« NON ! Arrêtez, j'ai mal!

- A qui la faute?! »

Holmes poussa un nouveau grognement de douleur mêlée de colère. Cela faisait une demi-heure qu'il se battait avec son ami qui voulait le faire rentrer, qu'il le veuille ou non. A l'intérieur de la maison, Watson tirait une à une les chaînes. Lentement mais sûrement, il faisait céder le logicien têtu. Holmes, lui, était si acharné à ne pas entrer qu'il s'agrippait de toutes ses forces aux marches du perron mais une à une, il les lâchait pour se faire traîner un peu plus vers l'intérieur. En dernier recours, il était agrippé à la marche la plus haute. Plus Watson tirait, plus il avait l'impression d'être écartelé. Son ami était totalement sourd et insensible à ses plaintes. Il attendait presque que ses hanches se disloquent sous la force conjuguée du médecin et la sienne pour garder ses dix doigts crispés sur la marche. Soudain, ce ne fut pas l'un d'eux qui céda mais la planche qui couvrait la marche la plus haute qui s'arracha. Holmes n'eut pas le temps de s'accrocher à autre chose que Watson l'avait déjà halé jusqu'à la porte d'entrée. Au dernier moment, le détective se mit en position dangereuse, en écartant les jambes pour poser ses pieds de chaque côté de l'encadrement de la porte. Il saisit la chaine à deux mains pour tenter de minimiser la pression sur ses hanches et essayer de tirer son ami à son tour mais celui-ci ne bougea pas d'un pouce. Il était épuisé, ses mains et ses doigts étaient atrocement douloureux. Son torse et son ventre étaient râpés de s'être durement fait trainés sur les marches et le sol. Il avait les mains, les coudes et les genoux en sang à force de se faire malmenerdepuis tant de temps et avec une telle ténacité.

« Arrêtez de faire l'enfant Holmes, je ne céderai pas, même si je dois vous briser les bras et jambes! Plus vous tiendrez tête, plus vous vous épuiserez et aurez mal. Vous savez parfaitement que vous n'avez absolument aucune chance alors renoncez! »

Holmes lança un nouveau regard de défi à son ami en tirant de toutes ses forces sur les chaînes qu'il avait entre les mains et autour du corps. Il retint un grognement de rage en voyant que cela ne faisait pas bouger Watson d'un millimètre, son regard clair était aussi dur que fixe et planté dans le sien. Au moment où le détective vit son ami prendre un peu plus de maillons en mains, prêt à tirer une nouvelle fois, Holmes se rappela de la position de faiblesse dans laquelle il était. Il lâcha les chaines en se redressant brusquement, sentant toute sa fierté et son orgueil atrocement souffrir sous ce signe de réddition.

« C'est bon, vous avez gagné! »

Perdant son sang froid, il avait craché ses mots avec colère et des yeux noirs. Ses nerfs étaient d'autant plus attisés que Watson, lui, semblait garder un calme olympien. Il crut durant une seconde qu'il allait sauter à la gorge du médecin qui pourtant était son ami, en voyant celui-ci lui adresser un sourire aussi vainqueur que glorieux, très largement digne des siens.

Le reste de la journée, Holmes fut aussi coopératif que lorsqu'il s'était réveillé. Assis à terre, dos au radiateur, il suivait d'un regard noir chaque geste de son ami dans le silence le plus total et le plus froid. Watson semblait totalement l'ignorer, jusqu'au milieu de l'après-midi où il lui accorda un regard empli d'un profond ennui.

« Cela fait des heures que je me demande si je peux vous rire au nez. Vous rendez-vous compte à quel point vous êtes ridicule de puérilité? Vous essayez de me faire culpabiliser en me suivant du regard ainsi? Moi je ne vois qu'un enfant boudeur. »

Le regard de Holmes devint un peu plus assassin. Ses yeux toujours plantés dans ceux de son ami, il tentait de trouver par quel moyen il pouvait lui faire amèrement regretter de l'avoir attaché et traité ainsi. Il tentait aussi d'afficher un air de façade qui montrerait que tout ce qu'il lui avait fait ne l'atteignait pas le moins du monde. Lui qui savait son ami si prude, facilement gêné et exaspéré lorsqu'il faisait des allusions tendancieuses, il ne lui laisserait plus une minute de répit avec cela. Il n'avait pas réellement beaucoup d'autre moyen de l'ennuyer et celui-ci était le plus concluant.

Le regard que Holmes adressa à Watson lui apprit que le détective avait sans doute trouvé un moyen de l'exaspérer pour l'avoir attaché ainsi, cela ne lui disait rien qui vaille. Le médecin le vit se lever pour faire un pas dans sa direction, ce qui le fit reculer au même moment.

« Puis-je savoir ce que vous manigancez? »

Le détective haussa les sourcils en faisant quelques pas en direction de son ami qui recula au même rythme.

« Oh rien. Je me disais juste que l'occasion était trop belle. Nous sommes seuls, tous les deux, dans un endroit où personne ne peut nous voir ni nous entendre. Il m'est impossible de sortir pour employer mon esprit, alors à défaut de cela, il faudrait donc que j'occupe mon corps. »

Watson sentit une gêne qui réchauffa ses joues monter en lui. Il savait parfaitement que Holmes tentait de le mettre mal à l'aise et que celui-ci savait s'y prendre. Depuis le temps qu'ils vivaient ensemble et se connaissaient, le détective avait largement eu le temps de le cerner et il avait malheureusement découvert que ce genre d'allusions ou de fausses propositions le mettait malgré lui mal à l'aise, surtout quand elles venaient de lui.

« Vous tombez bien bas pour être obligé d'utiliser ce genre de ruses Holmes...

- Et le fait que vous tentiez de rabaisser mes efforts me confirme bien que "ce genre de ruses" marche... ou parce que vous savez parfaitement que je prends rapidement vos critiques pour des provocations ou des défis... je pourrais en conclure que cela vous plaît.

- Vous êtes pathétique...

- Oui, je confirme, vous adorez, mais vous aimez trop paraître pour un gentleman et un homme respectable de la société que vous refoulez ces sentiments... voyons, nous sommes entre hommes et je suis loin d'être raisonnable ou respectable, de plus je ne me dis pas un gentleman. Je vous promet d'être muet comme une tombe, cela sera notre petit secret. »

Watson secoua la tête en lançant un regard qui se voulait exaspéré à Holmes en face de lui, tentant de masquer que ces pitreries commençaient vraiment à le mettre mal à l'aise. Il sentait ses joues le brûler et une boule de chaleur se former dans son estomac.

« Vous rougissez mon ami.

- Cessez!

- Pourquoi? Se pourrait-il que je provoque une quelconque gêne en vous? Je vous trouble donc à ce point? »

Le médecin resta planté à l'endroit où il était, défiant du regard son ami qui commençait à se rapprocher de lui. Ce qui le perturbait d'autant plus était que Holmes avait l'air affreusement sérieux.

« Est-ce pour cela que vous m'avez attaché? Vous êtes jaloux? Vous avez peur que je m'enfuis et vous laisse seul? Voyons Watson, vous savez qu'il n'y a que vous.

- C'est bien cela que je vous reproche: il n'y a que moi. Lorsque vous sortez, au lieu de vous battre, tentez de connaître de nouvelles personnes.

- Que ces mots sonnent faux dans votre bouche. Sincèrement, Watson, si un jour je ramenais quelqu'un chez nous, que feriez-vous? »

Le médecin garda le silence. Plus les secondes passaient, plus il était troublé. Holmes était véritablement un manipulateur affreusement doué. Il serait presque capable de le faire douter de la teneur de ses sentiments pour lui. A chaque mot, il doutait un peu plus et se demandait ce qu'il devait dire ou faire. Néanmoins, il faisait de son mieux pour tenter de ne laisser échapper aucune expression ou sentiment.

« Votre silence en dit encore plus long qu'un long discours. »

Watson resta impassible et aussi froid qu'une statue de marbre alors que son ami n'était plus qu'à quelques centimètres de lui, souriant.

« Comme je vous l'ai déjà dit: comment peut-on être si froid alors que l'on est si beau? »

Le médecin serra les dents en tentant de nouveau un regard qui se voulait exaspéré alors qu'il sentait le revers des doigts de son ami passer sur sa pommette. Il savait parfaitement que Holmes pouvait ressentir la chaleur de ses joues sous ses doigts, sa gêne, qu'il tentait de cacher, était palpable. La boule de chaleur dans son estomac lui noua les entrailles alors que son coeur semblait ignorer à quelle vitesse il devait battre.

« Mettez vos préjugés de côté, devant qui devez-vous faire vos preuves ici? L'occasion présente est trop belle. N'est-ce pas une charmante proposition que je vous fait? Ne trouvez-vous pas que l'idée que je puisse jouer les spéléologues dans les endroits les plus obscurs et les plus tendres de votre corps soit plus qu'intéressante? »

Watson sentit son estomac se nouer un peu plus. Holmes semblait véritablement satisfait de son effet. Soudain, une idée germa dans l'esprit du médecin. Jamais il n'avait osé lui répondre, le provoquer à son tour. Il était plus que possible que Holmes s'enfuit en courant s'il devenait à son tour entreprenant. Durant quelques secondes, il dévia le regard pour faire comme s'il était confronté à un dilemme intérieur. Il releva les yeux vers Holmes qui perdit un peu de son sourire fier et narquois qu'il savait rendre charmeur.

« Vous avez parfaitement raison, je ne sais pas ce qui me retient, pourtant j'en meurs d'envie depuis si longtemps...

- Je vous demande... pardon? »

Holmes fit littéralement un bond en arrière à l'entente de ces mots et à l'expression de son ami. Watson, lui, s'approchait à son tour. Il le vit littéralement blêmir en entrant en contact avec la table derrière lui. Le médecin se colla lascivement au détective, le coinçant contre la table en plaquant ses mains dessus.

« Qu'attendez-vous ?

- Vous n'êtes pas sérieux...

- Holmes... »

Watson planta son regard dans le sien sans faiblir une seconde et en articulant chaque mot qu'il disait, bien que son estomac était plus noué que jamais.

« Jouez au spéléologue. »

Watson adressa un léger sourire à son ami en tapotant sur la table au moment où il pensait qu'il allait fuir. Il sentit son coeur rater un battement en sentant deux poings se refermer sur sa chemise. Sans qu'il n'ait le temps ne serait-ce que de pousser un cri ou de le repousser, Holmes l'avait déjà basculé, presque jeté sur la table. Ses mains fermées sur sa chemise écartèrent violemment les pans en faisant sauter ses boutons alors qu'il bâillonnait le médecin de ses lèvres. Quelques secondes plus tard Watson se dégagea, s'enfuyant littéralement à l'autre bout de la pièce.

« Vous gâchez tout le plaisir. »

Le médecin, toujours sous le choc de ce qui venait d'arriver, regardait son ami d'un air horrifié. Il se drapa dans les restes de sa chemise, croisant les bras pour que son corps soit à nouveau invisible du détective. Il savait que Holmes pouvait aller loin dans la provocation mais pas qu'il était capable de cela.

« Espèce de grand malade! »

Watson tremblait sous le choc. Pas une seconde, il ne se serait attendu à un si brusque et rapide retournement de situation. Il quitta la pièce pour fuir Holmes et se changer par la même occasion. Le détective ne put retenir un léger rire en passant son pouce sur sa lèvre inférieure, le goût fantôme de son ami toujours dessus.

« Dommage... »

Holmes resta seul dans le salon durant près d'une heure avant que Watson ne se décide à se montrer de nouveau. Il osait à peine le regarder dans les yeux.

« Que se passe-t-il?

- Vous osez me demander ce qu'il se passe? Vous m'avez littéralement sauté dessus!

- Vous m'y aviez autorisé ! »

Watson perdit son sang froid et son impassibilité en voyant l'air si léger de son ami. Il se sentait perdre patience.

« Vous n'en avez pas assez?! Votre intelligence dont vous êtes si fier rend tellement jouissif le fait de souligner les faiblesses des autres! »

Holmes sembla perdre soudainement une grande partie de sa pitrerie pour redevenir sérieux.

« Si cela veut dire que j'ai joué avec un quelconque de vos sentiment, sachez que ce n'était aucunement mon but de vous blesser. Vous exaspérer, oui, mais vous blesser, jamais. »

Watson releva les yeux vers son ami qui semblait enfin calme malgré le fait qu'il soit attaché. Il savait que cette situation ne durerait pas longtemps. Cela lui paraissait affreusement déloyal, mais le fait de se faire "passer en victime" et paraître affecté ou blessé des gestes de Holmes semblait calmer celui-ci et peut-être l'ouvrir à une discussion plus sérieuse , la culpabilité se révélant utile. Il sentait que faire parler quelqu'un, soutirer des informations, avoir ce qu'il désirait en utilisant la culpabilité était véritablement immonde mais avec Holmes, tout les moyen étaient bons, il fallait le faire parler coûte que coûte. En tant que médecin, il savait qu'il était impossible de soigner un patient si celui-ci ne décrivait pas ses symptômes. Il se sentait méprisable de penser à utiliser cette ruse contre son meilleur ami mais c'était tout ce qu'il avait à ce moment là. Il espérait juste que, si Holmes finissait par s'en rendre compte, cela ne lui fasse pas trop de mal et qu'il ait pu lui soutirer ce dont il avait besoin.

« Bien sûr que c'est blessant de vous voir vous jeter sur moi alors que vous considérez cela comme un jeu...

- Cela n'a jamais été mon intention. Je ne joue pas avec vous.

- Alors qu'est-ce que vous faisiez? »

Holmes garda le silence quelques secondes avant de répondre.

« Je l'ignore. »

Les deux hommes restèrent quelques instant à se fixer l'un l'autre. Watson s'avança vers le canapé pour s'y asseoir, Holmes, lui, resta debout.

« Vous savez... ce n'est vraiment pas pour vous blesser ou jouer que je vous ai attaché. J'ai juste peur qu'il vous arrive quelque chose, vous êtes capable de tout, du meilleur comme du pire. Que ferais-je si un jour vous ne rentrez pas?

- Alors vous comptez me garder constamment attaché?

- Non! Je veux que vous restiez ainsi jusqu'à ce que vous me parliez, jusqu'à ce que nous trouvions une solution, je suis là pour vous y aider... vous ne pouvez pas fuir continuellement vos démons. »

Holmes semblait tenter de garder sur le visage un masque sans expression. Il faisait cela lorsqu'il était confronté aux plus grands dilemmes intérieurs. Il était tenté de tout dire à son ami mais tout semblait coincé dans sa gorge. Il ne trouvait pas les mots pour expliquer, il était perdu et fatigué.

« Je voudrais comprendre... »

Soudain, Holmes sentit monter en lui une vague de désespoir, comme si chacun que ses efforts étaient vains. Il perdit subitement son sang froid, ce qui fit presque sursauter Watson.

« Vous essayez de comprendre?! Bon sang Watson, je vous l'ai dit, répété! Je ne vous demande pas de me comprendre, je vous demande de... je suis lassé de le répéter... »

Holmes marqua une pause pour tenter de reprendre ses esprit. Watson ne l'avait jamais vu ainsi, si perdu. Il n'avait jamais entendu cette voix qu'il eut en reprenant là où il s'était stoppé. Elle était étouffée, comme s'il luttait contre une boule dans sa gorge pour pouvoir prononcer chaque mot.

« Tout ce qu'il m'est arrivé... tout ceci est hors de vos repères. Vous essayez de me comprendre, mais c'est justement cela que j'essaye désespérément de vous faire entendre... vous ne pouvez pas comprendre. Vous ne pouvez pas vous y identifier. Vous êtes un homme qui aime faire preuve d'empathie, vous vous sentez coupable parce que vous ne pouvez justement pas faire preuve d'empathie avec moi... tout simplement parce que vous ne comprenez pas, vous ne pouvez pas comprendre. Ce genre de chose est... hors de vos repères... des autres aussi... je ne vous demande pas de me comprendre. Je ne veux pas que vous compreniez. Je ne sais pas quoi dire pour que cela rentre dans votre tête... si vous fermez les yeux et tentez d'imaginer... que verrez-vous? Rien. C'est la vérité, vous ne verrez rien, vous ne pouvez pas imaginer, comprendre... voir ce que cela peut créer... à moins de l'avoir vécu vous-même... quand cela vous arrive, vous perdez votre identité, votre capacité à compatir avec autrui... vous devenez quelque chose d'autre, votre esprit... »

Holmes se stoppa à nouveau. Il pivota pour faire dos à son ami. Watson sentit son coeur se serrer atrocement en le voyant passer visiblement ses mains sous ses yeux. Même si c'était lui qui souffrait de ses démons, il tentait toujours de protéger son ami, allant jusqu'à lui faire dos car il ne voulait pas le traumatiser de sa détresse, de son chagrin qu'il s'obligeait à intérioriser.

« Excusez-moi. Je suis fou, vous le savez déjà depuis longtemps... je ne suis pas responsable, j'ai bien le droit de dire des bêtises

- Vous n'êtes pas fou Holmes... vous avez besoin d'aide.

- Alors que dois-je faire?

- Je l'ignore...

- Donnez-moi de quoi oublier! Mon Dieu j'ai... j'ai... j'ai quarante-cinq ans aujourd'hui... si je vis jusqu'à soixante ans, il me faudra vivre encore quinze ans, c'est long. Comment vais-je faire? Comment vais-je y arriver? »

Holmes semblait plonger dans les plus obscurs recoins de son âme, penser à ses secrets les plus enfouis qu'il s'obligeait à lui cacher. Watson, lui, restait interdit.

« Comprenez que je n'aurai rien à faire de ces années si je dois vivre constamment dans la peur.

- La peur de quoi? »

Holmes se tut à cette demande. Il se tut. Il n'arrivait décidément pas à lui dire ce qui l'oppressait, il n'y arrivait pas. Watson le vit, dos à lui, passer de nouveau ses mains sur ses yeux.

« Comprenez... si... on pouvait vivre le reste de ses jours... d'une autre manière... »

Le détective marqua une pose de quelques secondes.

« Se réveiller par une douce matinée et savoir que... »

Sa voix tremblait, elle semblait prête à se briser.

« On recommence à vivre... »

Watson se leva pour s'approcher de son ami qui s'interrompit encore quelques secondes.

« Que le passé est oublié, envolé en fumé... commencer une nouvelle vie... »

Le médecin serra ses bras autour du corps du détective.

« Je ne sais plus comment m'y prendre... même pour survivre... »

Watson serra un peu plus fort ses bras autour de Holmes. Il posa son menton sur son épaule pour regarder par dessus. Sur la fenêtre, des gouttes tombaient depuis un long moment, elles semblaient diminuer depuis quelques minutes.

« La pluie va bientôt cesser et tout ce qui est ici va revivre et va respirer... vous aussi si vous vous laissez aller.

- Malheureusement je pense qu'il n'y a que moi que l'orage ne rafraichira pas... nuit et jour la pensée que j'ai perdu ma vie et mon contrôle sur elle m'oppresse comme un esprit malveillant... j'ai bêtement gaspillé le passé en sottises et le présent... le présent hé bien... c'est maintenant. »

Holmes se tut quelques instants encore. Il posa ses mains sur les bras qui enserraient son torse.

« Et le présent est absurde... et mon amour, que dois-je en faire? Est-ce que je dois renoncer à ça aussi? »

A ces mots, Watson tourna brusquement son visage vers le sien. Les pommettes et les joues de Holmes étaient humides des traces des larmes qu'il avait essuyé pour tenter de les lui cacher. Le médecin le regardait sans réellement comprendre. Il ressentait un pincement au coeur, celui-ci semblait de nouveau ne pas savoir à quelle vitesse battre. Holmes lui adressa un regard avant de détourner les yeux vers la fenêtre et recommencer à parler, tentant de retrouver un sourire et une expression, sinon malicieuse, du moins normale alors que ses pupilles, troublées, semblaient incapables de se concentrer sur un point fixe.

« Non... c'est mon seul vrai sentiment positif dans cette vie et... voilà qu'il se meurt... »

Holmes ferma les yeux, ses lèvres tremblèrent quelques secondes avant qu'il ne baisse la tête, tentant vainement d'empêcher quelques larme de s'échapper de son regard.

« Si à cause de cela je vous perd...

- Vous ne me perdrez pas. Je vous le promet. »

Holmes serra sa poigne sur les bras de son ami alors que celui-ci enfouissait son visage dans son cou quelques secondes. Watson posa un léger baiser sur la mâchoire du logicien.

« Puissions-nous faire table rase du passé...

- Et remettre le couvert avec d'autres. »

Les deux hommes ne purent s'empêcher de rire doucement.

« Vous voilà déjà plus en forme, vous continuez de dire des idioties... »


Voilà pour le septième chapitre, désolé de ralentir le rythme, mais on est dans la périodes des fêtes, faut m'excuser x'D ! Et je pense pas qu'il y ai des gens qui, à Noël, attendent le chapitre d'une fic x'D!

Enfin bon, j'espère que ce chapitre vous a plut, comme le dernier, sur celui-ci je doute beaucoup... j'espère tout de même qu'il vous plaira xS... Si on ne se "revoit" pas avant, Joyeux Noweeel et Bonne année 8D!