Note de l'auteur : Bonjour à tous ! Encore merci pour vos reviews ) Laissez moi en pleins, j'adore ça xD
Voici un chapitre un peu moins drole mais nécessaire à l'histoire!
Have fun
Mlle JeSs
Chapitre 8 : "Souvenirs, souvenirs ...Quand ils nous rendent complètement maboule..."
-Où vas-tu ? me demande Anna.
-Me promener dans le parc, je pense. Tu veux venir ? lui demandai-je tout en enfilant ma cape et mon écharpe.
-Non, je suis fatiguée, je te rejoindrai peut-être tout à l'heure…
-Comme tu veux, ma grande !
Je sors du dortoir et de la salle commune sans adresser un regard à personne.
J'arrive dans le parc quelques minutes plus tard. Il fait assez frais, je dois dire. Je resserre mon écharpe autour de ma gorge et me dirige vers le lac.
Ça fait trois jours que tout s'est calmé. Il ne s'est rien passé de bien passionnant depuis ce soir-là où Lupin m'a appelé par mon prénom tout en jouant les pseudos-héros.
Nah, mais il avait fumé quoi ? Il a vraiment cru que j'allais lui en parler la prochaine fois que j'ai un problème ? Si c'est ça, je serais tout le temps fourrée avec lui ! Ouais, la galère, en gros !
Je soupire et continue de marcher. L'herbe est mouillée et l'air est frais. Parfait pour faire une petite promenade…
Je n'arrête pas de retourner la semaine dernière dans ma tête ! Malgré que ce soit à cause de l'alcool, et ça l'est, je n'arrive pas à oublier Lupin s'approchant de moi pour m'embrasser.
Si on m'avait dit, la première fois qu'on s'est rencontré, qu'un jour j'embrasserais Lupin, je crois que je me serais enfuie sur l'île des malabars, histoire de ne jamais être en manque.
D'ailleurs notre rencontre, plus j'y pense et plus ça me fait sourire.
C'était lors de notre première année….
Je marche d'un pas conquérant, comme un lion prêt à bondir sur sa proie. Je regarde attentivement toutes les personnes dans cette file d'élèves qui n'attendent que de partir s'éclater à Pré-au-Lard.
À cette époque, j'ai les cheveux au carré, toujours aussi noirs, et mes yeux sont comme aujourd'hui, toujours aussi bleus.
Je m'arrête soudain. Ça y est, proie n°1 repérée !
Un garçon blond tirant sur le châtain, les yeux a priori marrons, des habits plus ou moins à la mode et surtout, le plus jouissif, l'écusson de Gryffondor sur la cape. Immanquable dans une foule de verts et argents.
Un grand sourire sadique s'étale sur mon visage. C'est fou comme je suis déjà super peste à cet âge-là !
Toujours mon sourire collé au visage, j'avance parallèlement à la file d'élève et me place devant le garçon de Gryffondor. Il me tapote l'épaule avec son index pour attirer mon attention. Ah, je déteste ça !
Je me retourne et le regarde.
- Excuse-moi, mais c'était ma place… me dit-il avec un sourire poli.
Il ne va pas le rester longtemps !
-Et alors ? demandai-je.
-Eh bien… Tu es passée devant moi alors que j'attends depuis longtemps….
-Et alors ? répétai-je.
-Eh bien, c'est impoli ! me dit-il, toujours aussi calme.
-Oui et alors ?
-Je… Enfin… Tu devrais faire la queue, comme tout le monde, mes amis m'attendent déjà depuis longtemps !
Je me retourne et constate en effet qu'un groupe de garçons de Gryffondor font de grands signes dans sa direction.
J'hausse les épaules.
-C'est dommage pour toi, dis-je d'un ton dégagé.
Il est vraiment trop calme ce gars, c'est franchement insupportable ! Bon allez, un petit pari avec moi-même ! J'arrive à lui faire péter une coche en cinq minutes chronométrées !
-Tu pourrais avoir un peu de respect pour ceux qui attendent! me dit-il, toujours aussi calmement.
-J'ai pas envie ! dis-je en regardant devant moi, lui tournant ostensiblement le dos.
Il soupire d'exaspération. Bon point !
- Mets-toi au moins derrière moi…
-Non, je suis bien ici !
-S'il te plaît, je suis déjà en retard et on m'attend ! dit-il gentiment.
Gentiment ?! Il m'a pris pour une Poufsouffle ou quoi ?! Ça marche pas, ça !
Ah, et en plus, il est trop calme !
Je me retourne et lui colle une baffe.
- NON, MAIS ÇA VA PAS ?! hurle-t-il.
Ah ah, gagné !
Je lui offre mon plus beau sourire de peste.
-Ça fait du bien de crier, n'est-ce pas?!
-T'es une grande malade, toi ! crie-t-il toujours.
-Si tu le dis …
Voilà comment s'est passée notre première rencontre. Originale, n'est-ce pas ?
Je souris encore à ce souvenir. C'est un bon souvenir, ça, c'est sûr ! La première fois que j'ai réussi à énerver Remus Lupin ! La première fois que quelqu'un a réussi à énerver Remus Lupin ! Je ne suis pas peu fière de moi, sur ce coup-là…
Serait-ce de la nostalgie ?! J'en sais rien… Mais à cette époque, notre relation était simple. On s'engueulait, je le frappais parfois, il m'insultait…On se détestait, tout simplement ! Maintenant ça ressemble à du grand n'importe quoi !
Je m'assoie au pied du Saul Pleureur.
C'est vrai, j'ai eu de bons souvenirs, mais aussi des mauvais. Je crois que le pire restera toujours celui du jour de la mort de ma mère.
C'était un soir, j'avais huit ans…
-Connie, qu'est-ce qui se passe ? Parle-moi, bon sang ! criait mon père.
-Je… Franck, je suis désolée ! Tellement désolée ! Je ne pensais pas qu'ils iraient jusque-là ! répondit ma mère, au bord des larmes.
Je descends les marches et déboule dans le salon. Maman est devant la fenêtre et ne cesse de regarder dehors.
-Maman, pourquoi criez-vous ? Qu'est-ce qui se passe ? demandai-je.
-Ma chérie ! Viens par là …
J'avance vers elle, la mine inquiète.
-Tu te souviens de ce que je t'ai dit ? Ce que tu ne devais dire à personne ? me demande-t-elle.
J'hoche la tête.
-C'est la vérité, ma chérie ! dit-elle en me caressant les cheveux.
Sa voix est pressante et ponctuée de sanglots.
-À tes onze ans, tu recevras la lettre de Poudlard. Tu te souviens de ce qu'est Poudlard ?
-L'école pour les sorciers, répondis-je.
-Oui, mon amour…
-Enfin Connie, c'est quoi ces histoires ?! s'exclame mon père.
-Des gens en veulent à Maman parce qu'elle est tombée amoureuse d'un non-sorcier. Tu comprends, Lavena ?
-Papa n'a pas de bâton pour faire la magie, c'est ça ?!
-Oui, mon amour. Maman vient d'une très grande famille de sorciers, et ils n'ont pas été contents quand elle s'est mariée avec papa et quand elle a eu un bébé avec lui.
Je la regarde avec de grands yeux étonnés.
-Le bébé, c'est toi, mon ange. Le fruit de notre amour ! s'exclame-t-elle.
Les larmes coulent sur ses joues. Je ne comprends pas où elle veut en venir.
-Alors, c'est des méchants ?
-Oui, c'est ça.
-Connie… Je n'y comprends rien ! reprend mon père.
-Je… Maman doit partir, ma chérie !
J'entends des bruits d'explosions au dehors.
-Non ! Pourquoi ? demandai-je, paniquée.
-Il le faut ! Pour vous protéger, toi et papa !
Les larmes coulent sur mes joues, un torrent de larmes impossible à arrêter. Où va ma maman, qui sont ces gens ? Que veulent-ils ? Qu'avons-nous fait de mal ?
-Je veux pas, maman ! Tu dois rester avec papa et moi !
-Je sais, mon amour, mais je ne peux pas…
-Connie, explique-moi ! dit mon père.
Une autre explosion retentit. Je sursaute et me blottis dans les bras de maman.
-Je suis une sorcière, Franck. Je viens d'une grande famille de sorciers prônants les Sangs-Purs et ayant pour conviction que les non-sorciers doivent être exterminés. Quand je me suis mariée avec toi, ils n'ont pas apprécié, et quand nous avons eu Lavena…Encore moins …
-C'était eux…
-Oui, c'était eux, mais il n'ont pas réussi…Elle est là !
-Je…
-Écoute, ils sont venus pour nous ! C'est soit moi… Soit elle !
Je ne comprends pas cette conversation. Qu'est-ce que veut dire Maman ?
-Tu ne peux pas y aller, Connie ! On va s'enfuir… Se cacher ou je ne sais pas… dit mon père, paniqué.
-Non Franck, ça ne servirait à rien !
Une autre explosion retentit.
-Lavena ?
Je lève la tête vers elle.
-Le jour de tes onze ans, quand tu recevras la lettre, tu iras au Chemin de Traverse, c'est là que tous les sorciers font leurs achats.
J'hoche la tête en signe de compréhension.
-Tu iras à Gringott, c'est la banque des sorciers. Et là-bas, tu verras, il y aura un compte à ton nom. Garde cette clef, mon ange, elle ouvrira le coffre.
-Je veux pas que tu partes ! dis-je de manière suppliante.
-Il le faut !
Elle détache son collier, celui qu'elle porte tout le temps. Elle met la clef comme pendentif, à coté de celui en cœur. Elle m'ouvre la main et le met dedans.
-Garde toujours ça sur toi.
-Maman… dis-je, toujours en pleurant.
-Ne t'en fais pas, tout va bien aller, ma chérie ! Tu es une grande fille ! Tu veilleras sur papa, d'accord ?
-Maman…
-Chuuut… me dit-elle doucement tout en caressant mes cheveux.
Une autre explosion retentit.
-Je dois y aller, maintenant.
-Connie, on peut trouver une solution !
-Il n'y en a pas, j'ai déjà cherché...
-Je ne pourrai pas l'élever sans toi ! Je ne connais rien à la magie… Je ne…
Maman s'avance vers lui et lui met un doigt sur la bouche pour lui intimer de se taire.
-Tu le feras, et tu le feras bien. J'ai confiance en toi !
Elle prend un bout de bois posé sur la table, sa baguette comme elle m'a dit, et se dirige vers la porte d'entrée.
-Non, maman, ne me laisse pas ! criai-je tout en courant derrière elle. Elle se retourne et me regarde, tristement.
-N'oublie pas que maman t'aime plus que sa propre vie, mon ange ! dit-elle me caressant les cheveux.
Elle me fait un bisou, embrasse mon père puis ouvre la porte et la referme rapidement derrière elle.
Je cours vers la porte à toute vitesse en me répétant sans cesse « Je ne veux pas perdre ma maman ! Je ne veux pas perdre ma maman ! » .
Je n'arrive pas à l'ouvrir, elle est fermée et la clef ne marche pas. Alors je hurle en tapant le bois de mes petits poings.
-Maman ! Maman ! Maman ! Maman !
Tout à coup la porte s'ouvre. Maman est allongée par terre. Il y a des hommes en noir autour d'elle, il y en a un qui me regarde. Il rit, puis disparaît, et les autres le suivent. Comment ils ont fait ? Je n'ai pas envie d'y penser. Je cours vers maman, mon père sur les talons.
-Noooooooooon !! Maman !
Je m'agenouille à côté d'elle et me laisse tomber sur son corps.
Ma maman est partie. À cause de ces gens, elle est partie…
Voilà mon pire souvenir. Pas très glorieux, je dois dire. J'essuie l'unique larme qui a coulée sur ma joue d'un geste rageur.
Mon père n'a plus jamais été le même après ça. Il m'en voulait, c'était de ma faute si elle s'était sacrifiée. Je ne l'ai compris que plus tard.
« -Écoute, ils sont venus pour nous ! C'est soit moi… Soit elle ! »
Je n'ai compris cette phrase que bien après, et à ce moment-là je me suis sentie atrocement seule.
« -N'oublie pas que maman t'aime plus que sa propre vie, mon ange ! »
Plus que sa propre vie… Oui.
J'enlève le collier que j'ai autour du cou et ouvre le petit cœur. À l'intérieur il y a une photo de Papa, Maman et moi, au temps où nous étions heureux. Avant que Papa ne rejette la faute sur moi et commence à boire. Avant la mort de maman. Avant que je devienne cynique, sarcastique et agaçante. Avant que tout ne change. Avant les Mangemorts.
Je tuerais les White un jour, je me le suis promis. Cette famille indigne d'être appelée ainsi !
Aurais-je été différente si Maman n'était jamais morte ? Sûrement…
Je soupire et essaye de rattacher le collier. Sans grand succès.
-Je vais t'aider, dit une voix derrière moi.
Je me retourne. C'est Lupin. Il fallait s'en douter, je le croise partout en ce moment. Mais je n'ai pas envie de me disputer, pas maintenant.
Je lui tends le bijou et lui tourne le dos en relevant mes cheveux.
Il effleure mon cou. Des décharges électriques me parcourent le corps.
Hormones de merde !
Il l'attache et s'assoit à côté de moi. Par un élan de je ne sais quoi, je pose ma tête sur son épaule.
-Tu sais à quoi je pensais, tout à l'heure ? lui demandai-je.
-À quoi ? me demande-t-il doucement.
-À notre première rencontre, répondis-je en esquissant un sourire, un vrai.
Il sourit aussi.
-Ça m'arrive d'y penser aussi. T'étais une vraie peste !
-Et je le suis toujours ! dis-je en rigolant.
-C'est vrai, admet-il. Pourquoi m'étais-tu passée devant, au fait ?
-Tu veux vraiment le savoir ?!
-Oui !
-Pour te faire chier ! dis-je en riant. Tu étais le seul Gryffondor. T'avais l'air gentil, aimable, poli, en bref, tout ce que je déteste, alors je me suis lancée le défi de réussir à t'énerver. Et il faut avouer que j'ai plutôt bien réussi !
-Tu m'as giflé !
-J'avais onze ans ! Elle devait pas être bien forte !
-J'avais onze ans aussi ! Elle l'était ! dit-il en montant le ton.
-Lupin ?
-Quoi ?
-Ta gueule ! Profitons juste de cinq minutes sans engueulade.
-On en a plus beaucoup, Lavena…
Il faut qu'il arrête de prononcer mon prénom. Ça me fait sentir toute bizarre !
-Qu'est-ce que tu veux dire par là ? demandai-je.
-Tu vois très bien ce que je veux dire. Notre relation est, disons… Ambiguë.
-Ne te pose pas de questions et regarde juste le soleil se coucher, tu veux ?! lui ordonnai-je, autoritaire.
Il acquiesce et passe son bras autour de mes épaules.
C'est ce qu'on peut qualifier de magique, un moment pareil avec son meilleur ennemi. On ne voit pas ça tous les jours. Et c'est bien dommage. Plus personne ne m'a pris tendrement dans ses bras depuis ma mère…
Plus personne… Lupin mis à part.
