Alors tout d'abord merci pour vos reviews, pour les problèmes de grammaire, j'avoue que même en relisant, je ne les vois pas toutes donc je m'excuse d'avance ^^
Je suis d'accord, Snape abuse de lire dans son esprit mais je trouvais la situation tellement drôle ^^ Et effectivement Helga, Hermione devrait parler avec Harry, mais avant il y aura sans doute des complications ( mouhaha ).
Bref bonne lecture, surtout que j'étais très ( très ) anxieuse pour ce passage, alors j'attends vos avis avec impatience =)
Hermione se rua dans le couloir, essayant à tout prix de mettre le plus de distance possible entre elle et son professeur. Ses lèvres la brulaient encore, désireuses de retrouver le contact de celles de Severus. Chaque partie de son corps qu'il avait effleuré la démangeait, tremblant de l'envie de sentir à nouveau ses mains s'y balader.
Elle courut, comme jamais elle n'avait courut auparavant et se retrouva vite devant le portrait de la Grosse Dame. Elle prit quelques minutes pour se calmer, essayant de masquer la rougeur qui avait assaillit ses joues, puis elle pénétra dans la salle commune, oubliant complètement qu'elle n'habitait plus ici.
Elle tomba nez à nez avec Harry, son prétendu petit ami, qui la regardait d'un air inquiet. Il posa sa main sur la joue de la jeune femme et lui demanda d'un air indigné :
« Hermione ! Qu'est-ce que ce pourri t'a fait ? S'il a dépassé les bornes j'en parlerai à Dumbledore ! »
Hermione frémit légèrement en entendant Harry traiter l'homme qu'elle aimait de pourri mais elle ne put pas lui en vouloir d'être en colère. Et encore, qu'allait-il faire s'il apprenait un jour la vérité ? Elle préférait ne même pas y penser.
Reprenant son souffle, elle imita du mieux qu'elle put le contrôle de soi de son professeur de potions et posa à son tour sa main sur la joue du Survivant :
« Oh non, rien ne t'inquiète pas. Il m'a juste fait récurer des chaudrons. »
Elle força un sourire tout en pensant qu'elle n'avait jamais aussi bien menti.
« J'avais juste envie de te voir. »
Sans lui laisser de répondre elle s'empara de ses lèvres, espérant cacher la culpabilité qui luisait au fond de ses yeux. Heureusement pour elle, son ami avait autant de sensibilité que Ron et elle s'en sortit sans dommages.
Elle ne put pas retenir un léger frisson de la prendre lorsqu'Harry déposa sa main exactement là où Severus l'avait posée quelques minutes auparavant, mais encore une fois, il ne remarqua rien d'inhabituel. Mettant fin à ce baiser – qui avait déjà bien trop duré à son goût – elle retira doucement la main qu'il avait posée sur sa hanche et lui souhaita une bonne nuit avant de s'enfuir hors de la salle commune.
Que lui était-il arrivé ? Harry avait tout pour lui, il était gentil, doux et très beau même, pourtant elle restait insensible à ses gestes. Son étreinte l'aurait laissée de glace si elle ne lui avait pas rappelé la chaleur du corps de son professeur de potions, son torse pressé contre sa poitrine, la douceur de ses lèvres, ses longs doigts fins se baladant sur son corps…
Elle n'avait jamais autant craint et désiré quelque chose à ce point, chaque geste qu'il avait eu l'avait torturée, la poussant à en vouloir toujours plus. Lorsqu'elle retrouva enfin le chemin de ses appartements, elle se rendit compte que Severus ne faisait pas un bruit à côté, et elle en fut presque rassurée. S'allongeant toute habillée, elle s'endormit en proie à des désirs qu'elle n'avait jamais ressentis auparavant.
La journée du lendemain s'était écoulée à une vitesse folle pour la jeune Gryffondor. Elle s'était levée ce matin là avec la ferme intention de mettre les choses au clair. Elle se rendrait au bureau de son professeur de potions avant sa retenue pour lui parler honnêtement. Mais lorsque 18h sonna, elle n'avait toujours aucune idée de ce qu'elle allait dire.
Son cerveau lui disait bien que la réponse était évidente, il ne pouvait rien avoir entre eux, et tout cet épisode n'avait été qu'une sordide erreur. Mais le goût de ses lèvres la hantait, la lueur dans ses yeux cette nuit là, la douceur avec laquelle il l'avait embrassée… Se sentant rougir jusqu'aux oreilles, elle quitta brusquement la Grande Salle, sans s'apercevoir que son professeur de potions n'y avait pas fait la moindre apparition de la journée.
A 19h tapantes, elle était devant le bureau du professeur Rogue, la main tendue dans les airs, prête à frapper. Pourquoi était-ce si difficile ? La peur la saisit soudain, qu'allait-il lui faire ? Il pourrait très bien demander son renvoi, la torturer, la faire chanter. Elle se sentait si vulnérable face à lui, mise à nue, incapable de se prendre en main. Elle respira un grand coup, se rappelant le courage légendaire des Gryffondors et frappa trois coups à la porte. Pas de réponse. Elle tenta à nouveau sans plus de succès. Maintenant qu'elle était lancée… avec une pointe d'appréhension elle ouvrit elle-même la porte mais trouva le bureau vide, c'était bien sa veine.
Elle s'apprêtait à repartir lorsqu'elle aperçut une lueur blanche sortant d'une armoire mal fermée. La curiosité l'emporta et elle s'approcha du meuble, découvrant sur une étagère la pensine du professeur Rogue. Harry ne lui avait jamais raconté l'incident qui l'avait amené à s'y retrouver quelques années plus tôt, mais Hermione savait parfaitement à quoi cet objet servait.
Elle jeta un regard dans son dos, vérifiant que personne n'était là, puis elle plongea un doigt dans le liquide blanc qui tournoyait. Avant de s'en être rendu compte, Hermione fut aspirée dans la bassine, emportée dans un voyage aussi inconfortable que le transplanage.
Après une chute libre vertigineuse, elle atterrit en douceur dans une pièce si noire qu'elle aurait pu croire se retrouver dans le cœur de Voldemort. Il n'y avait aucune fenêtre, aucun meuble, mais lorsque ses yeux s'habituèrent à l'obscurité des lieux, elle aperçut un petit garçon brun, assis et tremblant dans un coin. Elle s'approcha doucement de lieu et s'agenouilla pour lui faire face.
Ses cheveux tombaient disgracieusement devant ses yeux, si bien qu'il ne sembla pas voir que quelqu'un était juste devant lui. Hermione tendit la main pour la poser sur l'épaule du pauvre petit garçon mais ses doigts transpercèrent sa peau. L'enfant releva brusquement les yeux dans sa direction mais ne sembla pas la voir, des larmes roulaient le long de ses joues creusées, donnant un air plus pitoyable encore au teint cireux qu'il arborait. Elle croisa son regard et la vérité la frappa :
« Professeur Rogue… » murmura-t-elle.
Le petit garçon ne l'entendit pas, il gardait les yeux fixés sur la porte face à lui. Hermione entendit alors des cris qui retentissaient depuis une pièce toute proche. Un homme lançait des jurons d'une voix froide tandis qu'une femme criait, pleurait, le suppliait d'arrêter. La jeune sang et or aperçut alors au sol des assiettes remplies de nourriture. Enfin, si on pouvait dire cela, des croutons de pain trainaient dans la pièce, sans que personne n'ai mordu dedans. Au moment où elle comprit, un coup sec retentit à travers la porte, et les cris cessèrent pour toujours…
Le paysage changea, si bien que la lumière du jour aveugla Hermione. Le professeur Rogue était assis dans l'herbe à côté d'une petite fille à la chevelure rousse. Il lui souriait de toutes ses dents alors qu'elle faisait voler une brindille d'herbe entre eux. La laissant retomber, elle se tourna complètement face à Severus et lui demanda d'un air inquiet :
« Dis Sev, quand on ira dans cette école… tu ne m'abandonneras pas hein ? J'ai peur d'y aller seule… Et Pétunia dis qu'ils seront tous fous là bas… »
La mine de Severus s'assombrit à la mention de Pétunia Evans mais il fit tout ce qu'il put pour le cacher. Il posa sa main sur celle de son amoureuse et répondit dans un sourire :
« Je te le promets… je ne t'abandonnerai jamais. »
Dans un tourbillon de lumière le décor se métamorphosa à nouveau. Hermione atterrit alors dans un décor qu'elle connaissait par cœur : le parc de Poudlard. Severus était caché derrière un arbre, les yeux fixés sur un couple un peu plus loin. La surprise coupa le souffle à la jeune sang et or. Harry… Elle comprenait mieux maintenant pourquoi Sirius disait qu'il ressemblait tant à son père. Si James Potter n'avait pas été entouré des maraudeurs adolescents, elle aurait juré que son meilleur ami s'était trompé d'époque. James avait sa main posé sur celle de Lily, de la même manière qu'elle avait vu celle de Severus se poser dessus quelques années plus tôt.
Ils riaient aux éclats, la jeune femme avait véritablement l'air d'un ange en cette journée de printemps. Tandis qu'elle sentait les poings de Severus se serrer, James se pencha vers sa future femme et déposa un baiser sur ses lèvres. C'en fut trop pour le jeune Serpentard, dans une grimace atroce il se rua vers le château. Hermione sentit une larme couler le long de sa joue, jamais elle n'aurait pu imaginer cela. Pas étonnant qu'il déteste à ce point Harry… Et alors la vérité la frappa dans toute son horreur tandis qu'une main se posait sur son épaule et l'attirait hors de ce monde.
Elle retomba brutalement sur le sol des cachots, essoufflée, elle trouva tout de même la force de se relever et gifla furieusement le professeur Rogue de nouveau adulte. Il accueillit son geste sans surprise, et il ne tenta pas d'y répondre. La colère se lisait au fond de ses yeux mais il la maîtrisa comme il put. Après tout, elle avait raison. Elle avait violé son intimité mais avait découvert assez d'horreur pour leur épargner à tous les deux énormément de douleur.
Il imaginait sans peine son dégoût devant les massacres qu'elle avait du voir dans sa Pensine, ses meurtres, ses séances de torture, la prophétie qu'il avait répété à son maître… La voix aiguë de sa jeune élève le sortit de ses pensées tandis qu'elle se jetait sur lui pour le frapper, partout où elle pouvait l'atteindre :
« Vous êtes un monstre ! Comment avez-vous osé faire cela ? »
Hurla-t-elle, hystérique. La vérité l'avait percée en plein cœur, Severus avait toujours aimé Lily, s'il protégeait Harry, c'était pour elle. Et s'il l'avait embrassé, c'était pour se venger de James, pour faire mal à Harry…
« Vous vous êtes servi de moi pour vous venger d'Harry ! Je comprends qu'elle ne vous ai pas choisi, vous n'avez aucun cœur ! »
Le calme fit place à l'étonnement, et laissa finalement la colère déborder. Il attrapa brutalement Hermione par le bras et la poussa contre le mur de son bureau. Son regard n'était plus froid, il n'avait jamais été aussi expressif. La jeune femme se sentit trembler sous la pression de ses yeux onyx, sa rage s'était envolée face à la peur, mais la douleur lui donnait toujours l'impression qu'une armée de Troll lui piétinait le cœur.
Il s'était moqué d'elle, après le bal il avait entrevu une faiblesse et l'avait attaqué de suite. Il l'avait ridiculisé et s'était joué d'elle, aveuglé par sa haine irrationnelle envers Harry il n'avait pas remarqué que ses sentiments à elle ne s'étaient pas limités à du désir.
Elle sentit une larme couler le long de sa joue mais n'arriva pas à l'essuyer, ses membres étaient paralysés, attendant le déluge de coup que Severus était en droit de leur infliger. Mais le maître des potions restait immobile, son visage reprenant peu à peu sa froideur habituelle il relâcha son étreinte et souffla :
« Vous ne savez rien. Sortez… »
Ses lèvres avaient à peine remué et son teint était livide. On avait l'impression que s'il palissait encore un peu il deviendrait proprement translucide, mais la jeune femme restait immobile. Il attrapa alors à nouveau le bras de son élève et la jeta dehors en hurlant :
« Sortez ! »
Hermione s'effondra dans le couloir, pleurant jusqu'à ce que ses yeux soient secs. De l'autre côté de la porte elle entendait des objets atterrir contre les murs dans un fracas ahurissant. Paralysée, elle mit une bonne dizaine de minutes à trouver la force de se relever, mais lorsqu'elle fut de nouveau sur ses pieds, elle s'enfuit aussi vite qu'elle le put, entendant presque un sanglot résonner dans son dos.
Une semaine était passée depuis leur dernier baiser dans le couloir. Hermione était toujours avec Harry parce qu'elle était désormais convaincue qu'il était sa meilleure chance d'arriver au bonheur. S'obstiner dans une lutte perdue d'avance ne l'intéressait pas, surtout qu'elle aurait été la seule à en souffrir. C'était mieux comme cela. En tout cas, elle s'efforçait de le penser…
Harry agissait comme si de rien n'était, après tout, il n'était au courant de rien, mais ce n'était pas si simple pour elle. Ses nuits étaient encore agitées du souvenir des lèvres de Severus contre les siennes, ses journées hantées par la peur de le croiser dans le couloir. Elle n'était pas retournée en retenue après l'épisode de la dernière fois et le professeur Rogue n'avait pas réagit, leur évitant à tous deux d'atroces moments d'embarras.
Mais la jeune sang et or avait donc raté la possibilité de réussir sa potion, elle avait été… interrompue pendant sa retenue. Aussi décida-t-elle de la confectionner de son côté, juste au cas où elle tomberait dessus aux examens. On n'était jamais trop prudent. Elle avait observé de loin l'emploi du temps du professeur Rogue et savait qu'il avait cours avec les cinquièmes années pendant une de ses heures de libre, elle pourrait donc utiliser son laboratoire sans problème. Elle aurait largement le temps de finir avant qu'il ne revienne. Sa décision était prise.
Ce mercredi là, elle s'introduisit donc dans le labo de son professeur et commença sa préparation. Son livre était ouvert sur la table à côté, et elle s'efforçait de se concentrer sans imaginer Rogue surgir d'un moment à l'autre dans son dos. Elle attrapa sa baguette pour remuer sa potion et se souvint alors de ce que Severus lui avait dit ce soir là… « Remuez une fois dans le sens indiqué, et deux fois dans le sens inverse. »
Elle vérifia son manuel, cherchant une indication à ce sujet mais n'en trouva aucune. Ravalant sa fierté, elle suivit les instructions que le maître des potions lui avait données et sursauta presque en s'apercevant que sa potion était parfaite. Elle était moins épaisse que d'habitude mais sa couleur était la même. Ahurie par son résultat, elle comprit alors qu'elle était l'élève d'un des génies des potions de son siècle…
Un bruit sec dans la pièce d'à côté la fit sursauter et elle ne put pas retenir un petit cri. Sans réfléchir, elle attrapa ses affaires et sortit en trombe du laboratoire, laissant sa potion intacte. La porte au fond de la salle s'ouvrit alors avec fracas, découvrant le visage pâle de Severus Rogue. Il s'approcha du chaudron et y jeta un coup d'œil rapide. Le vert et argent attrapa une fiole et la remplit dans un sourire avant de faire disparaitre le reste de la potion.
Le lendemain, les septièmes années se rendaient à leur cours de potions en trainant les pieds. L'une d'entre eux pour des raisons qu'elle estimait préférable de ne pas dévoiler. Avait-il deviné que c'était elle ? Et si oui, comment allait-il la punir ? Allait-il la torturer ou laisserait-il ce soin à Rusard ? Après tout, le concierge avait assez bassiné les élèves avec sa passion de la torture pour s'attirer leur peur.
Mais lorsque la porte claqua dans les cachots et que le professeur Rogue entra, il ne laissa en rien paraître que son cours puisse être différent des autres. Soupirant de soulagement, Hermione regarda les autres élèves aller chercher les résultats de leur potion de la dernière fois, celle qu'elle avait si bien réussit la veille. Harry et elle restèrent assis puisqu'ils savaient déjà que Rogue ne les avait pas notés. Pourtant, lorsque tous les élèves furent de nouveau assis, il restait une fiole sur le bureau. Voyant qu'elle n'avait pas réagit, Rogue aboya dans sa salle :
« Granger ! »
Hermione leva les yeux vers le bureau et aperçut alors un échantillon de sa potion. Elle se hâta d'aller le récupérer et aperçut alors un «Optimal» inscrit sur l'étiquette. Elle essaya d'attraper le regard de son professeur pour comprendre mais celui-ci ne se tourna pas un seul instant vers elle. Soupirant, elle attendit que le cours s'achève.
Lorsque Severus libéra enfin le troupeau de cornichons qui étaient censé lui servir d'élèves, il regarda rageusement Potter attraper la main d'Hermione avant de sortir. Cette sensation de vide intérieur ne l'avait pas quitté depuis leur dernière entrevue, et il se maudit d'avoir baissé sa garde dès le départ.
La jeune femme l'avait attaqué sur un point tellement infondé qu'il faillit en rire, mais le fond de sa pensée avait été juste. Elle avait eu raison de l'insulter, il ne le savait que trop bien. Pourtant, il pouvait encore sentir la peau de sa main sur son torse, le goût légèrement sucré de ses lèvres… Il avait embrassé le bonheur du bout des lèvres, mais la redescente aux Enfers n'en avait été que plus dur…
Voilà pour ce chapitre, j'espère qu'il vous a plu =)
