Voilà voilà on avance un peu plus dans l'intrigue et ça commence à devenir tendu ^^ vraiment je voulais vous remercier pour vos reviews, ça me motive à poster régulièrement et ça me fait vraiment plaisir =)
J'espère que ce chapitre vous plaira, bonne lecture !
Un cri perçant retentit au loin tandis que le professeur Dumbledore reposait l'épée de Gryffondor, les yeux fixés sur la coupe de Poufsouffle désormais brisée sur son bureau. Epuisé, il s'assit dans son fauteuil et s'accorda le luxe d'un dernier sourire. Il le savait, la fin était proche, il ne restait plus qu'un horcruxe détaché de l'âme de son maître : Nagini.
Il avait fait sa part du travail, le reste de l'Histoire dépendait d'un certain Harry Potter. Tout se jouerait pendant la bataille finale. Il soupira de lassitude avant se pincer l'arête du nez. La guerre approchait.
La rumeur s'était répandue dans toute l'école comme une trainée de poudre, si bien que tous les tableaux du Collège étaient désormais au courant du ragot : Mlle Granger et le professeur Rogue. Impensable, pensait-on dans les salles communes, écœurant, soufflait-on dans la Grande Salle.
Cependant l'entrée de la jeune Gryffondor en question coupa court aux murmures qui agitaient le petit déjeuner. Elle sursauta lorsque le silence s'installa à son arrivée, oppressant, accusateur… insultant. Elle jeta un regard en direction de la table de ses amis et comprit tout en un instant. L'air presque malade d'Harry, les joues rouges de colère de Ron, le silence obstiné dans lequel Ginny s'était murée. Les regards dégoutés que lui lançaient toutes les tables, y compris celle des professeurs.
Retenant une larme qui menaçait dangereusement de couler, Hermione fit volte face et sortit de la salle tandis que les murmures indignés lui parvenaient depuis le couloir. Après seulement quelques mètres, elle sentit une larme rouler le long de sa joue et sans réfléchir elle se précipita dans la salle commune des Gryffondors.
Quelques minutes plus tard, le portrait de la Grosse Dame pivota à nouveau pour laisser entrer Harry, Ron et Ginny. Hermione se tenait toujours debout face à la porte, elle savait qu'ils viendraient tôt ou tard. Les poings serrés, elle attendit le premier coup.
Son ex petit-ami alla s'installer dans le canapé, lui tournant résolument le dos, le teint livide. Ginny restait debout, à côté de son frère, incapable de dire un mot tandis que Ron laissait échapper la colère qui apparemment l'avait agité depuis son réveil :
« Hermione mais qu'est-ce qui t'as pris ? Rogue ! Rogue ! J'y crois pas, je pensais te connaître mais ça… ça c'est simplement répugnant ! Rien que l'imaginer te tenir la main j'ai envie de vomir ! »
Hermione se sentit prise d'un frisson, ne sachant pas si c'était de colère ou de tristesse, elle se contenta de serrer plus fort encore ses poings, s'enfonçant les ongles dans la peau, essayant de concentrer sa douleur partout sauf sur les mots que son ami lui crachait à la figure.
Pendant ce temps, Ginny restait immobile, elle n'avait pas l'air en colère, juste… choquée. Hermione avait l'impression qu'elle menait une bataille intérieure pour savoir comment réagir. Mais la jeune brune s'en fichait, elle aurait aimé que ses amis approuvent son bonheur, où qu'elle le trouve. Apparemment, elle avait eu tort.
Elle sentait l'amertume et la colère monter en elle, si bien qu'elle aurait voulu étrangler Ron sur place, mais elle était décidée à lui montrer plus de respect que lui n'en faisait preuve.
« Comment tu as pu nous faire ça Hermione ! C'est un Mangemort putain, un traître en plus de ça, un sadique ! En plus de ça il est laid ! »
Il s'approcha dangereusement d'Hermione et lui attrapa le bras avant de lui hurler à la figure :
« Je sais que tes résultats sont importants pour toi, mais de là à te prostituer pour être sure de réu… »
Ron n'eut pas le temps de terminer sa phrase. Avant que quiconque ait eu le temps de réagir, Hermione avait levé son bras et donné un coup de poing sur le visage du rouquin. Dans un délicieux son qui indiquait qu'elle avait cassé l'os, Ron s'effondra au sol, essayant d'arrêter le saignement.
Elle l'entendit gémir sous le coup de la douleur, mais elle n'en avait plus rien à faire. Une larme solitaire dévala sa joue désormais rouge de colère tandis qu'elle sortait en trombe de la salle commune, hurlant de toute la force de ses poumons :
« Tu ne comprendras jamais rien Ronald ! »
Elle ne vit pas la tentative de Ginny pour lui attraper le bras, pas plus qu'elle n'aperçut les élèves qui la bousculaient dans le couloir en l'insultant. Les yeux brouillés de larmes, elle parcourut les couloirs du château jusqu'à arriver au seul endroit qui pourrait lui apporter du réconfort : les appartements de Severus.
Elle cogna lourdement à la porte, s'appuyant dessus de tout son poids. Lorsqu'elle s'ouvrit finalement, elle tomba donc directement dans les bras de son professeur de Potions. Trop heureuse de pouvoir nicher son visage dans le creux de son cou, elle ne s'aperçut pas tout d'abord que quelque chose n'allait pas.
Rogue restait étonnement stoïque, il n'avait pas passé ses bras autour de son corps frêle, il ne caressait pas ses cheveux. Il restait parfaitement immobile, les yeux dans le vague. Et lorsqu'Hermione s'en rendit finalement compte, une crainte sourde s'empara d'elle. Il ne pouvait pas l'abandonner aussi, il ne pouvait pas partir et la laisser seule. S'accrochant de toutes ses forces au tissu de sa robe elle sanglota :
« Dis moi que tu n'as pas été renvoyé… »
A ces mots, Severus sembla soudain reprendre conscience. Il posa délicatement ses mains sur celle de la jeune femme et l'obligea à lâcher prise. S'écartant d'elle, il commença à faire les cents pas dans son bureau, regardant parfois ses étagères, parfois le tapis. Jamais dans sa direction.
Après une minute de silence oppressant il se décida à parler :
« Non. Je n'ai pas vu Albus depuis plusieurs jours. Mais cette… rumeur a déjà dépassé les enceintes du château. Le Seigneur des Ténèbres en a entendu parler par Lucius au ministère, ma protection est tombée. »
Hermione resta sous le choc. Elle n'avait pas pensé à toutes ces conséquences, à son rôle d'espion. Elle n'avait rien vu de tout cela. Sa couverture était compromise, par sa faute.
Elle voulut s'approcher de lui, sans bien savoir quoi faire, elle aurait juste voulu lui prendre la main, effleurer sa peau du bout des doigts… n'importe quoi. Mais il l'arrêta d'un geste de la main qui lui coupa le souffle.
« Ma trahison me place en haut de la liste des cibles du Seigneur des Ténèbres, et je ne peux pas te faire courir ce risque. » reprit-il d'un ton froid.
« Cette rumeur va accélérer la guerre, les Mangemorts ne tarderont pas à attaquer Poudlard pour se débarrasser de Potter et de moi. Hermione, je… je ne survivrai pas à cette guerre. »
Hermione put sentir son cœur se briser à ces dernières paroles. C'était tout à la fois comme si quelqu'un venait de la frapper dans l'estomac et s'amusait à arracher son cœur à main nue. Et ça faisait mal. Atrocement mal. Elle sentit ses lèvres remuer mais n'était pas sure de s'être entendue elle-même :
« Ne dis pas ça… Et si tu survivais ? »
« Ça ne changerait rien. Je suis désolé Hermione, je ne peux plus rien pour toi… »
Hermione sentit la colère la submerger tout à coup. Comment pouvait-il dire ça ? Maintenant ? Elle eut l'impression de courir dans le vide tandis que la Terre s'effondrait sous ses pieds. Elle aurait aimé s'approcher de lui, le prendre dans ses bras, l'embrasser une dernière fois au moins, goûter à ses lèvres qu'elle avait tant aimé.
Mais il lui semblait qu'un mur invisible s'était dressé au milieu du bureau, les séparant à tout jamais. Severus lui tournait le dos. Elle ne plongerait plus jamais son regard dans le sien, elle ne se noierait plus jamais dans l'onyx de ses yeux, elle n'aurait jamais l'occasion de lui dire combien elle l'aimait…
Sentant les larmes lui brûler les yeux, elle sortit en silence, refusant de pleurer devant lui. Elle courut à nouveau dans les couloirs, ouvrant rageusement les grandes portes qui menaient au parc. Sans reprendre son souffle elle s'élança sur la pelouse et finit par s'écrouler à l'ombre de cet arbre qui avait si souvent recueilli ses chagrins.
Une larme solitaire roula le long de la joue de Severus, silencieuse, amère. Mais ça, personne ne le saurait jamais.
Plusieurs minutes plus tard, une main attrapa doucement le bras d'Hermione, la forçant à s'asseoir correctement. Ginny comprit tout de suite qu'Hermione avait pleuré, mais elle décida de ne pas en rajouter.
Elle s'assit elle-même dos à l'arbre et appuya son épaule contre celle de la jeune sang et or. Après plusieurs minutes de silence, la jeune Weasley prit enfin la parole, d'un ton étonnement calme :
« Alors c'est lui que tu aimes ? »
Hermione acquiesça en silence, incapable de prononcer le moindre mot. Ginny décida donc de poursuivre :
« J'ai été… choquée, autant le dire. Mais contrairement à Ron, je comprends tout à fait. Je te fais confiance tu sais et je ne te juge pas. »
Hermione sentit une nouvelle crise de larme s'emparer d'elle, alors elle se jeta littéralement dans les bras de sa meilleure amie, étouffant ses cris et ses sanglots dans l'uniforme de la jeune rouquine.
Elle pleura ainsi un long moment, s'agrippant à la chemise de Ginny, hurlant la douleur qui lui broyait les entrailles :
« Il m'a jetée… Je… je n'ai pas pu l'embrasser une dernière fois… Il… Il va se faire… se faire tuer… et je l'aime tellement… »
Elle sanglota ainsi encore quelques minutes, puis lorsque la fatigue la gagna complètement, Ginny la força à se relever. La soutenant du mieux qu'elle pouvait, elle la raccompagna jusqu'à ses appartements, et décida de la laisser se reposer un peu cet après midi.
Quelques heures plus tard, Hermione se réveilla en sursaut. Des bruits terrifiant résonnaient dans le château, les élèves criaient, couraient dans tous les sens tandis que les professeurs essayaient de maintenir le calme. La jeune Gryffondor s'habilla en vitesse et sortit, la baguette tendue. Elle se fraya un chemin jusqu'à la Grande Salle et un seul coup d'œil en direction du parc suffit à lui faire comprendre. La marque des ténèbres flottait au dessus de la forêt interdite.
Le chapitre n'est pas très long mais il est indispensable pour la fin de la fic ^^ ne me tuez pas encore, il reste deux chapitres !
J'espère que ça vous a plu quand même =) et comme d'habitude, n'hésitez pas à commenter, vos reviews me font toujours plaisir !
