Chapitre 4

Je me figeai, le regard rivé sur la silhouette qui se relevait. A ses pieds, un autre Ange-Combattant, remuant faiblement mais vivant sans aucun doute ses derniers instants ; déjà, son corps semblait flou et il se désagrégeait en particules dorées. La poussière d'étoile. Je ne voyais pas le visage de l'assassin : il me tournait le dos. Mais quelque chose dans son maintient, dans la manière de replier ses ailes couleur corbeau et dans son énergie me semblait familière. Peut-être tentais-je en vain de réfuter la réalité en prétendant ne pas savoir de qui il s'agissait… L'Ange à terre releva ses yeux marrons vers moi et je reconnus avec horreur mon supérieur, le « chef » de la première unité, l'Archange n°1. D'une voix faible, accompagnée d'un léger geste, il m'ordonna :

- Fuis !

Ce fut son dernier acte. L'autre lui assena un ultime coup d'épée et Daniel se volatilisa, devenant, comme nombre d'autres Anges avant lui, de la poussière d'étoile. Puis, le tueur se retourna vers moi alors que j'étais restée paralysée sur place, oubliant toutes mes années d'entraînement, je croisai alors le regard impavide de celui qui avait été mon frère d'arme, mon ami et mon amant. Ses lèvres, qui avaient toujours été si tendre, s'étirèrent dans un semblant de sourire tandis qu'il écartait ses mains, ces mains dont je me souvenais encore parfaitement de leur douceur sur ma peau !, et avançait vers moi, ayant lâché son épée. Non. Pas son épée, celle de Daniel. Ce qui rendait le crime d'autant plus odieux qu'il l'avait assassiné avec sa propre arme. Cela ne signifiait qu'une chose, que je me refusait accepter et qui, en même temps, s'imposait dans mon esprit. C'était un traître. Il avait trahi pour rejoindre les Démons. Le trident à trois pointes qui ornait à présent son poignet en était la preuve. Le félon prit la parole de la même voix chaude que lorsqu'il me disait qu'il m'aimait :

- Alors Angel, ne viens-tu pas m'accueillir après ma si longue absence ?

Mes poings se serrèrent comme je repensai à Daniel qui venait de mourir sous mes yeux et la haine ainsi que la colère s'empara de moi.

- Jamais plus !

- Oh ? Te voilà bien furieuse dis-moi. Ne t'inquiète pas, tu rejoindra notre cher supérieur dans peu de temps !

J'étais venue pour lui souhaiter la bienvenue après qu'il se soit absenté 2 mois, 2 mois durant lesquels il avait sûrement pactisé avec Satan au lieu de chercher à anéantir les Démons Majeur comme sa mission lui ordonnait. Maintenant, j'allais le tuer. J'empoignai mon épée tandis qu'il sortait sa dague, me lançant un curieux regard que je ne pus interpréter. Et toujours, dans mon esprit, le nom du traître résonnait alors que nous nous jetions dans la bataille…

- RAPHAËËËËL !!!

Je fus réveillée par mon propre cri, les larmes roulant sur mes joues alors que, déjà, je ne me souvenais plus de mon rêve. Déboussolée, je me demandais un instant où je me trouvais avant que les souvenirs de la réunion ne me reviennent en mémoire…

Flash-Back :

Ce vieil homme était très dangereux. Cette certitude se mua en conviction. J'ignorais comment je le savais mais je le savais. Il était dangereux pour moi. Je ne pris conscience que j'avais bondi vers le vieillard que lorsque je me retrouvai clouée au sol par le gamin aux cheveux argentés que j'avais déjà remarqué. Le glaçon -c'est ainsi que j'avais surnommé le type avec un bazar blanc dans ses cheveux et qui avait une expression froide et distante- pointait son épée sur ma gorge. Je regardai l'arme avec des yeux ronds et déglutis, sans esquisser le moindre geste pour me dégager. Au bout de plusieurs minutes assez tendues, on me relâcha et je me remis debout, penaude tandis que le gamin et le glaçon se replaçaient en rang avec les autres. L'homme qui m'avait emmenée prit la parole. Comme précédemment, j'eus l'impression qu'il s'exprimait dans une langue inconnue et que celle-ci prenait tout son sens après quelques secondes :

- Désolé Yama-jii ! J'aurais dû prévoir, elle m'a déjà fait le coup... avec son épée. ^^''

Le vieux ne lui répondit pas directement et s'adressa à moi.

- Pourquoi avoir tenté de m'attaquer jeune fille ?

Je restai 3 secondes à le contempler, le temps que le sens de sa phrase me parvienne et répondit :

- Je n'en ai aucune idée… Je pensais simplement que t'étais le plus dangereux de cette salle, même si les autres sont assez forts aussi, et je me suis retrouvée plaquée au sol par le gamin tandis que l'autre glaçon brandissait son épée sous mon nez –ou plutôt ma gorge. Ce qui m'a flanqué la frousse, soit disant passant, parce qu'il a l'air de savoir manier son cure-dent.

Le gamin en question eut soudain l'air d'avoir très envie de m'étrangler tandis que le glaçon fronçait ses sourcils et que quelqu'un étouffait un léger rire. Ma dernière phrase avait été motivée par le fait que l'arme du glaçon était très mince et semblait très fragile comparée à mon épée qui trônait à présent à la ceinture du gars au manteau rose.

Fin du Fash-Back

J'essuyai mes larmes et observai le plafond de ce qui était ma nouvelle chambre. En effet, après mon petit discours, le vieux -ou plutôt Yamamoto-san comme j'étais priée de l'appeler sur ordre du glaçon- avait demandé aux autres personnes présentes qui voulait m'héberger pour « la durée de mon séjour ». A ma grande surprise, le glaçon s'était proposé et le vieil homme avait accepté sans broncher à mon plus grand désespoir parce que, de un, je venais de l'insulter, de deux, j'étais sure qu'il était aussi froid qu'il en avait l'air et, de trois, il avait à peine dit deux mots pour présenter sa requête. Donc, ça promettait d'être mortel. J'avais raison ! Il ne m'avait pas adressé une seule fois la parole de tout le trajet et m'avait confiée à ses domestiques lorsque nous étions arrivés à son manoir. J'avais mangé avec le noble puis, je m'étais retrouvée dans cette chambre sans avoir attaqué personne.

Mes ailes m'enveloppaient mieux que la couverture que j'avais flanqué à bas du matelas… Enfin, ce n'était pas vraiment un matelas, on appelait ça un « futon ». Mon rêve ayant sombré dans les limbes de l'oubli, je m'endormis à nouveau sans savoir que j'avais réveillé le maître des lieux qui se reposait dans la chambre d'à côté. On m'avait attribué cette chambre pour qu'il puisse me surveiller. De l'autre côté, il y avait également une jeune fille aux cheveux noirs et aux yeux bleus qui dormait. C'était, je pense, la sœur du glaçon.

2ème Monde, au même moment :

Raphaël ne trouvait pas le sommeil. Il avait menti au Maître : il n'avait pas effectué toute sa mission. Angel était encore en vie alors que le Maître voulait qu'il la tue. Mais il n'avait pas put. Quelque chose l'avait retenu lorsqu'il avait ouvert sa paume et déversé son nouveau pouvoir. Pas le souvenir des nuits passées ensemble et de leur amour. Puisque cela n'avait pas d'importance. Ca ne n'avait plus avoir d'importance puisqu'il avait atteint le pouvoir auquel il avait toujours aspiré. Non, ce qu'il l'avait retenu c'était l'expression de son regard... Mais ce n'était pas grave puisqu'il l'avait rendu innofensive en lui ôtant la mémoire et en la laissant dans un monde hostile. Surement qu'elle n'avait pas survécu à la première journée, ce qui était bien. Alors, pourquoi est-ce que ça le peinait ?


Ce chapitre n'est quasiment qu'un flash-back.. -.-' Mais je pense que c'est nécessaire pour la suite.

Merci à Hayase-sama pour ses reviews et à tous les autres qui lisent ma fic !

Reviews please ? ó_ò