Le lendemain, Oscar se réveilla tôt et descendit prendre son petit-déjeuner. Si tôt qu'il fut, elle retrouva son père dans la salle.
- Bonjour père.
- Bonjour Oscar. Alors, êtes-vous prêt pour votre duel avec le comte de Girodelle ?
Rien ne pouvait la mettre de meilleure humeur. Elle se referma comme une huître mais, le général attendant une réponse, elle fut bien forcée de lui en fournir une.
- Oui père, aussi prêt que possible.
- Bien !... Je ne vous ai pas vu vous entraîner hier. Pourtant, j'ai croisé André qui vous cherchait, une épée à la main…
- C'est un malentendu… Je compte bien m'entraîner aujourd'hui.
Le général lui jeta un coup d'œil acéré.
- Vous n'avez pas à laisser vos états d'âme prendre le pas sur l'entraînement.
- Je ne l'oublierai pas, père. Puis-je me retirer ?
- Vous n'avez rien mangé.
- Je n'ai pas faim.
- Et vous allez tomber d'inanition dans peu de temps !
Oscar soupira. Avec le temps, elle aurait dû savoir que son père s'arrangerait pour avoir le dernier mot. Sa volonté tenait lieu d'ordre !... Elle prit donc une tartine, sans entrain, et néanmoins la mangea entièrement. Ensuite, elle put prendre congé de lui. Pour se mettre aussitôt à la recherche d'André.
- André ! André, où es-tu ?... Réponds ! Andréééééééééééé !
- Je suis là Oscar, répondit le jeune homme en émergeant des écuries.
- Encore avec les chevaux ? Ce n'est plus de l'amour, c'est de la passion ! l'accosta-t-elle en souriant.
Le cœur serré, elle s'aperçut qu'il ne répondait pas à son sourire. Pire encore, il avait encore les yeux légèrement rouges. Signe qu'il avait dû beaucoup pleurer. Il lui lança un regard trouble.
- Je voulais seulement que ton cheval soit prêt si tu avais envie de faire un tour. As-tu besoin de quelque chose ?
- Mon cheval ? releva-t-elle en fronçant les sourcils.
- …
- Et pourquoi MON cheval ?
- Tu veux peut-être prendre un autre cheval ? demanda-t-il avec hésitation car ce n'était pas du tout dans les habitudes de son amie. Ou faire un tour en calèche ?
- Et pourquoi pas en robe tant que tu y es ? se moqua Oscar.
André baissa la tête. Il avait encore dit quelque chose qu'il ne fallait pas pour qu'elle le rabroue ainsi. Mais il ne savait pas quoi…
- Allons André ! le secoua-t-elle. Ce n'est pas seulement mon cheval qu'il faut préparer, mais aussi le tien. J'ai effectivement envie d'une ballade ce matin. Ca me fera le plus grand bien, dit-elle en pensant au général et à ce duel qui devait avoir lieu dans une semaine.
- Ma compagnie ne semble pas t'agréer en ce moment, répondit-il tristement.
- Ne dis pas de bêtises ! rétorqua-t-elle vivement en haussant les épaules.
Il soupira et tourna les talons pour préparer son cheval. Ca y est ! Elle recommençait ! Elle était désagréable avec lui parce qu'elle pensait à ce duel !...
« Pourquoi faut-il que je laisse mes émotions prendre le dessus ?... »
- André, attends, dit-elle doucement en le rejoignant dans l'écurie.
- Oui Oscar ?
Elle s'approcha de lui et posa sa tête sur l'épaule solide. Cela faisait si longtemps qu'elle ne s'était pas abandonnée ainsi. Il sourit, décontenancé mais content de cette attention.
- André je voulais te dire… Je suis désolée.
- Ce n'est rien Oscar, concéda-t-il, apaisant.
- Si ! Laisse-moi finir s'il te plait !... Je n'ai pas été gentille avec toi. Non, ce n'est pas ça… J'ai été injuste avec toi. Je te présente mes excuses André. Je ne voulais pas te faire de peine.
- Je le sais bien Oscar. C'est pour cela que je ne t'en veux pas.
- Tu comprends, ce duel me met les nerfs à vif… Je ne sais pas comment m'en sortir… Et du coup, je m'en prends à toi. C'est injuste, n'est-ce pas ?
- Tout à fait ! admit-il en riant, l'œil taquin et le cœur apaisé. Tout à fait injuste… Mais si tu t'en prends à moi, c'est parce que tu as confiance en moi. Et cela, c'est le plus beau cadeau que tu puisses me faire. J'ai tellement peur de perdre ton amitié parfois…
- André, ce serait plutôt à moi d'avoir peur non ? A force de te râler dessus et de te faire tourner en bourrique, tu finiras un jour par en avoir marre !
- J'ai plus de patience que tu n'es râleuse. Tu as de la chance ! D'ailleurs, je trouve que tu ne t'en rends pas assez compte !
- Oh toi ! répondit-elle à ses taquineries.
Cela se termina par un éclat de rire commun, puissant, libérateur, complice. Non, leur amitié ne se briserait pas pour si peu. Il connaissait trop le caractère impétueux de la charmante travestie. Elle tenait trop à lui.
- Alors, et cette promenade ? s'enquit-il.
- Attends, je vais prendre mon épée. Autant joindre l'utile à l'agréable… J'ai promis à père de m'entraîner pour ce foutu duel !
- C'est ça ! Va chercher ton épée… J'essayerai d'être à la hauteur.
Elle lui lança un regard oblique puis, tout à coup, déposa un baiser sur la joue du jeune homme. Aussitôt, celui-ci redevint sérieux.
« Pourquoi ? »
Il porta la main à sa joue tandis qu'elle s'éloignait. Des lumières s'allumèrent dans les prunelles d'un vert forêt magnifique. Il sourit tandis que quelques larmes roulèrent malgré elles. Ne pas les effacer ! Ne pas toucher la joue sur laquelle elle avait posé ses lèvres ! Depuis combien de temps ne l'avait-elle pas embrassé ?
Oscar avait changé avec les obligations de son état d'héritier. Non, à vrai dire, Oscar avait changé à partir du moment où son corps s'était transformé pour laisser paraître les signes de sa féminité. Il avait vu grand-mère laver de longues bandes. Elle seule y touchait. Elle avait fini par lui expliquer que la poitrine d'Oscar commençait à poindre, et qu'elle devait se bander les seins. Elle avait grimacé, mécontente de la décision du général d'élever la jeune fille comme un homme. Il ne se rendait pas compte, lui ! Sa silhouette s'était également modifiée. Si elle avait toujours une taille fine, ses hanches s'étaient légèrement arrondies.
- Allez du nerf ! Attaque-moi ! Comment veux-tu remporter le moindre duel si tu te montres si médiocre ?
André avait aiguillonné l'orgueil d'Oscar pour la pousser à donner le meilleur d'elle-même. La réaction ne se fit pas attendre. En peu de temps, il se retrouva sur les fesses, désarmé, avec une jeune fille furibonde au-dessus de lui.
- Alors ! gronda-t-elle. Cela te suffit-il ?
- Oscar, tu es merveilleuse ! laissa-t-il échapper en riant.
La jeune fille s'écarta, désarçonnée. Puis elle comprit la tactique de son compagnon d'armes et se mit à rire également.
- Cela t'apprendra à me pousser à bout ! le menaça-t-elle en levant le menton, mais un sourire au fond des yeux.
- C'était ça ou… c'est moi qui gagnais !
- Prétentieux ! Même avec une seule main, je continuerais à te battre !
- Et c'est moi qui suis prétentieux ?
- Ttt ttt ! N'oublie pas qui tu es, sinon je serai obligée d'en référer à grand-mère…
- Pitié ô maîtresse ! répondit-il aussitôt, feignant la panique. Je suis votre humble esclave. Faites de moi ce que bon vous semble… Battez-moi ! Fouettez-moi ! Je vous appartiens corps et âme !
- Mmmmmm… Douce tentation ! répondit la jeune fille en tirant la langue, avec une lueur moqueuse dans le regard.
Il éclata de rire. Il enleva sa chemise et s'agenouilla au bord de l'étang pour se rafraîchir. Oscar l'envia de pouvoir ainsi se mettre à nu. Son cœur était partagé entre l'envie et … Et quoi d'autre ? Brusquement, elle se souvint de la sensation éprouvée la veille lorsqu'elle avait effleuré sa poitrine. Elle aurait aimé enlever ses bandes et s'asperger le buste d'eau fraîche comme le faisait son ami. Elle aurait aimé…
Sa tête bourdonnait légèrement. Sa poitrine comprimée lui faisait mal tout à coup. Elle s'aperçut que le corps de son ami se développait lui aussi, différemment du sien. Chez lui, ce sont les épaules, et non les hanches, qui s'élargissaient. André promettait de devenir un très bel homme.
« Et il est à moi ! » se dit-elle soudain, farouche.
- Esclave, approche-toi ! commanda-t-elle sans savoir pourquoi.
Un peu surpris, André se retourna. Oscar avait un demi-sourire aux lèvres, les joues rouges et les yeux brillants. Elle était superbe de grâce et d'insolence. Se prenant au jeu, il obéit.
- Oui maîtresse, répondit-il en feignant la plus parfaite soumission.
- Tu dois obéir aux ordres de ta maîtresse !
- Oui maîtresse.
- Enlève ta culotte !
- Que… ?
- Tu as dit que tu obéirais. Enlève ta culotte, répéta Oscar tranquillement.
André la fixa soudain, sans comprendre. Pourquoi lui demandait-elle cela ? Voulait-elle encore se moquer ? L'humilier ? Il n'arrivait pas à lire dans les prunelles de la jeune fille, comme il le faisait habituellement. Peut-être parce qu'il était terriblement gêné par son ordre.
- Non… Oscar.
- Tu désobéis à ta maîtresse ?
- Oscar, s'il te plait…
- Tu vois, répondit-elle en grimaçant, mais avec un brin de déception. Ah ah ! Je suis plus forte que toi, même à tes propres jeux.
André soupira. Elle jouait donc. Un instant, il avait cru qu'elle lui demandait REELLEMENT de retirer sa culotte. Le cœur battant, il s'avoua vaincu de bonne grâce.
- Très bien ! Tu as gagné… sur tous les plans.
- Normal ! Je suis la meilleure !
- Et la plus modeste…
- Allons ! Ne sois pas jaloux.
- Un instant, tu m'as fait peur, tu sais ?
- Peur ?
- J'ai vraiment cru que tu voulais que j'enlève… ( il montra sa culotte )
- ( sourire )…J'ai vraiment eu envie que tu l'enlèves, avoua-t-elle en devenant écarlate.
« Pourquoi lui ai-je avoué ? Par dieu, je deviens folle ! Que va-t-il penser de moi ? Même s'il me connaît… Pourquoi ? Pourquoi ? »
- Quoi ! s'exclama-t-il en tombant assis dans l'herbe.
- …
- Oscar, tu peux répéter ?
- Non je ne peux pas ! se fâcha-t-elle. Et inutile de me regarder comme ça ! Je…
- Oscar… Explique-moi s'il te plait, demanda-t-il doucement, sans la brusquer, en plongeant dans l'océan de ses yeux.
- Tu as changé, depuis que nous étions enfants…
- Toi aussi tu as changé… Et nous changerons encore beaucoup. Enfin, nous évoluerons.
- Non, je veux dire… physiquement.
- Ah !... Oui, j'ai changé…
- J'ai eu une brusque envie de savoir… de voir… ce que je ne serai jamais, même si tout le monde me considère comme un garçon… Tu sais, quand nous étions petits, il nous arrivait même de nous baigner ensemble. Cela n'avait pas d'importance. Ensuite, grand-mère n'a plus voulu…
- Je comprends. Cela t'intrigue. Moi aussi, j'ai vu ton corps changer doucement. J'ai compris lorsque j'ai vu grand-mère laver tes bandes…
Oscar rougit jusqu'à la racine de ses cheveux. C'était quelque chose de tellement intime, qu'elle n'avait même pas imaginé qu'André puisse deviner à quoi servaient ces bandes.
- Très bien, la taquina-t-il franchement avec un grand sourire. Je baisse ma culotte si tu ouvres ta chemise !
Il la regardait avec un tel éclat dans le regard. Et ce sourire qui lui hurlait : « chiche ! ». Que croyait-il ? Qu'elle se déroberait ? Elle se campa devant lui, fière comme jamais.
- Entendu.
- Quoi ?... Mais Oscar, je… je plaisantais. Tu ne vas pas ouvrir…
Il n'eut pas le temps de terminer sa phrase qu'Oscar était presque à demi-nue devant lui. Sa chemise était largement, très largement ouverte. Il pouvait apprécier la finesse de sa taille, la blancheur de sa peau, et ces maudites bandes qui cachaient les trésors de féminité de la jeune fille tout en les laissant deviner. Elle était toujours droite et digne devant lui, mais ses joues trop rouges et sa respiration trop profonde prouvaient qu'elle n'était pas si à l'aise que cela.
André dut se faire violence pour ne pas tendre la main vers les bandes criminelles ( à ses yeux ), après avoir gravé dans son cœur les détails de ce buste vierge de toute atteinte. Néanmoins, il ne pouvait en détourner le regard et commençait à déglutir difficilement.
Lorsque Oscar referma enfin sa chemise, quelques secondes plus tard, il put de nouveau respirer normalement. Paupières closes, il retrouvait l'image si belle, qu'il chérirait toute sa vie.
- A ton tour…
- Quoi ?
- A ton tour, répéta-t-elle.
Il se leva et délaça sa culotte. Néanmoins, il hésita à la baisser. Il rougit, ne sachant comment expliquer à Oscar…
- Eh bien, que t'arrive-t-il ? Tu n'oses pas ? le provoqua-t-elle.
- Ce n'est pas ça. C'est…
- C'est quoi ?
- Tu m'as fait de l'effet.
- Ah !
- …
- Je t'ai fait de l'effet ?
- Oui, te voir… à moitié nue… C'est…
- C'est quoi ?
- C'est excitant.
- Et ?
- Et quoi ?
- Ca fait quoi, comme effet ?
Il la regarda, effaré. Oui bien sûr ! Comment pouvait-elle savoir ? Le général n'avait probablement jamais abordé ces questions avec elle. Il ne pouvait même pas l'imaginer. Alors, comment aurait-elle su ?
« Oh mon dieu Oscar ! Pardonne-moi… Je ne voulais pas, mais je ne suis qu'un jeune homme… et tu es une belle jeune fille. Tu seras une femme magnifique, j'en suis certain ! Pourquoi a-t-il fallu que le jeu dérape de la sorte ? »
Brusquement, il baissa sa culotte jusqu'à mi-cuisse et se redressa, fixant du regard un point loin, très loin. Il avait envie de pleurer. Non parce qu'il se sentait humilié cette fois, mais parce qu'il n'avait pas le droit de profiter de cet instant. Parce que, s'il le faisait, il ne pourrait plus penser à rien d'autre.
Oscar était devenue écarlate. Elle non plus n'osait pas regarder André dans les yeux. D'ailleurs, il semblait regarder très loin derrière elle, et c'était tant mieux. Essayant de maîtriser sa respiration, elle fixa ses pieds et remonta jusqu'à … ses genoux. A partir de là… Elle passa enfin le barrage de la culotte baissée pour glisser sur les cuisses. Elle aussi avait des cuisses musclées, mais elles restaient très fines. Celles d'André étaient puissantes.
Prenant son courage à deux mains, elle effleura enfin la virilité de son ami. Un membre tendu, en pleine gloire… Même si son propriétaire essayait de penser à autre chose pour le calmer ! De savoir Oscar le regardant… là !
« Oh mon dieu non ! Ne pas penser à Oscar en ce moment ! Ne plus penser à sa poitrine ! Non non ! »
La jeune fille ne s'attarda pas. André était suffisamment gêné ( il se tortillait les mains… ) pour ne pas en rajouter. Elle était à la fois surprise, troublée, choquée et intéressée.
« Te voici donc, toi qui fais que je ne serai jamais un garçon ! »
Cette chose à la fois si petite et si grande, mais d'une telle importance… Elle regardait le sexe d'un homme pour la première fois, en « action » de surcroît. Elle entérina son sentiment d'être femme à ce moment-là. Elle détourna le regard et, voyant André toujours figé, le contourna. Elle appuya sa tête contre son épaule. Alors seulement, elle sentit la tension relâcher le corps de son ami. Il se baissa pour remonter et relacer sa culotte.
- Tu sais quoi André ? dit-elle doucement.
- Quoi ? répondit-il, sur la défensive.
- Tu as un joli p'tit cul, pouffa-t-elle.
- Ah tu le prends comme ça ! répondit-il, soulagé de pouvoir plaisanter.
Il l'attrapa par la taille, la bascula dans l'herbe et se mit en veine d'une séance de chatouilles en bonne et due forme. Oscar riait à gorge déployée. Elle était belle ! A bout d'un moment, André s'allongea à côté d'elle.
- André.
- Oui Oscar ?
- Tu me diras toujours la vérité ?
- … Euh, je ne sais pas… Si c'est pour me faire tailler en pièces ou me retrouver complètement nu devant un parterre d'admiratrices déchaînées, alors non ! répondit-il gravement.
Elle tourna la tête et vit le sourire taquin qui fleurissait sur ses lèvres. Un clin d'œil, et c'était parti !
- Oh toi !
- Pourquoi me demandais-tu cela Oscar ?
- Pour savoir…
- ….
- Est-ce que tu m'as trouvée jolie ?
- Pardon ?
- En tant que femme, est-ce que je suis jolie, ou juste agréable ? Ou ni l'un ni l'autre…
- Je dirais : ni l'un ni l'autre.
- J'en étais sure, le coupa-t-elle, les larmes aux bords des cils. Je n'ai pas beaucoup de poitrine. Je suis très mince… J'ai des cicatrices dues à mes entraînements à l'épée… Je ne suis pas coquette, je ne sais pas me mettre en valeur…
- C'est tout ?
- Quoi ? se plaignit-elle tandis qu'une larme roulait le long de sa tempe.
Il tourna son visage vers elle pour la regarder intensément. Elle ne se rendait pas compte de son charme, si différent de celui des autres femmes. Elle était une fleur sauvage, à la fois forte et fragile.
- J'allais dire que tu n'es ni jolie, ni juste agréable. Tu es belle Oscar.
Cet aveu fit rougir la jeune fille.
- Tu dis cela parce que tu es mon ami.
- Déjà, si grand-mère était là, elle te dirait que je ne suis pas ton ami mais ton serviteur…
- C'est encore pire ! Tu as peur d'être renvoyé ? plaisanta-t-elle.
- Et si je dis cela, continua-t-il d'un ton sérieux, c'est parce que je le pense. Et malheureusement, il y aura d'autres hommes pour le penser…
- Malheureusement ?
- Pardonne-moi d'avoir dit cela… Un jour, tu te marieras peut-être, et c'est très bien pour toi. Mais je n'arrive pas à penser à une autre vie que celle que nous vivons…
Oscar éclata de rire.
- Voyons André ! Tu sais bien que je suis l'héritier des Jarjayes. Avec qui veux-tu que je me marie ? Une demoiselle bien sous tout rapport, à laquelle je ferai de beaux enfants ? Non mais tu plaisantes ! Hahaha ! Me marier ! C'est trop drôle ! Hahaha
Rapidement, André se joignit au rire de son amie. Sa réaction lui avait fait tellement de bien. A son âge, les jeunes filles commençaient à entendre parler mariage… D'ailleurs, ses sœurs s'étaient mariées vers 14-15 ans. Mais, il est vrai qu'elle avait un destin particulier. Un homme ne viendrait pas la lui ravir de sitôt. Ayant grandi à ses côtés, ayant appris tant de choses avec elle, il n'imaginait pas une vie sans Oscar. Et pourtant, un jour…
