Disclaimer: Les personnages appartiennent à Stephenie Meyer et l'histoire à Jocelyn Torrent.

N/A: Tout juste terminé, ce petit chapitre. Merci pour les rewiews et désolée encore pour les fautes. Bonne lecture:)

Chapitre 6: Rêve

Il était environ une heure au moment où je suis finalement arrivée à la maison. Je conduisis lentement en regardant mes phalanges blanchir comme j'agrippais le volant. Il y avait un étrange mélange d'émotions qui gonflait en moi à ce moment. Je me sentais désespérément seule du fait que ma seule véritable amie venait de rompre avec moi, pour ainsi dire. Furieuse à cause d'Edward-je-suis-trop-sexy-pour-mon-chirurgien-plastique Cullen avait eu l'audace de m'affronter et de me toucher. Et maintenant, le sentiment le plus important était la tristesse. Oui c'était faible et oui c'était cliché, mais bon sang que j'étais triste. Alice ne voulait pas être mon amie, même si elle m'avait regardée dormir du bout de mon lit, et je n'avais personne à qui en parler excepté mon père maladroit et taciturne. Penser à mon père me rappela que je devais appeler ma mère et je levai les yeux vers le toit de mon camion avec un grognement. Je l'aimais à mourir, mais je ne voulais vraiment pas parler à ma mère maintenant. Elle s'inquièterait pour moi, parlerait d'elle-même, poserait des questions sur ma vie amoureuse et parlerait à nouveau d'elle.

Mais parfois on devait faire des choses qu'on ne voulait pas faire. C'était ma situation et c'est pourquoi je claquai la porte de ma voiture un peu trop fortement après en être descendue. La voiture de patrouille de Charlie n'était pas là et il était trop tard pour qu'il revienne dîner, donc j'allais être seule pour un moment. Je mis la clé dans la porte et, après avoir forcé pendant une minute, elle s'ouvrit rapidement.

Je me tins dans l'entrée un moment, à l'affût du moindre bruit. Honnêtement, je ne pouvais pas être blâmée pour être un peu paranoïaque, donc je ne sentis aucune honte à garder l'oreille ouverte en entrant dans la maison, fermant la porte derrière moi. C'était encore silencieux. Bien que je ne sentais aucune présence dans la maison, ça ne voulait absolument rien dire. Alice était aussi silencieuse qu'une souris. C'était un miracle de m'être réveillée lorsqu'elle avait été là. Je ne pouvais me rappeler l'avoir entendue faire un son qui aurait pu me réveiller. Elle était comme un renard ou quelque chose. Était-ce un renard? Je ne me rappelais pas de l'expression, mais au fond, elle était sournoise. C'était mon point de vue.

Satisfaite d'être seule, je mis mon sac sur le dessus de la table de la salle à manger et me dirigeai vers la cuisine. Sauter mon dîner déjà tardif à l'école mélangé avec tous les drames m'avait ouvert l'appétit alors je mis les restants d'enchiladas dans le micro-ondes. Je fixai le téléphone pendant que ça chauffait, jugeant ma stabilité émotionnelle pour appeler ma mère. Le micro-ondes avait terminé sa tâche longtemps avant que je ne prenne une décision, mais je finis par décrocher le téléphone et composer le numéro de cellulaire de ma mère.

''Allo?''

''Hey, maman, c'est moi.''

''...Qui?''

''Ta fille, Bella.''

''Il doit y avoir erreur. Vous ne pouvez pas être ma fille Bella.''

''Pourquoi pas?''

''Parce que ma fille, Bella, ne me rappellerait jamais comme elle l'avait dit.''

Je rigolai à moitié dans le récepteur.'' Bien, les miracles arrivent. Comment ça va, maman? Le voyage se passe bien?''

''Oh, c'est très bien, Bella! Phil est juste épuisé à mort. Mais assez parlé de moi, et toi? As-tu rencontré des amis, des petits-amis? Comment c'est l'école?''

''Tout va bien à l'école,'' Répondis-je automatiquement, tordant le fil du téléphone autour de mon doigt maladroitement. ''Je veux dire, c'est une petite ville alors il n'y a vraiment rien à dire. J'ai rencontré quelques amis et, tu sais, je pense que je suis dans un petit groupe.''

''C'est bien, chérie! As-tu trouvé une best?''

''Maman, ne dis pas best. Et j'en avais une, mais elle a changé d'idée.''

''Bien, elle ne mérite pa ton amitié alors. Ne t'en fais pas, Bella, et ne laisse pas les choses comme ça te mettre à terre.''

''Ouais, maman, merci,'' Répondis-je en roulant des yeux. Honnêtement, qu'est-ce que ma mère savait sur ce type d'amitié? Ce n'était pas une amitié du genre 'faisons une soirée pyjama'. C'était plus du genre ' laisse-moi te rendre si paranoïaque que ton père doit te sauver de la douche'. Ses intentions étaient bonnes, mais je ne pouvais vraiment utiliser ses conseils. Elle avait raison sur le fait qu'Alice ne méritait pas mon amitié; cependant je choisis d'ignorer ce petit morceau d'information. En pensant logiquement, je savais que même si Alice et moi avions eu de vraiment bons moments, ses absences constantes et son comportement étrange étaient un peu trop. Et nous étions 'amies' depuis seulement deux jours, alors agir comme si j'avais perdu ma 'best' était un peu mélodramatique, même pour moi. Mais malgré toute cette logique, je savais que je laisserai tomber toute suspicion si elle me regardait. Parce que c'était ce qu'elle faisait. Elle m'avait charmée pour me faire oublier la logique ou la réalité. Oui, c'était faible et assez difficile à croire, mais jusqu'à ce qu'Alice Cullen vienne dans votre chambre en plein milieu de la nuit, je vous suggère de ne pas juger.

Au moment où je raccrochai avec ma mère, mes enchiladas devaient être réchauffés de nouveau. Bien qu'elle ait pris un peu de mon temps avec des choses futiles, je dû admettre que je me sentis soulagée après avoir parlé avec ma mère. Maintenant, cette tâche pourrait être reportée de quelques jours pour me permettre de me concentrer sur des choses plus importantes.

Je mangeai en silence pendant que je travaillais sur mon devoir de calcul, me penchant à moitié sur la chaise pour diminuer ma douleur, et réussis à terminer mon repas et mon devoir en même temps. Et je n'avais mis que trois taches de graisse sur ma feuille, dues à la nourriture mexicaine. Tout un miracle. Essayant de rester dans le même esprit, je sortis mon travail de physique et le commençai. J'étais rendue à la moitié lorsque quelque chose me frappa; on était vendredi. Je jetai mon crayon rapidement et poussai mes devoirs de week-end dans mon sac. Je pourrais les faire dimanche. Ce n'était probablement pas la meilleure idée du monde de déménager dans une nouvelle ville le mardi et commencer l'école le mercredi, mais les vols étaient moins chers le mardi et je ne pouvais pas me plaindre à ma mère pour ça.

Une seconde, vendredi... il y avait quelque chose de prévu ce soir. Par habitude je claquai des doigts lorsque je me souvins. Charlie et moi allions à la Réserve ce soir. Je gémis bruyamment et fis une grimace. Je ne voulais vraiment pas rencontrer du nouveau monde ce soir. Certes, Jacob et Billy n'étaient pas nouveaux, mais ils m'étaient assez étrangers pour que la visite me rende mal à l'aise. La seule bonne chose de la soirée est que je passerais du temps avec mon père négligé. Je ne pouvais nier que j'en étais en quelque sorte heureuse. Je regardai l'horloge de nouveau. Il était 15h30 maintenant et puisque je n'avais pas de dernière période, j'aurais déjà été à la maison. Ma journée d'absentéisme n'avait pas été si mauvaise... pas que je souhaitais la refaire de nouveau. Je me souris doucement et attrapai mon sac pour monter les escaliers. Sur le chemin de ma chambre, je passai devant la salle de bain et remarquai que Charlie avait en effet fixé le rideau de douche et qu'un savon Dove était sur le bord du bain. ''Bon choix, Charlie,'' murmurai-je en me dirigeant vers ma chambre.

Juste comme je déposais mon sac sur la chaise de mon bureau, le téléphone sonna. Je n'en avais pas dans ma chambre mais Charlie oui, donc je courus dans le couloir vers sa chambre, esquivant des boxeurs possiblement sales sur le chemin. Heureusement, je répondis à la deuxième sonnerie. ''Allo?''

''Bells,'' Cria Charlie dans le téléphone, ''tu vas bien?''

''Euh, oui papa, je vais bien. Pourquoi?''

''Parce que je viens de recevoir un appel disant que tu avais manqué tes dernières périodes.''

''Oh,'' Répondis-je en me frappant le front. J'avais oublié de petit détail. Eh bien, la vérité ne fait jamais mal. ''Je suis partie, papa. Je ne me sentais vraiment pas bien et ça avait été une journée horrible. Je ne pouvais pas tenir le coup. Je suis désolée.'' J'entendis Charlie pousser un soupir dans le récepteur et je mordis ma lèvre nerveusement. Peut-être qu'il me gronderait et que je n'aurais pas à aller à la Réserve.

''Bien, Bella, je ne peux pas dire que je suis heureux de ce qui s'est passé. Je veux dire, oui j'ai déjà été étudiant, mais j'ai toujours appelé quand je partais plus tôt. Tu m'as fait la peur de ma vie. Je ne savais pas quoi penser ou ce qui t'était arrivé.''

''Je suis désolée, papa.'' Répétai-je, me sentant vraiment nulle. Il soupira de nouveau.

''C'est correct. Je suis juste content que tu ailles bien. Je le ferai savoir à l'école. Te sens-tu assez bien pour aller à la Réserve ce soir? Les gars meurent d'envie de te voir.''

''Non, je vais bien. Je me sens beaucoup mieux.'' Charlie était beaucoup trop cool pour que je simule une maladie.

''Super! Je serai à la maison vers 17h30 et nous partirons vers 18h. Je vais même être un papa cool et te laisser me suivre dans ton camion au cas où tu voudrais revenir plus tôt.''

Je rigolai dans le récepteur. ''Ouais, papa, ça te rend pas mal cool.''

''À bientôt, Bells,''

''Bye,''

Je raccrochai avec Charlie, me sentant plutôt satisfaite. Ne pas penser à l'école et à certaines personnes de la dite école m'aidait vraiment. Ce soir, je me fis une promesse de ne pas y penser une seule fois et d'essayer d'avoir du plaisir. J'espérais pouvoir la tenir. Pour passer le temps avant de partir, je défis mes bagages et mis en place tous mes vêtements. Puis, je me tins devant les portes du placard et débattis avec moi-même sur quoi porter. C'était toujours une décision plus difficile dans le placard que dans le sac. Finalement, je portai mon choix sur une chemise bleu marine avec une sorte d'écriture dessus et ma paire de jeans préférée. Mon t-shirt préféré manquait toujours à l'appel et même si j'étais en colère, il n'y avait rien que je puisse faire. Juste comme j'attachais mes souliers, j'entendis le bruit de la voiture dans l'entrée.

Lorsque Charlie entra dans la maison, il suggéra que j'apporte une veste puisque la pluie arrivait et que je pouvais attraper froid sur la plage. Je n'avais pas grand chose entre mon mince coupe-vent et mon manteau d'hiver donc je pris le coupe-vent, espérant que ça ne deviendrait pas si froid. Quand je retournai en bas, Charlie s'était changé dans des vêtements normaux et je réalisai que c'était la première fois que je le voyais sans son uniforme. Il était bien, pour être mon père et tout. Il regarda ma veste avec scepticisme mais haussa finalement les épaules et ouvrit la porte pour moi. ''C'est presque une route droite, Bells. Tu connaîtras le chemin comme le fond de ta poche après une seule fois.'' Dit-il en verrouillant la porte derrière lui.

''Oh, d'accord.'' Répondis-je, ne comprenant pas pourquoi j'aurais besoin de savoir le chemin de la Réserve.

''Jacob est un bon gars. Je suppose que si vous arrivez à être amis, tu devras savoir le chemin de sa maison De plus, c'est bon de savoir le chemin dans cette forêt.'' Répondit Charlie pour moi en déverrouillant sa voiture. Je hochai la tête et montai dans la mienne, riant comme Charlie sursautait au bruit sourd.

Comme Charlie l'avait dit, la route jusqu'à la Réserve était assez facile. C'était seulement à une quinzaine de minutes et après avoir pris à gauche à la lumière de Forks, on restait sur la route jusqu'à prendre la droite à l'entrée de la Réserve. Facile. En suivant la voiture de police au travers de la Réserve, j'observai la place. C'était si... pauvre. Je me sentis mal d'avoir pensé ça mais c'était la vérité. Cette place était si pauvre et opprimant que les gens que j'avais aperçus avaient des visages enfoncés et ridés par des années et des années de travail. Ils regardèrent ma Chevrolet tristement et je me sentis mal de l'avoir. J'avais lu une fois que le taux de suicide chez les Amérindiens était énorme. Maintenant je pouvais voir pourquoi. Plus j'avançais dans la Réserve et plus je voyais de familles. Les parents étaient assis sur le porche pendant que les enfants jouaient sur le terrain, faisant des pâtés de boue et ayant des guerres de boue. Je souris en les regardant. Peut-être que cette place n'était pas aussi mauvaise que je l'avais pensé.

La maison de Billy Black était loin des autres, nichée derrière une zone boisée. C'était une cabane de bois de toutes sortes peinte du même rouge que mon camion. Bien que la peinture était écaillée, la cabane elle-même semblait bien entretenue. Il y avait une grange à l'arrière droite de la maison et en louchant, je pouvais voir une voiture à l'intérieur. En sortant u camion, l'humidité froide me frappa en même temps que l'odeur salée de la rive. Mes oreilles pouvaient aussi entendre les vagues s'écraser contre la paroi rocheuse. Je jetai un regard vers les arbres et vis un chemin de terre conduisant certainement à la plage. L'océan pouvait être à quelques mètres. Je regardai pendant un moment avant de suivre Charlie vers la maison. La porte s'ouvrit comme j'atteignais la dernière marche et Billy Black apparut. Il était dans une chaise roulante, je pouvais m'en rappeler. Et il souriait d'une oreille à l'autre. Il avait de longs cheveux foncés, une sorte de nez écrasé et des yeux bruns qui louchaient. Il avait des rides partout sur son visage gai et je ne pus m'empêcher de sourire à ce vieil homme doux.

''Ça t'a pris assez longtemps pour te rendre ici, vieil homme!'' Plaisanta Billy en tendant la main à Charlie, qui la serra.

''Je suis juste à temps. Tu es juste trop vieux pour voir l'horloge,'' Retourna Charlie avant de me pointer de la tête. ''Billy, tu te souviens de Bella.'' Billy tourna la tête vers moi et ses traits se radoucirent un peu. Il avait l'air un peu choqué et je supposai qu'il était surpris de voir à quel point j'avais grandi. Je lui souris et lui tendis la main, qu'il prit dans les siennes.

''Tu as bien fait, Charlie,'' Dit-il, faisant un clin d'oeil à mon père.'' Ravi de te revoir, Bella. Entrez, je vous en prie.'' Avec cela, il lâcha ma main et tourna le fauteuil roulant, se dirigeant dans la maison. Charlie me fit signe de passer devant lui et je lui obéis avec réticence. La porte d'entrée donnait sur un petit couloir. À la droite du couloir se trouvait une chambre et à gauche le salon. La cuisine était juste en face du salon et le couloir donnait sur trois autres portes, que je supposai être un placard, une autre chambre et une salle de bains. C'était très petit, mais aussi pittoresque et chaleureux. C'était un endroit où je m'imaginais facilement passer le matin de Noël. Ça sentait aussi très bon. Un peu comme du cuir et du cèdre et du feu.

''Jacob!'' Appela Billy, me sortant de ma stupeur. ''Ils sont ici, Jake! Sors de ta chambre!'' Billy sourit et nous fit signe de nous asseoir. Il me fit un clin d'oeil comme je prenais place et me murmura, '' Ce garçon est resté dans sa chambre toute la journée à essayer de trouver ce qu'il allait porter pour l'occasion.'' Charlie rit à côté de moi et je rougis. Est-ce que c'était un rendez-vous ou quelque chose? Durant les quelques instants qui me restaient, j'essayai de me rappeler de Jacob Black. On était si jeunes. Je me rappelle juste qu'il avait la peau et les cheveux foncés. Il souriait beaucoup et on avait généralement de bons moments ensemble. Mais c'était tout ce dont je me souvenais. J'entendis une porte s'ouvrir dans le couloir et des pas. Charlie se leva et je pensai qu'il valait mieux faire de même.

Jacob Black tourna le coin en jouant avec les poignets d'une chemise noire. Il avait aussi des jeans foncés et ce qu'il semblait être des bottes Doc Marten. Il avait des cheveux de jais qui descendaient en ligne droite jusqu'en dessous des épaules. Son nez était écrasé comme celui de Billy, mais pas autant, et i avait une sorte de front large. Les cheveux aidaient par contre, définissant bien sa mâchoire. Dans l'ensemble, il était vraiment attirant. Il sourit et regarda Charlie et moi. ''Salut, je suis Jacob. Je ne sais pas si tu te souviens mais-''

''Oh, je me souviens. C'est bien de te revoir, Jacob.'' Répondis-je en souriant. Ses yeux brillèrent et il rit maladroitement avant de nous faire signe de nous asseoir de nouveau. Billy cria de la cuisine que le repas était presque prêt. Charlie se leva du divan et se dirigea vers la cuisine, nous laissant seuls.

''Alors, Bella, comment trouves-tu Forks jusqu'à présent?'' Demanda Jacob, assis sur une chaise face au divan, les mains jointes. Je haussai les épaules, écoutant les deux adultes rigoler dans la cuisine.

''C'est bien. Je n'ai pas vraiment eu le temps de voir grand chose.''

''Ouais, j'imagine. Tu t'es fait des amis?''

''Quelques-uns... Mike Newton, Angela Webber, leur groupe.''

''Oh, je les connais. Ils sont plutôt sympa. Ils viennent souvent surfer à la Push.''

''Et, Alice Cullen a été très gentille avec moi.'' Merde, j'avais brisé ma promesse. Si je savais que j'allais la briser avant de la faire, est-ce que ça comptait? Probablement. Les yeux de Jacob se rétrécirent et je le regardai comme il plongeait son regard vers la cuisine, qui était devenue silencieuse. Puis, une sorte de désaccord survint de la cuisine comme Jacob roulait les yeux et rigolait. Évidemment, mon intérêt était piqué.

''Y a-t-il quelque chose qui cloche avec Alice Cullen?'' Demandai-je aussi innocemment que je pouvais.

''Non, il n'y a rien qui cloche avec Alice Cullen ou un autre Cullen.'' Répondit Jacob, détachant chaque mot comme s'il parlait à quelqu'un handicapé. ''Mon père ne les aime juste pas donc il veut que tout le monde fasse pareil. C'est vraiment agréable.'' Il roula les yeux de nouveau et je souris.

''Alors, pourquoi il ne les aime pas?''

''Je ne sais pas. Il dit qu'ils sont juste différents. C'est assez hypocrite si tu veux mon avis. Il tient juste aux légendes.'' Je hochai la tête, mais avant que je ne puisse parler, Billy nous appela pour le dîner. En prenant place, je notai que si Charlie et Billy s'étaient disputés, ils allaient maintenant très bien, riant facilement et passant un bon moment. Ça ne me pris pas beaucoup de temps avant de suivre et bientôt nous passions tous un bon moment. J'appris même que c'était eux qui avaient vendu mon camion à mon père et je passai quinze minutes à en parler avec Jacob. Après le repas, Charlie et Billy voulurent vérifier le pointage d'une partie et Jacob me proposa de marcher sur la plage.

''C'est la seule veste que tu as apportée?'' Demanda-t-il en fermant la porte derrière nous. Je hochai la tête et il me donna le même regard sceptique que Charlie mais me sourit et sauta les marches. Je le suivis sans sauter et il me mena au même chemin que j'avais aperçu plus tôt. En marchant, je pouvais entendre le hurlement du vent au dessus de nous, bloqué par les arbres. Je pouvais aussi sentir le brouillard sur ma joue. Mais je n'avais pas froid encore.

''Alors, c'est quoi cette légende que tu as mentionnée tout à l'heure?'' Demandai-je en rattrapant Jacob. Il sourit et même dans le noir je pouvais voir ses dents blanches.

''C'est juste une vieille légende Quileute. Bref, nous sommes des descendants de loups qui se battaient contre ces choses appelées les 'êtres froids'. Vampires, si tu n'avais pas compris. Un loup-garou typique se battant à mort contre des vampires.''

''On dirait que ça sort de Underworld.''

''Ou Underworld nous a volé l'idée.''

''Tu devrais les poursuivre.''

''Je pourrais,'' Dit-il en riant.'' Je pourrais utiliser l'argent ensuite.''

''Ah ouais? Pour quoi faire?''

''Je travaille sur une voiture et je pourrais acheter des pièces. De plus, la seule manière d'entrer à l'université est une sorte de miracle. Être Amérindien ne m'aide pas jusque là.''

''C'est assez remarquable, Jacob.''

''Oui, oui,'' Répondit-il en agitant ses mains. Je haussai les épaules, soupirant comme on entrait dans une clairière. Une fois hors de la sécurité des arbres, le vent frappait fort. Je tombai presque à la renverse et commençai à avoir des frissons incontrôlables. J'entendis Jacob rire à mes côtés et sentis quelque chose tomber sur mes épaules; sa veste.

''Je te l'avait dit,'' Ricana-t-il en continuant de marcher.

''Tu ne m'as rien dit,'' Répliquai-je. ''Tu as juste semblé sceptique et tu as rigolé.''

''Bien, tout le monde doit apprendre de temps en temps.''

''Allez, prends ta veste. Maintenant tu as froid.''

Jacob secoua la tête et la prit de mes mains, la replaçant sur mes épaules. ''Je suis bien, vraiment. On a le sang chaud. Toute la famille.'' Je rigolai mais il faisait trop froid pour que j'argumente alors je rentrai mes mains dans les manches. C'était vraiment chaud. ''Tiens, prends ma main,'' Dit Jacob. J'hésitai un instant et il rit.

''Allez, orgueilleuse. Je veux te montrer quelque chose sans que tu te fasses mal.'' Rougissant, je pris sa main et il ouvrit la voie dans l'obscurité. Nous approchions le bord de ce que je supposais être une falaise et je pouvais entendre le son des vagues devenir de plus en plus fort.'' Très bien, arrête-toi ici et regarde en bas,'' Dit-il, serrant ma main plus fortement. Je fis comme demandé et regardai en bas. Même dans la noirceur de la nuit je pouvais voir les tourbillons blancs éclatant contre les parois rocheuses. La mer et la terre semblaient en guerre et je n'arrivais pas à détourner le regard.

''Cool, n'est-ce pas?'' Demanda Jacob et je pouvais sentir son regard sur moi.

''C'est magnifique,'' Répondis-je en levant les yeux vers lui. ''Merci.''

''Pas de problème,'' Il sourit de nouveau et je fis de même comme un sifflement léger parvint d'entre les arbres. Jacob soupira. ''C'est mon père. Je suppose que vous partez.''

''Je suppose aussi.''

''N'hésite pas à arrêter n'importe quand. C'est assez amusant ici.''

''Ouais, ça sonne bien.''

Jacob sourit de nouveau et me dirigea entre les arbres vers son perron où Charlie et Billy nous attendaient. On se dit au revoir et Charlie me mena à la maison. ''Alors, as-tu passé un bon moment?'' Demanda Charlie en accrochant sa veste.

''Oui, vraiment. Merci de m'y avoir emmenée, papa.''

''Pas de problème, Bells. Maintenant que tu sais le chemin, je parie que tu seras là-bas tout le temps. En parlant de ça, je vais pêcher demain avec Billy. Je laisserai leur numéro si tu as besoin de moi.''

''Très bien, papa,'' Dis-je en lui donnant une accolade rapide. '' 'Nuit.''

'' 'Nuit, Bella.''

Je souris une fois de plus et monta jusqu'à ma chambre, ne trébuchant qu'une seule fois. Le voyage à la Réserve était juste ce qu'il me fallait. J'avais trouvé un ami normal avec des choses normales à dire. Il semblerait que les choses prenaient finalement du mieux. En arrivant dans ma chambre, je remarquai que ma valise traînait encore sur le plancher. Comme je me penchais pour la ranger quelque part, je remarquai quelque chose à l'intérieur. Je soulevai le rabat avec précaution et regarda.

C'était mon t-shirt préféré, gisant au fond de ma valise. Mon souffle se prit dans ma gorge comme je faisais rapidement demi-tour, m'assurant que personne n'était derrière moi. Ma chambre était vide. Prudemment, je pris le t-shirt à a recherche d'une sorte de note ou de quelque chose dans le genre. Il n'y en avait pas, mais quelque chose n'allait pas. J'amenai le t-shirt doucement à mon visage et inhalai. Il était là. L'odeur. L'odeur la plus merveilleuse qui avait été créée. L'odeur d'Alice Cullen. Je soupirai, enlevant le chandail de mon visage et regardai autour de moi de nouveau. Je me penchai même sur le tapis pour regarder sous mon lit. Elle n'était pas là, mais mon chandail était de retour. Me sentant un peu bizarre, je courus à la fenêtre et verrouillai le loquet. Puis je courus à l'autre et la verrouillai aussi. Ma porte n'avait pas de loquet mais je n'étais pas trop inquiète. Encore très mal à l'aise, j'enfilai mon chandail préféré pour dormir et m'endormis, bercée par la douce odeur d'Alice.

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Elle était ici de nouveau. Je savais qu'elle était ici. Je pouvais sentir sa présence dans ma chambre. Mon coeur battait la chamade mais je gardai mes yeux clos. Elle bougea son pied et je pus sentir son pas léger sur le tapis, se déplaçant vers l'avant de mon lit, vers moi. Elle s'arrêta à destination, et j'exhalai fortement, sachant qu'elle partirait si je donnais trop de mises en garde. Mais non. Au lieu de cela, je sentis sa main froide sur ma tempe, poussant mes cheveux de mon visage. Sa main s'attarda sur ma peau et bougea à la base de mon cou et tout le long de mon bras, s'arrêtant finalement sur ma main. Mon coeur battait encore plus vite et ma respiration était inégale. Et pourtant elle resta. Elle savait que j'étais éveillée et elle s'en foutait. Je ne savais pas comment me sentir à ce sujet. Soudainement, je sentis son souffle sur mon oreille, froid et invitant. Elle ne fit rien d'autre que de respirer pendant un moment avant que je ne sente ses lèvres sur mon cou. Ce n'était même pas un baiser. C'était comme si elle les plaçait là pour tester ma peau. Ses lèvres bougeaient maintenant le long de mon cou et j'avalai durement, luttant contre l'envie d'ouvrir les yeux.

Même ses lèvres étaient glacées et je frissonnai involontairement comme elles trouvaient le chemin vers mon lobe d'oreille. Mon esprit était un tourbillon de pensées mais la plus importante continua de sonner l'alarme. 'Qu'est-ce que tu es?' Ses lèvres furent ensuite enlevées de ma peau et j'expirai de nouveau, ma peau picotant comme l'air chaud la frappait. Je posai la question dans mon esprit de nouveau, seulement pour sentir son souffle sur mon oreille une fois de plus.

''Vampire,'' Murmura-t-elle dans un ton si lourd qu'il aurait pu être coupé avec un couteau. Je ne pouvais en prendre plus. J'ouvris mes yeux. Elle était là, debout devant moi, souriant avec ses yeux plus noirs que la nuit. Elle me sourit et j'aperçus des crocs. Je rougis à la vue. Puis ses yeux se plissèrent comme son sourire se transformait en rictus. Avant que j'aie pu réagir, elle sauta sur moi.

Je me tournai dans mon lit en hurlant. Puis je fermai les yeux hermétiquement. Le faible soleil tentait de se frayer un chemin à travers mes fenêtres. Je clignai des yeux plusieurs fois et les ouvrit fortement, regardant l'horloge. Il était passé 9h00. Avec mon coeur toujours fou, je touchai mon cou et mon oreille. C'était chaud. Je sautai hors du lit ou courus vers les fenêtres. Elles étaient verrouillées.

Pour la première fois, Alice ne s'était pas montrée. Et pourtant j'avais rêvé d'elle. Fermant les yeux, je retournai sur mon lit et essayai de réfléchir sur le mot qu'elle avait prononcé de façon si séduisante dans mon oreille.

''Vampire.''