Auteur : Hiyoru

Rating : K+

Disclamer : Bleach est à Tite...

Note : A partir de vendredi, je pars en vacances jusqu'au samedi. Donc, ne vous attendez pas à un nouveau chapitre la semaine prochaine, il n'y en aura pas (et je serai trop feignasse que pour poster le chapitre le dimanche !) à moins fait exceptionnel.

Note 2 : Ceci n'est pas le dernier chapitre !


Chapitre 25

"Dors avec les anges et rêve de moi, car un jour tu pourras dormir avec moi et rêver des anges ". Anonyme

Les portes s'ouvrirent. Je savais depuis toujours que ce moment arriverait, c'est pour cette raison que je l'accompagnais, la suivant comme son ombre. Malgré eux, les Capitaines, ses amis, étaient retournés chez eux. Elle avait obtenu ça, du Capitaine-Commandant. Elle ne voulait pas qu'ils soient mêlés à ça. Elle ne voulait pas les voir blessés, encore moins lui. J'avais enfoncé le clou, en les informant qu'Aizen possédait les portails et que, donc, il pouvait attaqué n'importe où à n'importe quel moment. Ils m'avaient observés, effaré, mais avait accepter de rentrer chez eux. Heureusement, les shinigamis avaient volés la technologie des Démons, ils étaient repartis. Quant à moi, j'avais compris, un peu tard sans doute, qu'elle ne me considèrerait plus de la même manière. Une chose s'était brisée entre nous, irrévocablement. Je venais seulement de le percevoir. Mais je l'aimais toujours, aussi passionnément, profondément qu'au premier jour. Alors, je la suivais, bien qu'elle eut tenté de me laisser en marge de l'affaire.
Les Démons affluèrent, sortant en masse par les portes sombres que la pénombre ambiante ne rendait que plus lugubre encore. La rumeur de leurs pas, martelant le sol en cadence, allait en croissant, semblable au roulement d'un tambour. Les shinigamis raffermirent la poigne qu'ils exerçaient sur le pommeau de leur épée. Certains déglutirent, d'autres tremblèrent, en voyant cette marée rouge monter vers eux. Mais ils leur suffisaient de jeter un œil vers leurs supérieurs, le visage déterminé, l'arme à la main, pour qu'ils reprennent courage et réajustent leur garde. Leurs alliés démoniaques, eux, restaient impassibles en voyant leurs semblables afflués en masse hors de l'enceinte de ce palais maudit. Qui sait, pourtant, qu'elles émotions les traversèrent tandis qu'ils s'apprêtaient à combattre et trépasser pour leur liberté ! Bénis soient-ils, tous ces valeureux qui allaient très certainement périr dans l'espoir de mettre fin au joug du monstre qui se désignait comme le maître des Enfers !

A mes côtés, elle déploya ses ailes, ses magnifiques ailes, qui avaient été recouvertes de l'argile rougeâtre qui composait le sol de cet endroit, afin qu'elle ne fût pas une cible trop facile. Elle avait également troqué son uniforme habituel contre des vêtements noir et bordeaux, ouverts dans le dos qui avaient le même but. J'avais subi les mêmes changements. Elle attendit encore quelques minutes que le premier choc frontal ait lieu avant de prendre son essor. Je la suivis, restant dans son sillage, tel l'ombre de son ombre. Des flèches ennemies sifflèrent près de nos oreilles tandis que nous survolions le champ de bataille. Shinigamis contre Démons, Démons contre Démons, tous se battaient.

Une flèche perdue vint se ficher dans mon flanc. Je manquai un battement d'aile et commençai à chuter vers le sol avant de me reprendre. Je serrai les dents et accélérai mon allure, une main sur ma plaie, la hampe dépassant d'entre mes doigts, afin de rattraper Angel, qui ne s'était aperçue de rien. Je ne pouvais la laisser, seule, aller au devant de son destin. Je n'étais pas à ce point inconscient.

Les portes, jusque là à peine entrouvertes, s'ouvrirent plus largement, laissant sortir une horde de Hollows qui se jetèrent dans la mêlée, sans faire de distinction entre amis et ennemis. C'est avec horreur que je vis les shinigamis tomber, toujours plus nombreux, sous les coups des assaillants. Une goutte étincelante me heurta, se divisant alors en une multitude d'autres gouttelettes qui poursuivirent leur chemin. D'autres suivirent et je compris. Elle pleurait. Mon ange pleurait et ses pleurs ruisselaient le long de ses joues avant de venir frapper mon visage, formant des larmes pour moi aussi. Elle pleurait, et cela m'était insupportable. J'aurais voulu la prendre dans mes bras et la réconforter. Au lieu de quoi, je ne fis que rester dans son sillage lorsqu'elle s'engouffra par l'ouverture béante du palais, plongeant dans les ténèbres étouffantes.

La suite se passa d'une étrange manière, comme dans un mauvais rêve. Plus nous nous enfoncions dans cet endroit immonde, plus l'obscurité nous enveloppait et tentait de nous retenir. A un moment, nous nous tenions la main, l'instant suivant, nous étions séparé par une distance plus ou moins importante. Mais, toujours je la suivis, jusqu'au moment où je débouchai sur un cul de sac, seul. Pourtant, j'aurais juré qu'elle se trouvait à côté de moi, quelques secondes auparavant. Ma plaie m'élança brusquement et je ne pus retenir un gémissement de douleur. Un rire me parvint. Un rire méchant, glacial, effrayant. Le rire de Satan. Je fis volte-face, observant l'endroit d'où il m'était parvenu. Une torche s'enflamma brusquement sur ma gauche, émettant un crachotement bleu, la flamme vacillant un instant avant de se dresser fièrement, repoussant les ténèbres avec difficulté. Je sursautai lorsqu'une haute silhouette se dressa à contre-jour dans la faible lueur.

Ses cheveux frisés de couleur ébène retombaient sur ses oreilles pointues et une lueur malveillante brillait de dessous ses sourcils broussailleux. La partie inférieure de son corps était celle d'un bouc au pelage aussi noir que la nuit, tout comme la barbichette qui ornait son menton. Ce n'était pas l'apparence sous laquelle je l'avais toujours vu mais je le reconnu.

- Hé bien, Raphaël, tu m'as déçu, tu sais ?

Je me redressai de tout mon long, ignorant la douleur qui me déchirait le flanc. Je relevai la tête.

- Que veux-tu que ça me fasse ?

- Tu m'as trahi. C'est vilain.

- Non, je n'ai jamais trahi les Anges-Combattants, c'est différent.

- Tu es un traître pour eux.

- Ils me considèrent peut-être ainsi mais je connais la vérité.

- Je vais devoir te punir, conclut l'autre d'un air satisfait.

- Comme si j'allais me laisser faire.

Il sourit et je me retrouvai soudain incapable d'esquisser le moindre geste. Alors, il s'avança calmement vers moi et, comme il s'approchait, la souffrance à mon côté croissait également.

- Ne t'en fais pas, je ne vais pas te tuer, susurra-t-il sur un ton qui me fit frémir d'effroi.

Le traitement qu'il me réservait allait être pire que la mort, je le pressentais. Je me contentai de le regarder d'un air méprisant, incapable de faire quoi que ce soit d'autre. Il tendit son bras et approcha sa main de mon œil…

Fin P.O.V.

Le hurlement de douleur de Raphaël retentit dans tout le palais. Angel fit volte-face. L'Ange Noir ne se trouvait plus derrière elle. Son cœur se serra.

P.O.V. Angel

Où était passé Raphaël ? Pourquoi avait-il crié ainsi ? Avant que je ne m'en rende compte, je m'étais déjà mise à courir dans la direction du hurlement. A peine avais-je tourné le coin que je butai contre une forme sombre et inerte. Pas tellement inerte que ça, d'ailleurs, puisqu'elle poussa un gémissement de souffrance. C'était lui, à genoux, cachant son visage de ses mains, tremblant de tous ses membres.

- Raphaël ?

Il ne me répondit pas. Il semblait prostré dans sa souffrance.

- Raphaël !

Toujours pas de réponse. Je m'agenouillai devant lui.

- Raphaël, que se passe-t-il ? Dis-moi. Ne t'en fait pas, je suis là…

Tout en continuant à lui parler, je pris ses mains, les retirant doucement de son visage. Il avait les paupières closes, du moins, c'était ce qu'il me semblait, bien qu'il fut difficile d'être certain de quoi que ce soit dans cette obscurité. Il eut soudain un brusque mouvement et me repoussa brutalement. Je tombai à la renverse sur le sol glacial, saisie.

- Que…?

- Vas-t-en ! me lança-t-il avec colère.

Comme si cela allait me faire partir. Je me redressai et m'approchai à nouveau de lui.

- Raphaël, qui a-t-il ?

- Vas-t-en !

- Sûrement pas.

- …

Il retomba dans son mutisme.

- …Bon. Tu me diras ce qu'il t'est arrivé lorsque tu le voudras, d'accord ? Mais on ne peut pas rester ici.

- …

Je le relevai sans beaucoup de douceur, il me faut l'avouer. Une plainte sortit de sa bouche, me confirmant que je n'y étais pas allée de main morte. Mais, au moins, cela eut le mérite de lui remettre les idées en place.

- … Où es-tu ? me demanda-t-il d'une voix angoissée comme je l'avais lâché.

Etonnée, je lui répondis :

- Juste devant toi !

- Je ne te vois pas…

- ...

Il faisait sombre, voire très sombre, d'accord, mais il pouvait quand même me distinguer plus ou moins, non ? Apparemment pas. Que lui était-il arrivé pour qu'il soit à ce point hésitant ? Mais je ne lui posai aucune question et lui pris tout simplement le poignet le poignet. Après un instant d'hésitation, sa main sur referma sur le mien et nous avançâmes à nouveau, une nouvelle fois à tâtons puisque qu'il était impossible de voir à plus de trois pas devant soi. L'obscurité semblait tout engloutir, même les sons, et je n'aurais pu dire depuis combien de temps nous étions là ni même à quelle distance nous nous situions de la bataille qui faisait rage à l'extérieur…

A un moment, des murmures me parvinrent et je crus apercevoir la lueur tremblotante d'une torche, dans le lointain, mais aussitôt après, cela disparut. A un autre moment, un visage hostile et bestial m'apparut mais, comme je m'étais soudainement arrêtée, Raphaël me demanda :

- Qui a-t-il ?

- …Rien, rien…

La figure s'était évaporée dès qu'il avait ouvert la bouche. Je me remis en marche. Enfin, après un temps qui nous parut infiniment long mais qui pouvait très bien avoir été infiniment court, nous parvînmes dans un couloir faiblement éclairé. Pour nous, dont les yeux s'étaient adaptés aux ténèbres, cette clarté fut éblouissante. Je dis nous mais il s'agit de moi en réalité, puisque mon compagnon gardait les paupières closes, comme j'en eus la certitude lorsque je me tournai vers lui.

La balafre qui barrait son visage s'était en partie refermée par endroit, créant une livide cicatrice inégale, et ressortait crûment de par la lumière des torches et de par les larmes de sang qui avait coulé le long de son visage. J'eus un mouvement de recul involontaire.

- Que…? Bon Dieu, Raphaël, que t'est-il arrivé ?!

- Ne jure pas sur le Bon Dieu, Angel, Il n'aime pas ça.

- Oui, bon… Mais que s'est-il passé ?!

Il eut un pauvre sourire.

- Disons que le maître des lieux m'a puni…

- … Ouvre les yeux, lui ordonnais-je.

- …

- Ouvre-les, insistais-je.

Lentement, il souleva ses paupières...

Fin P.O.V.

Les deux Anges parvinrent devant une porte noire à la texture semblable à du goudron, fourmillant de gravures représentant des Démons hideux et des scènes de tortures. Les torturés étant des shinigamis ou, le plus fréquemment, des Anges dans des positions qui ne pouvait qu'être douloureuse. L'artiste était-il très inspiré ou n'avait-il que représenté les tortures coutumières des prisonniers ? Quoi qu'il en soit, chaque détail était représenté avec une telle minutie que la jeune femme blêmit. Cependant, elle ne se démonta pas et poussa la porte qui s'ouvrit facilement vers l'intérieur. Alors, tirant son compère derrière elle, elle entra.

P.O.V. Satan

Enfin, ils entrèrent, tous les deux. Contrairement à ce que j'avais prévu, elle n'avait pas abandonné Raphaël. Mais cela ne changeait rien puisque ce dernier était en mauvais état. Les dégâts de la précédente punition que je lui avais infligé n'avaient pas encore complètement cicatrisés et, depuis lors, une flèche s'était fichée dans son flanc. Sans oublier ses yeux, dont je m'étais chargé personnellement. Ils se parlèrent un instant et elle s'avança, le lâchant, tandis qu'il restait dans le fond de la salle.

Je souris et me levai de mon trône avant de descendre les trois marches qui le séparait du sol. J'avais choisi mon apparence d'enfant, ce qui la ferait hésiter, sans doute.

- Bienvenue, Angel. Tu vois ? Je t'attendais. J'ai à parler avec toi.

- Et moi, je n'ai rien à te dire, répliqua-t-elle.

Je soupirai faussement.

- Dire que j'allais t'accorder de mon précieux temps et te donner une place à mes côtés…

- Je n'en ai rien à foutre.

- Hé bien, je suppose que tu es venue accomplir ton "destin".

- Non.

Je la regardai, étonné.

- Non ?

- Je n'en ai rien à faire de mon soit disant destin et de toutes les conneries du même style. Je suis venue te tuer, point barre.

- Ah ? Quel dommage, je n'ai pas prévu ça, aujourd'hui. Repasse demain, on ne sait jamais.

Elle m'adressa un regard noir et dégaina son épée. On dirait que je m'étais trompé, elle n'hésiterait pas à m'affronter, enfant ou pas enfant.

- Allons, mon petit ange, ce n'est pas ainsi que tu vas réussir à me faire quoi que ce soit, après tout, tu ne m'as encore jamais vaincu.

Je souris tandis que mon apparence changeait et que je grandissais. Mes cheveux devinrent lisses et balayèrent mes épaules, passant du noir au brun grisonnant sur les temps. Mon visage s'allongea, perdant ses courbes enfantines pour une mâchoire volontaire, tandis que deux grandes ailes blanches perçaient de mes omoplates. Mes yeux virèrent au gris et mes vêtements furent remplacés par l'uniforme des Anges-Combattants. Seule une étoile dorée ornait l'habit. Ma queue disparut, de même que mes cornes.

Elle écarquilla les yeux.

- Le… Mon… Le…

- Je suis le Commandant, oui. Ton père.

J'eus un sourire satisfait. Sous cette apparence, elle n'allait certainement pas m'attaquer.

De surprise, elle devint furieuse et se jeta contre moi. J'eus à peine le temps d'esquiver d'un pas de côté.

- Comment oses-tu prendre son apparence ?! Tu vas le payer !

Elle m'attaqua de nouveau, mais avec plus d'efficacité et de précision cette fois. Je parai du plat de mon arme.

- Penses-tu réellement que je ne suis pas le Commandant ?

- Evidemment !

Dans ce cas, permets-moi de te convaincre.

Je la repoussai et l'attaquai. Aussitôt s'en suivit un duel acharné, mais je prenais l'avantage, lentement mais sûrement. Je lui infligeai tantôt une blessure à l'épaule, tantôt une autre à la cuise et une à l'estomac. Ce n'était plus qu'une question de temps avant qu'elle ne fasse une erreur fatale. Je lui avais proposé de me rejoindre, elle avait refusé, autant éradiqué la menace. Ensuite, je m'occuperais de l'autre. Bientôt, désespérée, elle tenta une feinte sur mon flanc droit tandis que, de l'autre main, elle m'attaquait de sa dague sur mon flanc gauche. Cependant, ça ne prit pas avec moi : après tout, c'était moi qui l'avait inventée, cette passe. Je balayai la lame de sa dague du plat de mon arme.
Ses yeux s'agrandirent de surprise et, souriant, je lui enfonçai mon épée dans l'estomac. S'en était fini d'elle… Elle tomba à genoux et recracha du sang. Lentement, je retournai la lame dans la plaie. Son cri se termina en un gargouillement comme des bulles de sang se formaient au coin de ses lèvres. D'un geste sec, j'ôtai mon arme et la repoussai de mon pied. Elle tomba au sol, haletant de souffrance. Mon sourire sur mes lèvres, cruel. Et c'était ça qui devait mettre fin à mon règne ? Ne me faites pas rire.


Reviews ? Ca faisait longtemps que je n'en avais pas demandé, tiens...