Voici le deuxième chapitre avec pas mal de réponses, peut-être trop mais ce n'est pas non plus une intrigue policière !

Merci pour vos encouragements, j'espère que ça vous plaira !

Chapitre 2 : La terrible vérité.

La femme assise sur le canapé me regardait avec un petit sourire triste. Elle était belle, des cheveux claires, un regard perçant. Je compris que si j'avais les cheveux aussi foncés que Charlie et ses yeux, j'avais sa bouche à elle, son nez, sa forme de visage et sa taille.

J'avais ma mère en face de moi et je ne pouvais bouger. Nous sommes restés plusieurs minutes dans un silence absolu.

Charlie avança vers elle, en lui demandant :

-Comment nous as-tu retrouvé ?

-J'ai toujours su où vous étiez. Répondit-elle tranquillement.

-Mais pourquoi ? dit-il d'une voix plaintive.

-J'avais espéré qu'une fois Isabella partie, Carlisle renoncerait à notre accord, je lui ai même proposé qu'on crée un poste de 1er ministre pour lui. Mais voilà un an qu'il me réclame le retour d'Isabella. Je suis désolée Charlie, je n'ai rien pu faire.

Mon père était raide comme un piquet et dévisageait Renée. Il se retourna ensuite vers moi en disant :

-Bella cours dans ta chambre, prends quelques affaires tu as deux minutes, on s'en va.

J'étais paralysée, je ne comprenais pas ce qui se passait… Renée soupira en disant tout bas :

-Charlie, Carlisle est là aussi…

Elle s'adressa ensuite à moi.

-Ma chérie monte dans ta chambre, prépare tes affaires nous partirons dès que tu seras prête. Ne tente pas de sortir de la maison sans moi les hommes dehors peuvent être dangereux.

Je me retournai vers mon père, il acquiesça et baissa la tête.

Je montai tremblante les marches et je m'arrêtai en haut de l'escalier, écoutant…

Après plusieurs minutes, j'entendis Renée dire à mon père.

-Je ferai tout pour la protéger… je

-Et comment ? la coupa Charlie, en la donnant au fils de Cullen ?

-Mais je serai là pour prendre soin d'elle.

Je m'engouffrai dans ma chambre, je ne pouvais pas en entendre plus.

On allait me « donner »… Comment pouvait-on donner un être humain ? Je pleurais, pourquoi ma vie venait-elle de déraper à ce point ?

Après le désespoir, je passai à la colère. Charlie voulait-il garder ma virginité pour le fils Cullen, tout son apprentissage me menait-il là ?

Je me sentis trahie.

Et Jacob….

Je vidais mon corps de toutes ses larmes jusqu'à ce que je tombe dans l'inconscience.

Les rayons du soleil commençaient à filtrer dans ma chambre. J'espérais avoir fait un mauvais rêve, j'étais allongée sur mon lit. Mon père était assis à côté de moi, me caressant les cheveux. Quand je levai enfin les yeux sur son visage, il était dévasté. J'entendis du bruit, je cherchais donc des yeux et je vis Renée en train de s'affairer à plier mes affaires dans une valise.

Oh mon dieu, tout ceci était bien réelle.

-Ma chérie, je suis contente que tu sois réveillée, quel vêtement souhaites-tu mettre pour le voyage ? me demanda-t-elle.

Je n'avais plus de larmes, je n'étais plus que colère.

-Ne m'appelez pas « chérie », je ne vous connais pas, lui crachai-je.

Elle releva sa tête pour croiser mes yeux, je vis dans les siens de la peine, beaucoup de peine et de tristesse.

-Isabella, je sais que c'est dur pour toi et je promets de tout te raconter dans l'avion, le voyage sera un peu long.

Un espoir surgit :

-Je n'ai pas de passeport.

Elle me fit un sourire triste.

-Tu n'en n'as pas besoin nous voyageons dans un jet privé diplomatique.

Mes épaules s'affaissèrent, elle reprit doucement :

-Et si tu allais te laver, ton père et moi allons descendre tes bagages et t'attendre pour prendre un petit déjeuner avant de partir.

Je pris tout mon temps sous la douche, de retour dans ma chambre, il y avait un pantalon et un chemisier sur le lit. Je n'avais déjà plus le droit de choisir comment m'habiller ?

Je repensais à Jacob. Je prie donc un papier pour lui laisser une lettre.

« Jacob,

Mes origines m'ont rattrapées. Renée m'emmène je ne sais où. J'espère que Charlie t'expliquera car moi je suis perdue.

A jamais dans mon cœur…

Bella »

Je descendis, je donnai la lettre à Charlie pour Jacob ainsi que le médaillon il allait en avoir plus besoin que moi. Il était temps de partir, il fallait que je sache ce qui m'attendait pour trouver une solution.

Je refusais de manger.

Avant de partir, je pris Charlie dans mes bras et lui chuchotais-je :

-Trouve une solution et vient me chercher.

-Je te le promets ma belle.

Je versai une dernière larme. Je m'en faisais la promesse, ils ne m'atteindront pas, c'étaient mes dernières larmes.

Une grande voiture noire attendait devant la maison. Je montai à l'arrière avec Renée. Un homme de l'âge de Renée nous attendait. Il paraissait grand, un corps bien conservé des cheveux châtains clairs, séduisant pour son âge.

Il nous accueilli avec un grand sourire. Il me tendit sa main, je la fixai sans la prendre, il ne départit pas de son sourire et me dit :

-Je suis ravie de faire ta connaissance Isabella.

-Et vous êtes, questionnai-je ?

-Oh pardon, Carlisle Cullen.

Une alarme se mit en marche dans ma tête, il ajouta :

-C'est un plaisir de pouvoir enfin te rencontrer.

-Plaisir non partagé Mr Cullen.

Il garda encore son sourire et s'adressa à Renée.

-C'est une bien belle jeune fille que tu as Renée, par contre je persiste à penser que c'était une erreur de la laisser aussi longtemps à Charlie.

-Non j'en doute, répondit ma mère. Il lui a donné une éducation irréprochable.

-Est-elle au moins encore vierge ?

-Bien sur, répondit ma mère indignée.

-Je m'en assurerai moi-même. Il serait dommage qu'on ne puisse célébrer les noces à la cathédrale.

Ma mère avait du voir que j'étais tendue comme un arc.

-Carlisle, pourrions-nous en discuter plus tard ? J'aimerais expliquer moi-même l'histoire de Syllavie à Isabella dans l'avion.

J'étais indignée par ce que j'entendais, indignée qu'on parle de moi comme si je n'étais pas présente, indignée d'être réduite à une chose jugeant de sa valeur.

Heureusement que je n'avais pas déjeuné, j'aurais tout rendu.

Il fallait que je sois forte, je ne voulais pas qu'il sache qu'il pouvait m'atteindre. Je resterai libre penseuse même si mes gestes seront contrôlés !

Arrivée à l'avion, Renée nous installa un peu à l'écart. Il y avait 3 autres hommes avec Cullen, 2 jeunes d'une carrure assez impressionnante et 1 autre homme lui aussi assez impressionnant de l'âge de ma mère.

Dès que nous fumes assis ma mère commença son récit.

« Il y a 5 siècles, le comte Sylvain de Picardie, aristocrate nanti en mal de sensation forte parti en mer. Il découvrit une île dans l'océan Atlantique elle mesure une centaine de kilomètres de long à l'ouest de l'Espagne et de l'Afrique. A sa découverte, elle était inoccupée, le climat plu au comte et revendiqua cette terre comme sienne. Il l'a baptisa Syllavie. Il régna en maître. Avec sa fortune, il décida de construire un village qui se transforma en ville. Le comte avait un idéal, il voulait l'excellence, privilégier la communauté, le savoir pour tous, beaucoup d'idées utopiques, il y consacra sa vie.

Son île fut à la mode les riches envoyaient leur enfant pour qu'ils reçoivent la meilleure éducation.

Le comte de Syllavie était le seul propriétaire des terres de l'île. Sa fortune était telle qu'il n'y eu aucun impôt pendant plusieurs décennies. Syllavie pendant ce temps prospérait gardant sa réputation et la gouvernance de l'île de descendance en descendance.

Le titre honorifique de comte ou comtesse Syllavie est donné à chaque aîné et ce quelque soit le sexe, c'était assez avant-gardiste pour son époque qu'une femme puisse diriger un territoire.

J'ai été responsable de l'île à la mort de mon père, un an après ta naissance.

Quand je repris la gouvernance, les caisses étaient vides, toutes les ressources naturelles de l'île étaient épuisées. Nous devions beaucoup importés ce qui a un coût assez important. Les infrastructures étaient vieillissantes. Même si la moitié des habitants de l'île sont fortunés, les terres appartiennent toujours à la famille et un des souhaits du comte a toujours été de ne jamais vendre une seule parcelle de son île.

En centralisant le pouvoir, le fonctionnement de l'île est précis, idéalisé et exemplaire, c'est un petit paradis.

Tu apprendras plus tard toutes les lois du royaume ainsi que son fonctionnement et son histoire dans les moindres détails.

Je reprends donc à mon arrivée au pouvoir, je n'aime pas trop ce terme car tu verras que c'est avec les autres qu'on arrive à faire les meilleures choses, même si la dernière décision me revient toujours, donc j'ai du chercher des solutions pour rétablir les finances de l'île, notre fortune personnelle ayant déjà été utilisée dans la restauration d'édifice. Il ne nous restait plus que les biens immobiliers, les objets précieux et les terres même si ça compose une fortune considérable, nous ne disposions d'aucune liquidité. La trésorerie était inexistante.

Carlisle qui était, médecin, directeur de l'hôpital, conseiller et ami m'aidait dans la recherche de solution. Il affectionne particulièrement l'île et son fonctionnement. L'île a ses lois et ses logiques qui n'existent nulle part ailleurs, on y adhère complètement ou on quitte l'île.

Carlisle fait partie de ses conservateurs qui souhaitent plus que tout la pérennité des traditions. Il fait lui-même partie d'une vieille famille de noble très riche.

Toutes les solutions envisagées nuisaient à l'ordre et à l'équilibre de l'île. Les solutions mises en place ont eu plus de retombées négatives que positives. Nous arrivions dans une impasse jusqu'au drame.

4 ans après ta naissance, un pont s'est effondré faute d'argent pour réparer ou remplacer les infrastructures, il y a eu un mort.

Je n'arrivais pas à me pardonner et les travaux ne pouvaient attendre plus longtemps.

Alors Carlisle m'a proposé un accord en échange de ta main à son fils, il investissait toute sa fortune personnelle dans les caisses du royaume ainsi que mener plusieurs actions style œuvres caritatives pour l'amélioration de l'île.

C'était une solution juste dans l'intérêt de l'île et des deux familles puisque l'île reviendrait à l'héritier de cette union, donc ni l'une ni l'autre famille serait dépouillée de leur bien, mais plus important encore la tradition perdurerait et l'île était sauvée tout comme ses occupants et sa qualité de vie.

Gouverner un territoire, un royaume ou notre île implique des sacrifices, un don de soi pour le bien de celle-ci et de ses habitants.

Je suis désolée ma chérie mais pendant tout ce temps j'ai cherché une alternative à cet accord sans succès… elle fit une pause.

J'ai pu repousser le mariage de quelques semaines pour que tu puisses apprendre le fonctionnement et les lois de l'île. Charlie m'a toujours informé de tous les enseignements que tu as suivis, je pense que tu apprécieras le fonctionnement universitaire de l'île et ses possibilités d'apprentissage.

Une des traditions de l'île stipule que seules les femmes vierges peuvent se marier à la cathédrale d'où la remarque de Carlisle, les autres femmes doivent se marier à la chapelle.

Tu l'auras compris Carlisle aime le respect des traditions. Nous attendons que vous ayez un enfant qui sera l'héritier de l'île.

Edward est un très gentil et très beau jeune homme. J'aime à croire que tu puisses l'aimer si ce n'était pas le cas je pourrais essayer de convaincre Carlisle d'avoir recours à une insémination artificielle. Officiellement vous seriez un couple mais vous pourriez au quotidien avoir chacun votre intimité, malheureusement je ne peux pas te promettre une telle chose mais je cherche toutes les solutions possibles pour rendre les choses moins pénibles pour toi. Quoiqu'il en soit, ton premier enfant sera l'héritier de l'île tout comme avant tu es l'héritière.

-As-tu des questions Isabella ?

-Un bon millier, répondis-je.

Elle me fit un faible sourire.

-Tu as quelques semaines devant toi pour apprendre à connaître ton royaume ainsi qu'Edward. Nous arriverons ce soir au palais et tu pourras te retirer dans ta chambre pour te reposer. Demain j'aimerais te présenter Alice, elle t'expliquera l'essentiel pour l'instant, elle t'aidera avec les tenues à porter. Jeudi, j'aimerais te présenter aux habitants du palais, au conseil ainsi qu'Edward. En fin de semaine nous annoncerons à la presse ton retour. Et enfin le samedi 25 septembre aura lieu le bal de ta présentation au monde. Pour le reste nous en rediscuterons plus tard. En règle générale tes matinées seront réservées à l'apprentissage des lois et du fonctionnement de l'île c'est Jasper Whitlock qui t'informera et tu pourras faire connaissance avec les habitants de l'île l'après midi. Y a-t-il quelque chose que je puisse faire pour te rendre la vie plus facile Isabella ? finit-elle par me questionner Renée.

Je réfléchis, me laisser partir n'était pas une option alors je répondis :

- Appelle-moi Bella.

Elle me fit un sourire qui atteignit ses yeux pour la première fois et me chuchota :

-Tu m'as tellement manqué Bella.

Ensuite elle se tut, dans d'autres circonstances j'aurais répondu « moi aussi » mais qu'est ce que je pouvais répondre à la femme qui m'a donné contre un royaume ?

Je réfléchis à tout ce que m'avait enseigné Charlie, à son interrogation du choix. Pensait-il vraiment que j'aurais pu choisir de sacrifier ma vie pour cette île ? Pour ce royaume, pour ces gens que je ne connaissais pas ?

Le côté altruisme de cet acte diminuait l'horreur du mariage arrangé.

C'est rempli de toutes ces informations, de toutes ces interrogations que mon esprit m'accompagna dans le sommeil. Lorsque je me réveillerai je devrai faire face à ma nouvelle vie, loin de mes repères et des gens que j'aime.

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Alors ce deuxième chapitre, votre avis ?

Le prochain chapitre est du point de vue d'Edward !