Ah ahhh les vacances sont finies et me revoici devant le PC… J'espère que tout va bien pour vous mes petits lecteurs…
Merci pour les reviews et les encouragements.
J'vous embrasse fort fort fort…
Bonne lecture
Morsure !
Votre dévouée auteur.
Eléa Telmar.
oOoOoOoOoOo
Chapitre 3 : Le temps qui court.
Renesmée POV.
J'aimais bien les jours de pluie. C'était reposant, apaisant. Les petites gouttes faisaient « cling cling cling » sur les vitres. Les gens restaient cloitrés chez eux ou dans les salles de classe. Il y avait du bruit de la promiscuité. C'était les jours d'orage aussi que nous, les vampires nous pouvions nous amuser un peu, en faisant du baseball. Mais cette fois ci, nous ne jouerions pas, car nous n'étions pas assez nombreux seulement cinq. Cela faisait maintenant un mois. Un mois et des bananes que mon père, ma mère, ma tante et mes grands parents étaient à Denali et apparemment, ils allaient encore y rester quelques temps. Peu être même l'année. Pour un humain, une année sans ses proches peut sembler une éternité. Moi, je les côtoierais jusqu'à la fin des temps, donc je pouvais bien attendre. C'était comme s'ils partaient une semaine.
Seul Jasper tournait comme un lion dans sa cage. Alice lui manquait. Pas besoin d'avoir le don de mon papa pour m'en rendre compte. Il était irascible et se renfermait peu à peu sur lui-même. Alice avait toujours su comment le prendre, comment le calmer.
Son Alice, son amour, son éternité. C'étaient certainement le couple le plus fusionnel de la famille, bien qu'il soit paradoxalement le moins démonstratif. Mais dès que leurs regards se croisaient, il se passait quelque chose de tellement personnel que vous deviez baisser vos yeux. Je passais quand à moi, de moins en moins souvent à la maison, préférant rester au cottage avec Jacob, mon amoureux. Nous étions ensemble depuis des lustres mais je me surprenais à toujours le redécouvrir. Il avait ce petit côté enfantin que j'adorais. Et une fossette quand il souriait pendant qu'il dormait, d'un sommeil lourd avec une respiration profonde qui me chatouillait le cou. Jacob, mon loup que je n'aurais échangé pour rien ici bas !
Longtemps je n'avais pas compris ce qui nous unissait. Jake m'avait vue grandir, ça avait été un frère, puis un ami, jusqu'à devenir mon meilleur ami. Et puis, Nahutel était entré dans l'équation. Un hybride comme moi. Sauf que lui, tout de suite, il m'avait montré qu'il avait des… pulsions à mon égard. Moi, mes hormones me travaillaient, mais j'étais amoureuse de Jacob. Sauf que cet imbécile de chien ne se déclarait pas. J'avais donc, par dépit sans doute, cédé à ce type qui rêvait d'avoir une progéniture ou tout simplement d'un jour pouvoir coucher avec une fille.
Bref.
Stupide jusqu'au bout, j'avais laissé sur le carreau père et mère et m'étais enfuie avec l'amérindien, sans plus d'explication qu'une petite note griffonnée à la va vite. Deux années plus tard, c'est un Jake épuisé et furieux qui me retrouvait et me ramenait par la peau du cou à ma famille, après avoir tout détruit derrière lui, y compris mon amant. Je lui en avais voulu cruellement avant de lui pardonner… En quelques heures ! Il m'avait expliqué qu'il avait eu tellement peur pour moi. Qu'il était presque devenu fou en apprenant que j'étais partie, que j'étais loin et qu'il ne pourrait peut être plus jamais me revoir. Moi, son imprégnée.
Il m'avait confié qu'il avait songé à se tuer avant de reprendre courage et de nous traquer.
Je m'en étais voulu de l'avoir fait autant souffrir. Jamais Nahutel n'avait eu mon cœur. Mon corps oui, mon âme non. Je pensais qu'avec les années, ça changerait mais je m'étais trompée. Je m'étais de nouveau sentie entière à l'arrivée de Jake. Pas avant. Il pleurait presque de joie quand il m'avait prise dans ses bras, le corps de Nahutel encore tiède gisant à mes pieds. Tétanisée, je n'avais pas bronchée… Oui, il avait dû tellement souffrir… Autant sans doute que l'avait fait mon père quand il avait quitté ma mère après que Jasper ait failli la mordre, le jour de ses 18 ans. C'était ce soir là que j'étais devenue « l'imprégnée officielle » de Jacob. C'est-à-dire que nous nous aimions, et que jamais personne ne pourrait plus nous séparer. Nous formions un tout, indivisible et inébranlable. Je passais donc tout mon temps, depuis que mes parents s'étaient absentés, avec lui, car quand ils reviendraient, il nous faudrait de nouveau nous montrer « sage » pour ne pas que mon père arrache la tête de Jake au moindre son qui pouvait lui évoquer que j'avais une quelconque activité sexuelle. Autrement, je voyais une humaine. Ma meilleure (puisque seule) amie, un curieux mélange d'Israélienne et de Japonaise.
Esther.
Esther David.
Elle passa alors le pas de la porte de notre cours d'art, sa matière principale tandis que moi ça n'était qu'une option. Jasper l'accompagnait, muet, comme à son habitude. Ces deux là se détestaient autant qu'ils s'appréciaient. Mais comme ils étaient aussi… maladroits dans l'expression de leurs sentiments (ce qui était, à mon humble avis, un comble pour Jasper, mais passons), ils se boudaient. Et je pense que le fait que cette humaine nous tourne autour était aussi la cause de sa mauvaise humeur et de son impatience à retrouver Alice. Esther s'asseyait à notre table, mais ne bavardait qu'avec Jacob –qui l'adorait littéralement- et moi. Ah, si, Emmett de temps en temps s'insinuait dans la conversation pour faire une blague, sous le regard furieux de Rosalie, qui lui faisait payer cher sa « trahison » le soir, à la maison. Mon amie égoutta son parapluie ainsi que ses cheveux noirs. Elle était trempée comme une soupe et grelottait :
-« Ton parapluie aurait-il un trou, Mini ?
-Nan ! C'est ce fichu vent ! Il a retourné le parapluie pendant, je ne sais pas moi, 2 minutes, et voilà le résultat ! » Grimaça t'elle en tournant sur elle-même. « Je suis une victime ! » Minauda-t-elle. « On dirait un clebs qui sort du bain ! » Je l'observais avec attention… C'est vrai qu'elle ressemblait à un chien mouillé.
La cloche retentit et Jasper salua avant de prendre congé. Ce qu'il pouvait m'énerver quand il se comportait comme un rustre ! Il faudrait que je lui en touche deux mots à la villa. Non mais !
Esther s'assit à côté de moi et déballa ses affaires de cours.
-« Tu as quelque chose de prévu après les cours ?
-A part une bonne douche, non.
-Okay. Tu ne sors jamais et on est vendredi soir. Je t'enlève pour aller au centre commercial de Port Angeles !
-Je… Ce soir… hum… Pas possible je crois… Josh… Il… »
Joshua, le frangin d'Esther, ne nous aimait pas. Et ne s'en cachait pas. Après les politesses du premier jour, il avait trouvé son camp. Celui des détracteurs Cullen-Hale. En fait, ça n'était qu'en raison de la concurrence qui existait entre Jake et lui sur un terrain de Basket, Jacob étant le capitaine de l'équipe et rabrouant sans cesse Josh parce qu'il se la jouait trop perso. Bref, cette petite querelle avait occasionné la naissance de notre pire ennemi humain. Et moi, j'étais devenue la meilleure amie de sa sœur. Tout allait bien !
-« Allezzz ! Tu n'es jamais sortie avec moiiii ! S'il te plait, s'il te plait, s'il te plait… » Suppliais-je en sautillant autour d'elle, imitant le moyen de convaincre qu'utilisait ma tante, Alice quand elle voulait aller faire du shopping avec ma mère, Bella. L'usure ! Après plusieurs minutes de piaillements, vous lui accordiez tout ce qu'elle voulait juste pour qu'elle se taise. Cela ne manqua pas, puisqu'Esther, d'une vois lasse murmura :
-« Tout ce que tu voudras... On fera ce que tu voudras ce soir… pour peu que tu la boucles ! Tu me donnes la migraine ! Et cesse de gesticuler !
-HOURRAAAA ! » M'écriais-je et je pianotais sur mon portable un sms à l'attention de Jacob et un autre pour Jasper. Une soirée ensemble, ça sonnait bien. Et puis, Emmett e Rosalie auraient la maison pour eux tout seul… Et je pense que ça n'était pas négligeable !
Le prof entra et, comme d'habitude, le travail s'organisa en petits ateliers. Nous avions tous tirés en début d'année un petit papier avec inscrit dessus un thème, qui nous poursuivrait tout au long des deux semestres. Moi, veinarde comme je suis, j'avais hérité des clowns. Alors que j'en étais phobique ! Bah oui, les hybrides peuvent avoir peur. Même s'ils vivent, comme moi, coincés entre un clan de vampires et une meute de loups garous. Il y a pire que les « monstres » des histoires d'horreur. Ils y a les clowns. Ca m'avait traumatisé, plus que les Volturi, plus que Jasper qui saigne un humain. Les clowns. Eux, j'aimerais bien que Jazz le boive. Ca ne serait pas une grande perte… Comment pouvait rire d'eux ? Mystère mystère…
Esther, quand à elle, s'était vue attribuée à son arrivée le thème de « l'arbre ». Elle s'était contentée de hocher la tête et avait dessiné quelque chose, un gribouillis que le prof avait trouvé… « Intéressant mais bien trop abstrait ». Je ne voyais pas pour ma part ou était le truc « intéressant » dans un enchevêtrement de lignes courbes faites à la va vite mais bon…
Je retournais à mon tableau multicolore, appréciant désormais les textures, les collages, le trait du dessin. Je ne voyais plus le sujet mais comment réaliser un projet qui me tenait de plus en plus à cœur. Mon challenge personnel. Affronter ma phobie. Esther resta à notre table et déballa ce que contenaient ses papiers d'alu que j'avais avisé à midi, à la cantine. Un à un, des os de poulets s'en échappèrent. Puis, elle bidouilla dans les « trésors » de notre professeur et y trouva une plaque de mousse, un petit palmier et de la ficelle. Peu à peu, son œuvre prit forme et là, je devais avouer que je trouvais ça terriblement génial et aussi horriblement… flippant et morbide ! Oui, oui, flippant et morbide, je vous assure ! J'ai l'habitude du morbide et flippant, je suis la fille de deux vampires et la petite amie d'un loup garou mais là… J'en eus la chair de poule.
A la fin, les os de poulets se dressaient fièrement vers le ciel, surplombant de toute leur hauteur le minuscule palmier de plastique. Nous dûmes faire un compte rendu oral de notre séance et quand vint son tour, elle murmura, les larmes aux yeux :
-« C'est une forêt. »
Le professeur tourna comme un vautour autour du travail d'Esther, observant méticuleusement ce qu'il avait sous les yeux.
-« C'est brillant. Osé. Les arbres qui représentent la vie sont ici comme la mort. Et ce palmier en plastique… Il a une signification, je suppose, Mlle David ?
-Oui…
-Une sorte de rêve, d'idéal brisé, ou tout simplement perdu dans les malheurs qui jalonnent la route de tout humain. C'est bien. Très bien. »
Esther baissa les yeux humblement et je compris que, par bien des façons, elle laissait entrevoir ce qui la rongeait. Cependant, je ne parvenais pas à mettre le doigt dessus. Et cela me chagrinait. Nous nous évertuions à percer son secret. Nous étions trois à plein temps et maman que je mettais dans la confidence. Si seulement mon père avait été là, nous aurions tout de suite su ce qui se passait ! C'est ce qui m'énervait chez lui. Il n'était jamais là quand on avait besoin de lui ! Alors, la cloche de la fin des cours retentit. Dans un capharnaüm assourdissant, les ados jetèrent dans leurs sacs leurs affaires de cours et se ruèrent vers la sortie.
Je les avais imités, pressée d'être en week end et de partir à Port Angeles. Mais Esther semblait agir au ralentit.
-« Allez, dépêche-toi ! On a au moins une heure de route pour aller là bas !
- Vas-y, je te rejoins !
-Pas de ça, ma belle ! Je ne suis pas née de la dernière pluie. Bouge ! »
Elle leva les yeux au ciel, exaspérée. Quand nous sortîmes de la classe, Jacob et Jasper nous attendaient, patiemment. Jake était avachi contre le cadre de la porte et dès que je me trouvai à sa hauteur, il s'empara de mon visage avec une infinie tendresse et déposa ses lèvres douces et chaudes sur les miennes. Avidement, je répondais à son baiser, tandis que ses paluches enserraient ma taille et me faisaient quitter terre. Je sentis que mon entrain lui plaisait, à mesure qu'il souriait tout contre ma bouche. Tendrement, il murmura :
-« Tu m'as manqué petit monstre.
-Je n'ai été séparée de toi que deux heures !
-Ah bon ? Ca m'a parut deux siècles !
-Arrête de dire des imbécilités romantiques, ça ne colle pas du tout avec ton personnage ! » Me moquais-je en m'écartant de lui après un ultime baiser.
Esther avait baissé les yeux et rougissait violemment tandis que Jasper nous observait, un air désespéré et blasé s'affichant sur son visage. Mon oncle était adossé au casier de mon amie, avec une fausse nonchalance qui aurait rendue n'importe quelle fille folle. Il avait la fâcheuse tendance à ressembler à un mannequin. Esther ramassait ses livres pour ses devoirs ce week end. C'est alors que je les surpris chuchoter tous les deux :
-« Alors, tu vas me dire ce que tu…
-Hale, la ferme. Je croyais qu'on s'était mis d'accord ! Tu m'ignores, je t'ignore et tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes.
-On n'a pas statué sur une close quand l'un des deux a besoin de parler à l'autre.
-Depuis quand tu as besoin des autres ? »
La remarque était acide mais pas fausse. Jasper était auto-suffisant. C'est à cet instant que je remarquais un autre problème qui se profilait : Joshua.
-« Hey hey hey, Hale, qu'est ce que tu fais avec ma sœur ?
- Josh, laisse-le en dehors de ça !
- Esther, je fais mon boulot de frère. Je te protège des mauvais garçons.
-Je ne suis plus une gamine ! Je n'ai pas besoin de toi !
-Ce n'est pas ce que tu me disais l'autre soir, que je suis allé te sauvé la mise dans ce bar mal famé.
-La ferme ! Je t'interdis de… » S'égosilla t'elle.
Elle trépigna et voulu lui mettre une gifle. Il l'attrapa et serra son petit poing dans le sien, le lui tordant. Elle grimaça de douleur mais tint bon.
-« Alors, la louve ressort sous le masque lisse de la prude ? Je te retrouve enfin petite sœur… Mais si tu veux t'encanailler, choisis au moins les bonnes personnes…
-JE. VEUX. QUE. TU. ME. LACHES. TOUT. DE. SUITE ! » S'était énervée Esther, sans élever la voix cette fois.
Jacob voulait réagir mais je lui intimais l'ordre de n'en rien faire. Cela ne nous concernait pas. Ils devaient régler leurs différents tous seuls. Cependant Josh ne cédait pas.
-« Je te raccompagne à la maison ?
-Non, merci.
-Tu sors ma chère sœur ? Avec qui ? Je le connais ?
-Je vais à Port Angeles. Avec Renesmée, Jacob et Jasper.
-Les zarbis ? Tu vas passer une soirée avec… QUOI ? Jacob ? Jacob Black ?
-Qui veux tu que se soit d'autre ?
-Tu va passer ta soirée du vendredi soir avec le type qui me ridiculise le plus au lycée ?
-Josh, ce n'est que du Basket. Arrête d'être si… superficiel !
-Tu as tellement changé ! Je ne te reconnais plus ! Avant entre nous c'était… On se serrait les coudes !
-Avant était avant. Je pensais que tu aurais compris avec tout ce qui c'est passé. Il serait temps pour toi de grandir Josh. Et maintenant, laisse moi. »
Des éclairs illuminaient le regard noir de Joshua. Il était complètement dingue de sa sœur. Dans tous les sens du terme. Il l'adorait littéralement. La plupart du temps, tout se passait bien entre eux, ils avaient l'air très proche. C'était la première fois que je le voyais perdre son sang froid, et je devais avouer qu'il me faisait peur. C'est alors que Jasper cru bon d'intervenir. Il posa ses mains sur celles du garçon et l'obligea à lâcher prise :
-« Je crois qu'elle a compris. On te la ramènera en un seul morceau, David.
-J'espère bien Hale, parce que si elle est amochée, je t'arracherais la tête ! »
Je frémis. Se pouvait-il que cet humain nous ait percés à jour ? Jazz fronça les sourcils mais ne releva pas.
-« Viens Esther, on s'en va. » Se contenta-t-il de dire. Josh eut un rire moqueur et adressa à mon oncle :
-« T'as bien choisi au moins mec ! Elle te fera ce que tu voudras. De toute façon, elle n'est douée que pour ça ! Hein Esther ? Raconte-lui quelle est ta position…
-Boucle là, David ! » S'énerva Jasper. En moins de temps qu'il n'en faut pour respirer, il tenait l'humain par le cou et l'avait plaqué contre le mur avec une telle force que la peinture en tomba. Mon oncle bouillonnait de rage et d'incompréhension, au même titre que moi et Jake. Nous ne comprenions pas ce qui se passait sous nos yeux. Esther semblait horrifiée. Je repris la parole :
-« Jazz, laisse-le passer. Nous rentrerons vers minuit, Okay ? Maintenant, si tu veux bien nous excuser… »
Je me retournais et pris la main d'Esther dans la mienne. Jacob nous emboita le pas en maugréant. N'entendant pas la démarche de Jasper, je lançais :
-« On va rater la séance de ciné si ça continue. »
Un grondement sauvage parvint à mes oreilles puis un bruit mat et sourd, celui du corps de Josh qui s'écrasait contre le lino sans doute. En quelques pas, Jasper nous rejoignis et écarta de mon étreinte Esther. Elle tremblait comme une feuille et semblait proche de la crise de nerf. Son frère avait du lui faire passer un message, raviver un souvenir douloureux. Jacob enlaça ma taille et embrassa avec mille précautions mon crâne.
-« Tout se passera bien. On va s'amuser ce soir, je te le promets.
-Ca commence mal, si tu veux mon avis.
-Tu m'offenses, Nessie. Tu sais très bien que je peux faire des trucs incroyablement stupides rien que pour dérider les gens.
-Souvent tu ne t'en rends pas compte même, vu que tu es toujours stupide.
-Petite teigne ! » Rit-il en me chatouillant les côtes.
-« Clébard ! » Continuais-je, tout en l'embrassant doucement. Jake m'avait fait gouter au bonheur, et j'espérais sincèrement qu'un jour, ma meilleure amie puisse connaitre ce bonheur. Je papillonnais des cils, tout en observant ce que mon oncle faisait juste devant moi.
Jasper avait passé son bras autour des épaules d'Esther et la maintenait calée contre son torse, tandis que sa main frictionnait celle de la jeune fille. Elle trébucha. Alors, il la fit basculer sur le côté, attacha sans mot dire les bras de l'humaine autour de son cou, plaça un bras au creux de son dos et l'autre à la place de l'articulation de ses genoux et la souleva en amazone, en pinçant les lèvres. Esther s'accrochait à lui, comme une noyée s'accroche à un bout de bois.
Péniblement, nous parvînmes au parking du lycée. La fille ressemblait plus à un poisson mort qu'autre chose. Jasper la déposa sur la selle de sa moto et nous attendit.
-« Je crois qu'on devrait remettre cette sortie, Nessie, tu ne crois pas ? »
Alors que j'allais acquiescer, déçue mais néanmoins honteuse d'avoir causé tant de peine à mon amie, celle-ci prit la parole :
-« Non. J'ai envie d'aller à Port Angeles, avec vous trois. »
Elle avait prononcé ces mots d'une toute petite voix, un peu brisée. Mon cœur se serra dans ma poitrine et je me sentais terriblement coupable. Jasper m'adressa un regard doux, du genre « ne t'en fais pas, elle est plus forte que ce que tu ne le penses, je sais ce qu'il en est, elle va assez bien. ». Je la rejoignis, trainant Jacob qui avait noué ses doigts aux miens.
-« Tu es certaine que…
-Puisqu'elle te le dit ! » Répliqua Jake, tout content finalement de pouvoir sortir. Il tapa dans ses mains et frotta le haut du crâne d'Esther, la décoiffant au passage. Elle sourit et grogna avant de remettre en ordre ses cheveux. Il me rejoignit et me fit pivoter sur moi-même, en quelques pas de danse tout simplement grotesques. Mais Jacob était mon Jacob et même avec ses excentricités je ne parvenais pas à lui en vouloir plus de quelques secondes.
-« Allez, petit monstre, en selle ! Je propose une course !
-Tu n'as pas bien entendu ce que ta chérie a promis à Josh, clébard ! » Constata Jasper avec flegme « A moins que tu veuilles t'en débarrasser… Ce que je peux comprendre, vu qu'elle est impossible. »
J'affichais un petit air outré, tandis que Jacob éclatait de rire. Ce qui me mit assez en colère, et je lui donnais un coup de pied bien placé, ce qui le calma instantanément.
-« Mais non, mon sucre d'orge, je sais que tu es une conductrice hors pair. Allez, une petite course, s'il te plaiiiitttt… » Me supplia t'il, se mettant à genoux. Je levais les yeux au ciel et dis :
-« Si Jazz et Esther sont d'accord…
-Moi ça me va. » Se borna de dire mon oncle. Mon amie hocha la tête, pas du tout rassurée.
-« Bon, c'est cool. Jasper a sa BMW, moi ma Honda… quand à toi, tu penses que ta Mini suffira ou tu veux repasser à la maison et prendre la Morgane d'Edward ? »
L'attrait qu'avait la voiture de mon père fut la plus forte.
-« On peut aller chercher la Morgane ? » Demandais-je, innocemment. Le vampire blond s'esclaffa en rejetant sa tête en arrière :
-« Je l'aurais parié ! Tu es tellement prévisible Nessie ! Vous m'attendez, je passe à la maison la chercher. »
Alors qu'il s'apprêtait à nous quitter, Esther demanda :
-« Vous n'habitez plus en périphérie de la ville ?
-Si, pourquoi ?
-Bah… Parce que ça fait quand même une petite trotte, d'ici. Non ? »
Jacob se mordit la lèvre. On était complètement stupides. Bien sûr que c'était loin ! C'est alors que je pris la situation en main.
-« Esther, Jasper n'aurait jamais parcouru tout ça à pied ! Il allait prendre ma Mini pour revenir avec la Morgane. N'est ce pas ? »
Jasper comprit tout de suite que je réparais notre gaffe et acquiesça. Il sauta dans ma voiture et mit le contact :
-« Fais attention à elle, je sais que tu n'as plus beaucoup l'habitude de…
-J'ai appris à conduire un siècle avant toi ma belle…
-Un siècle ? » S'étrangla Esther qui commençait à se demander si nous n'étions pas dingues.
-« Jasper a un petit côté marseillais ! » Répliqua Jacob, sauvant notre couverture « Il exagère tout le temps. Juste pour crâner ! »
Je lançais un regard furieux à mon oncle qui haussa les épaules :
-« Débrayes bien et quand tu rentres dans l'allée, serre bien à gauche… »
Je n'eus pas le loisir de terminer ma phrase. Jasper, dans un crissement de gravier, avait quitté le parking et déjà s'engageait dans la grande rue de Forks. Je bougonnais et rejoignis Jacob. Il pianotait sur son portable :
-« Encore à jouer ?
-Nan. Je dis juste à Edward et Bella de ne pas appeler ce soir.
- Quand cesseront-ils de nous voir comme des gamins irresponsables ?
-Quand nous deviendrons des adultes. Et ce stade de la vie ne me botte pas particulièrement. C'est le prix pour continuer d'être libre et d'agir sur un coup de tête. Je croyais que tu aimais ça ?
-C'est vrai. Mais j'aimerais aussi pouvoir passer du temps avec toi sans qu'ils nous tombent dessus.
-Bah, c'est normal, se sont des parents. Imagine leur tête si un jour tu leur annonce que tu es enceinte…
-Justement, j'avais envie de te parler de quelque chose, Jake… »
Mais Jacob ne m'écoutait plus. Son portable vibra et il prit la communication :
-« Allo ? Bella ? Ouais, comment tu vas ma vieille ? Oui… Bah… » et il s'écarta pour continuer de papoter avec sa meilleure amie et en l'occurrence ma mère. Je rejoignis Esther qui elle aussi pianotait sur son clavier.
-« Ne me dis pas que toi aussi tu téléphones à tes parents !
-Pas de risques ! Ma mère est complètement à côté de la plaque avec ses antidépresseurs. C'est à peine si elle remarquera que je n'étais pas là ce soir. Mon père ne vivant plus à la maison, il s'en fou aussi royalement.
-Il ne te manque pas ?
-Qui ? Mon père ?
-Oui.
-Alors ça, non ! On voit que tu ne l'as jamais vu ! Franchement, à part qu'il m'a engendré, il n'a jamais rien partagé avec moi. Enfin si, un ou deux trucs mais sinon… Je n'ai pas de bons souvenirs avec lui… Tu sais que la première fois qu'il m'a fait voyager, c'était pour aller en Israël, en pleine intifada ? Il y a mieux pour vacances en famille tu ne crois pas ?
-C'était une question rhétorique là, hein.
-Oui. Ca c'est du Benjamin David tout craché. Ne jamais faire comme tout le monde. Ne jamais être là et confier l'éducation de ses gamins à des jeunes filles au pair. Tu as dit toi à tes parents que tu sortais ce soir ?
-Jacob téléphone à Bella…
-Sa sœur ?
-Ouais ! Elle est avec mon père en ce moment. Donc elle fera passer le message.
-Ca doit être cool votre famille « composée ». Vous avez tous l'air de bien vous entendre.
-Arf on s'accroche parfois, mais ça ne dure jamais bien longtemps. Mais avec Josh…
-Josh est adorable.
-Vraiment ? Parce que tout à l'heure… »
Il y eut un long silence. Esther était très nerveuse.
-« Tout à l'heure il me mettait en garde. Pour que je me souvienne de certaines choses qui m'ont pourri la vie et que je ne dois pas recommencer. C'est un bon frère. Il… il veut juste me protéger. Tu ignores ce que ma famille a dû traverser. Je me croyais forte à cette époque et je m'en moquais. Maintenant je sais qu'on peut accéder au bonheur mais qu'il ne dure jamais bien longtemps. Alors ne le juge pas. Il ne faut pas juger quand on ne sait pas…
-Mais si tu me disais, je pourrais.
-Si je ne t'ai rien confié, Renesmée c'est qu'il y a une raison non ? Je ne VEUX pas que tu saches. C'est tout. Il y a des choses qui ne sont pas bonnes à dire. Toi non plus tu ne me dis pas tout. Tu parles peu de ton enfance, de tes parents… de pourquoi ils ne sont pas chez toi en ce moment. Si tu ne veux pas que je fouine dans ton passé et dans ta vie, essaye de faire de même pour moi. Okay ? »
Elle avait ben cerné le problème et avait senti que je m'intéressais à son secret… J'opinais et elle continua, un sourire chaleureux aux lèvres :
« Alors, qu'est ce que tu veux que nous fassions, ce soir ? »
Jacob arriva sur ces entre faits et me fit m'assoir sur ses genoux :
-« Je pensais faire les boutiques… »
Mon amoureux grimaça comme s'il allait souffrir le martyr.
-« Et ensuite aller voir le nouveau film avec Jackson Zweig et Scarlett Cruz, tu sais, tu m'en as parlé Jake…
-La nuit des temps. J'avais complètement zappé qu'il était sorti lui ! Ca promet d'être génial !
-C'est quoi l'histoire ? » S'intéressa Esther.
-« Ca parle d'une expédition qui trouve une civilisation perdue depuis neuf cent mille ans. Ils retrouvent le corps d'un couple d'humains mais réveillent d'abord la fille parce que l'homme est en mauvais état. » Commença Jacob.
-« Le docteur Simon va tomber amoureux de cette femme des temps anciens, mais elle, elle est toujours amoureuse de celui qu'elle a perdu quand elle a été cryogénisée. Et ça parle de ce triangle amoureux… » Continuais-je
-« Mais sur fond de guerre, de science fiction… » Ajouta mon amoureux avec enthousiasme.
Esther semblait elle aussi conquise car elle affichait un sourire éclatant. Elle continua de pianoter son sms que je l'avais empêchée de finir et l'envoya. Quelque secondes plus tard, son portable vibra :
-« Allô ? Oui Josh ? Qu'est ce… Tu lui donnes un biberon à chaque fois qu'elle pleure ? Mais nan imbécile ! Oui. Oui c'est ça… Avant de la gaver, vérifie sa couche ! Ouiiii. Bien. Je serais là vers minuit. On reparlera de tout ça. Oui. Je t'aime aussi. Bye. »
Jake et moi la dévisagions certainement avec des airs terriblement ahuris, car elle éclata de rire quand elle recroisa notre regard.
-« Quoi ?
-Tu… Un bébé ?
-C'est Ziva, ma petite sœur ! » S'amusa Esther.
Elle fouilla dans son portefeuille et en sorti la photo d'un nourrisson qu'une asiatique tenait dans ses bras :
-« C'est elle, avec ma mère.
-Oh, elle est trop mignonne. » Gazouillais-je, ravie. Jake leva les yeux au ciel, comme tous les garçons face à un bébé. Ce qu'il pouvait m'énerver celui là. Je lui donnais un coup de coude et il grommela :
-« Ouais, c'est mignon. On dirait un peu un asticot mais bon…
-JACOB !
-Ne lui crie pas dessus, c'est exactement ce que je me suis dit la première fois que je l'ai tenue dans mes bras… enfin pour moi, c'était plus un bilboquet…Sauf que tu sais, Jake, le truc qui est bien avec les asticots… C'est qu'ils sont silencieux. Avec les bébés, tu cherches tout le temps le bouton « off ». Surtout quand ils sont en bas âge comme Ziva ! » Soupira t'elle. « Pauvre Josh. C'est vrai que je lui ai fait un coup vache, là. Le laisser tout seul avec maman et elle. »
Mais elle ne semblait pas tellement désolée en tout cas !
-« Bah c'est bon, c'est qu'un bébé, pas un T-Rex non plus ! » Répliqua mon amoureux. Mon amie ricana et dit :
-« Toi, tu n'as jamais été en contact avec des nourrissons… Parce que sinon tu saurais qu'entre 1 et deux ans, avec certains c'est carrément l'enfer sur terre. »
Jake se contenta de sourire mais ne releva pas. Je lui en fus reconnaissante. Un instant. Avant qu'il ne lâche notre bombe :
-« Oh, tu sais, j'ai connu un môme qui a réussi à moins de 3 mois à mettre toute sa famille en danger de mort, avec des chefs de la mafia italienne à leur trousse. Ca compte ? » Demanda t'il avec un air angélique et Esther lui donna un coup sur l'épaule. Sa main fit un horrible craquement et elle grogna tout en se frictionnant son poignet.
-« Vous devriez arrêter, Hale et toi, la musculation. On dirait du granit. »
C'est à cet instant même que Jasper, cheveux blonds au vent, déboula sur le parking. Il sortit agilement de la voiture et se glissa tel un fauve auprès d'Esther, sans l'avoir un seul instant quitté des yeux. Elle, recommença à trembloter. Pourquoi jouait-il avec les sentiments qu'il lui inspirait ? D'ailleurs, qui pouvait bien résister à l'attraction que Jasper créait dès qu'il arrivait quelque part ? Il avait ce don qui faisait tomber toutes les filles en pamoison. Son torse ne se trouvait qu'à quelques centimètres du dos de l'humaine, et je suis certaine qu'il pouvait sentir sa température corporelle lui réchauffer l'endroit ou aurait dû battre son cœur. Elle semblait si petite comparée à lui. Sa tête trouvait sa place sur l'épaule de mon oncle. C'est alors que je rompis le silence qui s'était installé.
-« Esther, toujours partante pour leur mettre la raclée de leur vie ?
-Oui oui, bien sûr ! » S'enthousiasma ma camarade.
Jake et Jazz s'adressèrent un clin d'œil complice et rejoignirent leur moto, tandis que nous, les filles, montions en voiture.
-« Attaches bien ta ceinture, David. » Conseilla Jasper, narquoisement.
-« Tente de rester sur ta moto et vivant, Hale ! » Se moqua Esther. Jasper sourit, ironique.
-« Ne prends pas de risques disproportionnés. » Murmura Jacob à mon oreille avant de m'embrasser avec fougue. Deux toussotements légers nous interrompirent. Mon amoureux reprit, malicieux :
-« Il ne faudrait pas qu'Edward me tienne rigueur de te rendre abîmée quand il reviendra !
-Imbécile ! » Me renfrognais-je en jouant avec l'accélérateur. Les garçons nous rejoignirent en roulant des mécaniques. Ils riaient à gorge déployée et même Esther semblait se dérider un peu.
C'est elle qui donna le départ. Jasper, avec ses réflexes de vampires, démarra au quart de tour. Puis ce fut Jake et enfin moi. La poussée plaqua ma complice contre son siège et je vis qu'elle observait affolée le compteur de vitesse :
-« Nessie, on est en ville !
-Et alors ?
-Alors on roule à… 50 en ville. Pas à 150 ! » S'égosilla t'elle.
Je me retournais et vit qu'elle était blême. Je fouillais donc dans la boite à gants pour trouver un sachet en papier, au cas où elle voudrait vomir. Ce qui la rendit encore plus hystérique :
-« Nan, regarde la route, je t'en supplie, regarde la route ! Sinon, tu vas nous tuer ! »
Elle se rongeait les ongles, puis se pétrifiait, fermait les yeux et respirait à fond. Elle dit :
-« Les garçons vont se blesser ! Ils n'ont même pas mis de casque !
-T'inquiète, ils sont plus résistants que tu ne le penses.
-Vous faites ça souvent ?
-Des rodéos sauvages ? Oui, bien sûr ! Tous les week end ! Mais d'habitude j'ai seulement la Mini. Jasper prend la Mercedes de Carlisle. Et Jacob, l'Audi de Bella. Mais ils préfèrent de loin la moto.
-Pourquoi ?
-La moto… Pour Jake, c'est des souvenirs avec Bella. Des souvenirs très heureux. Peu être les plus beaux de sa vie.
-Je croyais qu'il était dingue de toi ?
-Il a intérêt. Mais il y a eu un temps ou il ne me connaissait pas. Et là, il adorait littéralement Bella. Comme Josh avec toi, tu vois ?
-Ouais. Et pour Hale ?
-Alice, sa copine, a eu une Porsche. Edward voulait une moto pour en faire avec Bella, l'a acheté, mais Bella lui a dit que la moto c'était avec Jacob ou avec personne. Il l'a refourgué à Jazz qui s'ennuyait depuis qu'Alice avait ce nouveau bolide.
-Et la Morgane elle est à qui ?
-A mon… A Edward. C'est une voiture de collection que Rosalie a retapé avec Jake. Une vraie petite merveille, je l'adore ! Mais je n'ai pas le droit de la conduire normalement !»
J'appuyais sur l'accélérateur. C'est alors que mon portable sonna. Pour éviter qu'Esther (et surtout son cœur) ne me lâche (et faire un détour pour l'hôpital n'était pas possible, sinon je perdais ma couse) je lui demandais de décrocher.
-« Allo ?
-Désolé, je me suis planté de numéro !
-Hale ? Nan, j'ai pris la communication. Nessie conduit. Et toi tu es censé aussi !
-On n'a pas d'enjeu pour le pari. »
Il avait raison. J'arrachais des mains de l'humaine mon portable et lâchais :
-« Si on gagne, shopping à gogo et vous ne nous plaignez pas !
-Si vous perdez ?
-Pas de shopping et film gore
-Ca roule ! »
Je jetais mon portable à l'arrière et continuais d'aller de plus en plus vite. Presque 300. Mon record personnel. On serait à Port Angeles dans quelques minutes. Je pris un petit raccourci, puis nous déboulâmes sur le parking du centre commercial… Les premières ! Je jubilais, contente d'être entière ainsi que ma passagère, sans aucune rayure à la Morgane. Bref, parfait !
Jasper arriva quelques secondes plus tard et blêmit (si, si, les vampires peuvent blêmir, fait que je viens, moi aussi de découvrir !) voyant que nous avions gagné. Jacob arriva bon dernier, une minute plus tard, à son grand désarroi. Oui, monsieur est mauvais joueur. Que voulez vous. J'ai l'homme le plus « chaud » du monde, dans tous les sens du terme. Alors je ne pouvais pas avoir un mec parfait. Et lui, sa « tare » c'était le côté mauvais joueur. Je m'en tirais quand même à bon compte. Jasper sauta de sa moto, suivit de Jacob. Mon amoureux m'ouvrit la portière, imité par mon oncle qui lui, jouait les chevaliers servant à Esther.
Elle rosit quand la main de Jasper effleura la sienne un peu trop longtemps. Jacob quand à lui, noua ses doigts aux miens et m'adressa un regard attendrit. Puis, il passa une main dans mes cheveux et ramena derrière mon oreille les mèches que le vent avait désordonnées dans la folie de notre course de voiture.
-« Alors, cette séance de shopping ? » M'enquis-je. Jacob grogna, Jasper se contenta de hausser les épaules, blasé. Il faut dire qu'avec Alice, il était assez habitué à ce genre de torture masculine. Nous nous dirigeâmes tous les quatre vers le centre commercial, bavardant bon train et riant gaiment.
Plus de deux heures plus tard, Jacob croulait sous mes paquets. J'avais acheté de quoi refaire toute ma garde robe en fringues, ce qui m'enthousiasma. Mon amoureux quand à lui se plaignait au vampire blond qui nous accompagnait :
-« Tu pourrais dire à ta chérie de ne plus côtoyer tout le temps Nessie, s'il te plait ? Elle lui donne de mauvaises habitudes ! »
Jasper le toisa narquoisement, se vengeant par la même occasion des moqueries de Jake quand il revenait d'une virée shopping avec Alice, les bras chargés de paquets multicolores, comme un petit chien. Je voyais à son sourire vainqueur qu'il prenait beaucoup de plaisir face aux réactions de mon amoureux et je voulus le lui reprocher. Mais Esther était là, et je ne ravisais. Cette dernière, pour le plus grand plaisir de Jasper, s'était restreinte en n'achetant qu'une paire de chaussure, une veste de smoking, une robe noire cloutée subtilement et de nombreux petits accessoires, type casquettes et bijoux. Mais le tout ne tenait que dans 3 sacs. Quand nous arrivâmes à la boutique de lingerie (but ultime de mon voyage dans le pays fantastique du centre commercial, pour que je puisse m'acheter des dessous affriolants pour Jacob), nous nous débarrassâmes des garçons, pour leur plus grand soulagement (je les vis soupirer de béatitude).
Esther souriait doucement en touchant les étoffes en flanelle et en soie. Moi, je me concentrais sur quelques petits ensembles, dont un gris perle qui irait à ravir avec ma peau laiteuse. Mon amie l'avisa, et elle opina du chef en levant les deux pouces. Je le pris pour l'essayer en cabine. Elle revint quelques secondes plus tard avec un autre ensemble, intégral celui là (soutien-gorge, boxer et porte jarretelles) très romantique avec sa dentelle de chantilly mais aussi divinement torride avec son alliance de noir et de rouge. Quand je la fis entrer dans la cabine pour la laisser seule juge de ce qu'elle pourrait voir, elle soupira :
-« Tu es magnifique. De toute façon tu pourrais porter un sac poubelle, tu serais toujours aussi belle ! Veinarde ! »
Elle ressortit et m'attendit patiemment pour que je puisse payer. Au final, je pris les deux ensembles précédemment décrits et deux autres, beaucoup plus osés, qui nous firent échanger des regards de confidence. Je remarquais, en sortant, qu'elle possédait elle aussi, un paquet de ce magasin.
-« Tu as acheté quelque chose et tu pensais que ça passerait inaperçu ?
-Non, je n'osais l'espérer !
-Qu'est ce que c'est.
-Oh pas grand-chose. De la dentelle. »
Elle ouvrit son paquet et je vis deux ensembles tous simples et en même temps très raffinés, l'un mauve, l'autre myosotis, en accord avec ses yeux.
-« Qui est l'heureux élu ?
-Il n'y en a pas. Il n'y en aura plus d'ailleurs. » Soupira t'elle.
-« Voyons, ce n'est pas parce que tu ne l'as pas rencontré qu'il n'existe pas !
-Tu sais pourquoi je t'apprécie tellement Nessie ? Parce que tu réagis comme une enfant. »Je ne saisis pas ou elle voulait en venir. Elle éclata de rire et passa son bras autour du mien, avant de se mettre à courir pour aller au cinéma, ou les garçons nous attendaient.
Jacob observa avec gourmandise le petit paquet que je tenais et j'en frémis de plaisir. Notre nuit serait sans doute très agitée, et ça n'était pas pour me déplaire. Par contre, à en juger par la mine de Jasper, se prendre tous mes désirs lubriques, associées à ceux de Jake, ça devait faire très mal. Je tentais de calmer mon excitation, pour lui rendre la vie plus facile.
-« Oh, mais regardez moi ça ! Esther aussi à fait des achats… coquins ! » S'intéressa Jacob. Jasper siffla et je compris au regard que mon oncle adressa à mon amoureux qu'il devait s'imaginer quelque chose de pas très catholique avec deux filles. Mais qu'est ce que les garçons avaient avec les plan à trois, Deux filles/ Un mec ? Je le rabrouais pour la peine.
-« Nous avons pris les places. Je propose que Nessie et Jake s'isolent en amoureux. Tu penses pouvoir me supporter ?
-Qui vivra verra, Hale. » Grinça Esther, qui, me vit partir avec mon amoureux deux rangs devant eux.
Le film… Je ne saurais trop quoi vous en dire, sachant que je ne l'ai pas vu ! On dira que j'ai été… perturbée dans mon visionnage par un loup garou très démonstratif, qui avait la fâcheuse manie de connaitre parfaitement tous les méandres de mon corps, prévoyant parfaitement mes réactions. Bref, nous avions du faire à nous seuls un film, et certainement pas un « tout public ». Quand nous sortîmes (après que j'ai retrouvé ma culotte, ce qui avait prit un temps fou), j'aperçus Esther et Jasper en grande conversation.
-« J'ai littéralement A.D.O.R.E ! C'était génial !
-Je te prêterais le livre lundi. C'est une belle réflexion sur le temps qui court.
-Oui. Le temps court, et quand on s'en rend compte, c'est souvent qu'il est déjà trop tard. C'est ça qui est dommage.
-Nostalgique, toi ?
-Hale, cesse de faire de la psychologie à deux dollars ! » S'énerva t'elle en le repoussant. Il éclata de rire et retint sa petite main dans la sienne, et l'espace d'une seconde, leurs regards s'accrochèrent. Il l'avait assise sur la selle de sa moto, et elle grelottait dans le froid de cette nuit de Mai. Il faut dire qu'elle ne portait qu'une robe d'été, des sandales et une veste en lin. Exactement comme moi, sauf que je ne sentais pas la morsure du froid. Jazz semblait plein d'enthousiasme, et elle lui souriait, amusée de le voir sans doute si bavard, passant une main dans ses cheveux corbeau qui dansaient avec les bourrasques de vent. C'est alors que mon oncle enleva sa veste de cuir et la posa sur ses épaules.
J'échangeais un regard hébété avec Jake, qui lui non plus n'en menait pas large. Qu'est ce qui avait bien pu se passer avec eux pendant le film ? J'espère qu'on ne leur avait pas donné des idées… Alice m'arracherait la tête ! Quand nous arrivâmes à leur hauteur, ils éclatèrent de rire.
-« Magnifique spectacle les jeunes ! » Commenta Jasper « le seul souci c'est que c'était un lieu public. Et que comme vous bougiez tout le temps, c'était difficile pour trouver un « trou » si vous me permettez l'expression, qui puisse nous laisser voir le film. Parce que sachez qu'il y en avait qui voulaient le voir, ce film ! »
Esther m'adressa un clin d'œil, du genre « on se comprend », avant de me sourire en coin, ce que je lui rendis. Elle était franchement très ouverte. Sexuellement débridée. Pas étonnant qu'elle soit mon amie.
-« Sois pas jaloux, sangsue !
-Je ne suis pas jaloux !
-Bah si, vu comment tu te mets en colère pour de si petites choses !
-Dois-je te rappeler que je ressens tout ce qui se passe en vous les colombes qui roucoulent ? » Siffla Jasper, d'une voix inaudible pour l'humaine, avant de reprendre « Je ne suis pas jaloux. Esther m'a été d'une fort agréable compagnie. » Plastronna t'il, en posant sa main sur la cuisse de la jeune fille.
Elle fronça les sourcils, dubitative et blêmit. Jake se tordait de rire. C'est elle, qui proposa de sa voix calme :
-« Il est presque minuit. On pourrait rentrer, non ? J'ai promis à Josh de…
-Tu as raison, il est tard. » Acquiesçais-je. « Tu viens, on va chercher la voiture.
-Non, non. Toi, reste avec Jake. » Ordonna Jasper. Je pense qu'il voulait se débarrasser de nous et de nos envies de luxure qui devaient le rendre dingue. « Je ramène Esther à Forks. A moins que tu aies quelque chose contre les motos ?
-Tu me prends pour une trouillarde, Hale ? » S'énerva t'elle. Jacob jeta un regard reconnaissant à mon oncle et je lui souhaitais bonne nuit ainsi qu'à mon amie. Puis, Jasper se mit en selle, et Esther s'accrocha à lui de toutes ses forces, prévoyant qu'ils iraient sans doute très vite. J'aperçus les muscles de ses cuisses se tendre et se resserrer autour des jambes de Jasper. Puis, il y eut un vrombissement de moteur et ils disparurent dans la nuit, tandis que Jacob entrelaçait ses doigts avec les miens...
oOoOoOoOoOo
Voilà voilà voilà !
Comme je n'ai pas d'Edward Cullen, de Jacob Black ou de Jasper Hale personnel –introuvables y'en a plus en stock- n'oubliez pas de penser au petit bouton vert qui m'indique ce que vous pensez, ce que vous ressentez !
De plus… C'est mon seul salaire ! :D
La young lucky girl sadique (finalement pas tant que ça, hein !) vous salue.
A très vite
Mille Morsures !
Eléa Telmar.
