Voilà voilà pour aujourd'hui =) Bonne lecture :)
« Vous savez que je suis légilimens n'est-ce pas ? »
Hermione s'était attendue à la fin du rêve… mais pas au début du cauchemar.
Elle mit bien trente secondes à comprendre ce que son professeur venait de lui murmurer à l'oreille. Lorsque la lumière se fit dans son esprit pourtant, elle réagit avec une rapidité étonnante, une brusquerie qui étonna même le professeur Rogue.
Elle s'était brutalement écartée de lui, avait desserré leur étreinte. Elle se tenait désormais à plus d'un mètre d'écart, comme si les paroles du maître des potions l'avaient littéralement giflée. Horrifiée, elle sentait ses joues devenir écarlates, si bien qu'elle les sentait brûler sous le regard de son cavalier. Un terme qu'elle n'oublierait pas de si tôt.
Elle resta plantée là, en plein milieu de la salle, sans que personne ne la remarque pour autant. Elle regardait partout… partout sauf dans les yeux de l'homme qu'elle aimait. C'était clair désormais, et la révélation de son désir n'en rendait la conclusion que plus douloureuse.
Dans un réflexe désespéré d'échapper au regard noir de Snape, elle chercha Harry des yeux, priant corps et âme pour qu'il n'ait rien remarqué. Il était toujours dans les bras de Ginny, et Hermione se rendit compte qu'elle s'en fichait royalement. C'était sans doute le choc de ce qui venait de lui arriver… mais plus probablement le fait qu'elle n'ait jamais vu Harry comme son petit ami.
Réalisant soudain qu'elle n'avait pas bougé d'un cil et que Severus la fixait toujours, d'un regard parfaitement indéchiffrable, elle eut le réflexe le plus naturel – et le plus idiot aussi – qu'un être humain aurait pu avoir dans cette situation : elle s'enfuit.
Courant à toutes jambes dans la Grande Salle, elle attira bien malgré elle les regards de certains élèves, mais Merlin ayant eu pitié d'elle, aucun de ses trois amis ne la remarqua. Severus la suivit du regard, toujours planté là sur la piste de danse, proprement abasourdi par la scène qui venait de se dérouler sous ses yeux.
Bien sur son visage était impassible, ses traits peut-être légèrement tendus mais rien de plus. Seuls ses yeux donnaient la preuve du chamboulement intérieur que cette simple danse avait provoqué. Sachant pertinemment qu'Albus lirait tout aussi facilement dans ses yeux que dans son esprit, il se retira à son tour, plus discrètement que sa partenaire.
Hermione se sentait totalement perdue, elle s'était même dirigée vers le dortoir des Gryffondors, ne se rendant compte qu'une fois parvenue au sixième étage qu'elle n'y vivait plus. Et pourtant ce soir la salle commune, son dortoir, son lit, ses amies là bas… toute cette ambiance avait un côté rassurant. Comment pourrait-elle parvenir un jour à dormir dans la chambre juste à côté de celle de celui aux yeux de qui elle venait de se ridiculiser ?
Impossible. Pourtant la solitude, le silence de ses appartements étaient sans conteste un élément qu'elle devait prendre en compte… elle ne supporterait pas les réflexions, les questions et les regards interrogateurs des Gryffondors… de Ginny.
Elle était véritablement empêtrée jusqu'au cou dans de la bouse d'Hyppogriffe. Merlin, et Harry dans cette histoire ? Elle avait été tellement prise – absorbée pour être exact – dans cette stupide danse qu'elle en avait oublié son meilleur ami, ses projets de rupture… ses sentiments… son cœur.
Complètement paniquée, elle se mit à blâmer tous ceux qui lui venaient à l'esprit. Harry qui était parti danser avec Ginny, Ron qui ne l'avait pas invité, et Dumbledore surtout ! Lui et ses idées toutes plus folles les unes que les autres. Comment avait-il osé faire ça ? Et ce satané chanteur qui avait entamé un slow ! Dans un gémissement, elle crut un instant que le destin s'était acharnée sur elle. Chassant ces pensées – légèrement – trop dramatiques, elle se concentra sur sa priorité : où allait-elle, où devait-elle dormir ?
Dans un éclair de lucidité, la réponse la transcenda, si évidente qu'elle maudit sa stupidité. Elle se lança alors dans les couloirs, à la recherche du seul endroit de tout le château où elle pourrait réfléchir en paix.
La jeune sang et or se réveilla le lendemain matin, bien loin de se douter que son professeur de potions avait veillé toute la nuit en attendant qu'elle ne rentre. Il n'avait eu aucune intention d'aller lui parler, il aurait juste voulu être sure qu'elle n'était pas allée retenter sa dernière escapade sous la pluie.
Lorsqu'il constata que le soleil se levait sur le château et que la jeune femme n'était toujours pas rentrée, il soupira et s'effondra, épuisé. Hermione eut pour premier réflexe de vérifier le petit réveil qu'elle avait installé à côté de son lit. 10h. Encore bien trop tôt à son goût. Elle aurait voulu dormir jusqu'en 2050… au moins !
Elle savait très bien qu'elle ne pourrait pas se cacher ici bien longtemps, mais elle aurait tout de même voulu être inconsciente plus longtemps. Pourtant, maintenant qu'elle était éveillée, son cerveau se remettait en marche, et avec lui, les souvenirs du bal remontaient. Terriblement douloureux.
Elle se leva à contre cœur et décida de se diriger finalement vers ses appartements, elle avait besoin d'une douche, et de toute façon Snape l'éviterait comme la peste à partir de maintenant. Voilà au moins un point sur lequel ils seraient d'accord : c'était mieux ainsi. Elle ne put empêcher un pincement de la prendre au cœur alors qu'elle se souvenait de ses décisions de la veille. Rompre avec Harry. Oublier Rogue. Toutes ces belles résolutions s'étaient envolées, emportées par un murmure qui avait brisé les rêves qu'il lui restait.
Elle sortit donc de la Salle sur Demande, vêtue des mêmes vêtements que la veille. Bien sur elle n'avait pas pu se changer là bas, elle avait seulement trouvé un refuge pour la nuit, mais cela avait été bien suffisant.
Rasant les murs, elle aurait presque souhaité avoir la cape d'invisibilité, mais elle dut se contenter de marcher silencieusement et de prendre un air aussi naturel que possible devant les quelques élèves qu'elle croisa. Elle arriva jusqu'à sa chambre et se précipita à l'intérieur, essayant de faire aussi peu de bruit que possible.
Après une bonne douche, elle se sentait déjà plus en forme mais toujours incapable d'affronter le regard de qui que ce soit. Elle s'habilla donc en vitesse et se rua hors de ses appartements, soulagée que le professeur Rogue ne l'ai pas croisée. Elle voulut tout d'abord aller à la bibliothèque, mais son geste aurait été si prévisible que même Ron aurait eu l'idée d'aller l'y chercher.
Elle opta donc pour un lieu légèrement plus insolite : le parc. Bien emmitouflée dans son manteau, son écharpe de Gryffondor autour du cou, elle s'avança dans le froid, ses pieds gelés tandis que la neige pénétrait dans ses chaussures. Elle s'assit au pied d'un arbre, prenant bien soin qu'on ne puisse pas la voir depuis le château, et elle attendit.
Elle avait passé le reste de ses vacances à éviter Harry et Rogue. Le premier avec moins de succès que le second, en un sens, tant mieux. Harry ne savait rien, et il valait mieux pour tout le monde qu'il reste dans l'ignorance. Alors que son professeur de potions en savait malheureusement beaucoup trop.
Parfois, depuis sa chambre, elle l'avait entendu remuer de l'autre côté du mur, mais jamais elle ne l'avait croisé directement. Et elle était déjà reconnaissante de sa discrétion. Il aurait très bien pu l'humilier aux yeux de toute l'école, ou pire, la faire renvoyer. Elle n'était pourtant pas assez stupide pour croire que les représailles ne viendraient pas, et elle eut raison de se méfier.
Les cours reprirent bientôt, les élèves revenant de leurs vacances redonnaient un peu de vie au château presque vide pendant ces vacances. Tout était comme avant. Sauf pour Hermione. Impuissante cependant, elle ne put qu'attendre la reprise des cours, l'attendant et la redoutant tout à la fois. Sa première journée de cours démarrait avec un cours de potions, pour couronner le tout, en commun avec les Serpentards.
Soudain, elle crut comprendre. Rogue avait simplement attendu de pouvoir l'humilier publiquement, il allait frapper ce matin, devant une foule de vert et argent hilares. Et dire qu'elle ne pouvait pas sécher son cours, saleté de sens moral !
Après avoir judicieusement sauté le petit déjeuner ce matin là, elle se rendit donc jusqu'aux cachots, une boule au ventre. La présence d'Harry et de Ron ne l'apaisa pas le moins du monde, bien au contraire même. La présence de son petit-ami rendait la situation plus gênante encore, mais elle ne pouvait pas éviter la confrontation désormais, l'heure était venue.
Elle alla s'installer à sa place habituelle puisqu'elle était toujours officiellement en couple avec Harry… mais cette situation ne pourrait plus durer, elle le savait, mais il était trop tôt… bien trop tôt pour l'affronter. Avec un peu de chance, si Rogue la savait encore avec Harry, il allait croire qu'il s'était fait des idées. En repoussant ainsi l'inévitable, elle savait qu'elle se faisait plus de mal, qu'elle faisait plus de mal à Harry surtout. Ce qu'elle ignorait, c'était qu'elle faisait aussi plus de mal à Severus.
Lorsqu'il entra dans les cachots, la mine aussi sinistre qu'avant les vacances, Hermione ne put pas s'empêcher de retenir son souffle. Elle le suivit des yeux, prête à ranger ses affaires et à s'en aller dès qu'il ouvrirait la bouche. Mais la réplique qu'elle attendait, qu'elle avait tant craint ne vint pas. Il s'installa à nouveau dans le silence et laissa ses élèves commencer à travailler.
Severus faisait bien attention de ne pas lever les yeux de ses copies, s'il passait dans les rangs il évitait soigneusement la table de Potter, et il se montrait légèrement moins cruel que d'habitude. Les sarcasmes fusaient bien entendu, mais il sentait que le cœur n'y était pas. Il n'avait même pas réussi à faire pleurer Londubat, quelque chose n'était pas normal.
Bien sur, il savait ce qui le troublait, mais le plus important c'était de le dissimuler au mieux… Le cours se déroula sans incident notable, mais à peine quelques minutes avant la fin du cours, il jeta un regard en direction d'Hermione et la vision qu'il eut lui donna des frissons.
Un léger sourire aux lèvres, elle était penchée à l'oreille de Potter et lui racontait apparemment une histoire hilarante. Il se leva brusquement, tapant son bureau du plat de la main, faisant ainsi retomber un silence de mort dans son cachot. Il se tourna vers la jeune femme et siffla entre ses dents :
« Granger ! Ce cours n'est pas destiné à vos amourettes d'adolescente ! Retenue, toute la semaine dans mon bureau, 20h. »
Severus vit son élève virer au rouge, mais il préféra ne pas y faire attention. Derrière son masque glacial se cachait en fait la panique la plus totale. Que venait-il de faire ? Supporter Granger tous les soirs cette semaine ? Il était tombé sur la tête ou quoi ? Il avait réagit comme un gamin jaloux et n'avait fait qu'empirer la situation… La voir si proche de Potter lui avait glacé les entrailles, et il avait réagit sans réfléchir. Quel idiot. Il congédia se élèves en avance, rassuré au moins à l'idée qu'elle ne passerait plus ses soirées dans les bras d'Harry…
Hermione attendait depuis plus de dix minutes devant le bureau de son professeur de potions. Elle regardait sa montre avancer – trop rapidement à son goût – et sursauta presque lorsque l'aiguille se posa enfin sur le huit. Il était temps.
Elle frappa trois coups à la porte et entendit la voix de son professeur lui ordonner d'entrer. La pièce était comme elle aurait pu s'y attendre, sombre et peu accueillante. Le maître des potions ne l'étant pas moins, elle se sentit tout de suite gênée par sa présence. Depuis le soir du bal, elle avait compris qu'elle ne reverrait jamais le visage tendre de son professeur, et c'était sans doute cela qui la blessait le plus.
Sans lever les yeux de ses papiers il lui demanda de refaire la potion du cours précédent, et elle se mit au travail sans oser répondre. Elle alluma un feu sous son chaudron et commença à réunir les ingrédients nécessaires, puis elle se plaça dos au bureau de Rogue, préférant ne pas être tentée de regarder dans sa direction.
Mais son choix stratégique fut pour le moins désastreux. Si elle ne voyait pas le visage de Snape, sentir sa présence, imaginer ses yeux qui la fixaient était bien pire encore. Elle sentit ses mains trembler et fit tout ce qu'elle put pour se concentrer sur son travail. Mais le regard de son professeur lui brûlait la peau, elle sentait qu'il l'observait depuis son bureau et cette idée la troublait au plus haut point. Alors qu'elle attrapait fébrilement sa baguette pour mélanger sa potion, elle sursauta en entendant la voix du vert et argent briser le silence. Tout proche.
« Remuez une fois dans le sens indiqué, et deux fois dans le sens inverse. »
« Mais… »
« Faîtes ce que je vous dis. »
Plus facile à dire qu'à faire effectivement. Désobéir aux consignes de son manuel ne posait pas de problème, mais sentir le souffle du professeur Rogue dans son cou, si. Il était là, juste dans son dos, elle pouvait sentir son corps presque collé au sien, et les images qui lui remontèrent à l'esprit la troublèrent un peu plus encore si c'était possible.
Sa main n'était pas assez ferme et il devait bien le voir. Pour en rajouter encore un peu plus, il s'était penché par-dessus son épaule pour vérifier le résultat et avait légèrement frôlé sa main.
« Arrêtez… » souffla-t-elle.
Elle ne vit pas sa réaction mais l'imaginait sans peine lever un sourcil hautain en la dévisageant. Elle soupira et fit volte face pour le regarder directement dans les yeux. L'expression de surprise était passée, son visage devait avoir retrouvé son impassibilité légendaire. Self control qu'Hermione était bien loin de ressentir.
Elle fut surprise de trouver le visage de son professeur à quelques centimètres du sien seulement, elle pouvait sentir son souffle sur sa peau. Sans bien savoir ce qu'elle faisait, Hermione leva doucement sa main et la posa sur le torse de Rogue, frissonnant à ce simple contact.
Ses yeux irrémédiablement attirés par les lèvres fines du maître des potions, elle se sentit bientôt envahie d'une chaleur qu'elle n'avait ressenti qu'une seule fois dans sa vie. A peine deux semaines plus tôt… L'image du bal lui revint en mémoire, mais cette fois personne n'était là pour la voir, perdant toute la maîtrise qu'elle s'était imposée devant le reste de l'école, elle approcha lentement son visage du sien, s'attendant presque à ce qu'il la repousse violemment.
Mais Severus restait impassible, comme paralysé. Alors, elle déposa ses lèvres sur celles de son professeur, les joignant dans un baiser tendre mais chaste. La sensation de chaleur se répandit dans chacun de ses membres, encouragée par la douceur des lèvres de Severus qui, pourtant, ne répondait pas à son geste. Il demeurait parfaitement stoïque, comme s'il était littéralement bloqué. Lorsqu'Hermione prit enfin conscience de ce qu'elle venait de faire elle recula son visage, écartant sa main du torse du Serpentard pour la déposer sur sa propre bouche. Craignant la colère de son professeur, elle recula brusquement et attrapa ses affaires en sortant de la salle.
Elle murmura un «Je suis désolée» mais ne l'entendit pas elle-même. Horrifiée par la manière dont elle s'était comportée, elle se rua dans les couloirs, pourtant hantée par les sentiments qui l'avaient assaillie pendant ce baiser.
Son cœur battait encore la chamade, tout son corps avait du mal à se calmer, elle pouvait encore sentir la chaleur de son torse, la douceur de ses lèvres… Elle fut soudain ramenée à la réalité, brutalement. Une main l'attrapa et la força à s'arrêter, la plaquant littéralement contre un mur en pierre.
Face à elle se tenait la personne dont elle avait justement essayé de fuir, une lueur nouvelle brillait au fond de ses yeux, mais elle ne sut pas tout d'abord quoi en conclure. Severus plaqua ses deux mains contre le mur, empêchant Hermione de s'échapper à nouveau. Puis, sans aucun préambule, il se jeta sur ses lèvres avec une passion toute nouvelle pour la jeune sang et or.
Pressée par un désir la bouleversant, elle répondit à son baiser sans aucune retenue, joignant leurs langues dans un ballet sensuel. Elle poussa un gémissement quand la main de Severus vint se poser sur sa hanche et sa réaction parut décupler l'avidité de son professeur. Dans un ultime élan, il se rapprocha à nouveau d'elle, la bloquant contre le mur, collant son corps au sien comme si le moindre souffle d'air entre eux lui serait fatal.
Mais lorsque ce baiser prit fin, il eut l'impression de faire une chute de six étages. Son cœur battait bien trop fort au fond de sa poitrine, il avait perdu le contrôle… il… il venait d'embrasser une élève. S'écartant d'un mouvement brusque, il se surprit à vouloir retrouver la chaleur des bras d'Hermione mais ne flancha pas. Son visage demeurait impassible, comme bloqué dans cette position depuis trop longtemps, mais ces yeux brûlaient encore du désir que ce baiser avait provoqué en lui. Sans un mot de plus, il repartit le long du couloir, dans un tournoiement de cape majestueux.
J'espère que ces deux chapitres vous ont plu :D Si vous aussi vous rêvez de vous retrouver bloquée dans un couloir de Poudlard avec Snape, n'hésitez pas à me le dire ( hihi ). La suite demain =) encore une fois si vous avez des commentaires, n'hésitez pas à me laisser une review )
