narquoisement, tapotant mon doigt glacé sur son front, comme pour lui faire rentrer quelque chose dans la tête.

- Enlève ta main, elle est gelée ! » Glapit-elle.

-Oups désolé.

-Apprends pour ta gouverne que je ne suis pas tout le monde, Hale. Donc, je t'appelle Hale. »

Je soupirais et haussais les épaules, comprenant qu'elle était tordue mais aussi très très très têtue. C'était bien ma veine ça, tiens !

-« Alors, c'est quoi cette histoire de facteur avec le courrier dans les équations du second degré ?

-Mais je ne te parle pas DU facteur de je parle d'UN facteur ! » M'énervais-je.

-« Parce qu'il y a une différence à Forks entre l'indéfini « du » et « un » ? » Questionna t'elle, perplexe.

-« Je te parle d'un facteur mathématique ! Tu vois ici, dans le premier membre…

-Membre ?

-La première partie de ton équation… » Soupirais-je avant de reprendre « tu as 4x au carré. Si tu décomposes 4xcarré, ça fait quoi ?

-Hummm… 2x X 2x non?

-Exact. Donc quel est le facteur commun ?

-Je ne sais pas !

-Mais il est là, sous ton nez !

-Oui mais je ne vois pas de facteur !

- Dis-moi que tu joues avec mes nerfs !

-Je joue avec te nerfs !

-J'en étais sûr ! »

Je sondais ses sensations pour y débusquer de la moquerie. Mais il n'y en avait pas. Toujours cette peur, cette douleur qu'elle essayait de vaincre. Et de l'incompréhension.

-« Tu… tu ne comprends pas pourquoi je suis en colère. »

J'avais dit ça, comme on affirme une chose, platement. Et c'était ça. J'affirmais.

-« Bah, non. Mais c'est toi aussi qui m'as dit de te dire que je jouais avec tes nerfs.

-Tu es d'une naïveté étonnante. » Soupirais-je, plus pour moi-même que pour elle. J'avais du mal à comprendre comment cette fille avait pu être une vamp. Peut être que ses amis et petits amis n'avaient pas à l'entendre parler, juste à gémir sous leurs saccades. Je ne voyais que ça. Parce que sinon, elle réagissait comme une enfant.

-« Je suis désolée… tu dois me prendre pour une imbécile. C'est juste qu'avec les maths, tout est si abstrait que… je ne comprends plus rien, je suis tout à fait perdue. Je peux même dire n'importe quoi. Alors ces… facteurs ?

-Se sont des multiples qui donnent le chiffre que tu as. Ici, le facteur c'est 2x. Pigé ?

-Je crois que oui… » Soupira t'elle.

Elle continua ses équations, que je supervisais. Elle se trompait encore, corrigeait, mais au moins, elle comprenait ce qu'elle faisait.

Quand la sonnerie de la fin de l'heure retentit, je n'étais pas beaucoup plus avancé que lorsque nous y étions entrés. Je n'avais qu'une seule certitude : elle était complètement folle et aussi très amusante. Mais ce qui me tracassait, c'était cette fausse joie de vivre. Elle cachait en elle une sorte d'impureté, un souvenir dont elle avait honte et qui la faisait souffrir. Et puis, cette histoire de sang puant. Pourquoi Esther, cette petite pile électrique, avait elle si mal dans sa chair et dans son âme. Quelque chose m'échappait et je ne parvenais pas à mettre la main dessus. Je lui demandais alors qu'elle allait me quitter :

-« Tu as cours de quoi maintenant ?

-Art.

-Tu es une artiste ? »

Je haussais les sourcils ce qui lui arracha un petit rire cristallin.

Hale, ne me regarde pas comme ça ! Ouais, j'ai toujours voulu être une artiste ! Et j'aime prendre mes désirs pour des réalités.»

Je renonçais à la corriger avec mon nom et reprit :

-« La classe est de l'autre côté du lycée. Je t'accompagne.

-Je peux prendre soin de moi toute seule. »

J'analysais ses sentiments. Frustration, colère… J'allais lâcher prise quand je sentis de la… culpabilité ? Okay, ça devait avoir un rapport à sa douleur.

-« Je sais que tu ne peux pas !

- Comment peux-tu savoir ? Tu ne me connais pas ?

-Je sais. C'est tout. Pigé ?

-Mais ! »

Alors qu'elle allait de nouveau protester, je pris Esther par la taille et la déposais sur mon épaule comme un sac à patates. C'était agréable d'avoir un contact physique avec d'autres personnes que des vampires ou des clébards tout compte fait. Heureusement qu'elle sentait mauvais, l'humaine !

-« Hale ! Hale ! HALE ! Repose-moi tout de suite, imbécile ! Je te l'ordonne !

-Oui votre divine noirceur » Rigolais-je, tout en continuant de la trimballer sur mon dos. Je vis les regards lubriques des garçons que nous croisions et jetais un coup d'œil à mon paquet. Horrifié, je baissais la jupe qui s'était un peu relevée et qui lui arrivait désormais en haut des cuisses et rabattais son haut pour masquer la marque se ses sous vêtements violets et noirs, brodés de dentelle et très coquins doublés de jolis en plus ! Oui bon j'avais jeté un petit regard… Il n'y avait pas mort d'homme ! Ni de vampire ! Quand nous arrivâmes devant la salle de cours, elle avait cessé de crier et prenait son mal en patience. Nessie vint à ma rencontre, et me gronda faussement :

-« Jasper, Jasper, Jasper, quand saura tu te comporter bien avec les filles ! Lâche cette pauvre Esther ! »

La « pauvre Esther » grommela :

-« Ca fait 20 minutes que je lui demande de me reposer.

-Tu exagères ! » Ris-je. Elle continua :

-« Ma réputation doit déjà être faite. Je suis la fille que Hale se trimballe sur l'épaule dans tout le lycée.

-Bah, ne sois pas déplaisante, la balade devait être agréable ! » Fis-je, un peu vexé.

-« Oh, elle aurait pu, Hale ! Si tu m'avais porté autrement s'entend. Et puis si tu me plaisais. Et que je t'avais permis de me prendre comme tu l'as fait. Sans oublier si tu ne te mouvais pas comme un chameau ! »

Nessie éclata de rire et demanda :

-« Jasper, un chameau ?

- TOUT DU MOINS UN DROMADAIRE ! Il a une démarche chaloupée, comme s'il descendait de cheval ! » Se plaignit Esther. Nessie sourit, amusée. Elle devait sans doute m'imaginer entrain de mastiquer comme Jean Dujardin dans OSS 117, le Caire, nid d'espions. C'est vrai que quand j'avais été transformé, je venais juste de sauter de cheval… La nouvelle continua :

« Un coup à gauche, un coup à droite… C'est à en avoir le mal de mer ! »

Là, elle allait trop loin. Ni une ni deux, je sifflais.

-« Tu veux redescendre ?

-OUI !

-Alors voilà ! » Je défis mes bras de son corps, haussais les épaules et la fille tomba lourdement sur le sol en poussant un cri de douleur. Elle me fusilla d'un regard meurtrier, tandis qu'elle était la risée de ses futurs camarades de classe. Je ris à m'en décrocher la mâchoire. C'est alors qu'une voix glaciale me coupa toute ma bonne humeur :

-« M. Hale, dans mon bureau, tout de suite. »

Le principal avait du tout voir et cru que je bizutais une « pauvre petite nouvelle ». En tout cas, aller dans son bureau n'augurait rien de bon. Puérilement, Esther me tira la langue avant de me décrocher un merveilleux sourire. Elle murmura :

-« Tu l'as bien cherché, Hale. »

Et je devais avouer qu'elle n'avait pas tout à fait tord.

Alors que je m'éloignais, je sentis une nouvelle vague de peine m'assaillir et je sus tout de suite de qui elle provenait. Tous les cris, les SOS qu'elle m'envoyait sans s'en rendre compte partaient dans les airs et m'arrivaient, me fauchant au passage. Je me retournais une dernière fois et je la vis, seule, fière et droite, ses yeux de pluie perdus dans le vide. Il y avait une blessure en elle.

Et je me sentais désormais un devoir de l'aider à en cicatriser.

oOoOoOoOoOo

Voilà voilà voilà !

Comme je n'ai pas d'Edward Cullen ni de Jasper Hale personnel,

(je cherche, je cherche mais les vampires centenaires et liseurs de pensées tout comme les sexy manipulateurs de sentiments se font rares de nos jours. De plus, si j'en avais trouvé, pensez bien que je serais bien occupée… Ailleurs, à d'autres choses !), pensez au petit bouton vert qui m'indique ce que vous pensez, ce que vous ressentez !

De plus… C'est mon seul salaire !

La young lucky girl sadique vous salue.

A très vite

Votre dévouée auteur.

Eléa Telmar.