Bonjour, bonjour ! Je suis désolée pour mon monumental retard mais... Comment ça j'ai aucune excuse ? ...Bon, d'accord, j'avoue. Cependant, ce chapitre fait a plus de mille mots en plus que ceux que je poste d'habitude. Et puis... Ben... C'est le dernier... Hey oui ! Le dernier, vous dis-je ! Mais ça, vous le verrez bien par vous même.

Bleach appartient à Tite qui a pas voulu me le vendre.

Allez, une dernière fois : ENJOY !


« Toute chose a une fin »

Mon Ange : Chapitre 34

J'observais la plaine, en contrebas. L'herbe, luxuriante, était agitée par une bise légère. Des animaux paissaient tranquillement, insouciants du monde. Quelques jeunes anges parcouraient le ciel, faisant une course de vitesse. Je soupirai. Tout était si calme, si paisible ! Tout le contraire des émotions qui m'habitaient.

La porte s'ouvrit. Le nouveau venu ne s'annonça pas. À quoi bon ? Je savais déjà qui il était et ce qu'il voulait. De nouveau, je poussai un soupir, plus profondément cette fois, tandis que mon visiteur se décidait à prendre la parole :

- Mon Commandant.

- Qui a-t-il, Lionel ?

En usant de son prénom, je l'invitais à me parler comme un ami et non un subalterne.

- Je vais être franc, tu devrais sortir prendre l'air. Tu as une mine affreuse.

Je me tournai vers lui, un sourire cynique aux lèvres. Il ne broncha pas, il avait l'habitude.

- Prendre l'air, vraiment ?

- Oui.

- Ça ne changera rien à ma mine.

Ce fut son tour de soupirer.

- Tu sais très bien ce que je veux dire.

- Et tu sais très bien ce que je vais te répondre : non.

- Angel, pour l'amour du Ciel, tu ne peux pas rester enfermée pour le restant de tes jours !

Je sursautais. Ça faisait longtemps qu'on ne m'avait plus nommée par mon prénom.

- Et pourquoi pas ?

- Quand vas-tu te reprendre, enfin ?

- Jamais.

La réponse avait fusé, froide brutale, rapide. Nouveau soupir de sa part. Quant à moi, je m'étais de nouveau tournée vers la baie vitrée et observais la plaine.

Sa main se posa sur mon épaule. Je restai stoïque, je l'avais vu venir grâce au reflet présent dans la vitre.

- Angel, tu es en vie, bon sang ! Profites-en !

- La mort aurait été bien plus douce.

- Certes, mais morte, tu ne l'es pas. Alors cesse de ressasser le passé et vas de l'avant !

Je fis volte-face brusquement.

- Cela m'est impossible ! Je ne veux pas oublier !

- Je ne te demande pas d'oublier, juste de passer à autre chose. D'accord ?

- Passer à autre chose ? Tu te rends compte de ce que tu dis ? Toi, tu serais passé à autre chose ?

- Je ne suis pas à la tête d'une grande institution militaire, moi. Les troupes ont besoin de leur chef.

- Les « troupes » ? Ce sont des Anges comme toi et moi ! Qui ne savent même pas pour la plupart dans quoi ils ont mis les pieds !

Il eut un sourire.

- Raison de plus pour les informer, non ?

- ...

Il m'avait coincée, et il le savait parfaitement.

- Tu devrais aller voir les nouvelles recrues.

- Bien, Général, grondais-je entre mes dents serrées.

Je me dirigeai d'un pas rageur vers la porte. Il m'arrêta.

- Vous ne pouvez pas y aller ainsi, mon Commandant !

Je tournai légèrement la tête, de sorte qu'il puisse voir mon profil droit et le rictus qui s'y affichait.

- Si tu veux que les recrues me voient, elles me verront. Sans artifice. Elles pourront toujours rendre leur démission plus tard.

Je sortis du bureau et me mis à marcher à grandes enjambées. Lionel dut courir presque pour me rattraper. Sur mon passage, les Anges me saluaient avec les yeux écarquillés. Certains étaient blêmes, évitant de me regarder en face. Je n'en avais cure j'avais l'habitude.

Du temps avait passé depuis que j'avais quitté les shinigami. Presque vingt ans s'étaient écoulés depuis que Satan était apparu devant la porte Ouest du Seireitei. Malgré tout, je n'oubliais pas. Je n'oublierais jamais, je ne le pouvais pas. Ce jour-là…

- Mon Commandant ?

Lionel interrompit le fil de mes pensées, me faisant presque sursauter. Mais il valait mieux que je m'arrête là, sans doute… Je me tournai vers lui :

- Quoi ?

- … Nous sommes arrivés.

- Ah, oui, dis-je.

Je m'arrêtai et regardai autour. Nous étions effectivement arrivés devant le terrain d'entrainement où étaient rassemblées les nouveaux fraichement recrutés. Ils fanfaronnaient dans leur nouvel uniforme, tous contents d'avoir été acceptés au sein de l'organisation. J'eus un sourire compatissant. Quels idiots.

Lesdits idiots se calmèrent sur le champ lorsque Lionel s'avança et réclama le silence avant de poursuivre :

- Vous qui entrez dans l'organisation des Anges-Combattants, voici notre Commandant.

Je m'avançai et pris place, comme le Général avant moi, sur la petite estrade préparée pour l'occasion. Dès que j'eus pris place et me fus tournée vers eux, des murmures se répandirent à travers les rangs.

A quoi s'attendaient-ils ? A une femme fringante, habillée de vêtements luxueux, tout sourire et très belle ? Hé ben nan, c'était raté ! J'eus un sourire froid.

Fin P.O.V. Angel

Lionel observa son Commandant. En vingt ans, elle avait beaucoup changé. Pas seulement physiquement, mais aussi mentalement. Auparavant, jamais elle ne serait restée à se morfondre. Mais c'était avant.

Comme il la connaissait, le Général ne faisait pas attention à l'apparence d'Angel, en règle générale. Cependant, puisqu'elle s'adressait à des nouvelles recrues, une fois n'est pas coutume, il tenta de l'observer comme l'une d'elle. Et ce qu'il vit le fit tressaillir.

Les cheveux de sa supérieure avaient poussé et lui tombaient à présent dans les yeux, descendant jusqu'aux omoplates, s'égayant en mèches sauvages. Son visage était pâle -elle n'était quasiment pas sortie depuis les deux décennies écoulées- et hâve, faisant paraitre ses yeux trop grands. Ces yeux dont l'un semblait délavé et fixait le vide pour toujours, tandis qu'une balafre prenait naissance à sa tempe pour se terminer sur l'arête du nez, traversant la paupière gauche.

Elle était vêtue comme les Anges-Combattants, à ceci près qu'aucune étoile ni numéro n'était inscrit sur sa veste et que celle-ci possédait des reflets dorés. Les vêtements d'Angel étaient légèrement chiffonnés également et aucune arme ne se trouvait à sa ceinture.

Elle eut un sourire froid et dit :

- Anges ! Je ne connais pas vos noms, mais sans doute savez-vous le mien. Je ne connais pas non plus les raisons qui vous ont poussés à vouloir devenir des Anges-Combattants. Est-ce pour la fortune, la gloire ou pour une toute autre raison ? Vous seul le savez. Cependant, si vous pensez que ce sera facile, que tout sera toujours rose, que votre seule préoccupation sera de vous tourner les pouces en comptant le temps qui passe, je peux vous assurer que vous vous trompez lourdement. La vie des Anges-Combattants n'est pas facile et ni la gloire ni les richesses ne vous importeront une fois mort. Oui, mort. Car il est inutile de nier, chaque jour nous courrons le risque de perdre la vie en allant se battre contre les Démons. Si qui que ce soit d'entre vous en doute, celui-là peut s'en aller immédiatement.

Un grand silence s'abattit à la suite de ses paroles. Personne ne s'attendait à de telles paroles en guise de bienvenue et certaines des nouvelles recrues semblaient mal à l'aise, murmurant entre eux, regardant fixement le sol ou le plafond, s'efforçant de ne pas voir l'œil mort, se demandant ce qu'elles venaient fabriquer ici.

Puis, soudain, un jeune ange s'avança. D'après son apparence juvénile, il ne devait pas avoir plus de dix-sept ans et ses cheveux longs étaient blancs comme neige. Il prit la parole d'une voix calme qui portait afin de couvrir les chuchotis de ses condisciples :

- J'ai proposé ma candidature en connaissant les risques qui m'attendaient. Je savais que j'avais peu de chance de me voir un jour dans les rangs des Anges-Combattants et pourtant je suis ici. Si j'ai fait tout ça, ce n'est pas pour abandonner maintenant à cause de quelques paroles qui me rappellent ce que je sais déjà. Je ferai tout mon possible pour venir en aide aux autres et si, pour cela, je dois m'entrainer des années durant, je le ferai sans hésiter.

Il regardait Angel dans les yeux, sans aucune hésitation et celle-ci eut un coup au cœur. Il ressemblait à Ukitake et cela lui noua la gorge.

Les autres recrues semblèrent tirer du courage des paroles de leur compagnon et acquiescèrent tour à tour devant son discours. Lionel, voyant que le Commandant ne se décidait pas à reprendre la parole, déclara :

- Voilà de bien courageuses paroles. Quoi qu'il en soit, je vous souhaite la bienvenue dans notre organisation au nom de tous. A présent, Nathaël va vous expliquer quelle sera votre place et en quoi elle consistera.

Il fit un signe et un ange s'avança, étant resté dans l'ombre jusque-là. Quant au Général et à Angel, ils se retirèrent.

Dès qu'ils se furent suffisamment éloignés, elle demanda :

- Quel est le nom de cet ange, celui qui a pris la parole ?

- Il se prénomme Nathanaël, je pense.

- Bien. Je le veux dans mon bureau.

- Dans combien de temps ?

- Le plus rapidement possible.

- Il en sera fait comme vous le désirez.

Le Commandant se rendit alors dans son bureau tandis que Lionel faisait demi-tour. Une fois dans la pièce, elle s'assit dans son fauteuil et posa son front contre ses mains, les coudes sur le bureau. Pourquoi avait-il fallu que cet ange lui ressemble ? Pourquoi avait-il fallu qu'il s'avance hors du rang pour parler en la regardant droit dans les yeux ? Pourquoi…

Elle ferma les paupières et soupira. Tout ça… A cause de ça.

Flash-Back

Soudain, brutalement, Lucifer passa à l'attaque, sans se départir de l'apparence de Raphaël, et s'élança sur la jeune fille. Celle-ci, momentanément paralysée, ne put rien faire excepté écarquiller les yeux comme son adversaire abattait son arme.

Le coup fut paré. Angel retrouva brutalement toutes ses capacités pour s'écarter d'un mètre. Gabriel avait levé son arme pour protéger sa fille.

Satan le regarda, les yeux étrécis par la colère. Comment osait-il se mettre au travers de sa route ? Il recula d'un pas, se remettant en garde afin de mieux s'élancer à l'attaque sur ce nouvel ennemi.

Restant à l'écart, se tenaient les autres. Aucun d'eux n'intervenait ni ne comptaient intervenir, du moins pour le moment en tout cas. Les anges parce qu'ils avaient confiance en leur commandant, Ukitake car il savait que ce qui se jouait était un combat pour l'honneur du père et les humains parce qu'ils jugeaient non équitable d'être à plusieurs contre un et/ou se savaient trop faibles.

Angel non plus n'intervenait pas. Elle pensait encore pouvoir sauver le Déchu malgré tout, malgré toutes les ignominies qu'il avait accomplies depuis son exil. Cependant, elle s'inquiétait pour Gabriel, parce qu'il restait son père malgré tout ce qu'il pouvait dire et faire, que son adversaire était très fort, elle le savait, et qu'il n'était pas infaillible même s'il était le plus haut gradé. Alors, elle ne savait quoi faire, c'est pourquoi elle se contentait de regarder.

L'apparence de Raphaël eut un sourire vicieux et se fendit en un large coup d'estoc avant de modifier sa passe au dernier moment pour en faire un coup de taille. Le Commandant, surpris, para trop tard et la lame pénétra sa chair, taillant la peau tendre, s'enfonçant profondément dans le corps de l'ange. Celui-ci poussa un cri de douleur comme l'arme continuait sur sa lancée, tranchant les muscles et les intestins. Le sang jaillit, éclaboussant Lucifer qui s'en délecta, tâchant le sol de nombreuses tâches écarlates.

Les anges, horrifiés, voulurent intervenir mais Gabriel, dans un effort surhumain, profita que l'élan de son ennemi l'ait mis à découvert pour abattre son épée sur le coude de celui-ci, prouvant plus ou moins qu'il n'avait pas besoin d'aide et qu'il était tout à fait apte à engendrer des dégâts chez l'ennemi. L'avant-bras tomba au sol. Satan poussa un hurlement sauvage et se recula, portant la main à son moignon.

Ensuite, profitant que son adversaire ne s'occupe plus de lui dans l'immédiat, le Commandant s'effondra, l'autre ayant retiré son arme de son corps. La main pressée sur sa blessure béante, tentant vainement de retenir l'hémorragie, il fit de son mieux pour ne pas s'évanouir ce qui, il le savait, lui serait très certainement fatal.

Angel se précipita sur lui tandis que les anges se lançaient avec hargne contre celui qui avait blessé leur chef. Seul Lionel resta, aidant la jeune fille à entrainer son père un peu plus loin et à lui appliquer les premiers soins tout en gardant un œil sur le combat. Malgré la perte de son avant-bras, Satan se battait toujours aussi férocement.

Le bruit d'un gargouillement étranglé et d'un corps s'affaissant sur le sol comme une vulgaire poupée de chiffons fit sursauter Hane qui jeta un regard effrayé en direction du Déchu. Elle avait déjà été en situation de bataille, elle avait déjà combattu et tué des ennemis mais jamais encore elle n'avait assisté à un tel massacre.

Après le Commandant, Lucifer s'était occupé des anges, les démembrant ou les éventrant avec une facilité et une désinvolture qui soulevait le cœur de la jeune fille. Au moins, lorsqu'il avait affronté Raphaël, le combat avait été plutôt égal. On aurait dit qu'il était devenu beaucoup plus fort depuis ! C'était pourtant impossible ! Elle ne voyait donc qu'une solution : il s'était joué d'eux comme eux même avaient tenté de le faire. Là, il venait d'enfoncer sa lame dans la gorge de son dernier adversaire –d'où le gargouillis et le bruit de la chute du corps- et se tournait à présent vers elle.

- Enfin à nous. Une dernière volonté, petit ange ?

Angel déglutit, la bouche sèche, et ne répondit rien. Elle en était incapable.

- Aucune ? Je t'ai connue plus bavarde, petit ange.

Il sourit, moqueur. Un mouvement attira l'attention de la jeune fille. Gabriel tentait de se redresser.

Commandant ! Ne bougez pas, vous n'êtes pas en état, s'exclama le Général.

- Sottise, croassa-t-il difficilement. Si c'est… pour sortir… des imbécilités… pareilles… autant te… taire… Lionel. De toute… façon… je n'en ai plus… pour longtemps. Angel…, appela-t-il ensuite.

Elle se tourna vers lui, délaissant Satan qui devint rouge de colère de se voir ainsi mis de côté.

- Ne le… laisse pas… t'im…pres…sionner… Tu peux… le battre… Si quelqu'un… peut… le faire… c'est… toi… Tu… le… feras… je… le… sais… Je...uis…f...er…de…t…

Il retomba en arrière, les yeux voilés. A l'instant où sa tête toucha le sol, il vola en éclat, se transformant en poussière d'étoile. Angel devint blême, sous le choc, tandis que Lucifer, ayant assez d'attendre que la petite scène familiale se termine, l'attaquait.

Il se heurta au zanpakutô d'Ichigo et eut un sifflement agacé.

- Qu'est-ce que vous avez tous à vous interposez ? Vous tenez tant à mourir immédiatement que vous êtes incapables d'attendre quelques minutes supplémentaires que j'aie éliminé cette sale gamine avant de venir vous faire tuer ?

Le visage déterminé, le rouquin répondit :

- Je te ferai face autant de temps qu'il le faudra pour permettre à Hane de se remettre !

Il n'avait pas bien compris quel rôle celle-là jouait mais il était apparemment important. Et puis, il était hors de question qu'il la laisse mourir comme ça, sans la défendre !

Angel fut touchée par les paroles de l'humain. Il ne la connaissait pas mais pourtant il la défendait. Cependant, plus personne ne mourrait en voulant l'aider ! Aussi se leva-t-elle et reprit-elle son arme, fermement décidée à mettre une fois pour toutes ce monstre hors d'état de nuire, car il lui était à présent évident que celui-là se délectait de la souffrance des autres et qu'il était incurable malheureusement.

- Elle s'avança et posa sa main sur le bras d'Ichigo, le regard féroce.

- Merci, mais c'est mon combat à présent.

- Je ne…

- S'il te plait. C'est à moi de le faire. Recule.

- Bien…, capitula-t-il.

Il s'écarta et aussitôt Angel et Satan engagèrent un duel féroce, chacun des deux refusant de concéder le moindre avantage à l'autre. Pourtant, c'est Lucifer qui prit peu à peu l'avantage malgré son membre manquant, faisant reculer pas à pas la jeune fille, la blessant à plusieurs endroits. Et le duel s'éternisait…

Hane était désespérée. Elle avait l'impression qu'elle n'allait jamais y arriver ! Elle n'était pas de taille… De plus, son adversaire avait l'apparence de Raphaël et il lui était difficile de le frapper comme il représentait un être cher à ses yeux

Le Déchu traça une enfilade cuisante sur son ventre, lui tirant une exclamation de douleur, et elle s'empressa de se mettre hors de portée de cette arme qui semblait assoiffée de sang. Du moins, elle tenta de s'éloigner mais il la suivit pas à pas.

Elle n'eut aucun moment de répit car l'autre la poursuivit, la forçant encore et toujours à croiser le fer surtout qu'elle se fatiguait de plus en plus.

Et alors, ça arriva.

La lame de Satan décrivit un arc de cercle pour lui ouvrir le visage. Une douleur fulgurante, atroce, la traversa de part en part. Elle crut que son crâne s'était ouvert en deux. Elle cria. Elle ne voyait plus rien. Tout était noir.

Elle sentit un choc dans son dos et prit conscience qu'elle avait dû être propulsée en arrière. La douleur était toujours présente, insupportable. Elle pensa s'évanouir tant elle était grande. Mais elle ne le fit pas. Un liquide poisseux coulait sur son visage. Elle l'essuya et tenta d'ouvrir les yeux.

Lentement, de mauvaise grâce, ses paupières s'ouvrir. Le monde fut recouvert par les ténèbres dans un premier temps puis les couleurs refirent leur réapparition. Mais seulement d'un côté et, à sa grande horreur, elle constata qu'elle ne voyait plus rien de l'œil gauche.

Alors seulement, le tableau qui se montrait à elle prit un sens. Ukitake gisait par terre, apparemment inconscient, et Lucifer s'approchait lentement, près à l'achever. En un éclair, elle comprit qu'il avait dû se précipiter à son aide et qu'il n'avait pas fait le poids face au Déchu, peut-être parce qu'il avait été frappé par son mal au plus mauvais moment imaginable.

« Non ! Pas lui ! » C'est ce qu'elle pensa.

Elle sauta sur ses pieds, faisant fi de la douleur et se précipita sur son adversaire, résolue tant qu'elle pouvait résister à la souffrance à en finir une bonne fois pour toutes. Il lui tournait le dos. C'était lâche, déloyal. Mais elle n'en avait que faire. Elle n'avait pas de temps à perdre avec ça. D'un mouvement circulaire de l'épée qu'elle tenait toujours à la main, elle le décapita.

Face à elle, Ukitake se désagrégea exactement en même temps que son adversaire. Angel tomba à genoux, effondrée. Trop tard… C'était trop tard… Tout ça pour ça… Les larmes montèrent à ses yeux, débordèrent, roulèrent le long de ses joues.

Fin Flash-Back

La porte du bureau s'ouvrit. Le jeune ange entra, suivi de Lionel.

- Commandant… ? demanda timidement le garçon.

Angel releva vivement la tête. La nouvelle recrue eut un geste de recul avant de se reprendre.

- Vous m'avez demandé… ?

- Oui. Nathanaël, c'est ça ?

Il acquiesça.

- Assieds-toi, je t'en prie, dit-elle en faisant un geste vers la chaise placée de l'autre côté du meuble.

Nathanaël s'installa.

- Aurais-tu l'obligeance de me dire ton nom complet ? demanda-t-elle sans grande conviction.

- Bien sûr. Je m'appelle Nathanaël Jyuushiro Alexandre Kaori.

Hane écarquilla les yeux, n'en croyant pas ses oreilles, et du se rattraper au bureau pour ne pas tomber. Elle échangea un rapide regard avec Lionel.

- J…Jyu… Jyuushiro ?

- Oui. Vous allez bien ? Vous êtes pâle…

- …Ne t'occupe pas de ça. Depuis combien de temps es-tu « né » ? questionna-t-elle, le cœur battant.

- Ça va faire vingt ans que je suis ici, pourquoi ?

- …Ukitake… ? demanda Angel à mi-voix, hésitante.

Nathanaël fronça les sourcils.

- Qui est-ce ? Il me semble avoir déjà entendu ce nom mais je n'arrive plus à me rappeler où…

Il se tut brusquement en voyant le grand sourire qu'affichait le Commandant. Pourtant, on lui avait bien dit qu'elle ne souriait jamais ! Plus étrange encore, il avait l'impression de la connaitre… Mais où… ? Un nom s'imposa à lui avec tant d'importance qu'il ne put s'empêcher de le prononcer à voix haute.

- Hane ?

Angel manqua un battement de cœur. Le jeune homme était bien Ukitake ! Il semblait ne pas encore se rappeler mais… Ca viendrait, elle se le promit. En attendant, elle allait pouvoir recommencer à vivre.

- Tu peux y aller, Nathanaël, annonça-t-elle.


Une dernière explication avant de se quitter ? Nathanaël a le même nom de famille qu'Angel parce qu'ils viennent tous deux de la même ville. En effet, chaque nom est celui de la ville d'où est originaire l'ange.

Allez, à une prochaine fois !