La nuit fut difficile pour Holmes. Toujours hanté par ses cauchemars, ils semblaient se prolonger lorsqu'il se réveilla et sentit la chaîne enroulée autour de son corps. Incapable de retrouver le sommeil et un calme acceptable, il se leva pour errer dans le salon. L'inconfort de l'entrave lui donnait l'impression qu'elle s'était resserrée autour de sa taille comme un serpent qui chercherait à l'étouffer. Pendant un temps, il tenta de trouver de quoi crocheter la serrure du cadenas, il poussa un long rire frustré en se rendant compte à quel point Watson avait été méticuleux dans son travail pour le garder prisonnier. Il était épuisé, il avait besoin de repos, il en avait besoin depuis longtemps mais il était dans l'incapacité de savoir comment trouver un semblant de paix. Il n'avait sûrement pas encore tout essayé, loin de là, mais trouver de nouvelles idées d'échappatoires dans sa situation, surtout en étant attaché, était loin d'être chose facile. Cette chaîne autour de sa taille le rendait plus nerveux qu'il ne l'aurait pensé, retrouver un calme complet semblait impossible, il gardait toujours un sentiment d'oppression.

Il s'assit à terre, aux côtés de la base de sa chaine. Il n'y avait aucun bruit au dehors contrairement à lorsqu'ils étaient en ville, la nuit était calme, trop calme pour être rassurante. Ne rien entendre autour de lui à part les sons que lui même pouvait produire lui rappelait atrocement l'enfer qu'il avait vécu et qu'à présent, il tentait de fuir. Soudain, comme il le redoutait depuis qu'il avait ouvert les yeux, il sentit une présence, des sons qu'il savait imaginés par son cerveau mais qu'il était dans l'incapacité de nier, d'ignorer et encore moins de faire disparaître. Il ferma les yeux, appréhendant ce qu'il savait arriver. Il sentit encore une fois son corps devenir un peu plus faible, comme toujours lors de ses crises, le clouant au sol, l'empêchant de fuir. Il pouvait encore tenter de se lever pour s'échapper, mais l'entrave de métal lui ôtait tout espoir. Ignorant ce qu'il faisait réellement, il prit dans ses mains quelques unes des larges mailles de fer pour les serrer de toutes ses forces. Il sentait son cœur battre comme s'il voulait s'arracher à sa poitrine en sentant à présent une présence plus proche, un souffle mort, comme un dernier soupir sur son cou. En se crispant, il tira sur la chaîne qui, elle-même en tirant violement sur sa base déclencha un bruit sourd et fort de métal.

Soudain il ne ressentit plus rien. Ouvrant les yeux, il ne vit aucun des démons censés le chasser. Tout semblait s'être arrêté. Une seconde, il regarda la chaîne dans ses mains puis sa base. C'était comme si ce son de métal sonnait comme une cloche d'arrêt, comme si elle l'avait reconnecté brutalement à la réalité. Il ferma de nouveau les yeux en laissant tomber sa tête contre le mur derrière lui, poussant un soupir de soulagement.

oOo

En se réveillant, Watson ressentit une agréable sensation de chaleur au niveau de ses tibias, descendant sur ses chevilles puis ses pieds. Habituellement l'air matinal, surtout en cette saison, était loin de pouvoir lui laisser le loisir d'une si agréable sensation. A moitié réveillé, il souleva les couvertures pour retenir de justesse un cri de surprise en voyant son ami tout simplement allongé au fond de son lit en boule sur ses jambes. Il se racla la gorge et se mit à parler assez fort pour réveiller l'intrus.

« Est-ce à cause de cette chaîne que vous commencez à vous prendre pour un chien? »

Holmes maugréa en ouvrant un œil trop endormi pour être assassin. Il ne quitta pas sa place, s'appuyant sur un coude pour le regarder, agissant comme si de rien n'était et comme s'il était dans la plus normale des situations alors que Watson lui lançait un regard mi-noir, mi-profondément ennuyé.

« Des explications?

- Est-ce ainsi que vous me remerciez de ma bonté ? Vos pauvres extrémités seraient sûrement gelées sans mon intervention. »

Le médecin poussa un long soupir d'ennui en voyant que Holmes avait repris ses enfantillages de la veille. Le détective, lui, adressa un sourire narquois détestable à son ami. Watson se redressa malgré le poids sur ses jambes pour tenter de se lever mais le détective ne semblait pas l'entendre de la même oreille. Il lui attrapa les chevilles pour le tirer, le remettant automatiquement en position allongée. Le médecin se pinça l'arrête du nez en adressant un regard ennuyé au logicien.

« Holmes, continuez ainsi et je vous étouffe sous un oreiller ou je vous étrangle avec votre chaîne.

- Oh. Si je dois mourir, autant en profiter. »

Watson poussa un grognement d'exaspération en sentant Holmes s'allonger de tout son poids sur lui, posant ses mains l'une sur l'autre sur son torse pour ensuite y poser son menton et le regarder fixement dans les yeux.

« Vous êtes épuisant...

- Mais je n'ai encore rien fait. »

Le médecin poussa un soupir de dépit, son ami avait visiblement décidé de l'ennuyer ce jour-là aussi.

« Puis-je me lever à présent?

- Mais vous êtes si séduisant lorsque vous êtes allongé.

- Holmes...

- Que se passe-t-il encore? Est-ce un crime de dire la vérité? »

Watson se tut quelques secondes en dérivant des yeux, passablement gêné.

« Vous êtes adorable lorsque vous rougissez.

- Je ne rougis pas le moins du monde...

- Alors docteur, ces étranges plaques rouges sur vos joues apparaissent rapidement et s'étendent dangereusement, il faudrait penser à les soigner au plus vite.

- Vous m'ennuyez Holmes...

- Je pourrais vous occuper de la plus agréable des manières mais je ne sais pas si vous seriez d'accord. Vous avez fui si vite hier alors que je commençais. »

Watson planta ses yeux dans ceux de son ami qui le regardait toujours avec autant d'intensité.

« Je souhaiterais me lever à présent, que diable dois-je faire pour que vous me laissiez partir?

- Surprenez moi. »

Watson poussa un nouveau soupir. Il réfléchit un instant puis prit entre son pouce et son index le menton de son ami pour approcher son visage du sien et poser un baiser sur son front. Holmes releva les yeux vers lui, une moue insatisfaite sur le visage.

« Je devine que cela suffira. »

Le logicien bascula pour être allongé à ses côtés, croisant les bras derrière sa tête pour être plus confortable. Il tourna le visage vers Watson pour le regarder se lever, tendant un bras vers lui pour lui passer l'index le long de la colonne vertébrale alors qu'il se redressait, provoquant un mouvement de pivot chez le médecin. Celui-ci adressa un regard furibond de quelques secondes à un Holmes content de lui avant de se retirer pour se préparer. Le détective quitta aussi le lit pour retourner dans le salon, un léger sourire sur les lèvres, content d'avoir trouvé ce qu'il cherchait.

Plus tard, en passant l'encadrement de la porte du salon, Watson ne vit personne. Il fit un nouveau pas en avant puis sentit des chaînes épaisses se resserrer brutalement sur sa cheville. Il n'eut même pas le temps de comprendre le piège dans lequel il s'était jeté qu'il tomba à la renverse alors que l'on tirait le long morceau de métal. Il vit Holmes surgir de derrière le canapé pour se jeter sur lui.

« Je suis désolé. »

Holmes, un sourire diabolique et fier aux lèvres, ouvrit la chemise de son ami. La fierté sur son visage fut aussitôt remplacée par l'incompréhension totale et la frustration.

« Que diable faites-vous encore Holmes?!

- Tout à l'heure en m'appuyant sur votre torse, j'ai distinctement senti que vous portiez une clef autour de votre cou, où est-elle?

- Je dors avec cette clef pour ne pas que vous la trouviez, je change de cachette tous les jours, une cachette fixe serait trop facilement repérable pour vous. Je suis allé la dissimuler de nouveau, heureusement que j'ai eu le temps de le faire avant de venir ici...

- Je veux cette clef.

- Vous ne l'aurez pas. »

Tout deux restèrent à se regarder dans les yeux plusieurs secondes avant que Watson ne reprenne la parole d'une voix dure.

« Étranglez-moi avec votre chaîne si cela vous chante, je ne dirai rien. De plus, avec moi mort, vous serez incapable de retrouver la clef qui est assurément hors de votre portée. Alors, vous comptez continuer vos caprices encore longtemps ou est-ce que vous allez vous décider à agir en adulte? Je vous l'ai déjà dit, quoi qu'il arrive, je ne vous détacherai pas. »

Le médecin articula syllabe par syllabe ses derniers mots. Holmes referma les pans de la chemise de son ami qui la saisit d'une main pour la garder fermée alors qu'ils se relevaient.

« Vous allez commencer à me coûter cher en chemises si vous continuez ainsi.

- C'est vous qui me provoquez.

- Évidemment, tout est encore une fois de ma faute...

- Exactement. »

Watson lança un regard consterné à son ami qui l'observait avec une attention dangereuse.

« Puis-je savoir ce qui se passe encore dans votre cerveau malade?

- Je n'ai pas cherché cette clef partout... »

Le médecin recula d'un pas avec un air menaçant sur le visage qui défendait son ami d'approcher alors que son regard descendait sur son corps.

« N'y pensez même pas... je vous confirme que je ne la cache pas sur moi, je vous prierai de respecter mon intimité.

- Après tout ce que nous avons déjà partagé ensemble...

- N'y pensez même pas... »

Holmes poussa un faux soupir déçu en dérivant son regard de son ami.

« Dommage, dommage... »

Watson se retira pour aller changer sa chemise encore une fois malmenée. Il ne fut pas surpris en face du miroir, alors qu'il venait d'enfiler un rechange et commençait à le boutonner, de voir le détective derrière lui qui l'observait.

« Je m'en doutais. Puis-je savoir ce que j'ai de si intéressant?

- Oh, tout. »

Le médecin le sentit venir dans son dos, posant son menton sur son épaule pour regarder dans le miroir en face d'eux. Holmes poussa un léger soupir en regardant leur reflet.

« Votre peau est parfaite.

- Mis à part ce petit souvenir ramené d'Afghanistan. »

En disant cela, Watson tira un peu sa chemise pour dévoiler la cicatrice de balle qu'il avait pris durant la guerre, une large cicatrice qui couvrait une grande partie de son épaule droite. Sa largeur était due à une infection qui avait amené des complications graves. Malgré tout, Watson lui devait beaucoup. Sans elle, Holmes et lui ne se seraient sûrement jamais rencontrés, il serait resté militaire de métier. S'il ne l'avait pas eue, Holmes ne lui aurait pas parlé, ne serait pas venu le voir en devinant immédiatement d'où il revenait, ils n'auraient pas passé ensuite des heures à discuter ensemble, ces heures qui menèrent le détective à l'inviter à vivre avec lui. Watson n'avait jamais su pourquoi Holmes lui avait demandé d'emménager, surtout si vite. Fatigué de la solitude peut-être, qui sait. Depuis, ils étaient inséparables ou presque.

« Ce n'est pas grand chose. »

En disant cela, Holmes montra son bras droit dont il avait remonté la manche jusqu'au coude. Sa main et son bras étaient couverts de cicatrices, la plus large étant celle laissée par les menottes soudées à ses poignets, retirées par Watson qui avait dû écorcher cette partie, laissant une affreuse cicatrice irrégulière, moulant parfaitement ses veines et ses muscles visibles sous la nouvelle couche d'épiderme presque transparent. Sa peau pâle faisait ressortir toute ses cicatrices dans une palette de dégradés de rouges et de roses du plus foncé au plus pâle, souvent quelques nuances de violet étaient aussi visibles. Le détective eut une moue embêtée exagérée, presque amusante durant une seconde. Il posa sa main sur la cicatrice de son ami pour la cacher, son stigmate dans le creux de sa paume contre la marque plus profonde sur l'épaule de son ami, l'ancien orifice de balle.

« La voilà disparue. »

Watson sourit un instant. Dans le reflet du miroir, il regardait avec attention les balafres qui recouvraient le bras et la main de son ami, ainsi que quelques unes visibles sur son cou qui remontaient de son col jusqu'à derrière ses oreilles et sur sa gorge, fendant plusieurs fois sa pomme d'Adam. Il devinait aisément que cette vue n'aidait en rien Holmes à se relever de son traumatisme. Jamais le logicien n'avait fait de commentaire sur ses cicatrices, ne s'en était plaint ou n'avait donné son avis dessus. Holmes agissait comme s'il ne les voyait pas, il devait sûrement tenter de limiter ses regards sur son corps. S'il commençait à regarder, jamais il ne finirait et les mauvais souvenirs le feraient repartir dans une autre catatonie morbide.

Étrangement, même si les cicatrices de Holmes étaient impressionnantes de par leur nombre, leur diversité et leur taille, jamais Watson n'avait eu de sentiment de répulsion ou de dégoût, il ignorait pourquoi. Sans doute car Holmes était son ami et qu'en tant que médecin, peu de chose arrivait à l'écœurer. Son regard sur lui n'avait pas changé, il n'avait pas peur de le toucher, à part au début où il craignait de le blesser ou de lui faire mal. Cela devait aussi aider Holmes de voir que Watson ne le regardait pas comme une bête de cirque aux monstres. Parfois son regard sur le corps du détective était douloureux, parfois il pouvait y laisser transparaître un peu de pitié, mais ce n'était pas constant, c'était même rare.

Holmes appuya sa joue dans les cheveux et le cou de son ami. Le médecin, lui, sentit un frisson lui parcourir le corps tout entier au contact prolongé de leurs cicatrices, comme si elles échangeaient leurs histoires dans une espèce d'électricité statique plus qu'agréable. Plus le temps passait, plus les paroles de Holmes, même si elles semblaient lancées en l'air pour le provoquer et le mettre mal à l'aise, prenaient un sens. D'habitude, le logicien ne disait rien par hasard, cette fois ne devait donc pas faire exception. Depuis que Holmes était revenu, un nouveau lien en plus de l'ancien semblait s'être créé. Watson se rendait vraiment compte de l'importance de son ami pour lui. Il l'avait perdu une fois, pensait-il définitivement. C'est à ce moment-là, durant la disparition de son ami qu'il s'était réellement rendu compte de l'importance de ce qu'il avait perdu. Grâce au ciel, il avait eu droit à une deuxième chance qu'il avait parfois l'impression de gâcher.

La vie n'était pas des plus faciles depuis que Holmes était rentré mais elle lui suffisait et c'était celle dont il avait fait le choix. Plus les jours passaient, plus il se remettait en question, il se demandait quels sentiments il ressentait réellement, il était perdu, troublé et les tentatives de Holmes pour le déstabiliser, ses petits jeux troublants, étaient loin de l'aider à savoir où il en était. Il ne savait pas quoi penser, ce qu'il devait faire, s'il devait accepter quelque chose. Il était dans un intense brouillard et il ignorait comment même commencer à voir à travers. Cela n'avait pas très grande importance pour le moment, il devait avant tout parvenir à soigner son ami, après, ils aviseraient.

Watson posa une main sur celle de Holmes pour la serrer doucement avant de continuer de fermer sa chemise. Le détective fit une moue déçue en retirant sa main de son épaule.

« Serait-ce possible que vous réussissiez à survivre durant une journée sans moi?

- Comme j'en ai vécues tant d'autre sans vous avant de vous connaître docteur. Pourquoi cela?

- L'une des première fois que nous sommes passés dans la bourgade à quelques lieux d'ici, j'ai croisé un de mes fidèles clients qui me demandait de venir le voir dans sa maison de campagne à cette date. Je ne peux décemment pas vous traîner enchaîné en ville...

- Moi qui étais pourtant sûr que vous adoriez me tenir en laisse... détachez moi donc.

- Bien essayé mon vieil ami mais c'est hors de question. Si vous préférez que je reste en votre compagnie, je peux toujours annuler, vous êtes peut-être ligoté mais toujours en droit de faire une demande.

- Je pense ne pas encore être assez vieux pour être sénile et gâteux, je peux encore m'assumer seul. Peut-être même que je me porterai encore mieux sans vous, vous êtes toujours un aussi médiocre médecin qu'écrivain. »

Watson sourit, en même temps amusé, en même temps irrité par le comportement de son ami. Il détestait la façon de Holmes de dire ce mot "médiocre", le plaisir qu'il prenait à le prononcer était palpable, il adorait voir le médecin frissonner et son poil se hérisser à l'entente de ce mot et de ce ton qui, à ses oreilles, était pire qu'une craie grinçant sur un tableau.

« A vous entendre, je serais mauvais en tout.

- Je n'ai jamais dit cela... »

Watson adressa un regard à son ami qui le regardait avec insistance, un sourire malsain sur le visage.

« Malheureusement, je n'ai pas encore pu voir l'étendue de toutes vos capacités cachées. Il se peut que vous me dissimuliez bien des choses que je ne désire que découvrir si vous m'en laissiez l'occasion. Il faut bien occuper ces nuits froides d'automne menant à l'hiver et nous sauver mutuellement d'une mort certaine par hypothermie en gardant bien collée l'une contre l'autre la peau de nos corps dont la flamme ne demande qu'à être vivifiée. »

Le médecin secoua la tête à l'attention de son ami en déviant les yeux de son regard fixe et perçant.

« J'étais sûr que l'idée vous plairait, souligna le détective.

- Je n'ai jamais dit cela.

- Pas la peine.

- Vous êtes effectivement en parfaite santé, je peux vous laisser une journée...

- Seul, attaché tel un chien en laisse à un piquet, attendant patiemment le retour de son bien aimé maître...

- La meilleure des choses avec vous est que vous n'avez pas le sens du dramatique... profitez-en pour couper votre tignasse, cela devient intolérable.

- Je commence à m'y habituer et à l'apprécier, personnellement. »

En disant cela, pour énerver son ami, le détective passa une main dans sa chevelure qui tombait sur ses épaules, cachant son cou, puis son torse et son dos, tombant entre ses omoplates.

« Par pitié Holmes... vous ressemblez à un barbare.

- Un barbare? Je ne fais donc pas penser à une charmante demoiselle?

- Avec une barbe de trois jours...

- Je vous l'accorde, mais ce n'est qu'un détail qui ne fait pas de moi quelqu'un d'autre, tout comme ma chevelure. »

Watson poussa un soupir, Holmes tentait toujours d'avoir raison en toute circonstance. Le logicien s'approcha de son ami pour passer un bras autour de ses épaules en lui adressant un sourire.

« Je ne suis qu'un raseur de première, j'espère que vous me pardonnez.

- Je commence à avoir l'habitude depuis le temps. »

Watson vit son ami détailler son visage quelques longues secondes avant de frictionner son épaule et de se décoller de lui.

« Allez, au travail médecin médiocre, et fainéant de surcroît. »

Watson finit de s'habiller pour s'en aller. Holmes l'accompagna jusqu'à la porte d'entrée. C'est à ce moment-là que le médecin se tourna vers lui pour lui parler une dernière fois.

« Êtes-vous sûr que je peux m'en aller toute une journée sans crainte ?

- Oui. Même si je préférerais que vous me libériez.

- Ce qui est hors de question.

- Je m'en doutais.

- Disons que je vous fais subir une homéopathie à un stade extrême. Je veux que vos angoisses, vos cauchemars, vos absences guérissent. Pour cela, il faut que tout ce qui vous rappelle ce que vous avez vécu ne soit plus un élément déclencheur de "panique". À commencer le fait d'être attaché, plus le temps passera, moins vous ressentirez d'oppression et de stress. Votre cerveau cessera d'assimiler cela à ce que vous avez vécu ou du moins les souvenirs qui seront engendrés seront "inoffensifs". Cela m'aide aussi à vous garder en vue.

- Espérons que vos théories se révèlent exactes mon si médiocre médecin. »

Watson adressa un léger sourire à son ami avant de se retourner pour partir. Le détective posa une main sur la nuque du médecin en signe d'au revoir. Holmes le regarda partir avant d'entrer dans la maison. De nouveau soucieux, il espérait profondément que Watson ne se trompe pas. En attendant, il allait devoir passer une longue journée seul avec ses démons qui n'attendaient que ce moment pour resurgir.


Voilà pour le chapitre huit, un chapitre calme je l'avoue mais c'est uniquement pour mieux se corser après 8D. Il va y avoir un gros contraste avec le suivant, là, je voulais ne pas recommencer avec les contrastes extrêmes en un seul chapitre et puis il aurait été très long avec tout ce que je veux mettre dans le suivant. J'avoue, c'est un peu "mou" et surtout sentimental avant tout ^^. merci encore de votre lecture et n'hésitez pas à le laisser vos avis encore une fois :3 !

Noyeuuuux Joël et Bonne Année en passant 8D!