Salut tout le monde ! Voici un nouveau chapitre ! ^^ Et il est plus long que d'habitude ! ^^


« L'espace d'une vie est le même, qu'on le passe en chantant ou en pleurant. »

Proverbe japonais

Chapitre 31

Lorsque je me réveillai, je me sentis vaguement nauséeuse. Si ça continuait, j'allais finir par tomber malade, youpi. Moi qui exécrer tout ce qui a rapport de près ou de loin avec les vitamines (J'ai bien dit vitamines, pas médicaments. Les médicaments, ça passe. Les vitamines nan. Je sais, je suis bizarre), avec ma veine je devrais en prendre, c'était certain. J'ouvris lentement mes paupières collantes tandis qu'une légère odeur d'hôpital m'assaillait. Le décor resta d'abord obstinément flou puis à contrecœur laissa place au net après que j'eus cligné plusieurs fois des yeux. Le plafond était brun et les murs d'un vert maladif tirant sur le blanc. Ça me rappelait… quoi ? Aucune idée. Je me redressai en position assise et constatai que j'étais dans un lit au drap blanc. Personne ne se trouvait dans la pièce. Où avais-je atterri moi, cette fois ? Le Monde Réel ? La Soul Society ? Les Enfers ? J'eus bientôt ma réponse en voyant entrer une shinigami. La Soul Society, donc. J'observai la nouvelle venue. Comment s'appelait-elle déjà ? Katetsu ? Kitetsu ? Bah, ça n'avait pas d'importance. Je laissai tomber. Quoi qu'il en soit, elle faisait partie de la quatrième division, si mes souvenirs étaient exacts.

- Oh ! Vous êtes réveillée, Kaori-san ! Comment vous sentez-vous ?

« Kaori-san… ? Mais qu'est-ce que… ? Pourquoi m'appelle-t-elle par mon nom de famille… ? Et comment le connait-elle d'abord ? Et qu'est-ce que je fous dans une division de shinigamis ? »

- ...Kaori-san ? Vous m'entendez ?

- …Pourquoi m'appelles-tu ainsi ?

Elle sembla surprise. Visiblement, elle ne s'attendait pas à ce que je pose une question pareille.

- Pardon ?

- Pourquoi dis-tu « Kaori » ? Je m'appelle Hane !

Elle parut troublée.

- Mais… votre nom est bien Kaori, n'est-ce pas ?

- Oui et alors ? Appelle-moi Hane.

- Mais…

- Hane. Pas « Kaori-san » ni même « Kaori ». Hane.

- …Bien, Hane-san, obtempéra-t-elle comme on cède à un caprice d'enfant.

Je me grimaçais. Pourquoi me traitait-elle comme un gosse ? Je ne réagissais pas ainsi ! Je me renfrognais, boudeuse.

- Vous allez bien, Hane-san ? s'inquiéta-t-elle comme je me complaisais dans le silence.

- Très bien, oui. D'ailleurs, je m'en vais.

J'esquissai un geste pour me lever et me retrouvai brusquement plaquée contre le matelas. Elle était rapide !

- Vous êtes encore trop faible pour vous lever !

Non mais de quoi se mêlait-elle ? Je faisais encore ce dont j'avais envie ! Si je voulais me lever, rien ni personne ne m'en empêcherait ! Même si il était vrai que je ne me sentais pas au mieux de ma forme… Cependant, puisqu'elle tentait de m'empêcher de partir, je partirais. Par pur esprit de contradiction.

- Lâche-moi. Maintenant, ordonnais-je.

Elle ne broncha pas.

- Si vous vous tenez sage, j'autoriserai vos visiteurs à entrer, dit-elle.

C'est qu'elle me traitait réellement comme une enfant !

- Je ne suis pas une enfant, m'exclamais-je ! Votre chantage puéril ne fonctionnera pas sur moi !

- Que se passe-t-il ? demanda une voix douce en laquelle je reconnus Unohana. Isane, lâche Kaori-san, s'il te plait.

Soulagée, je me tournais vers ma sauveuse pour la remercier, comme Isane me libérait, mais refermais bien vite la bouche. En effet, la Capitaine souriait, certes, mais une aura terrifiante se dégageait d'elle. En la voyant, on avait envie de se terrer quelque part, très loin, et de ne plus jamais en sortir. Du moins, pas avant d'avoir enfilé une armure complète et de s'être assuré qu'on avait une flopée d'armes –explosives ou mortelles si possible- sous la main.

- Kaori-san, vous êtes priée de ne pas vous lever, vous n'êtes pas encore remise. Vous devez encore vous reposer.

Je déglutis et acquiesçais sagement, pas contrariante. Satan, en comparaison, on pouvait le reléguer au rang de « terreur des bacs à sable ». Dire qu'elle avait l'air si douce et gentille lorsque je l'avais rencontrée auparavant… !

- Bien. Plusieurs personnes veulent vous voir, voulez-vous que je les autorise à entrer ? demanda-t-elle en affichant son doux sourire tandis que son énergie se tenait à nouveau bien sage.

- Oui. S'il-vous-plait, ajoutais-je pour faire bonne mesure il était hors de question que je la fâche, elle faisait bien trop peur !

- Parfait, je vais les prévenir.

Elle ressortit tandis que je m'interrogeais en observant la porte avec méfiance –au cas où elle reviendrait avec son air sadique-. Elle avait bien dit « plusieurs personnes », non ? Si je devinais que Jyuushiro en faisait partie, je me demandais quels étaient les autres.

Pendant ce temps, l'infirmière avait préparé des médicaments et me les tendait à présent. J'observais le plateau sur lequel elle les avait placés avec méfiance. Était-ce ce que je redoutais ?

- Qu'est-ce que c'est ? demandais-je.

- Des vitamines, répondit-elle, afin que vous puissiez récupérer plus rapidement.

Vitamines … ? Je le savais ! On veut m'empoisonner ! C'est trop… Yerk.

- Non merci…

- Ce n'est pas une suggestion, vous devez les prendre.

- Plus tard, d'accord ? Là, je n'en ai pas très envie…

Elle ouvrit la bouche pour exprimer son refus lorsque la porte s'ouvrit à nouveau. Je soupirai de soulagement discrètement et me tournai vers mes visiteurs, un sourire aux lèvres pour accueillir l'homme aux longs cheveux blancs… et me retrouvai face au Commandant accompagné de l'escadron qui l'avait suivi sur le champ de bataille ainsi que quelques autres anges.

Mon sourire se dissipa sur le champ et mon visage se referma. Voilà pourquoi les shinigamis m'appelaient « Kaori ». Il avait surement dû passer par là et demander –ou plutôt ordonner, voire exiger- qu'on me nomme ainsi ! Pourquoi ? Aucune idée, ça faisait longtemps que je n'essayais plus de le comprendre. Lui n'avait même jamais tenté de le faire. Après tout, j'étais juste le second de l'unité des Archanges, comme il me l'avait dit. Alors pourquoi s'intéresserait-il à un simple soldat, fut-il sa fille ? Il y a des fois où je me demandais vraiment ce qui lui avait pris de m'incorporer à sa famille. Pour se faire bien voir, peut-être ?

- Qu'est-ce que tu fais là ? demandais-je brusquement à mon père.

Les hostilités étaient lancées.

- Est-ce une façon de recevoir son père, petite impertinente ? répliqua-t-il.

- Mon père ? Je pensais que tu étais « juste » mon supérieur, Commandant.

Il m'adressa un regard noir que je soutins sans broncher. Isane, elle, nous regardait à tour de rôle en fronçant les sourcils.

- Ne joue pas sur les mots, Angel.

- Mais je ne joue pas sur les mots. Je ne fais que te rappeler les points que tu as tenu à éclaircir, Commandant.

- Cesse ça !

- Cessez quoi, mon Commandant ? Voudrais-tu que je cesse de te nommer par ton grade, Commandant ?

« De mes deux, ajoutais-je en pensée. »

- Il suffit ! Je ne tolérerai pas que tu continues à te moquer de moi !

- De quoi parles-tu, Commandant ? Ajoutais-je avec un sourire narquois.

- Angel, arrête-ça, intervint une nouvelle personne que je n'avais pas remarquée.

Le Général Lionel s'avança au premier rang comme j'affichais une mine stupéfaite.

- Général ? Qu'est-ce que tu fais là ?

- J'accompagne le Commandant, évidemment.

- …

- Bien, revenons-en à notre petite discussion, reprit ledit Commandant, l'air un tantinet plus calme.

- Discussion ? demandais-je d'un ton guindé. Quelle discussion ? Nous en avions une ?

Il m'ignora et poursuivit :

- Comme tu l'as remarqué, tes précieux petits shinigamis sont toujours là. Et, de surcroît, j'ai accepté de me rendre dans ce monde inférieur.

Il se récolta un regard indigné d'Isane (comment ça, inférieur ?) qu'il ne remarqua pas.

- Tu me dois donc un service.

- Quoi ? Pas du tout ! m'insurgeais-je. Je ne t'ai jamais demandé de quitter le premier monde ! Ni de te rendre à Soul Society ! Je ne te dois rien du tout !

- Tu m'as demandé, que dis-je ?, ordonné de ne pas toucher aux shinigamis. Et, comme tu peux le constater, c'est chose faite. Tu me dois donc bel et bien un service.

- Ça n'a rien à voir ! Je n'ai jamais demandé ça à toi mais aux anges qui t'accompagnaient et qui ont un cœur, eux !

Il fit la sourde oreille.

- C'est pourquoi, tu vas rentrer au Paradis avec moi. Sur le champ.

- Nan.

- Pardon ?

- Nan.

- Un refus n'est pas toléré.

- N'à foutre.

Il parut décontenancé. N'avait-il toujours pas compris que je n'étais pas un de ses soldats à qui il pouvait ordonner tout et n'importe quoi et qui obéissaient sans poser de questions ? Evidemment, puisqu'il ne me connaissait pas. Il lança un regard au Général qui y répondit par un haussement d'épaule impuissant. Légèrement déstabilisé, mon père dit :

- Cesse de te comporter en enfant !

J'eus un sourire mauvais. Il disait que je me conduisais en enfant, hein ? Très bien, il allait voir ce que « l'enfant » pouvait faire.

- Sinon quoi ?

- …Pardon ?

- Serais-tu sourd ?

Il s'énerva :

- Ça suffit, insolente ! Tu vas venir avec moi, que cela te plaise ou non !

- Ben, justement, ça ne me plait pas, tu vois ?

- Je te ramènerai par la force s'il le faut !

- Tu ne l'as pas déjà dit, ça ?

- Silence !

- Et si je n'en ai pas envie ? Le droit à l'expression, tu connais ?

Il devint rouge écrevisse et, brusquement, la gifle partit. Sa main heurta ma joue avec violence et ma tête se heurta contre le mur avec un bruit sourd. Interdite, je tâtai ma joue du bout de mes doigts avant de lui jeter un regard haineux. L'escadron le regardait avec stupéfaction et il parut gêné et même légèrement stupéfait. De s'être montré violent devant eux, évidemment. Il ne se souciait pas de m'avoir blessée. Après quelques instants de silence, il me menaça :

- Je reviendrai. Et tu me suivras, quoi qu'il advienne.

Puis, se drapant de sa dignité, il fit demi-tour et sortit d'un pas martial après avoir ordonné aux autres de le suivre. Seul Lionel, le Général, resta. Il poussa un gros soupir :

- Pourquoi dois-tu le provoquer à chaque fois ?

- Pourquoi ne prend-t-il pas en compte mes opinions ? Pourquoi ne se soucie-t-il pas de moi ? C'est de sa faute si mon accueil envers lui est froid.

- Peut-être, mais tu pourrais faire un effort.

- Non. C'est à lui d'en faire un le premier.

- Si tu penses ainsi, vous ne vous en sortirez jamais.

- Qui te dit que je veuille m'en sortir ? La seule chose qui m'intéresse, c'est de ne plus jamais avoir affaire à lui.

- Tu es trop dure avec lui.

- C'est toi qui me reprochais d'avoir un cœur trop mou, lui fis-je remarquer.

- Pas avec ton père !

J'haussais les épaules.

- Il ne m'aime pas. Je ne vois pas pourquoi je devrais être gentille avec lui.

- Bien sur que si, il t'aime.

Je partis dans un grand fou rire. Le Commandant ? M'aimer ? C'était du n'importe quoi !

- Cesse de rire, je suis très sérieux.

Je le voyais ça, qu'il était sérieux. Et c'est bien ça qui me faisait rire. Il pensait sérieusement que mon père m'aimait !

- Tu n'as pas idée de ce qu'il a fait pour toi.

Je me calmais un peu, assez pour demander sans m'étrangler de rire :

- Et quoi donc ?

- Il est venu dans ce que les habitants de ce monde appellent la « Dimension Royale » pour te secourir. Pour toi, il n'a pas touché à un seul des shinigamis et, lorsque tu as sombré dans l'inconscience, il t'a suivi ici, rongé par l'inquiétude.

- « Rongé par l'inquiétude », hein ? Tu n'en fais pas un peu trop là ?

- Je ne…

- Excusez-moi, mais à présent il vous faut partir. Kaori-san a besoin de repos, intervint soudainement Isane en sortant de son mutisme.

Et voilà, elle me nommait à nouveau autrement que Hane… Pff…

- Bien mais…

- Pas de mais, veuillez vous en aller s'il-vous-plait.

Isane le mit dehors avant qu'il n'ait pu rajouter quoi que ce soit, elle qui n'avait pas esquissé un geste durant toute ma « discussion » avec le Commandant, trop choquée pour réagir lorsqu'il m'avait frappée. Et puis, c'était des affaires de famille, elle n'avait pas osé s'immiscer dans ce qui ne la regardait pas. Mais là, si je ne prenais pas de repos, Unohana allait lui taper sur les doigts. Du moins, c'est ce que j'avais interpréter.

Une fois que Lionel fut dehors, elle se tourna ensuite vers moi :

- A présent, il vous faut prendre vos vitamines, Hane-san

- NAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAN !


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