Voilà la suite, enjoy )
Alors qu'Hermione ravalait rageusement ses dernières larmes, elle entendit des pas furtifs dans le couloir. Supposant que le professeur McGonagall faisait sa ronde, elle se força à ne faire aucun bruit, espérant pouvoir rester seule désormais. Sa tristesse, sa colère même étaient retombées. Ne restait qu'un remord lui lancinant les boyaux.
Le silence se fit dans le couloir, mais alors que la jeune femme croyait être tranquille pour de bon, la porte s'ouvrit doucement, laissant apparaître le visage du professeur Rogue. Un millier de questions se précipitèrent dans son cerveau dans un désordre incohérent, mais elles furent vite balayées par une vague de surprise. Elle avait cherché le regard de Snape, craignant d'y lire de la colère mal contenue, du mépris ou de l'arrogance, mais le sentiment qu'elle y trouva la heurta bien plus fort que s'il venait de la plaquer contre le mur.
De la tristesse à l'état pur. En 7 ans elle n'avait jamais aussi bien compris qui était son maître de potions, l'homme derrière la carapace, l'enfant dans le corps d'adulte.
Sans un mot, il vint s'asseoir à son tour dos au mur, à quelques mètres d'elle. Il regardait obstinément face à lui, refusant de poser les yeux sur la jeune sang et or. Le silence s'installa. Ils savaient tous les deux ce que l'autre ressentait, ils comprenaient ce besoin constant de se cacher et appréciaient d'autant plus cet instant d'honnêteté.
Hermione se rappela alors de la manière dont Rogue l'avait amenée dans son bureau et l'avait laissé pleurer sans rien dire, le soir où il l'avait défendu dans le couloir, la chaleur de son étreinte dans leurs moments d'intimité… Une joie égoïste la prit alors qu'elle comprenait qu'elle avait eu raison depuis le début.
Il avait véritablement fait preuve de gentillesse avec elle, il avait su la comprendre au moment où personne d'autre ne le pouvait, où personne d'autre n'en avait eu envie. Sans faire un bruit, elle se glissa à côté de Severus, posant sa tempe contre son épaule avant de souffler :
« Je suis désolée d'avoir regardé votre Pensine… »
Severus ne broncha pas lorsqu'Hermione s'appuya contre lui. Il n'oserait jamais l'avouer à qui que ce soit, et surement pas à la première intéressée, mais il appréciait le contact de la jeune femme.
Dans un monde où l'idée même de réconforter quelqu'un lui donnait la nausée, il éprouvait ce besoin insensé de savoir qu'elle allait bien. Il retint un soupir de frustration devant le ridicule de la situation mais ne put pas s'empêcher de sursauter légèrement lorsque la jeune femme prit la parole.
Il accepta ses excuses en silence, il ne lui en avait pas réellement voulu… Qu'elle ait regardé dans sa Pensine ou non ne changeait rien, ce qu'elle y avait vu n'avait aucune importance. Elle était avec Potter et s'il pouvait la rendre heureuse, il s'en contenterait. Elle aimait le Survivant, le héro, et c'était sans doute mieux comme cela. Après quelques secondes de silence, il répondit dans un murmure :
« De toute façon ça n'aurait rien changé n'est-ce pas ? »
Il avait voulu dire tout cela d'un ton parfaitement neutre mais sa voix avait légèrement tremblé sur la fin. Son amertume s'était tellement sentie qu'il se demandait vraiment s'il avait des raisons de se vanter de pouvoir cacher ses émotions.
De son côté Hermione était interloquée par sa réponse. Rien changé ? Elle ne pouvait pas le croire, leurs baisers n'avaient donc eu aucun sens pour lui… Luttant comme elle le pouvait pour ne pas recommencer à pleurer, elle ne put pas cacher la douleur dans sa voix :
« Je vois… donc vous aviez vraiment fait cela pour blesser Harry… »
Elle s'arrêta un instant pour reprendre son souffle, essayant de rendre sa voix plus ferme, sans grand succès :
« De toute façon ça n'a plus aucune importance, je ne suis plus avec Harry. A vrai dire je ne suis pas sure d'avoir jamais vraiment été sa petite-amie. »
« Ce n'est pas l'impression que j'ai eu quand vous vous jetiez sur lui dans la Grande Salle… Une vue pareille au petit-déjeuner a suffit à couper l'appétit à la moitié de l'école croyez-moi… »
« Serait-ce de la jalousie ? » répondit-elle avec un grand sourire. Préférant garder cette vue de la situation, elle rajouta rapidement : « Je le faisais seulement pour vous agacer… »
A ces mots elle sentit le rouge lui monter aux joues et elle décida qu'il était grand temps d'y aller avant qu'elle ne dise une autre bêtise. Se penchant légèrement vers Severus, elle déposa un rapide baiser sur sa joue avant de se relever brusquement.
Mais alors qu'elle faisait un pas vers la porte, elle sentit la main de son professeur de potions attraper la sienne, l'empêchant de s'enfuir ( pourtant son plan était parfait non ? ). Il gardait la tête résolument baissée, dans un silence complet. Après quelques secondes, elle essaya à nouveau de partir mais il agrippa plus fermement sa main, l'obligeant à se baisser pour se remettre à son niveau, et sans rien ajouter, il déposa doucement ses lèvres sur les siennes.
Résistant à l'envie d'approfondir ce baiser elle le laissa la chambouler intérieurement, réchauffant chacun de ses membres jusqu'à la laisser tremblante de désir. Alors que leur étreinte prit fin, elle crut voir un instant une ombre rose sur les joues si pâles de son professeur, mais celle-ci s'effaça si vite qu'elle crut l'avoir rêvée. Dans un sourire, elle se releva, gardant la main de Severus fermement enlacée dans la sienne, puis elle les fit sortir de la salle.
Une fois devant la porte de ses appartements, elle resta immobile quelques instants, triste à l'idée de devoir lâcher la main de son professeur de potions. Plongeant son regard dans le sien, elle comprit vite qu'elle n'était pas la seule à regretter que la soirée s'achève, se hissant sur la pointe des pieds, elle déposa alors un nouveau baiser sur les lèvres fines de l'homme qu'elle aimait. Puis dans un soupir de contentement, elle ouvrit finalement la porte, et laissa à regret Severus rejoindre ses propres quartiers.
Le cours de potions du lendemain la rendait à la fois terriblement excitée et affreusement inquiète. A en juger par leurs dernières entrevues dans cette classe, elle se préparait au pire. Elle aimait Severus mais craignait toujours les attaques du professeur Rogue, même si elle savait désormais que le souvenir de la nuit dernière ne pourrait pas être effacé par la froideur qu'il afficherait.
Résolue à se montrer aussi concentrée dans son travail qu'il le serait, elle entra dans la salle et alla s'installer au dernier rang, estimant qu'un face à face direct risquait de lui compliquer la tâche. Et Merlin qu'elle avait eu raison. A peine était il entré dans la salle qu'elle sentit son cœur s'affoler tandis que ses lèvres s'étiraient en un sourire béat.
Faisant de son mieux pour le cacher, elle fut presque soulagée de pouvoir commencer à travailler. Son professeur se comportait comme à son habitude même s'il semblait moins enclin que d'habitude à s'en prendre à Harry. Un instant elle crut que son discours de la veille en était la raison et elle se laissa aller à penser que le bonheur pouvait enfin arriver.
Tellement prise dans ses pensées, elle n'aperçut pas tout d'abord que Snape avait commencé à déambuler dans les rangs pour lancer ses habituelles remarques acerbes. Concentrant toutes ses pensées sur sa potion, elle ne put pas réprimer un frisson lorsqu'il arriva à sa table. Severus passa dans son dos et vint lui murmurer à l'oreille :
« Pas assez concentrée peut-être ? »
Même sans le voir, elle pouvait sentir le visage de son professeur s'étirer en un sourire, et elle dut garder tout son calme pour afficher un air assez honteux pour être crédible. S'écartant brusquement d'elle, Severus fit disparaître sa potion d'un simple coup de baguette avant de dire assez fort pour que tout le monde l'entende :
« 10 points de moins pour Gryffondor Granger. Et vous viendrez me voir à la fin du cours puisqu'apparemment vous avez oublié les bases de la préparation des potions. »
Elle entendit quelques Serpentards ricaner et vit Harry et Ron jeter un regard furieux à leur professeur de potions. Mais elle semblait perdue sur un autre monde, la seule chose qu'elle comprit de toute la scène c'était qu'elle voulait bien faire perdre 10 points à sa maison à chaque fois que Severus devait l'approcher comme cela.
Feignant un air outragé pour sauver les apparences, elle attendit la fin du cours avec une impatience inhabituelle. Lorsqu'enfin tous les élèves furent sortis de la classe, elle rangea ses affaires et s'approcha du bureau d'un pas souple avant de déclarer :
« Alors comme ça vous vouliez me voir à la fin du cours ? »
Elle essayait de garder son sérieux mais un sourire éclairait quand même son visage. Merlin comment pourrait-elle cacher tout cela aux yeux des autres ? Elle se sentait tellement heureuse qu'elle avait l'impression que son bonheur allait exploser à tout moment.
Et la réaction de Severus ne fit rien pour arranger les choses, il esquissa ce qui ressemblait trop à un sourire pour oser être appelé autrement et fit le tour de son bureau pour se retrouver face à elle. Il posa délicatement ses mains sur les hanches de la jeune femme et l'embrassa tendrement avant de répondre :
« Oui, j'avais envie de te voir. »
Etait-ce le tutoiement spontané ? La présence de son corps contre le sien ? La manière dont il caressait doucement le bas de son dos ? Peu importait, Hermione passa ses mains derrière la nuque du professeur Rogue et revint avidement chercher ses lèvres, donnant à son baiser toute la passion qu'il savait si bien provoquer en elle. Caressant son torse, elle commença à défaire les boutons qui fermaient sa robe tandis que sa langue jouait toujours avec la sienne, les faisant tous deux gémir de plaisir.
Elle sentit son amant frissonner alors que ses doigts effleuraient enfin la peau tant convoitée. Passant ses lèvres sur chaque cicatrice que la guerre avait pu lui laisser, elle aurait voulu pouvoir les soigner d'un simple baiser. Severus se laissait faire, répondait même à ses baisers mais semblait se retenir encore. La jeune sang et or encadra son visage de ses deux mains avant de poser doucement son front contre le sien.
« S'il-te-plaît… »
Elle avait parlé d'un ton rauque qu'elle ne se connaissait pas mais qui arracha un gémissement à Severus. Elle s'accrochait à lui, le suppliant du regard de ne pas s'arrêter.
« Maintenant ? »
« Oui… maintenant. »
Elle scella sa décision dans un baiser tandis que Rogue lançait un sort informulé pour fermer la porte du cachot.
Quelques semaines plus tard, Harry et Ron avaient finalement arrêté leur manège, au grand plaisir d'Hermione qui sentait enfin les pièces du puzzle de sa vie s'assembler dans une osmose quasi parfaite.
Quasiment car Harry n'avait pas perdu l'ambition de séduire Hermione et qu'il ne s'en cachait pas le moins du monde. Même si la jeune femme était de plus en plus agacée par son comportement, elle n'osait pas lui dire de but en blanc que son cœur – et que son corps – était pris. Elle aurait voulu être honnête mais quelque chose lui disait que ses amis ne réagiraient pas bien à la nouvelle… Ils se faisaient déjà un tel plaisir de rejeter toutes les fautes du monde sur les épaules de la terreur des cachots qu'elle sentait sa colère prête à exploser.
Aucun des deux n'avaient rien vu quant au changement d'attitude de leur amie, et pour une fois, elle était on ne peut plus satisfaite de leur manque total de sensibilité. Ginny, néanmoins, paraissait plus intriguée par la nouvelle forme de sa meilleure amie, elle n'était pas aveugle et sentait bien Hermione s'épanouir de jour en jour. Ne restait qu'à en découvrir la cause.
« Hermione. Je sais que Ron et Harry ont à eux d'eux le sens d'observation d'une meute de Ronflaks Cornus, mais ce n'est pas mon cas. »
Elle l'avait intercepté dans la salle commune des Gryffondors, les mains sur les hanches et un air implacable collé sur le visage dans une parfaite imitation de Molly.
« Qu'est-ce qui t'arrive ? Tu vois quelqu'un ? »
« Oh non… non bien sur… Je suis juste… contente d'être à Poudlard. »
Un simple regard suffit à faire comprendre à Hermione qu'elle était une piètre menteuse. Elle respectait Ginny, mais lui dire la vérité était une option qu'elle n'avait pas. Amie ou non, la rousse restait une Gryffondor, une Weasley, et une femme avec énormément de tempérament. Dans un soupir, Hermione attira son amie sur le canapé et respira un grand coup avant de commencer :
« Bon d'accord. Je crois que… Je crois que je suis amoureuse. »
Devant l'expression de choc qu'affichait son amie, elle s'empressa de continuer, espérant ne pas avoir trop attisé sa curiosité :
« Tu ne le connais pas. Je ne peux vraiment pas t'en dire plus, désolée. Mais de ton côté… tu sais, je suis au courant… pour Harry. Je sais que tu l'aimes. »
Soulagée d'avoir trouvé un moyen de changer de sujet, Hermione regarda son amie tenter de nier sans conviction. Sans pouvoir retenir un petit éclat de rire, elle lui prit doucement la main avant de dire :
« Je t'assure que ça m'est égal Ginny. Au contraire, je trouve que vous iriez très bien ensemble… »
Elle acheva de la convaincre avec un grand sourire, puis elle prit congé en expliquant qu'elle devait retrouver Rogue – elle fit une belle grimace d'horreur à l'évocation de ce nom – pour l'aider, en tant qu'assistante. Elle fit semblant de traîner les pieds dans le couloir jusqu'à être sure que plus personne ne la verrait, mais une fois dans les cachots elle pressa le pas, sans pouvoir cacher le grand sourire que ses lèvres formaient contre son gré.
Elle toqua doucement à la porte des appartements de Snape et attendit qu'il lui ouvre. A peine avait-elle vu son visage dans l'encadrement qu'elle se jeta sur ses lèvres, avide d'y goûter à nouveau après une journée de mensonge. Severus y répondit avec plaisir, arrachant un gémissement à la jeune femme avant de la faire rentrer chez lui.
A quelques mètres de là, Harry enleva sa cape d'invisibilité, la fureur déformant les traits de son visage.
Héhé, je vous laisse en suspens ^^ j'espère que vous avez aimé =)
Il reste 3 chapitres à poster et cette fois j'en posterai à nouveau un par jour pour faire durer le suspens :p
N'hésitez pas à me donner votre avis =)
