NOTE AUTEUR:

natsuko: oui, cela en sera un.

Tous, désolée de ne pas avoir tenu le délai, mon ordi m'a embéter.

Bonne lecture!


Blotti dans les bras de l'homme, le visage dans son cou, Harry pleurait.

Severus le berçait, sans dire un mot, attendant que l'enfant se calme.

Petit à petit, les sanglots s'espacèrent, les larmes se tarirent.

Voyant qu'Harry allait mieux, il lui demanda s'il se sentait capable de parler.

Mais plutôt que de discuter, au risque que Harry s'interrompe sous la force des émotions et face au danger pour sa voix, il convoqua une pensine.

-Si tu es d'accord, nous irons ensemble et tu m'expliqueras.

Hochant la tête pour acquiescer, Harry fit venir sa baguette grâce à un accio informulé et sans baguette.

Le long filament tomba dans la pensine. Prenant Harry dans ses bras, Snape plongea.

Ils atterrirent dans ce que Severus identifia comme l'une des demeures du Lord noir.

Etrangement, elle était abandonnée.

-C'est la cachette d'un Horcruxe, dit Harry en répondre à l'interrogation muette de l'homme.

L'obscurité règne en maîtresse, et l'on sent la magie noir qu imprègne les lieux.

Harry avance, baguette en main.

Soudain, il semble se heurter à une barrière invisible. Il murmure une formule et un mur de lumière se dresse alors devant lui pendant un court instant.

-Magie noire ? demanda pour confirmation Severus.

Harry hocha la tête pour confirmer.

Harry se coupe un bras et asperge de sang le mur qui disparaît totalement. Il prend une respiration et avance de l'autre coté.

Les deux visiteurs le suivent.

Le jeune homme avance sans hésitations, il monte à l'étage. Soudain, il se retrouve devant du vide : le vrai vide, celui qui se trouve dans l'espace, la gravité zéro, et sans oxygène.

Harry ramasse un débris qui traîne sur le sol et le lance dans cette zone. L'objet se à flotter, exactement comme s'il était dans l'espace

Le fixant du regard, Harry s'appuya contre un mur et réfléchit.

-J'ai trouver le moyen pour passer, la métamorphose. Le seul astre dans notre galaxie a ne pas bouger est le soleil, et Voldemort voulait avoir la même puissance.

-Vous vous êtes métamorphosé en astre ? demanda Severus ébahit.

Pour seule réponse, le souvenir continua

-Qu'est ce qui résiste au vide, qu'est ce qui vit dans le vide, et surtout, de non moldu ?

Un tête-en-bulle étendu ne suffira pas. Qu'est ce qu'il y a dans le vide ?

Non, ça n'ira pas, pas de contrôle. Mais… Oui je pense.

Le jeune homme retourna sa baguette contre lui et incanta . La température augmenta progressivement, les papiers au sol tombaient en cendre. Puis la lumière augmenta. Harry fit un pas en avant juste avant de se métamorphoser en une boule de feu très puissante, qui fut absorbée par le vide devant elle.

Severus était abasourdi. Il voulu suivre le jeune homme du souvenir, mais Harry l'en empêcha.

-Je ne sais pas comment nous serons affectés par le vide, et l'Horcruxe est au milieu de ce vide. Il faut attendre que je revienne.

C'est après que ça explique.

-Que se passe-t-il dedans ? demanda Severus.

-Je trouve l'Horcruxe, je le prends, je ressors.

-Soyez précis Potter, cela vous sera utile en tout temps, et pas seulement en cours de potions.

-Tom a voulu montrer sa puissance magique là-dedans. Tout se fait grâce à la magie, et pas de bas étage.

Harry ressort, visiblement épuisé.

Il titube de fatigue mais une flamme brille dans ses yeux. Une coupe lévite derrière lui. Il l'enferme dans une bulle isolante extrêmement puissante puis il créé un trou noir dans celle-ci, et envoi le tout dans le vide du couloir. A ce moment, un sourire typiquement serpentard naquit sur ses lèvres.

-Tom, tu sais, ce n'est pas bien d'utiliser la nature pour quelque chose de contre nature.
Ton précieux Horcruxe, qui n'est plus, va rejoindre l'immensité de l'espace.

Interloqué, Severus ne comprenait pas ce qui dans ce souvenir, faisait que Harry eu cette réaction.

Pourtant, le jeune homme se blottit dans ses bras plus encore, cachant son visage dans son cou.

Au moment où le vide disparaît sous l'action de l'incantation d'Harry, le bâtiment commence à trembler. Les divers sortilèges dont il est pourvu se mettent en œuvre : sortilèges de défense violents et agressifs datant de la construction de la bâtisse, sorts du mage noir destinés à faire souffrir ceux qui seraient entrés et que Harry avait désactivés avant d'agir, mais que le déséquilibre magique créé par la disparition du vide a réenclenchés.

Ayant épuisé sa magie, Harry ne peut pas créé de bouclier et doit éviter physiquement.

Mais sa fatigue se fait peu à peu sentir et de plus en plus de sorts le touchent.

Pourtant, avec une obstination incroyable, il continu à avancer, il se dirige peu à peu vers la sortie.

Les deux hommes sortirent en même temps que Harry, et Severus ne pût retenir un cri en voyant l'état du jeune homme : brûlures, coupures, hématomes étaient visible sur tout son corps, et l'on voyait dans ses yeux la souffrance qu'il ressentait.

-Ce n'est pas le pire, murmura Harry dans le cou de l'homme qui le tenait.

Ce dernier sursauta, autant en raison des paroles que de l'effet du changement de décor : Harry avait transplané.

Une ruelle sombre, dans le Sussex.

Harry souffle et se dirige vers un parc non loin de là.

Il commence à se soigner.

Des voix se rapprochent, mais trop concentré, Harry ne les entend pas.

-Tient tient tient, mais c'est le monstre, s'exclame une garçon.

Harry sursaute mais trop épuisé pour partir et il ne réussi pas même à se redresser.

-Mais oui, reprend une voix cruelle, c'est mon cher cousin. Alors cousin, tu n'es plus fichu de faire tes trucs là si je ne me trompe pas.

La voix devient mauvaise et poursuit

-Tu vas payer pour toutes ces années ! Allez-y les gars.

Les coups tombent alors : pieds, poings, barres de bois, chaîne de métal arrachées aux balançoires.

Severus tenta de les écarter, oubliant qu'il est dans un souvenir, puis, sentant les larmes du jeune homme, quitta la pensine.

Les deux hommes enlacés arrivèrent dans la chambre du plus jeune.

Severus se laissa tomber sur le lit, avec son fardeau toujours dans les bras.

Il maîtrisa sa colère pour consoler le jeune homme, murmurant des mots sans suite, des paroles de réconfort, lui caressant le dos, les cheveux en un mouvement lent, quasi hypnotique.

Petit à petit, Harry se calma, toujours agrippé à Severus.

Pour la première fois, suite à une mauvaise expérience, il n'était pas seul. Une personne était avec lui, le soutenait.

Pour la première fois de sa vie, quelqu'un lui donnait de l'affection sans rien attendre en retour, juste pour lui, Harry.

Pour la première fois, il est Harry, non pas le Survivant, non pas l'ami ou quoi que ce soit d'autre, mais Harry, pour quelqu'un d'autre.

Assis dans les bras l'un de l'autre, les deux hommes restent ainsi, savourant à sa juste mesure le plaisir d'être avec quelqu'un qui vous comprend.

Harry se détend progressivement, se sentant enfin compris, et autorisé à être lui-même, avec cet homme qu'il se rend compte ne pas connaître.

Perdu dans ses pensées, Severus réfléchissait.

La vie de Potter et la sienne avaient beaucoup de points communs, à bien regarder. Mal aimé par leur famille, maltraités, n'ayant de choix que pour survivre, sans pouvoir être eux-mêmes.

-Ce qui s'est passé avec votre famille est inadmissible, ces gens ne méritent même pas l'appellation d'êtres humains. Cependant, c'est le passé.

Aujourd'hui, vous seul pouvez passer à autre chose. C'est difficile, de reconstruire une vie lorsque vous avez déjà une histoire derrière vous, mais c'est faisable.

-C'est ce que vous avez fait ?

-Oui, lorsque j'ai compris que la vengeance ne menait à rien, et que le Lord Noir ne proposait que la vengeance. Cela n'a pas été évident de Lui tourner le dos.

-Comment vous avez fait ?

Un silence vit le jour, pendant que l'homme repensait à sa libération.

Il se recula pour s'appuyer à la tête de lit, s'installant pour pouvoir raconter son histoire.

-C'est progressivement que j'ai compris. Je m'étais vengé de mon père, et sa famille avait compris que quelque chose clochait dans sa mort, donc j'ai eu des ennuis avec les autres moldus. Le Lord Noir s'en est servi et j'ai cru que je pouvais tous leur faire payer pour ce que quelques uns m'avait faits.

Mais lorsque vous devez torturez une enfant de 8 ns, et que vous la voyez se faire violer sous vous yeux parce qu'elle a eu la malchance de naître de parents non sorcier, vous vous demandez si c'est vraiment de la vengeance, et à quoi cela mène. J'ai abattu cette fillette, et j'ai été puni.

J'ai alors compris que le Lord ne faisait que se servir de moi, et que je risquait ma peau, à la moindre défaillance, et je défaillait : je ne pouvait pas vouloir la suprématie des sang-pur, étant moi-même un sang-mêlé.

Je ne pouvais pas être moi. Il fallait donc que je le quitte. Mais je ne pouvais pas le faire simplement. Je me suis donc entraîné à l'occlumentie, jusqu'à devenir un maître, j'ai masqué mes émotions plus encore, je suis devenu sans émotion pour le reste du monde et le Lord a été satisfait.

Puis je suis allé voir le chef du clan ennemi. Je lui ai dit que je ne supportais plus les actions du Lord Noir, que je n'étais pas d'accord avec son idéologie, mais il m'a fallut le convaincre de ma sincérité, et j'ai du mentir, je ne pouvais pas dire que je voulais simplement vivre ma vie.

Il a donc mis au point avec moi le stratagème qui m'a permis de ne plus être soumis au Lord. Il cherchait un maître des potions et savait que j'étais le préparateur du Lord, donc il 'ma envoyer une proposition pour le poste, après avoir volontairement fait relâcher des mangemorts faignant de croire à leurs regrets. J'ai évidemment prévenu le Lord de cette proposition.

Il a décidé de m'envoyer en tant qu'espion à Poudlard, et recruteur. C'est ainsi que j'ai commencé à la quitter, sans qu'il le sache.

J'ai continué à jouer un rôle, après, mais j'avais choisi de devoir jouer ce rôle. Cette obligation était la conséquence de mon choix à moi.

-Mais vous aviez un but, moi je ne sais pas ce que je veux.

-Si vous le savez, vous l'avez dit, rétorqua Severus. Vous voulez être vous. Vous voulez cesser d'être ce que les autres attendent de vous. Vivre sans vous soucier du regard des autres.

Et je vous ai dit que je vous y aiderai.

Après cet échange, qui avait replonger chacun des hommes dans certains de ses pires souvenirs, ils restèrent quelques minutes, le plus jeune blotti contre le plus vieux, tous deux confortablement installés sur le lit.

-Bien, si vous voulez être vous, il faut que vous soyez vous physiquement également.

Je vais installer des barres dans le jardin, et vous pourrez y réapprendre à marcher. C'est le système moldu, mais c'est le seul qui soit efficace dans votre cas.

Vos amis feront leurs exercices en même temps que vous, et je pense honnêtement que bien que vous partiez de plus loin, vous irez plus vite qu'eux.

Après un léger silence, le soigneur repris :

-Vous êtes prêt à commencer votre rééducation, Potter ?

-Je vais essayer, mais j'aim…

-Oui Potter ?

-Non rien, dit Harry en se renfermant.

-Potter, vous avez le droit d'avoir des désirs. Et je vous ordonne, puisque vous m'avez fait confiance pour vous guérir, de me les dire, tous. Vous ne voulez peut-être pas les dire à vos amis, ce qui est dommage, bien que compréhensible, mais vous devez les exprimer. Je ne vus jugerai pas, mais ils ne seront pas tous comblés.

-Je pourrais avoir de la crème au chocolat ce soir, si j'y arrive ?

-La nourriture n'est pas une récompense Harry. Vous n'avez rien à faire pour avoir à manger. Mais la mousse au chocolat n'est pas difficile à manger, et si elle est faite correctement, vous pourrez bien la digérer.

-Merci.

L'homme se leva en prenant garde au jeune blessé, puis il le prit dans ses bras afin de l'installer dans son fauteuil. Ni l'un ni l'autre ne se rendirent compte du naturel avec lequel ils interagissaient.

Puis Harry suivit son Maître des potions vers le jardin.