Merci encore pour vos reviews :D vraiment ça me motive !
Eileen : espérons qu'Hermione ai entendu tes conseils :p
Sur ce, bonne lecture !
Hermione marchait seule dans les couloirs du château. S'il y avait bien une chose qu'elle détestait par-dessus tout, c'était ne pas comprendre. Et justement là elle était complètement perdue. Ce matin là un grand hibou blanc s'était écrasé dans l'assiette qu'elle n'avait de toute manière pas entamée, lui apportant un message des plus intrigants :
Mlle Granger,
Veuillez vous rendre dans mon bureau tout à l'heure aux alentours de midi, nous avons un sujet à aborder me semble-t-il.
Albus Dumbledore.
Evidemment son premier réflexe avait été de se tourner vers la table des professeurs, mais pas pour y chercher son directeur. Ses pensées s'étaient immédiatement tournées vers le professeur Rogue. Un millier de questions s'affolaient dans son esprit : Rogue avait-il parlé ? Quelqu'un les aurait-il vus la dernière fois ? Si oui, qui, et pourquoi ne se manifestait-il que maintenant ?
Elle savait que cette hypothèse était absurde, mais la crainte l'assaillait quand même sans répit. Peut-être que le professeur de potions lui avait parlé du dernier incident avec Harry et qu'il allait lui reprocher son comportement indécent… « vous prostituer dans le château la nuit… » ses mots seuls lui glacèrent les sangs. Mais la même question tournait sans relâche au milieu de ses hypothèses toutes plus farfelues les unes que les autres : Pourquoi ?
Espérant bien avoir une réponse à cette question, elle se présenta face aux gargouilles qui gardaient l'entrée du bureau directorial, inspirant calmement pour cacher sa peur grandissante. Elle prononça le mot de passe et monta les escaliers.
Un silence de mort régnait dans le bureau du professeur Dumbledore. Chassant la boule qui semblait l'empêcher de respirer, elle toqua trois coups légers et fut invitée à entrer. La petite réunion qui allait apparemment se tenir lui coupa le souffle : derrière son bureau se tenait évidemment le vieil homme, mais face à lui étaient aussi présents les professeurs Rogue et McGonagall. La présence de Snape n'indiquait rien de bon, Merlin qu'avait-il fait ? Et apparemment cette discussion était assez importante pour nécessiter la présence de la directrice de sa maison…
Dans un flash elle imagina Dumbledore la renvoyer du château tandis que Severus la regardait d'un air moqueur, mais elle fut sortie de ses pensées par la voix presque enfantine du directeur :
« Allons Mlle Granger, nous n'allons pas vous manger ! Asseyez-vous je vous prie. »
Le sourire qu'il affichait la calma légèrement, mais elle pouvait sentir les regards des deux professeurs peser dans son dos et son rythme cardiaque s'accéléra brutalement. Essayant de masquer au mieux le trouble qui l'habitait, elle tenta de fermer son esprit mais c'était peine perdue.
Dans l'illusion de détourner l'attention des yeux bleus qu'elle sentait transpercer sa peau, elle gigota légèrement dans son fauteuil avant de demander :
« Excusez moi professeur mais… pourquoi m'avez-vous convoquée ? »
« Oh excusez-moi, je manque à tous mes devoirs ! Un bonbon au citron ? »
Il lui tendit une boîte métallique assez pleine pour contenter tous les enfants de Londres le soir d'Halloween, mais Hermione refusa poliment. Elle sentit – ou imagina – l'air dégouté de Snape devant les sucreries et retint à grand mal un sourire amusé.
« Vous n'êtes pas sans savoir que les professeurs prennent parfois avec eux des assistants pour les aider. Le professeur Rogue ici-même est débordé comme vous devez-vous en douter… Je lui ai donc proposé de prendre un assistant pour l'épauler, et tout naturellement votre nom est apparut dans la discussion. Nous savons tous les trois que vous êtes la mieux placée pour remplir ce travail et nous comptons tous sur votre sérieux. »
Hermione ne put pas empêcher un sourire parfaitement ridicule de se peindre sur son visage. Toute cette inquiétude pour ça ? Cependant, une fois le soulagement dissipé une terrible idée lui vint : assistante du professeur Rogue ? Alors qu'ils cherchaient à s'éviter mutuellement ce n'était sans doute pas l'idée du siècle… c'était même carrément inconscient !
Une partie de son cerveau lui soufflait bien que les opportunités d'apprentissage étaient abondantes et qu'elle avait toujours rêvé d'étendre son savoir dans le domaine des potions… mais quand même… Et le professeur Rogue préfèrerait sans doute qu'elle refuse, il ne voulait pas la supporter plus que de nécessaire. Mais comme pour couper cours à ses doutes, le directeur prit à nouveau la parole, posant son regard électrique sur Hermione :
« Vous n'avez aucune obligation bien entendu. Mais nous avons tous les trois pensé à vous, même Severus a reconnu que vous étiez la candidate la plus compétente pour ce poste. »
Il avait prononcé cette phrase comme si l'acceptation du maître des potions était aussi plausible que l'atterrissage d'extra-terrestres dans le parc de Poudlard. Mais peut-être au fond avait-il raison.
Une sorte de grognement de l'intéressé accompagna cette déclaration et la jeune femme décida de prendre cette réaction de manière positive. S'il n'y était pas opposé… alors elle ne voyait aucune bonne raison de refuser. Elle se leva dans un grand bond qui fit sursauter Minerva et accepta, un grand sourire aux lèvres.
Une petite voix lui soufflait qu'elle courait droit au désastre mais elle choisit de l'ignorer. Le fait que Snape lui reconnaisse un semblant de talent l'avait transportée d'une joie si grande qu'elle aurait cru pouvoir sauter d'un immeuble de trente étages et en sortir vivante. Le directeur lui lança alors un sourire franc avant de convenir qu'elle retrouverait Severus ce soir même pour commencer.
Alors qu'ils sortaient du bureau, elle reçut les félicitations du professeur McGonagall mais n'en entendit pas la moitié, trop occupée à suivre des yeux le professeur Rogue, qui s'éloignait sans un regard.
« Comment ça ? Enfin Hermione, je croyais qu'on était bien ensemble… »
De retour dans la salle commune des Gryffondors elle avait immédiatement pris Harry à part. Elle avait suffisamment repoussé l'inévitable comme cela, elle devait en finir. Le comportement des garçons au petit-déjeuner avait finit de l'écœurer et avait ainsi renforcé sa décision.
Quelque part, elle se sentait désolée pour Harry mais lorsque l'image du professeur Rogue lui revint en mémoire, elle sut qu'elle faisait le bon choix. Affichant un air compatissant mais sincère, elle regarda Harry droit dans les yeux avant de répondre :
« Je sais Harry mais… je pense qu'on est mieux amis. Tu n'as rien fait de mal c'est juste que… je ne peux plus faire semblant… »
« Faire semblant ? Mais pourquoi devrais-tu faire semblant ? On est fait l'un pour l'autre, tout le monde le sait ! »
« Tout le monde à part moi dans ce cas. » sa réplique avait été un peu plus sèche qu'elle ne l'aurait souhaité, mais s'il fallait être ferme pour qu'il comprenne, elle n'hésiterait pas.
« C'est ridicule, il faut juste le temps de s'habituer ! Si tu n'aimes per… »
Harry se coupa en plein milieu de la phrase, avec l'air stupide de quelqu'un qui vient de remarquer quelque chose de fondamentalement évident.
« Tu aimes quelqu'un d'autre ? »
Sa voix était montée d'un ton, leur valant quelques regards surpris des autres Gryffondors présents. Hermione ne recula pas mais elle se sentit trembler devant l'accusation. Instinctivement, les lèvres de Severus remontèrent à sa mémoire mais elle fit tout ce qu'elle put pour cacher son trouble. Elle se maudit en plus d'avoir immédiatement pensé à son professeur de potions, si bien que sa réponse ne fut pas très convaincante :
« Mais non… bien sur que non Harry. Je pense juste que… que c'est mieux comme ça. »
Harry la regarda d'un air suspect mais la colère l'emporta finalement. Il marmonna un juron et sortit en trombe de la salle commune. Enfin soulagée, Hermione se permit de respirer normalement, inconsciente que les yeux de Ginny les fixaient depuis tout à l'heure.
Légèrement fatiguée par sa journée, Hermione se présenta néanmoins devant la porte du bureau de Rogue à l'heure convenue. Le soulagement qu'elle avait ressenti à larguer Harry s'était fait la malle, immédiatement remplacée par l'appréhension de la méchanceté du professeur de potions.
Faisant de son mieux pour se convaincre que leurs rapports resteraient strictement professionnels, elle entra finalement dans la salle. Rougissant devant les souvenirs que ce bureau lui rappelait, elle s'obstina à regarder le bout de ses chaussures, attendant que Severus ne lui dise quoi faire.
« L'infirmerie est à court de potions de sommeil. Vous allez m'aider à remplir leur stock. »
Sans attendre qu'il ne se mette à l'insulter, elle se mit au travail. Elle jonglait avec trois chaudrons qui avançaient au même rythme mais dont elle avait légèrement décalé le départ. Le professeur Rogue restait assis à son bureau, les yeux résolument dirigés vers les copies qu'il raturait allègrement d'encre rouge.
De temps à autres, il marmonnait une insulte, mais aucun autre son ne sortit de ses lèvres avant qu'Hermione n'ait fini de préparer ses potions. Il la congédia d'un geste de la main sans même lever les yeux, et la jeune femme repartit avec un pincement au cœur. Lui en voulait-il à ce point ?
Les semaines qui suivirent n'arrangèrent rien, au contraire. Harry ne lui parlait plus, et il avait entrainé Ron dans son chantage affectif, si bien qu'Hermione passait sa journée seule pour finalement se faire insulter le soir par Severus.
Etrangement, Ginny semblait s'être à nouveau rapprochée d'elle, comme si elle avait senti que son amie avait besoin d'elle, et peut-être tout simplement parce que sa jalousie avait perdu sa raison d'être.
Quoi qu'il en soit, la jeune Gryffondor était soulagée d'avoir trouvé un nouveau soutien, d'autant plus que Ginny était moins lourde que son frère et Harry, et quelque part elle était soulagée de ne plus avoir à les supporter. Elle s'en voulut aussitôt pour cette pensée et plongea à nouveau le nez dans son assiette.
La fatigue assaillit la jeune sang et or avant même d'arriver devant le bureau du professeur Rogue ce soir là, ses nerfs étaient à vif si bien que la moindre réflexion pouvait la faire complètement déraper. Elle n'avait pas pleuré depuis la rupture, elle n'en avait pas senti le besoin. Mais la perte de ses deux amis et le comportement froid du maître des potions l'épuisaient.
A force de ne pas manger et de ne dormir que quelques heures par nuit son corps avait atteint un niveau d'irascibilité ahurissant, mais elle se força à garder son calme. La remarque cinglante que son professeur de potions lui lança l'atteint mais elle n'osa pas le montrer. Elle avait l'odieuse impression qu'il jouait avec ses nerfs, comme s'il attendait qu'elle ne craque, qu'elle ne se brise complètement.
Et elle devait admettre qu'à force de flirter si bien avec la limite, elle allait finir par la dépasser entièrement. Elle s'attela néanmoins à l'inventaire de la réserve sans broncher devant l'air d'indifférence froide que Severus daigna lui accorder.
Severus avait bien vu que sa jeune élève était à bout de nerfs, mais était-ce sa faute à lui ? Non. Bien sur que non. Chassant les remords qu'il éprouvait à l'épuiser encore un peu plus, il lui demanda de ranger la réserve et de préparer ensuite une autre potion dont Pomfresh avait besoin.
Il l'observa de loin, sentant la colère dans le moindre de ses gestes, dans la manière dont elle tenait sa baguette, même dans la manière dont elle respirait… Sans un bruit, il se leva et vint se poser discrètement derrière la jeune Gryffondor pour jeter un coup d'œil à sa potion, la brutalité de ses gestes nuisaient à son efficacité, aussi décida-t-il de lui asséner un de ses sarcasmes habituels, sans se douter qu'il allait peut-être trop loin :
« Granger. Votre potion est trop épaisse, vous avez à peu près autant de délicatesse que Weasley et Potter dans un magasin de porcelaine. »
D'un simple mouvement de baguette il fit disparaître la potion d'Hermione et retourna à son bureau. Mais à peine avait-il fait quelques pas qu'un bruit de verre brisé attira son attention. Face à lui se tenait sa jeune élève, aussi énervée qu'un thermos de café noir.
Elle avait des bouts de verre plantés dans la main droite qui devait sans doute tenir une fiole à peine quelques secondes auparavant. Son visage dégageait une colère si intense qu'il se demanda un instant si elle n'était pas possédée. Il eut soudain l'horrible impression de se retrouver seul au milieu d'un champ alors qu'une tornade fonçait sur lui, et lorsqu'elle le frappa enfin, elle le laissa comme vidé de l'intérieur :
« Qu'est-ce que je vous ai fait au juste ? Vous m'insultez, vous me rabaissez constamment et pourtant vous savez très bien que je vaux plus que ça ! Vous prenez un tel plaisir à humilier vos élèves que vous êtes incapable de voir les dommages que vous causez ! Si ça vous amuse de croire que je ne suis qu'une insupportable Miss-je-sais-tout, grand bien vous fasse, mais moi je sais qu'au fond vous n'êtes pas cet être abject que vous prétendez être ! Je suis fatiguée de me demander dès que je vous croise sur quel Severus Rogue je vais tomber aujourd'hui, je suis fatiguée d'être seule, d'être rejetée par tout le monde et si vous ne pouvez pas le comprendre, foutez-moi la paix ! »
Hermione sentit une larme couler le long de sa joue. Elle savait qu'elle était allée trop loin, mais les conséquences ne l'intéressaient pas. La fatigue avait pris le dessus au point de la rendre indifférente au sort que son professeur de potions pouvait lui réserver. Elle n'aurait jamais du croire que Severus puisse être gentil avec elle, qu'il puisse l'apprécier pour ce qu'elle était vraiment… qu'il puisse comprendre qui elle était derrière le masque.
Sentant ses nerfs lâcher complètement, elle sortit en trombe du bureau et partit se réfugier dans une salle de classe abandonnée quelques étages plus haut, les genoux contre la poitrine, elle déversa toute la colère qu'elle éprouvait contre le monde entier, et contre elle-même.
Je poste la suite sans plus tarder ! j'espère que vous avez aimé =)
