Merci pour vos commentaires, merci aux habituées qui me laissent un petit mot à chaque chapitre, merci pour vos mises en alertes ou favoris, merci aux anonymes à qui je ne réponds pas toutes mes excuses enfin merci à CeLiRa3789 de me corriger et me motiver.

Vous l'attendiez cette confrontation j'en ai même fait un long chapitre, j'espère qu'il vous plaira !

Bonne lecture

Chapitre 13 : Une journée ensemble

Mercredi arriva vite et j'étais impatiente malgré tout de sortir du palais, passer du temps avec quelqu'un d'à peu près de mon âge d'autant plus que je n'avais pas revu Alec.

Je me dirigeais un peu après 9 heures vers le hall du palais, il pouvait bien m'attendre quelques minutes, l'idée de lui faire perdre de son arrogance en se demandant si je me présenterais me faisait jubiler.

J'arrivais bien trop vite et il était là.

-Bonjour, le saluais-je.

-Comtesse, c'est un plaisir, me dit-il, êtes-vous prête ?

J'acquiesçais.

Il commença à prendre la direction de la sortie et je n'avais pas bougé, il se retourna pour voir ce que je faisais, il m'interrogea du regard. Il était stupide ou quoi !

-Comtesse, il y a un souci ? Finit-il par demander.

-Non, j'attends juste mon chaperon. Répondis-je simplement.

Il passa alors sa main derrière son crane et se frotta la nuque, il cherchait ses mots et là je sentais la moutarde me monter au nez… Visiblement le chaperon n'était pas prévu au programme et il était hors de question que je parte avec lui sans chaperon. C'était son idée, il fallait qu'il en assume les conséquences.

-Isabella, commença-t-il voyant que je m'impatientais, vous n'avez pas de chaperon aujourd'hui.

-Comment ? J'étais prête à exploser et retourner dans ma chambre tant pis pour la balade, hors de question que Monsieur n'en fasse qu'à sa guise.

Il inspira un bon coup.

-S'il vous plait, laissez-moi vous expliquer.

Je mis mes deux mains sur mes hanches et crachais-je :

-J'attends.

Il soupira en baissant la tête et les épaules avant de se redresser et d'encrer ses yeux aux miens.

-Hier, je suis venu voir Madame votre mère pour lui faire part de mes projets, je lui ai expliqué où je voulais vous emmener et mon souhait de pouvoir parler avec vous en toute franchise et sans indiscret.

Je m'apprêtais à répliquer, je n'aimais pas son arrogance et ses manipulations, il m'intima de me taire.

-S'il vous plait, je n'ai pas fini.

Je lui jetais un regard noir.

-Votre mère a pensé que ce serait salutaire pour nous que nous puissions parler sans interférence. Elle a donc demandé à Sam de partir avant nous pour sécuriser les lieux et Quil nous suivra en voiture. Nous serons seuls uniquement pendant le trajet. Alors si vous voulez bien, nous pouvons y aller.

J'étais énervée, je cherchais une réplique acide mais rien ne venait ce qui m'agaça encore plus. Il avait raison nous devions parler et je ne risquais pas grand-chose seul en voiture avec lui. Ne voulant pas perdre et avoir le dernier mot.

-D'accord mais je veux saluer Quil avant notre départ et m'assurer qu'il nous suit bien.

Edward soupira avant d'abdiquer.

-Comme il vous plaira. Quil doit déjà attendre à son véhicule, me dit-il en faisant signe d'y aller.

J'acquiesçai et le suivi.

Quil était bien là à nous attendre, je lui fis un petit signe de la main alors qu'Edward m'ouvrait la portière côté passager de sa Volvo.

Les premières minutes de route se firent en silence, même s'il n'était pas pesant, la curiosité pris le dessus et je l'interrogeais :

-Où allons-nous ?

-C'est une surprise, répondit-il avec un sourire.

-Je n'aime pas ça, rétorquais-je.

Il soupira.

-Je vous emmène dans un endroit qui m'est cher et ensuite je vous ferai visiter un lieu qui je pense vous plaira.

Je grimaçais.

-Comtesse…

Il fit un pause cherchant ses mots et je savais que le temps était venu que nous ayons une vraie discussion.

-J'aimerais qu'on profite de ce moment pour discuter, euh… il cherchait encore ses mots… que chacun de nous puisse dire ce qu'il attend vraiment dans l'avenir. Finit-il incertain.

Je le regardais suspicieuse, me laissait-il le choix ? J'avais appris à me méfier.

-Je t'écoute, commence, lui intimais-je.

Il soupira, passa sa main dans ses cheveux avant de commencer.

-Je suis prêt à de nombreuses concessions Comtesse, il fit une petite pause avant de reprendre, la seule chose à laquelle je ne peux pas renoncer c'est l'accord entre nos deux familles.

Je soupirais, non, à quoi je m'étais attendue, en même temps avec cet accord, il était assuré d'être comte dans une certaine mesure c'était logique.

-Je pense comprendre, soupirais-je, que tu veuilles devenir comte de Syllavie.

Il tourna la tête surpris, me dévisagea avant de regarder de nouveau la route, resserrant ses mains sur le volant, puis il ajouta dans un murmure :

-Vous ne seriez pas comtesse que je voudrais quand même devenir votre époux.

Un silence se fit dans l'habitacle du véhicule. Avais-je bien compris cet aveu ou était-ce juste une ruse pour m'amadouer ? Il me voulait ? Moi ?

Etais-je prête pour cela ? À me donner à un homme sans amour ? Dans quelle proportion, il me voulait ? Pour son orgueil ?

Nous avions convenu de parler franchement alors autant lui dire ou était la base du problème.

-Je n'ai pas envie de me marier, je trouve ça ridicule de se marier à 18 ans, c'est contraire à mes convictions. J'aurais aimé avoir une vraie histoire, connaître les joies de la fac, rencontrer quelqu'un, se mettre en ménage dans un petit appartement 2 pièces ridicules, obtenir un diplôme, me fiancer, trouver un travail et seulement après me marier.

Oui, je voulais de la normalité, je m'étais arrêtée là car c'est vrai que je voulais des enfants mais dans 10 ans, je crois qu'il avait déjà bien compris l'écart entre nos points de vue. Ses mains pendant mon petit discours s'étaient crispées sur le volant à en faire blanchir ses jointures.

Nous restâmes chacun dans nos pensées, ça allait faire une heure que nous étions partis et nous n'avions pas vraiment avancé dans notre discussion. Il finit par briser le silence, alors qu'il tournait dans une petite rue.

-Nous arrivons.

Au bout de la rue, il y avait un petit parking, la végétation était dense, je ne savais pas du tout où nous étions.

Une fois garé, il descendit de voiture et se dirigea vers ma portière pour me la tenir. Alors que je sortais du véhicule, Quil se garait à côté de nous. Je vis Edward se crisper légèrement.

Notre conversation devait attendre, je décidais de reprendre la discussion sur un sujet léger.

-Alors où allons nous maintenant ?

-Faire une balade.

-Dans les bois ? Dis-je ahurie en le voyant se diriger vers la forêt.

-Je ne vous laisserai pas tomber Comtesse, me rétorqua-t-il en revenant vers moi et en me proposant son bras.

J'hésitais un instant mesurant l'implication de ce geste et le bénéfice d'être plus stable sur mes pieds. Je repensais alors à la danse que nous avions partagée et c'est avec plus de confiance que je me saisis de son bras qu'il m'offrait. Il me sourit en retour, je répondis également par un sourire avant de regarder mes pieds.

-Venez, me dit-il doucement en entrant dans les bois.

Plein de souvenirs jaillir dans mon esprit, je repensais à Forks, sa verdure, les balades que nous faisions dans les bois avec mon père, la découverte des champignons, les bruits des branches qui se cassent sous nos pieds, le piaillement des oiseaux.

Je me sentais bizarrement en sécurité à ce moment là. Je savais d'un côté qu'Edward ne me ferait pas tomber et de l'autre que s'il tentait quoique ce soit il me suffisait d'une protestation pour que Quil intervienne.

Plusieurs fois je vis Edward me dévisager, à chaque fois je cru qu'il allait parler, mais non, il garda le silence.

Nous marchions depuis une vingtaine de minutes quand ma maladresse se rappela à mon bon souvenir alors que je partais en avant retenue malgré tout par ma main accrochée à Edward. Je m'attendais à tomber à genoux au sol mais non je tombais littéralement dans les bras d'Edward qui avait de bien meilleur réflexe que moi.

Il me tenait par la taille alors que j'essayais tant bien que mal de remettre mes pieds droits. Alors que je me redressais, Edward me regarda inquiet.

-Vous allez bien comtesse ? Vous ne vous êtes pas fait mal ?

-Non, non c'est bon, merci, excuse moi, dis-je tout en m'écartant de lui.

Il me lâcha enfin, ses bras retombèrent le long de son corps.

-Tout le plaisir était pour moi, répondit-il dans un sourire en coin.

Il eut pour effet de perdre complètement le mien. Quand je relevais les yeux, je vis Edward faire une grimace se retenant de rire.

-Quoi ? Ne pus-je m'empêcher d'aboyer.

Il rit franchement cette fois-ci. Je me renfrognais encore plus et repartie. Edward me retient alors par le poignet, toujours en rigolant mais en essayant de se maintenir.

- Excusez-moi Comtesse, c'est nerveux. Voilà plusieurs jours que je me retiens de parler en votre présence sachant que je dis toujours les mots malheureux qui vous mettent hors de vous. C'est juste quand même temps que j'ai parlé, j'ai su alors que je commettais un impaire, je me moquais de moi-même, je ne pensais pas en faire un d'aussi tôt.

Son explication était plausible. Je murmurais un « ouais » pas très convaincue.

Le voyant attendant ma bénédiction ou que je passe l'éponge, je ne sais pas d'où cette phrase m'était sortie mais je la regrettais aussitôt franchi le premier mot.

-La prochaine fois, il y aura des conséquences.

Et je vis dans ses yeux un éclair de malice, je savais précisément à quoi mes paroles lui avaient fait penser, il se mordit les lèvres pour se taire, pourquoi étais-je convaincue qu'il ai pensé un truc du style « oh oui, punissez-moi » ?

Je le regardais, il tentait de rester impassible, je soufflais d'exaspération.

-Edward ! L'avertis-je.

-Mais je n'ai rien dit, se défendit-il.

-Peut-être mais pense moins fort.

Il sourit amusé.

-Bien comtesse.

Je soufflais une nouvelle fois, ce n'était pas gagné, mais j'avais le sentiment qu'on avait un peu brisé la glace et que notre discours tenait plus d'adolescents que de futurs dirigeants de pays ce dont j'avais bien besoin en ce moment.

Je repartis sur un terrain moins miné tout de même.

-Sommes-nous bientôt arrivés, demandais-je.

Il acquiesça de la tête avant de préciser:

-Quelques minutes et nous serons à destination.

Nous reprîmes la marche en silence, quand au bout de 5 minutes les arbres laissèrent place au vide. De là où nous étions nous pouvions voir le ciel à hauteur de nos yeux percé à travers les arbres. C'était comme si la terre n'était pas ronde avec un horizon mais qu'on était arrivé au bout et que le rien était après.

J'étais étonnée, nous franchîmes les derniers mètres dans les bois avant de se retrouver dans des hautes herbes et pour finir des cailloux, l'espace était confiné.

Je m'avançais et Edward me retient le bras.

-Pas trop près princesse, me dit-il.

J'étais trop abasourdie pour répondre, je penchais ma tête pour voir ce qu'il y avait après la terre. Je voyais juste le ciel face à moi et là bien 300 mètres plus bas je vis de l'eau. Je fus prise d'un vertige, Edward me tient plus fermement. Je regardais au bas de la falaise et suivais l'eau des yeux, je n'arrivais pas à distinguer à quel moment l'eau finissait pour laisser place au ciel, c'était surprenant.

-Wahou, fis-je tellement les mots me manquaient.

-S'il vous plait, reprit Edward, je serais plus rassuré si vous reculiez de quelques pas.

Je me retournais et vis qu'il était vraiment inquiet et j'obéis. Je le sentis se détendre instantanément.

-Tu as le vertige, le questionnais-je.

Il passa sa main sur sa nuque avant de me regarder par le bas.

-Un peu, admit-il.

Je le regardais surprise.

-Pourquoi m'avoir amené ici alors ?

-Parce que c'est malgré tout un endroit que j'aime et que je trouve reposant et parce que je me doutais que ça vous plairait. J'aime le fait que la nature ici reprenne ces droits.

J'acquiesçais à ses paroles.

Nous ne retrouvions alors un peu gênés d'un coup.

Edward réagit et se retourna comme pour chercher quelque chose, je l'observais quand je remarquais en même temps que lui Sam qui était sur notre droite à la lisière des bois, un grand panier à ses pieds.

Edward le salua en se dirigeant vers lui, juste après quelques pas, il fit demi tour, me prit la main et m'emmena avec lui.

Je ne pu que sourire, il me lâcha quand je fus à bonne distance du bord de la falaise.

Je fis un signe de la main à Sam qui ramassait le panier pour le tendre à Edward qui le remercia. Sam se mit à parler dans sa manche avant de disparaitre dans la forêt.

Edward revient vers moi avec le panier, il avait prévu un pique nique… c'est de bon cœur que je m'installais et commençais à grignoter. Manger évitait une conversation gênante quand ma curiosité reprit le dessus.

-Tu apprends quoi à l'université ?

-Un peu de tout, Jasper vous a-t-il parlé de son fonctionnement ?

-Non, admis-je, demain normalement.

-Beaucoup d'économie et de droit, répondit-il, et vous qu'aimeriez-vous apprendre ?

-J'ai toujours été attirée par la littérature. Je voulais soit enseigner, soit travailler dans l'édition, j'ai même été tentée par le journalisme mais cette branche m'est passée vu le manque de respect pour la vie d'autrui dont ils font preuves. Enfin, dis-je pour ne pas aller sur un sujet que je ne désirais pas, je suppose que maintenant je n'ai plus trop le choix, il faut que j'apprenne à faire face à mes responsabilités.

Ce sujet n'était pas mieux, il valait mieux que je pose des questions.

-Qu'est ce qui te plait dans le droit ? Demandais-je.

-Le droit à Syllavie est un bien grand mot. Le droit se transforme ici plus à de l'histoire, l'île est sous une dictature imposée par Sylvain de Picardie.

Il me regarda, je suppose qu'il testait mes réactions.

-Mais j'ai fait un peu de tout, reprit-il, j'aime bien le droit moral, c'est le seul qui peut-être présent ici.

-Pourquoi dis-tu ça ? Questionnais-je.

-Notre présence sur l'ile est conditionnée par l'acceptation des règles, quiconque ne suivrait pas les lois se verrait renvoyé dans son pays.

-Ah bon, mais pour ceux nés à Syllavie ?

-Jasper ne vous pas dit ? Seuls les enfants des comtes et comtesses naissent syllavien et encore ils ne peuvent pas le transmettre automatiquement. Moi-même je suis de nationalité italienne.

Je fis de gros yeux. Il enchaina sans réfléchir.

-Je deviendrais Syllavien quand nous…. Il ne finit pas sa phrase, notre mariage semblait un sujet tabou et c'était loin de me déranger. J'avais compris qu'en m'épousant il aurait alors la nationalité de l'île.

Je n'avais cependant pas tout compris pourquoi la nationalité ne se transmettait pas automatiquement je lui demandais des précisions et il reprit ces explications.

-Ok, vous êtes née Syllavienne puisque vous êtes enfant du comte et de la comtesse, nos enf… euh… non… euh, il bafouillait, alors si vous aviez eu un… euh non pardon.

Il passa une main sur son visage, soupira un bon coup, il essayait de ne pas commettre d'impaire. On aurait pu en rire si le sujet n'était pas aussi grave.

-Bon donc, dit-il plus assuré, les comtes et les comtesses donnent la nationalité Syllavienne à leurs enfants seul l'enfant héritier peut donner cette nationalité. Les autres frères et sœurs qui ont des enfants transmettent la nationalité de leur conjoint.

Il souffla, il parut soulagé de sa tirade sans heurter ma sensibilité.

-Tu as l'air de bien connaitre le fonctionnement de l'île, tentais-je pour baisser un peu la tension qui avait augmentée avec ses débuts d'explication avortée.

Sa réponse fusa, ce qui me surprit d'autant plus.

-Il en faut bien un de nous deux.

Oh le con ! Il a osé, je relevais vivement la tête pour le foudroyer du regard, il ne cherchait pas à s'excuser, ni rire, il me regardait de façon très intense.

J'en fus déstabilisée, je ne sus comment rétorquer.

Il fallait que je m'éloigne loin de lui, là où il ne pourrait m'atteindre.

Je me levais d'un bond pour me diriger vers la falaise. Je n'avais fait que quelques pas quand j'entendis supplier Edward :

-S'il te plait Isabella… mon prénom mourut dans sa bouche.

Je savais qu'il avait utilisé mon prénom et le tutoiement de manière réfléchie juste pour me faire arrêter et revenir l'incendier mais je fis comme si de rien était et j'allais proche du précipice admirer la vue.

Je restais là perdue dans mes pensées, c'est une voix murmurée à côté de moi qui me sortit de mes songes et de mon admiration du paysage.

-Comtesse, pourriez-vous s'il vous plait vous reculer ?

Je dévisageais Quil qui se tenait à côté de moi, je me penchais pour voir Edward ramasser les restes de notre déjeuner et tout mettre dans le panier.

-Pourquoi, répondis-je alors.

-C'est que vous ne facilitez pas mon travail là, je dois veiller à votre sécurité et vous voir si près du bord me rend nerveux, me dit-il sans croiser mes yeux.

-OH, fis-je comprenant qu'il n'était pas là suite à une demande d'Edward, j'en fus soulagée. Je souris, gênée avant de m'excuser et de reculer.

Quil me répondit par un sourire timide avant de disparaître.

Quand je me retournais Edward tenait le panier dans une main et me tendait l'autre.

-On y va ? Me questionna-t-il.

Je le regardais incrédule, il s'attendait à ce que je lui tienne la main après sa réflexion. Face à ma non réaction, il laissa alors son bras tomber le long de son corps avant de me demander :

-Êtes-vous assez stable sur vos pieds pour le chemin retour ?

Il se foutait de ma gueule ou quoi là ?

Je passais alors devant lui sans un mot, chassez le naturel et il revient au galop s'appliquait totalement à Edward.

Nous marchions depuis quelques minutes quand mon pied se prit dans une branche me faisant basculer vers l'avant.

Avant que je tende mes mains pour amortir le choc, Edward m'avait attrapé le bras et me tirait en sens inverse. Je réussis à me stabiliser tant bien que mal.

Je regardais du coin de l'œil Edward, il avait cette fois-ci la décence de ne pas rire, il me proposa alors son bras sans rien dire, je ne le refusais pas cette fois-ci.

A peine arrivée sur le petit parking, je vis Sam monté en voiture et partir. Edward m'ouvrit la porte passagère de son véhicule et attendit que je m'installe pour la refermer. La curiosité reprenait le dessus où allions-nous maintenant.

Il était à peine installé que je le questionnais à ce sujet.

-Dans un endroit que j'espère vous plaira, je voulais vous montrer un endroit où je me sens bien, enfin à bonne distance, dit-il avec dérision, et là où nous allons, je pense que ça sera vous qui vous sentirez dans votre élément, enfin je l'espère… J'aurais bien aimé que nous finissions notre conversation de ce matin, ajouta-t-il.

Qu'il y a-t-il à dire ? il voulait ce que je ne voulais pas. Il aura malheureusement gain de cause fin de l'histoire.

Il précisa alors :

-J'aimerais vraiment pouvoir vous rendre les choses plus faciles, dites moi ce que je peux faire pour me rendre agréable.

-Je ne sais pas trop, avançais-je, il me prenait de cours, Qu'aurais-je aimé qu'il fasse ?

Comment lui faire comprendre que mes rêves de petite fille étaient brisés.

-Il me faut du temps, lui répondis-je dans mes pensées. Il faut que je fasse le deuil de mes contes de fées, un prince ne viendra pas sur son cheval blanc me sauver, je ne serai jamais Aurore.

Il me regarda perplexe, je me doutais qu'il n'avait pas une grande culture des classiques Disney quoi qu'avec Alice comme sœur, sait-on jamais.

-Enfin ce que je veux dire c'est que j'aurais aimé… je m'arrêtais d'un coup, j'allais dire que j'aurais aimé avoir le choix et je l'avais eu. Alors j'aurais aimé plutôt ne pas avoir à faire un choix, j'aurais presque voulu une vie banale mais non j'étais comtesse de l'île.

-J'ai toujours aimé Pocahontas, continuais-je mais toujours embrouillé dans mes pensées. Sa force de caractère, la manière dont elle se pose ses doutes et fait ses choix, sauf que là je suis dans un remake de Pocahontas version film d'horreur où son père lui imposerait Kocoum pour époux et que John Smith soit un conquistador comme les autres. Bref tu représentes les deux faces obscures, finissais-je tout bas en regrettant déjà mes paroles.

Enfin c'était si confus que j'espérais qu'il n'y comprenne rien et oublie. Il ne dit rien pendant un moment moi je cherchais comment me sortir de là. Je finis par reprendre la parole.

-Excuse moi, c'est tellement confus dans ma tête.

-Je ne suis pas d'accord avec vous, dit-il soudain.

-Quoi ? Je ne comprenais plus.

-Je vous vois plutôt en Mulan qui se sacrifie pour sa famille et son pays ou alors pour moi vous êtes ma belle et je suis sans nulle doute la bête, j'espère de tout cœur que vous arriverez à me transformer et c'est moi qui aurai mon conte de fée, finit-il dans un murmure.

J'étais estomaquée, la seule pensée rationnelle qui me vient fut de me dire que tout compte fait, il connaissait ses classiques.

J'ouvris plusieurs fois la bouche mais rien ne vient, je décidais alors de me taire.

Après plusieurs longues secondes, Edward reprit la parole :

-Comtesse, pourrions-nous à défaut d'être ensemble, être ami ?

Que voulait-il dire, il aurait aimé que cette journée fasse de nous un couple ? Pouvait-on être ami ?

-Ami, répétais-je.

-Ou beaucoup plus, tenta-t-il de plaisanter avec un sourire en coin.

Ça me sortit de ma rêverie et me fit un peu rougir, parler conte de fée m'avait mis dans un état second.

-Nous pouvons essayer, répondis-je tout bas.

Le voyant tourner vivement la tête vers moi, je compris qu'il croyait que je répondais à son 'beaucoup plus', je rajoutais donc avec empressement.

-D'être ami.

-Oui, bien sûr, répondit-il d'une voix froide en se re-concentrant sur la route.

-Est-ce que nous sommes bientôt arrivés ? Tentais-je pour changer de sujet.

-Oui.

Il soupira.

-D'ailleurs, il faut que je vous avertisse, nous allons dans un lieu public où le calme et le silence sont les mots d'ordre, vous ne risquez pas d'être importuné là-bas. Cependant, nous passerons par la porte arrière pour plus de sécurité. S'il vous plait ne vous éloignez pas de moi ou alors avec un agent de sécurité et ne sortez sous aucun prétexte sans protection.

Je fronçais les sourcils.

-Nous ne savons pas comment les habitants peuvent réagir à votre première apparition publique, nous ne voulons pas prendre de risque de créer un mouvement de foule. La sécurité d'ailleurs a été renforcée.

-Euh, Ok, dis-je un peu apeurée.

-Tout ira bien, ne vous inquiétez pas, vous allez adorer l'endroit.

Je commençais à reconnaître les rues, nous étions en ville.

-Me diras-tu enfin où allons-nous ?

-Sur le campus, m'informa-t-il.

La première pensée qui me vient fut qu'il vivait sur le campus et comment réagir s'il m'emmenait chez lui mais je réalisais qu'il était sûr que j'allais aimer l'endroit, je soufflais donc un bon coup pour réfléchir.

-La bibliothèque, m'écriais-je comme une révélation.

Il tourna la tête et me fit un grand sourire que je lui rendis.

Je ne pu m'empêcher de me mettre à gesticuler sur le siège, impatiente d'y être ce qui fit rire Edward.

-Serions-nous impatiente ? Me taquina-t-il.

-Tu le serais crois-moi, lui répondis-je, si toi aussi tu te trouvais dans une prison dorée.

Ce qui lui fit perdre son sourire instantanément.

-Euh pardon, dis-je mal à l'aise.

Il y avait surement plus malheureuse que moi.

-Nous arrivons, éluda-t-il.

Il se gara à l'arrière d'une grande bâtisse, je reconnus à proximité d'une porte Sam qui parlait toujours dans sa manche et surveillait partout. Edward allait sortir de la voiture quand je le retiens par le bras.

-Edward attends.

Il se retourna pour me faire face, je devais l'admettre il faisait beaucoup d'efforts et était moins arrogant, possessif et j'en passe et de le voir me regarder avec ses yeux incroyablement verts, je me sentais comme transpercée ou transportée. Il était incroyablement beau, je dus secouer une seconde ma tête pour me remettre les idées en place. Il attendait toujours que je parle, son regard intense sur moi, bon il fallait que je me lance.

-Tu peux me tutoyer et m'appeler Bella, dis-je précipitamment me retournant pour chercher la poignée de la portière.

-Bella, me dit-il avant que je ne m'extirpe de la voiture.

Je me retournais pour lui faire face à mon tour, il avait un sourire lumineux, j'en étais éblouie et ne pouvais plus bouger.

-Merci, me dit-il en se penchant vers moi et en déposant un baiser rapide sur ma joue avant de sortir du véhicule.

Je n'avais toujours pas bougé de ma place quand la portière s'ouvrit et qu'il me tendit sa main pour m'aider à sortir.

Je me mis en pilotage automatique, le temps de reprendre mes esprits et de décrypter ce qui s'était réellement passé.

Nous rentrâmes dans le bâtiment, Edward avait accroché ma main à son bras. Sam ouvrait la marche regardant à gauche et à droite sans arrêt, je vis Quil derrière nous qui fermait la marche.

L'ambiance était bien différente de la falaise.

Je vis de multiples visages nous regarder, certaines personnes d'emblée se levaient et s'approchaient mais elles étaient vite dissuadées de venir trop près.

Edward m'expliquait le fonctionnement de la bibliothèque, la disposition, les ouvrages que l'on pouvait trouver, il murmurait tout ce qu'il me disait pour faire le moins de bruit possible, il était penché vers moi et ses lèvres étaient à quelques centimètres de mon oreille.

Nous déambulions dans la bibliothèque, je me sentais bien, j'aimais l'odeur des livres, cette ambiance studieuse et respectueuse. Je ne pouvais réfréner le léger sourire sur mes lèvres.

Au bout d'un certain temps, alors que j'avais compris le fonctionnement de la bibliothèque, Edward se pencha pour chuchoter :

-Dans quelle section aimerais-tu te rendre ?

Je tournais vivement la tête, je savais où je voulais aller, mais je devais parler bas, je me figeais… je n'avais pas pensé me trouver si proche du visage d'Edward. J'étais seulement à quelques millimètres de lui. Ses yeux changèrent à une vitesse hallucinante. Je réussis à me détourner, perdue.

-Euh, littérature, murmurais-je en regardant mes pieds, les classiques, précisais-je.

Je ne savais pas s'il m'avait entendu mais notre trajectoire dévia pour monter un escalier.

Arrivée dans le rayon, je lâchais le bras d'Edward, je ne pu m'empêcher de toucher la reluire des livres, j'en ouvrais quelques uns. J'étais dans mon petit monde.

Edward me rappela que je pouvais en emprunter. Je souris, j'avais oublié. Je pris donc plusieurs classiques, les éditions étaient anciennes mais magnifiquement conservées. Edward se proposa de les porter. Je m'arrêtais à sept ouvrages, alors que j'aurais voulu en emprunter plus mais j'avais une excuse pour revenir plus souvent.

Nous nous dirigeâmes ensuite vers le hall pour partir quand une fois en bas, je fus interpelée.

-Bella ?

S'était Jacob, en deux pas, il fut à mon côté. Je vis immédiatement Edward se raidir à mes côtés.

-Que fais-tu ici ? Me questionna-t-il.

Je lui montrais du doigt la sortie pour qu'on puisse parler normalement.

-Alors ? me dit Jacob en me dévisageant une fois sortie.

-Edward m'a proposé de me faire visiter l'île, répondis-je tranquillement.

Les yeux de Jacob s'assombrirent, il jeta un coup d'œil à Edward.

-Et vous rentriez là ?

Je trouvais les manières de Jacob un peu rustre mais j'acquiesçais de la tête.

-Tu rentres avec moi alors, ça évitera un détour à Edward, conclut-il.

Les jointures des mains d'Edward se blanchirent autour des livres qu'il tenait.

-Mais ça ne me dérange pas de ramener Bella, dit Edward malicieusement, c'est ce qui était prévu d'ailleurs.

C'était autour de Jacob de se crisper, il me dévisagea, s'attendant surement à ce que je reprenne Edward sur l'utilisation de mon diminutif. Voyant que je ne disais rien, il ajouta :

-Bella, ça fait longtemps que nous ne nous sommes pas parlés tous les deux, s'il te plait laisse-moi te ramener.

J'étais confuse, je vis Edward prêt à répliquer, nous n'allions pas s'en sortir.

-Ça suffit, dis-je pour les faire taire.

-Où est Rose? Questionnais-je.

-Elle est rentrée, elle ne se sentait pas bien, s'il te plait Bella, recommença-t-il.

-Stop, lui intimais-je.

Je me retournais vers Edward, lui pris les livres des mains.

-Merci pour cette journée Edward, lui dis-je.

Je me reculais en toisant Edward et Jacob, tous les deux semblaient énervés.

-Bonne soirée Messieurs, finis-je en leur tournant le dos et interpellant Sam :

-Sam, pourriez-vous me ramener au palais, s'il vous plait ?

Arrivée au palais, j'allais déposer mes livres avant de m'enquérir de la santé de Rosalie.

Je me dirigeais donc vers sa chambre, j'avais décidé de ne pas frapper pour ne pas la réveiller au cas où, j'entrouvris la porte et je fus tétanisée par le spectacle.

Sur son lit un homme à genou le dos musclé, des bras puissant tenait mon amie par les hanches qui étaient à quatre pattes.

Ses deux corps complètement nus et luisant gémissaient de plaisir.

J'étais subjuguée par la scène, je réussis enfin à refermer la porte et je courus jusqu'à ma chambre. J'avais le corps en feu.

Comment voir Rosalie et Emmett en plein ébat pouvait me mettre dans cet état. Je les enviais tellement de pouvoir connaître ça.

Je ressentis le manque, le manque de ne pas pouvoir connaitre le corps d'un homme, le manque de ne pas me sentir désirer, le manque de ne pas me faire aimer par un homme de la façon la plus charnelle qui soit.

Et j'étais dans l'incapacité de connaître tout cela dans l'immédiat.

Je tombais face sur mon lit et me mit à taper des bras et des jambes de frustration.

Oui, j'avais 18 ans et j'étais frustrée sexuellement et sans possibilité de me soulager !

Quoi que…

Je me retournais pour positionner mon dos à plat sur le lit et replier mes jambes. Je n'avais jamais fait cela mais là mon corps réclamait de l'attention et il fallait vraiment que je me soulage.

J'entrepris alors de me caresser doucement les seins, je fermais les yeux alors des images de Rosalie et Emmett apparurent, je les chassais, Jacob vient alors dans mon esprit remplacé par Edward.

Je grognais de frustration, mon esprit n'allait jamais me laisser en paix et encore moins en accord avec mon corps.

Bon rationnalisons, penser à la scène qui m'avait mis dans cet état n'était pas sain, j'avais passé la journée avec Edward, mais c'est avec Jacob que j'avais déjà eu des gestes de ce style, c'était donc le choix réfléchi.

Je tentais de me rappeler ces instants là, mes mains glissèrent alors sous mon soutien gorge pour titiller la pointe de mon sein qui durcit encore plus. Je caressais l'arrondi de mes seins, les empaumais. Ma main droite, alors que la gauche continuait ses palpations sur ma poitrine, se dirigea sur mon ventre. Je passais mes doigts sous l'élastique de mon sous-vêtement.

Une fois ma main droite positionnée sur mon sexe, je serrais les jambes espérant créer une friction. Je fis courir mes doigts le long de ma fente déjà humide. Mon ventre se contracta d'anticipation, je n'avais jamais été aussi excitée.

J'arrêtais de frotter mes cuisses entre elles pour les écarter. Je fis quelques aller retour avec mes doigts avant de les glisser jusqu'à mon clitoris. Arrivée là, mon dos dans un réflexe instinctif s'arqua et un premier gémissement s'échappa de ma bouche.

Je commençais à entreprendre de masturber mon clitoris, tournant autour avec mon index, alternant quelques fois en passant dessus avec une légère pression pour rependre de tourner autour. Je commençais à haleter quand mon majeur glissa tout doucement dans mon vagin. Le changement de stimulation entre mon clitoris et mon vagin me fit gémir plus fortement. Je fis quelques va et vient avant de repérer un point beaucoup plus sensible à l'intérieur de mon vagin. Toujours avec mon majeur, je pressais plus fortement sur cet endroit qui me fit échapper un léger cri. Je m'étais légèrement redressée face à la surprise.

Je reposais ma tête sur l'oreiller et me re-concentrais sur mes seins puis ma main sur mon sexe repris ses douces tortures sur mon clitoris, avant de glisser doucement deux doigts en moi. Je fis des vas et vients plus poussés, je sentais dans mon bas ventre une chaleur jusque là inconnue.

J'accélérais les mouvements et courba mes doits pour retrouver le point si sensible. Sans prévenir une explosion se fit dans mon corps, je laissais échapper un râle venu de nulle part. Tout mon corps s'était crispé avec un plaisir indescriptible. Je ressenti alors mon corps tout doucement se relâcher, j'étais comme vidée, étonnamment bien et détendue.

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Mon Isabella était insaisissable alors que j'avais craint de la perdre sous le numéro de charme de tous ces prétendants, elle se relevait toujours inaccessible.

Cependant je n'étais pas rassuré, il fallait que je finisse au plus vite d'apprêter le bateau, je n'avais pas peur pour sa pureté mais pour sa raison et son cœur.

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Voilà j'espère qu'il vous a plu, personne n'a encore trouvé qui était le point de vue mystère...

Toutes mes excuses mais je ne publierai pas mercredi prochain, je vous dis à dans 15 jours si tout va bien.

Christina