Les Weasley et Hermione s'étaient rassemblés dans la cuisine. Molly reniflait doucement. Hermione s'était réfugiée dans les bras de Ron, tandis que les jumeaux étaient côte à coôe, muets pour une fois. Ron pris la parole, sa voix hachée.
-C'est horrible de le voir comme ça ! Qu'est ce qui s'est passé ?
-Il est sous le choc, répondit Hermione, il a été gravement blessé, il faut qu'il récupère.
-Mademoiselle Granger, Severus venait d'entrer dans la pièce, Potter n'a pas été uniquement blessé physiquement. C'est son psychique qui est le plus atteint, vous auriez pu vous en rendre compte avec ses paroles.
La voix du maître des potions était froide, comme impersonnelle, comme si les événements ne le touchaient absolument pas.
-Qu'est ce que vous racontez, monsieur. Si Harry ne va pas, laissez nous entrer chez lui. Nous pourrons discuter avec lui et blaguer. Les jumeaux se proposèrent immédiatement pour employer les grands moyens afin de sortir Harry de son état.
-Nous connaissons Harry depuis toujours, renchérit Ron, nous pouvons l'aider !
-Monsieur Weasley, vous ne connaissez Potter que depuis qu'il a découvert le monde magique, soit bientôt huit ans. Mais vous ne le connaissez pas. Vous ne connaissez pas la douleur éprouvée face à un sort du Lord Noir, vous ne connaissez pas sa souffrance face aux détraqueurs, vous ne connaissez pas les rêves que le Lord lui envoyait. Alors ne dites pas que vous le connaissez.
La voix de l'homme s'était faite dure, incisive, agressive par certains cotés.
-Ah oui ! répondit Ron, et vous le connaissez vous peut-être, oh j'avais oublié la légimentie, c'est vraiment pratique pour violer l'esprit d'une personne !
Molly tenta de le faire taire, mais échoua, Ron reprit aussitôt.
-Pour connaître une personne, il faut avoir vécu avec elle Snape, où étiez vous quant nous avons fait face au Troll, où étiez vous quant nous avons passer les obstacles menant à la pierre philosophale, où étiez vous sur le chemin de la chambre des secrets, où étiez vous pendant le championnat, où étiez vous au ministère, où étiez vous pendant la chasse aux Horuxes ! Nous étions avec lui, Mione et moi, pas vous !
-Monsieur Weasley ! Vous n'étiez pas avec lui face au Seigneur, jamais, vous ne savez pas qui à prévenu Dumbledore pour l'expédition au ministère, vous n'étiez pas là sur les champs de batailles, vous n'étiez pas là quant son mentor est mort !
-Mais nous nous disons tout, monsieur, lui c'est nous et nous c'est lui ! rétorqua Hermione.
-Vraiment? la voix de Severus était devenue froide, aussi dangereuse que dans ses cachots, une voix qui vous promet mille souffrances, que savez vous alors de l'effet de voir torturer sa petite amie à mort, de voir se vider de son sang son oncle par procuration, que savez vous de la sauvagerie du combat qui coule dans vos veines et qui vous pousse à lancer des doloris, des Avada, des Sectumsempra, des sorts de souffrance, qui vous fait laisser vos ennemis à terre mourants, sans un regard, sans aide, sans pitié. Que connaissez-vous de la sauvagerie de la guerre de l'intérieur, des tortures que vous subissez alors que vous êtes prisonnier. Les remords qui vous prennent plusieurs jours après en voyant une personne qui ressemble à votre victime, à l'une de vos victime, en voyant un enfant pleurer vêtu en deuil.
Les cinq personnes présentent étaient sans voix.
-Mais nous sommes là pour l'aider, dit avec une petite voix Hermione.
-Oui, répondit brutalement le maître des potions. Mais vous ne le pourrez que quant il le voudra. C'est lui qui décide, pas vous. Et ne le prenez pas en pitié. Il n'en n'a pas besoin.
Severus alla s'asseoir à la table.
-Molly, je suis désolé pour cet éclat. J'espère qu'il n'y en aura pas d'autres. Maintenant que Potter est réveillé, manque-t-on de potions ?
-Non Severus, nous avons ce qu'il faut. Les enfants ont réalisé un chaudron de taille moyenne de potion contre la douleur.
-Où est-il, que je le vérifie.
-Nous avons suivit correctement les instructions ! s'indignèrent les jumeaux.
-Je n'en doute pas, messieurs, mais comme tout maître des potions, je n'utilise aucune potion que je n'ai pas vérifié moi-même, à défaut de l'avoir préparée.
-Je m'en occuperait cet après-midi, reprit-il après une pause.
-Molly, serait-il possible d'avoir une collation, tout le monde doit se remettre de ses émotions de ce matin.
-Bien sûr. Bièrre-au-beurre, thé, chocolat, café, pancakes, confitures.
Tout était prêt et en prononçant chaque mot, les aliments arrivaient sur la table, malgré une certaine instabilité, que personne ne fit remarquer, même si Severus avait brièvement affiché une moue entre moqueuse, dédaigneuse et railleuse.
Pendant la collation, chacun était perdu dans ses pensées et la maison fut extraordinairement calme.
-Monsieur, si nous n'utilisons que des artifices calmes, pas d'explosions, pas de transformations, pas de bruits violents, nous pouvons les utiliser dans la chambre d'Harry ? Il n'y a pas de contre indication ? demandèrent à ce moment les jumeaux.
-Ce sera à Potter de décider, et ce par son comportement. Si je vous ordonne de cesser, cela se fera immédiatement, sans un mot. Je veux une obéissance immédiate et totale.
-Mais, commença Ron
-C'est cela où vous n'approchez de la chambre de Potter qu'à 2 mètres de l'entrée. La voix de l'homme était sans appel.
-Auriez-vous des critiques quant à ma méthode de soin, monsieur Weasley ? demanda Severus suite à la moue contrariée de Ron.
-Non monsieur, je pense juste que pour se remonter le moral, rien ne vaut une bonne blague Weasley. Mais je reconnais que vous êtes le soigneur ici, et je m'incline.
-Bien.
Une dernière chose, attendez que Potter soit réveiller pour lancer une quelconque farce.
Les jumeaux soupirèrent mais acquiescèrent malgré tout.
Severus se leva tout à coup et se dirigea à grandes enjambées vers la chambre du grand blessé.
Les autres suivirent.
Arrivés dans la chambre, ils virent Severus questionner Harry sur ses sensations. Harry répondait d'une voix atone.
-Harry ! s'exclama Hermione. Tu es enfin réveillé !
Severus se retourna et fusilla Hermione des yeux.
-Mione. Qu'est ce que tu fais là ?
-Elle se fait soigner vieux, et moi aussi. Y'a aussi les jumeaux et maman. Tu nous as fait peur tu sais. Enfin, maintenant que t'es réveillé, on va plus te lâcher.
Ron ne remarqua pas la lueur de crainte qui fit une brève irruption dans les yeux de Harry.
-Bon alors, qu'est ce que tu veux faire ? Tu nous dis et Sn… monsieur Snape dira si c'est bon ou pas ok ?
-Je ne sais pas. La voix d'Harry était comme une voix d'ange en disant cela. Je n'ai envie de rien.
-Bon alors qu'est ce que tu dirais d'une bonne partie de carte hein ?
A ces mots Harry se recroquevilla sous ses couvertures.
-Non, pas de bataille. C'est trop.
Hermione réfléchit à toute vitesse. Les jeux de cartes, non ; les échecs, non ; le quidditch, non ; Poudlard, n-moui.
-Tu préfères qu'on parle tranquillement Harry ? Si tu veux on peux parler de l'école ? Comme on s'amusait, les cours, les gens, les blagues ? Ca te dit Harry ?
-Je sais pas.
-Mais Harry, tu adores discuter avec nous, tous les trois bien installés, on parle de tout de rien, on rigole. C'est nous !
-Je suis qui ? Le Sauveur ? Celui-qui-a-survécu ? l'Elu ?
-Non Harry, répondit Hermione, tu es notre ami, à Ron et à moi.
-Et tu es notre mécène et notre ami aussi, enchaînèrent les jumeaux.
-Et tu est notr… mon fils, au même titre que ceux que j'ai mis au monde, conclut Molly Weasley.
-Oui peut-être, mais moi, qui suis-je ?
A suivre...
