Comment faisait-il pour rester si fort, si droit, alors qu'elle avait perdu tous ses moyens entre les bras de Girodelle ? Certes, elle n'était plus « palpitante » mais « affolée ». Néanmoins, il avait trouvé la parade, pour se dresser entre elle et le colonel.

« Comment fait-il ? » enrageait-elle, alors qu'elle aurait dû le remercier de son intervention.

Elle s'en voulait de sa réaction. Pourtant, la maîtrise de son ami l'irritait. Pourquoi ?... Elle savait pourquoi !

Elle avait pu apprécier la force physique du jeune homme, supérieure à la sienne il fallait bien l'avouer. Elle devait beaucoup à son agilité, sa vivacité, et une musculature qui, si elle était moins impressionnante que celle d'André, était soigneusement entretenue.

Avec le feu aux joues, elle se souvint du corps masculin, ses cuisses puissantes, son torse imposant…

Oscar n'avait aucun mal à accepter la supériorité de son ami au niveau de la force physique pure. Toutefois, il en était autrement de la force mentale. Pourquoi devait-il lui être supérieur sur ce plan aussi ? Pourquoi réussissait-il là où elle échouait ? C'était injuste !

La jeune femme s'était mise à bouder. Elle sentait la colère monter crescendo. Elle ne faisait rien pour l'endiguer, au contraire. Elle avait l'impression d'être moins fragile, moins…féminine.

Elle savait qu'elle se montrait parfaitement déloyale, pourtant elle laissait ce feu dévorant se répandre dans ses veines.

Subitement, elle eut envie de faire preuve de sa supériorité à elle. N'était-elle pas sa maîtresse ? Elle tiqua. Son maître… Sa maîtresse…

« Foutredieu ! Bordel du diable ! Je ne sais même plus si je dois être son maître ou sa maîtresse ! » pesta-t-elle en jurant comme un charretier.

- Eh bien Oscar, tu rêvasses à ta fenêtre ? intervint justement l'intéressé, avec une expression narquoise qui raviva la colère de la jeune femme.

La colère et la volonté d'être plus forte que lui, pour une fois, pour se sentir moins impuissante. Il avait haussé les épaules devant son regard furieux, sans se départir de son sourire moqueur pour autant. Comment rabattre sa superbe ?

Pour sortir de son malaise, elle s'en prenait à André. Cela, il en avait l'habitude… Cependant, contrairement aux autres fois, elle se montra méprisable. Car une seule chose pouvait rabattre, à ses yeux, la « superbe d'André » ! Fallait-il qu'elle soit blessée, qu'elle soit malheureuse, pour seulement y songer…

- André, toi qui arrives si bien à prendre la situation de haut… A te tirer de la boue avec une dignité à toute épreuve, trouvant même la force de te moquer…

Or, André avait abandonné son sourire narquois et son expression nonchalante. Il détestait les rayons de fureur blessée dans les prunelles de son amie Il détestait cette rage doucereuse qui perçait dans le ton employé. Il savait qu'il l'avait bouleversée, mais ne s'était pas rendu compte que c'était à ce point.

Elle avait perdu ses repères avec l'impression d'être dominée, d'être une poupée pour lui aussi. Elle avait besoin de rétablir l'équilibre des forces, quand les qualités de l'un complétaient les défauts de l'autre. Il comprit…

… Je veux que tu me montres, dit-elle simplement mais froidement.

- Que je te montre…quoi ? demanda-t-il, ahuri.

- Ne fais pas l'idiot !... Je veux que tu me montres comment tu as fait pour garder cette fierté insolente !

André blêmit. Il venait de comprendre à quoi elle faisait allusion.

- Oscar…, gémit-il en reculant.

- Comment as-tu fait pour garder la tête haute après avoir baisé ma mère ! cria-t-elle presque, ivre de rage, de souffrance, d'incertitude.

« Oscar, non !... Ne comprends-tu pas que cette force est à double tranchant ? Qu'elle pourrait te détruire en détruisant ce qu'il y a de plus pur en toi ? Je t'aiderai à surmonter ta peine, ton désarroi, mais pas comme ça Oscar. Ce n'est pas la bonne solution !... Laisse-moi t'aider… »

- Je VEUX que tu me montres ! insista-t-elle, les larmes aux yeux et les poings crispés.

- On pourrait nous surprendre, argumenta-t-il en désespoir de cause.

- Mes parents sont à la Cour, grand-mère est absente pour la journée et j'ai donné congé à la plupart des domestiques pour l'après-midi. Alors !

Une étincelle brûlante s'était allumée dans le cœur d'André. Pourtant, son sang se glaça dans ses veines et ses yeux se firent durs. Il allait la perdre, irrémédiablement, et le savait. Mais peut-être le savait-elle, elle aussi !

- Alors, rugit-il.

En deux bonds, il fut sur elle et lui retira sa veste sans ménagement. Oscar n'eut pas le temps d'esquisser un mouvement de défense qu'elle entendit un bruit de déchirement… Sa chemise en coton fut réduite en lambeaux par des mains impitoyables. Le cœur de la jeune femme se révolta soudain, contre elle-même.

André continua en dégrafant la culotte. Il la voulait nue ! Ce qu'il obtint rapidement. Oscar, qui commençait à recouvrer ses esprits, protesta à travers ses pleurs.

- Tu voulais que je te montre Oscar ! gronda-t-il entre ses dents. Eh bien je vais te montrer ! Ecarte les jambes !... Ensuite, tu pourras me rendre la pareille, je suis sûr que ça va te plaire. Telle mère, telle fille !

Elle aperçut son reflet dans la psyché, et ses pleurs se transformèrent en véritables sanglots. Mon dieu ! Cet être abject, ce n'était pas elle ! Ce n'était pas possible… Elle n'avait pas pu lui faire cela, à lui ! Lui qui l'avait toujours aidée et soutenue. Lui qui avait bravé la convoitise d'un Roi. Lui qui avait déjà dû subir la libido de sa mère.

Elle se sentit renverser sur le lit, les jambes écartées. André approchait ses lèvres frémissantes, de colère et de désir, vers l'entrejambe féminin intimement révélé.

- Pardon ! cria-t-elle avant le contact décisif.

Le jeune homme s'était arrêté net. C'était toujours André derrière cet être implacable…

- Pardonne-moi André, insista Oscar d'une voix enrouée. Je n'avais pas le droit de te demander cela, de t'obliger… Je ne sais pas ce qui m'a pris…André ! Je t'en prie… Réponds, ou frappe-moi, ou… Ne reste pas sans rien dire, sans rien faire… Pardon !

Alors le jeune homme bougea légèrement. Avec effroi, elle crut qu'il continuait le mouvement vers son intimité, mais elle sentit soudain un poids sur son ventre. Sa joue, humide des larmes qu'il n'avait pu contenir.

- Oscar, gémit-il de nouveau.

- Pardonne-moi André. Je suis là. Je suis là, répéta-t-elle en enfouissant ses mains dans l'épaisse chevelure brune. Merci, merci pour tout ce que tu fais pour moi, merci pour tout ce que je ne sais pas, ne vois pas…

- Oscar, ne m'en veux pas… Je ne peux pas…

- Je ne t'en veux pas André. C'est moi qui t'ai fait du mal, c'est à toi de ne pas m'en vouloir… Ne me laisse jamais tout gâcher ! Je tiens trop à toi.

Elle sentit les poings du jeune homme se crisper autour de sa taille. Soudain, il redressa la tête et sembla prendre conscience de sa position. Il sentait les jambes de la jeune fille autour de son torse Il sentait l'odeur de sa peau Il sentait ses mains dans sa chevelure. Son cœur se mit à tambouriner. Comprenant le message, son sexe se mit à durcir, appelant à la copulation.

- Oscar…

Il glissa le long du corps de la jeune fille, l'emprisonnant sous lui, pour perdre son visage dans la soie sauvage de ses cheveux blonds. De ses lèvres, il caressa son cou. Il se redressa légèrement pour plonger son regard dans l'océan des prunelles d'Oscar. Des reflets aux mille lumières… Leurs regards ne pouvaient se décrocher l'un de l'autre.

Lorsque la verge gonflée vint buter contre l'entrée du vagin, il vit les yeux de la jeune femme s'écarquiller. Son cœur s'emballa. Une larme s'échappa. La bouche entrouverte, le souffle irrégulier, elle ressemblait à une biche aux abois.

- J'ai peur, avoua-t-elle dans un souffle.

« Ne t'inquiète pas mon Oscar. Je vais t'aider à surmonter ta peur… Même si c'est la dernière chose que je peux faire pour toi. Fais-moi confiance. Après, plus rien ne pourra t'effrayer… Mon Oscar. Si tu savais… Si tu savais comme je t'aime ! Du plus profond de moi-même… Mais nous avons atteint un point de non-retour, n'est-ce pas ?... Alors laisse-moi t'aider, une dernière fois. Après… Tu seras forte mon Oscar ! »

Il ne fit rien pour forcer le passage qu'il savait inexploré. Néanmoins il resta dans sa position, entre les jambes finement musclées et légèrement tremblantes, contre sa rose délicate. Il demeurait immobile, la fixant avec intensité.

Alors, elle ferma les yeux et tendit ses lèvres.

Alors, il poussa la porte du jardin interdit.

Les exercices physiques ayant quelque peu distendu son hymen, Oscar ne connut que l'angoisse de la découverte. André sut se montrer particulièrement doux et patient. Elle n'avait pas besoin d'expérience pour sentir, dans chaque fibre de son être, à quel point il faisait attention à elle.

Elle était heureuse… Heureuse de ne pas lui avoir imposé quoi que ce soit. Heureuse du plaisir qui l'envahissait et qu'elle lui offrait comme un présent. Heureuse d'avoir eu le courage de faire un choix dans sa vie.