Auteur : Hiyoru
Rating : K+
Disclamer : Tout est à Tite Kubo
Note : Désolée pour le retard...
Satan eut un rictus victorieux et repoussa le corps de l'ange de son pied. A nouveau, il changea pour quitter l'apparence empruntée et en prendre une nouvelle. Ses traits, déformés par une joie mauvaise, devinrent plus juvéniles et s'adoucirent tandis que ses cheveux, devenus blonds cendrés, se raccourcissaient pour jaillir en épis de son crâne. Il prit une profonde inspiration et son expression se transforma, quittant la joie pour le calme, du moins en apparence. Depuis longtemps, il était passé maître dans l'art de tromper. Anges, Démons ou Humains, tous il pouvait les berner. On le surnommait le Maître des Mensonges. Mais pour chaque chose, il y a le revers de la médaille. Dans son cas, c'était sa faculté à percevoir les changements d'apparence des Anges qui avait quasiment disparu, mais nul ne le savait et eux ne pouvaient pas voir à travers ses propres transformations.
L'homme mûr devenu adolescent n'accorda plus un regard à la jeune fille au sol mais, d'un pas assuré, se dirigea vers Raphaël qui se tenait toujours à l'endroit où Angel l'avait laissé, dans le fond de la salle, les yeux fermés. En entendant les bruit de pas se rapprocher, il tressaillit.
- …Angel ? demanda-t-il d'une voix incertaine.
Il connaissait déjà la réponse. Le seigneur des démons ricana.
- Ta chère amie est en train de rendre son dernier soupir !
- …
L'Ange enfouit sa tête dans ses mains.
- Non !
Sans prendre la peine de répondre à ce déni, d'un pas arrogant, Satan s'avança vers le brun jusqu'à ce trouver à quelques pas à peine de lui.
- Croyais-tu vraiment que cette fille, à peine sortie de l'enfance, pourrait me vaincre ? Pauvre fou ! Tu n'as même pas idée de ta stupidité !
- …
Ce fut autour de l'Ange Noir de ne pas répondre. L'homme aux mille visages, de nouveau, ricana. Ricanement qui se coinça dans sa gorge à la vue de l'autre qui avait brusquement redressé la tête et qui braquait deux iris bleus sur lui. Son regard se tourna vers son adversaire défait. Peau matte, ailes noires, sexe masculin. Il s'était fait avoir.
Il pivota pour faire face à Angel qui avait un sourire sombre aux lèvres. Les derniers résidus de son déguisement disparurent et elle se lança sur Satan. Ce dernier, déjà affaibli et fatigué par son précédent combat, eut du mal à parer les premiers coups de la jeune fille. Cependant, bien vite, il reprit du poil de la bête et rendit coup pour coup. Ce n'était pas une gamine qui allait l'arrêter ! Il convoitait la place de Dieu bien avant sa naissance ! Mais Angel ne baissait pas les bras. Sale gosse ! Il allait devoir changer de stratégie…
A quelques pas de là, dans la plaine sombre s'étalant du pied du palais de l'Usurpateur aux falaises rouges, faisait rage la bataille la plus sanglante de mémoire de Démon. Shinigamis contre Démons, Démons contre Démons, Anges contre Anges, tous se battaient et la terre s'abreuvait des flots de sang qui irriguaient son sol, la saturant au point que des ruisseaux pourpres se formaient ça et là au milieu de cette sinistre hécatombe.
Nul n'aurait su dire quel camp s'imposait mais tous luttaient. Pour quoi ? Quelques uns l'avait oublié. Ceux-là continuaient à taillader les chairs uniquement dans l'espoir de survivre un peu plus longtemps. D'autres s'en souvenaient mais parmi ceux-là, nombreux – d'un côté comme de l'autre – se demandaient si cela en valait vraiment la peine. Pour les uns, on se battait pour reconquérir un pouvoir dont seule une poignée en profiterait, pour les autres, on se déchiraient pour obéir à un maître dont la plupart n'avaient jamais même vu le visage. Ceux-là, ceux qui doutaient de la légitimité de cet affrontement, n'étaient rien d'autre que la chair à canon, le menu fretin, qui n'avaient nulle importance, qu'on déplorerait quelques heures avant de les oublier. On ne leur enseignait pas à penser, seulement à obéir, mais c'est eux qui avait les plus sages pensées. Quant aux derniers, eux, croyait en leur combat dur comme fer, même si plusieurs d'entre eux ne se mouillaient pas trop, restant en arrière. Pour eux, cette bataille était décisive et ils ne voyaient d'autres issues que cette guerre acharnée qui, pendant longtemps, s'était réduite à quelques escarmouches. Ils étaient les Capitaines et les Supérieurs. Certes, ils risquaient leur peau, comme tous les autres, mais eux savaient pour quoi ils se battaient et y croyaient de tout leur être.
Dans cette mêlée, les bruits de lames s'entrechoquant étaient presque estompés par les cris d'agonie et les râles des blessés qui tombaient, un à un, sous les coups de leurs ennemis. Ici, un shinigami, là, un démon, là-bas encore, un ange. Et les combattants ne savaient plus où se trouvaient leurs voisins, leurs amis, leurs frères…
Soudain, un rugissement domina le brouhaha environnant, faisant lever la tête aux fantassins. Il venait du palais, mais pas un ne sut dire s'il s'agissait d'un cri de triomphe ou d'agonie. Aussitôt, les deux armées reprirent l'engagement de plus bel, mais chacun, épuisé, donnait ses derniers coups, ses dernières forces, …
Les tuniques rouges pénétrèrent au cœur de l'infanterie démoniaque, menée par une femme aux cheveux rouges, possédant de nombreux tatouages tribaux, à l'air sauvage, ainsi que par une autre, un tatouage 69 ornant sa joue.
Pour la 9e division ! braillait cette dernière, tandis que l'autre braillait tout court.
Plusieurs Démons Mineurs, surpris par l'initiative, furent fauchés avant d'avoir pu se ressaisir. Les autres, désorientés de voir leur belle formation détruite, cherchèrent leur meneur du regard. Cette distraction leur valut la vie, à eux aussi. Enfin, un Démons Majeur cria :
Attaquez-les, bande de mollusques sans cervelle !!!
Alors, les Démons raffermirent leur prise sur leurs épées/dagues/poings et s'élancèrent contre les shinigamis. Malheureusement ceux-ci avaient déjà pris l'avantage et ils ne firent qu'augmenter le nombre, déjà astronomique, de morts.
P.O.V. Raphaël
Du rouge… Tout était rouge, striés de noir. La douleur, atroce, me vrillait le corps, venant de partout et de nulle part. Je n'entendais le bruit des lames qui s'entrechoquent que de temps à autre, et encore, de manière estompée. Soudain, il eut un si grand fracas que je sursautai dans mon abîme de douleur. Puis, se fut le silence…
Fin P.O.V.
De l'autre côté du champ de batailles, deux Capitaines combattaient côté à côte. La majorité de leur unité était tombée mais ils continuaient à se battre. L'une d'elle avait des cheveux blancs, l'autre s'était délestée de son manteau fleuri. Ensemble, elles affrontaient vague sur vague, de plus en plus difficilement. Du sang avait coulé, abondamment, depuis une blessure située sur la tempe de la Capitaine-Commandant, tintant sa chevelure couleur neige de pourpre, sur son œil, collant sa paupière. Sa compagne, elle, avait été blessée à l'avant bras droit et le fluide vital avait vite rendu le manche de son épée glissant. Elle avait sorti depuis longtemps sa deuxième lame et maniait les deux avec dextérité, s'efforçant de couvrir son amie malade pour qu'elle ne doive pas trop forcer. Mais les Démons arrivaient encore, toujours plus nombreux, et elles ne savaient combien de temps encore elles pourraient résister…
